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Brook Taylor est un mathĂ©maticien, nĂ© Ă  Edmonton ( village du comtĂ© de Middlesex, Ă  huit milles de Londres) le 18 aoĂ»t 1685, mort Ă  Londres le 29 dĂ©cembre 1731. Son père, John Taylor, Ă©cuyer, Ă©tait fils d'un puritain rigoureux, Nathaniel Taylor, l'un de ceux que Cromwell, par un acte du 14 juin 1653, dĂ©clara propres Ă  reprĂ©senter le comtĂ© de Bedford au parlement. John Taylor conservait Ă  un haut degrĂ© la sĂ©vĂ©ritĂ© de doctrine que ses ancĂŞtres lui avaient transmise; mais cette sĂ©vĂ©ritĂ©, quoique maintenue encore par l'esprit du temps, se trouva sensiblement attĂ©nuĂ©e chez Brook. De lĂ  une source fâcheuse de mĂ©sintelligence entre le père et le fils. Heureusement le premier Ă©tait très sensible aux jouissances de la musique; il accueillait avec beaucoup de bienveillance et recevait très gĂ©nĂ©reusement les hommes distinguĂ©s par leur habiletĂ© dans cet art. 

Le jeune Brook, instruit par leurs leçons, et animé du désir d'obtenir l'indulgence paternelle pour le relâchement de ses principes, devint de très bonne heure un excellent musicien. Un tableau de famille le représente, à treize ans, au milieu de ses frères et soeurs, recevant des mains des deux aînées une couronne ornée des emblèmes de l'harmonie. La date de cette scène correspond à l'an 1698 : le célèbre Haendel, qui a donné son premier opéra à Hambourg, en 1703, et qui n'est venu se fixer en Angleterre, qu'en 1710, n'était pas encore connu; Brook Taylor n'avait pu s'exercer que sur les anciennes compositions anglaises et écossaises.
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Taylor.
Brook Taylor (1685-1731).

La musique ne fut pas le seul des beaux-arts qu'il cultiva avec succès : on conserve de lui des dessins et des tableaux dont le mĂ©rite est vantĂ©, et qui ne seraient pas dĂ©placĂ©s parmi les bons ouvrages des artistes de profession. Il dessinait la figure avec une puretĂ© de trait et une grâce de pinceau remarquables; mais il avait un goĂ»t de prĂ©fĂ©rence pour le paysage. Ses tableaux originaux dans ce genre, assez ordinairement peints en dĂ©trempe, rivalisent en vigueur et en beautĂ© de coloris avec les tableaux Ă  l'huile, et offrent surtout des modèles intĂ©ressants de l'application des règles de perspectives linĂ©aire et aĂ©rienne. 

Le mĂŞme homme qui possĂ©dait Ă  un degrĂ© si Ă©minent les talent de la musique et de la peinture, a, comme on va le voir, traitĂ© des questions de haute thĂ©orie tenant Ă  ces deux arts, avec une profondeur et une supĂ©rioritĂ© qui le placent dans les premiers rangs des mathĂ©maticiens de son temps. Il est naturel de conclure de ces faits, que l'Ă©ducation de Taylor n'a pas Ă©tĂ© bornĂ©e aux exercice, de peinture et de musique : ces exercices ne furent pour lui que des objets de dĂ©lassement ses Ă©tudes sĂ©rieuses et principales Ă©taient celles des langues, de la littĂ©rature et des mathĂ©matiques; il s'y livra avec un tel succès, qu'Ă  l'âge de quinze ans, il Ă©tait dĂ©jĂ  dĂ©signĂ© pour l'universitĂ©, et qu'en 1701, il fut nommĂ© membre du collège de Cambridge. A cette Ă©poque les mathĂ©matiques acquĂ©raient une grande faveur dans l'universitĂ©; les exemples de la considĂ©ration accordĂ©e par le monde savant aux mathĂ©maticiens distinguĂ©s excitaient puissamment l'Ă©mulation des jeunes gens capables d'une application soutenue et douĂ©s d'un esprit pĂ©nĂ©trant. 

On présume que, dès les premiers moments de son admission à l'université de Cambridge, Taylor s'élança dans la carrière ouverte par Newton à ceux qui voulaient, comme on disait alors, expliquer et calculer les phénomènes du Système du monde; c'est du moins ce qu'il est naturel de conclure des relations d'estime qui le lièrent promptement avec les savants qui s'occupaient de la mécanique céleste. Il composa, en 1708, un mémoire sur les centres d'oscillation, qui fut publié quelques années après dans les Philosophical Transactions. En 1709, il obtint le grade de bachelier ès lois; et, en 1712, il fut élu membre de la Royal Society

Pendant les quatre annĂ©es qui prĂ©cĂ©dèrent cette Ă©lection, il entretint une correspondance avec le professeur Keill, sur diverses questions de mathĂ©matiques; sir William Young, son petit-fils, possĂ©dait une de ses lettres datĂ©e de 1712, adressĂ©e Ă  MĂ©chain, et contenant une solution dĂ©taillĂ©e du problème de Kepler, avec des applications: Cette mĂŞme annĂ©e, 1712, il prĂ©senta Ă  la Royal Society, trois mĂ©moires; l'un sur l'ascension de l'eau entre deux surfaces planes, le second sur les centres d'oscillation, et le troisième sur le cĂ©lèbre problème de la corde vibrante, dont nous parlerons dans la suite de cette page. Il semble, d'après sa correspondance avec Keill, qu'en 1713, il avait prĂ©sentĂ© un quatrième mĂ©moire sur son sujet favori, la musique, qui n'est pas imprimĂ© dans les Philosophical Transactions. Le rang distinguĂ© auquel il s'Ă©tait placĂ© parmi les hommes adonnĂ©s aux sciences exactes lui acquit beaucoup de considĂ©ration dans la Royal Society, qui, en 1714, le choisit pour secrĂ©taire, et il prit, cette mĂŞme annĂ©e, Ă  Cambridge, le grade de docteur ès lois. 

De grands dĂ©bats existaient alors entre les mathĂ©maticiens anglais et ceux du continent; Taylor Ă©tait, dans les rangs des premiers, regardĂ© comme un auxiliaire d'une haute importance. Ces dĂ©bats avaient lieu principalement sur le vaste champ de recherches, nouvellement ouvert par les dĂ©couvertes mathĂ©matiques de Newton et de Leibniz; les incursions faites Ă  l'aide du calcul infinitĂ©simal sur un sol naguère inconnu, ou trop pĂ©niblement explorĂ©, mettaient en Ă©vidence de grandes richesses, sources ordinaires des grandes dissensions. La prioritĂ© des inventions, le mĂ©rite tant des mĂ©thodes analytiques que des solutions de problèmes, la mesure des forces, etc., fournissaient matière Ă  des discussions que l'amour-propre irritable et blessĂ© rendait trop souvent aigres et partiales. 

Cependant au milieu de la foule de productions publiĂ©es par les diffĂ©rents partis, et condamnĂ©es Ă  l'oubli comme les circonstances qui les avaient fait naĂ®tre, apparaissaient quelques conceptions originales, fĂ©condes, et qu'on pourrait appeler monumentales : une de ces conceptions est due Ă  Taylor; nous y reviendrons quand nous aurons achevĂ© l'indication de ses autres ouvrages. Vers 1714, il donna, dans une lettre adressĂ©e Ă  sir Hans Sloane, un dĂ©tail d'expĂ©riences sur le magnĂ©tisme qui ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans les Philosophical Transactions, et l'annĂ©e suivante, 1715, il y ajouta un essai curieux sur les lois de l'attraction magnĂ©tique : An account of an experiment for the discovery of the laws of magnetic attraction. Cette annĂ©e 1715 correspond Ă  la date d'impression que porte une partie des exemplaires de son Methodus incrementorum, traitĂ© auquel s'applique l'expression de conception monumentale, employĂ©e ci-dessus. 

Enfin la mĂŞme annĂ©e vit paraĂ®tre un autre ouvrage de sa composition, sur la perspective, qui eut un grand succès, malgrĂ© la critique amère qu'en fit Bernoulli. Parmi les reproches que ce cĂ©lèbre mathĂ©maticien faisait Ă  Taylor, se trouvait celui de s'ĂŞtre appropriĂ© une mĂ©thode qui ne lui appartenait pas; et de fait, cette mĂ©thode avait Ă©tĂ© donnĂ©e longtemps auparavant (en l'an 1600), Ă  Pesaro, par Guido Ubaldi, dans un traitĂ© bien rĂ©digĂ© et dont les dĂ©corateurs de théâtre se servaient fort utilement. Mais il semble bien que chacun des deux a Ă©tĂ© inventeur de son cĂ´tĂ©. L'ouvrage original de Taylor a eu trois Ă©ditions en Angleterre; et l'on en a fait une traduction française, qui a Ă©tĂ© imprimĂ©e Ă  Lyon, en 1753. A la suite des trois Ă©ditions anglaises, a paru une publication de Kirby, intitulĂ©e Perspective de Taylor, rendue facile, « Brook Taylor's perspective made  easy ». Cette publication , devenue le Vade mecum des artistes les moins instruits, levait entièrement la principale objection de Bernoulli, portant sur les difficultĂ©s qui devaient Ă©loigner les artistes de l'Ă©tude d'un ouvrage, selon lui, trop abstrait, eu Ă©gard Ă  leur instruction première. 

Quatre mĂ©moires composĂ©s vers 1717 : 1° Sur les Ă©quations numĂ©riques, les sĂ©ries infinies; 2° Un problème proposĂ© par Leibniz; 3° le Mouvement parabolique des projectiles; 4° enfin des recherches, publiĂ©es en 1721, sur la dilatation, par la chaleur, des liquides renfermĂ©es dans les thermomètres : An experiment made to ascertain the proportion of expansion of liquor in the thermometer, with regard to the degree of heat, paraissent ĂŞtre les derniers ouvrages sur les sciences mathĂ©matiques et physiques dont Taylor se soit occupĂ©. Un traitĂ© des logarithmes, qu'il avait confiĂ© Ă  son ami lord Paislay, n'a jamais Ă©tĂ© publiĂ©. 

On cite de lui quelques productions bien différentes, quant à leur genre, de celles qui étaient les objets de ses méditations ordinaires, et dont les dates, la dernière exceptée, se rapportent aux années comprises entre 1715 et 1720: une controverse avec le comte de Montmort, sur la doctrine de Malebranche; des fragments d'un traité sur les sacrifices juifs ; une longue dissertation sur la non culpabilité de l'action de manger du sang : On the Lawfulness of eating blood; enfin un essai intitulé Contemplatio philosophica, composé vers 1730, dans les derniers temps de sa vie, à une époque où sa santé était tout à fait dérangée, et publié, en 1793, par son petit-fils William Young. Newton affectionnait aussi les études et les compositions théologiques; mais c'est à l'auteur des Principia que l'immortalité est assurée; et, quoique dans un rang bien moins éminent; l'inventeur de la célèbre formule analytique que les mathématiciens appellent Théorème de Taylor a pour toujours inscrit son nom dans les fastes de l'analyse mathématique

Ce thĂ©orème est le principal rĂ©sultat, ou plutĂ´t le rĂ©sumĂ© du livre ci-dessus mentionnĂ©, ayant pour titre : Methodus incrementorum directa et inversa, imprimĂ© Ă  Londres en 1715. Lagrange  semble ĂŞtre le premier qui ait bien mis en Ă©vidence tout le parti qu'on peut tirer du ThĂ©orème de Taylor dans la haute analyse. Les biographes n'ont pas mĂŞme soupçonnĂ© le mĂ©rite du Methodus incrementorum, et Montucla lui-mĂŞme ne dit rien de ce traitĂ© dans son Histoire des mathĂ©matiques. L'Ă©nonciation analytique du thĂ©orème dont il s'agit constitue ce que les mathĂ©maticiens appellent une sĂ©rie ou un système, une suite de termes algĂ©briques, liĂ©s entre eux par de certaines lois, et dont le nombre, en gĂ©nĂ©ral infini, devient fini ou limitĂ© dans des cas particuliers. Cette sĂ©rie est appelĂ©e convergente ou divergente, respectivement, suivant que les valeurs de ses termes successifs sont continuellement dĂ©croissantes ou croissantes. 

Il faut remonter jusqu'Ă  Archimède pour trouver le premier exemple des sĂ©ries infinies, que celui-ci a employĂ©es dans le TraitĂ© des Spirales, Ă  carrer des espaces. Cavalieri a fait de ce moyen le fondement de sa MĂ©thode des indivisibles; seulement ces sĂ©ries sont sommĂ©es par des considĂ©rations gĂ©omĂ©triques, et reprĂ©sentĂ©es par des figures, ou par une suite de lignes droites. Wallis, dans son Arithmetica infinitorum, publiĂ©e en 1665, a traitĂ© les sĂ©ries algĂ©briquement, et les a appliquĂ©es Ă  la quadrature d'un système de courbes du genre de celles qu'on appelle paraboliques, lequel genre renferme, comme cas individuel, la parabole carrĂ©e par Archimède. Le mĂŞme auteur dans sa Mathesis universalis, sive Arithmeticum opus integrum, ann. 1657, cap. 33, donne un exemple, le premier Ă  ce qu'il semble, d'une sĂ©rie algĂ©brique proprement dite, c'est-Ă -dire ordonnĂ©e suivant une suite de termes dont le nombre est en gĂ©nĂ©ral infini, contenant chacun une puissance d'une quantitĂ© indĂ©terminĂ©e. Mercator dans sa Logarithmotechnia, publiĂ©e en 1668, a carrĂ© l'hyperbole par un dĂ©veloppement en sĂ©rie; Brounker, James Gregory, Newton et Leibniz ont ensuite apportĂ© leur contribution; et nous leur devons des sĂ©ries importantes. En 1689, 1692, 1696, 1698, et 1704, Jacques Bernoulli fit soutenir, sous sa prĂ©sidence, cinq thèses ayant pour objet la doctrine des sĂ©ries. Ces thèses ont Ă©tĂ© rĂ©unies Ă  la fin de son Ars conjectandi, publiĂ© par son neveu, en 1711, et imprimĂ©es longtemps après, dans le recueil de ses oeuvres. 

Vers cette Ă©poque, Brook Taylor s'occupait de la mĂ©thode des incrĂ©ments ou des diffĂ©rences auxquelles on a mal Ă  propos ajoutĂ© l'Ă©pithète finies, lui donnait un algorithme, et embrassait le calcul inverse dans ses recherches. Newton n'a fait ni l'un ni l'autre, soit dans son livre De systemate mundi (le troisième des Principia, soit dans son Methodus differentialis (ann. 1711), oĂą l'on trouve une mĂ©thode d'interpolation bien connue; et Taylor est arrivĂ© au cĂ©lèbre thĂ©orème qui porte son nom, en passant des incrĂ©ments finis aux incrĂ©ments Ă©vanouissants : ce qui est remarquable, eu Ă©gard Ă  l'Ă©poque oĂą il Ă©crivait. 

Voici maintenant ce que ce théorème donne immédiatement : si l'on a une expression analytique composée de plusieurs termes dans lesquels une quantité variable entre sous des formes quelconques, ce que les mathématiciens appellent une fonction de cette quantité, et que la variable subisse un accroissement ou une diminution, il en résultera un changement correspondant dans la valeur de la fonction; et c'est ce changement dont le Théorème de Taylor donne la valeur générale. Cette valeur générale se trouve exprimée par une suite de termes dans lesquels entrent les différentielles (ce que Taylor après Newton appelle les fluxions), de différents ordres, de la fonction, combinées avec les puissances successives de l'incrément de la variable.

La formule du binĂ´me de Newton , celle de Maclaurin pour le dĂ©veloppement des fonctions, etc., s'en dĂ©duisent comme cas particuliers. Pour avoir une idĂ©e prĂ©cise du rang que la formule de Taylor doit occuper parmi les dĂ©couvertes analytiques, il faut entendre Lagrange qui en a fait la base de sa thĂ©orie des fonctions analytiques : 

« Dans un mĂ©moire imprimĂ© parmi ceux de l'AcadĂ©mie de Berlin, 1772, dit Lagrange, j'avançai que la thĂ©orie du dĂ©veloppement des fonctions en sĂ©rie contenait les vrais principes du calcul diffĂ©rentiel, dĂ©gagĂ©s de toute considĂ©ration d'infiniment petits ou de limites; et je dĂ©montrai, par cette thĂ©orie, le ThĂ©orème de Taylor, qu'on peut regarder comme le principe fondamental de ce calcul, et qu'on n'avait encore dĂ©montrĂ© que par le secours de ce mĂŞme calcul, ou par la considĂ©ration des diffĂ©rences infiniment petites. Depuis, Arbogast a prĂ©sentĂ© Ă  l'AcadĂ©mie un beau mĂ©moire oĂą la mĂŞme idĂ©e est exposĂ©e avec des dĂ©veloppements et des applications qui lui appartiennent » (Journal de l'Ă©cole polytechnique, 9e cahier, p. 5). 
Ainsi voilà un théorème qui, établi d'abord par une certaine marche de raisonnement, conduit ensuite à la connaissance et à l'usage des plus puissants instruments connus de découverte en mathématiques, sans embarrasser l'esprit par des considérations d'infiniment petits, de limites, etc. On a étendu le théorème de Taylor à une fonction d'un nombre quelconque de variables; on a trouvé le moyen de substituer à un terme de sa série d'un rang quelconque une expression qui représente la somme de ce terme et de tous les suivants, etc.

Nous ne pouvons pas terminer la notice de ses travaux mathĂ©matiques sans mentionner un chapitre très remarquable de son Methodus incrementorum (propos. 21, probl. 17, p. 86), dans lequel il donne une solution du problème fameux de la corde vibrante, plus complète et plus approfondie que les solutions publiĂ©es avant la sienne. Nous en avons parlĂ© Ă  l'article Sauveur auquel nous renvoyons. 

Taylor, cédant à d'instantes invitations, fit un voyage à Paris, en 1716. La philosophie newtonienne y était alors cultivée; et les savants de cette capitale avaient un grand désir de connaître le secrétaire de la Royal Society. Il y fut reçu avec les témoignages les plus flatteurs de considération et d'estime; et le charme de ses entretiens ajouta encore à l'excellente opinion que ses ouvrages et sa réputation avaient fait concevoir de lui. Les mathématiciens ne furent pas les seules personnes qui l'accueillirent: il se lia avec lord Bolingbroke, le comte de Caylus, etc. Il revint à Londres au commencement de 1717 ; et après la composition de trois des traités que nous avons cités, sa santé se trouva tellement altérée que, pour la rétablir et goûter quelque repos, il prit le parti d'aller à Aix-la-Chapelle

DĂ©sirant s'occuper de sujets moraux et religieux, il se dĂ©mit, en 1718, de sa place de secrĂ©taire de la Royal Society. De retour en Angleterre, en 1719, il partagea son temps entre les compositions religieuses et la peinture qu'il aima toujours. On pense que la retraite Ă  laquelle il se condamnait, a pu abrĂ©ger sa vie. Vers la fin de 1720, il se rendit Ă  l'invitation que lui fit lord Bolingbroke, d'aller passer quelque temps Ă  la Source, maison de campagne voisine d'OrlĂ©ans, que ce lord tenait de son Ă©pouse veuve d'un neveu de madame de Maintenon, le marquis de Villette. L'annĂ©e suivante, Taylor Ă©pousa miss Bridges de Vallington, dans le comtĂ© de Surrey, jeune demoiselle d'une bonne famille, mais qui avait peu de fortune. Ce mariage lui occasionna une rupture avec son père, qui refusa son consentement; la mort de cette Ă©pouse, arrivĂ©e en 1723, et celle d'un enfant qu'il en avait eu et qui pouvait devenir un moyen de rĂ©conciliation, affecta vivement sa sensibilitĂ©. Cependant il passa les deux annĂ©es qui suivirent ces Ă©vĂ©nements malheureux dans l'habitation de son père Ă  Bifrons. LĂ  les soins tendres et empressĂ©s de ses soeurs, et le charme de la musique, non seulement adoucirent ses chagrins, mais le dĂ©terminèrent Ă  se fixer sans retour Ă  la campagne. Il contracta, en 1725, un second mariage qui eut l'entière approbation de son père et de sa famille, avec Sabetta, fille de John Sawbridge, Ă©cuyer d'Olanting, dans le comtĂ© de Kent. Son père Ă©tant mort en 1729, la propriĂ©tĂ© de Bifrons lui Ă©chut par succession. Il eut la douleur, l'annĂ©e suivante, de perdre encore sa seconde femme, Ă  la suite d'une couche. La fille dont la naissance donna lieu Ă  ce funeste Ă©vĂ©nement est devenue la mère de William Young Ă  qui l'on doit des notes sur la vie privĂ©e de son grand-père. 

A dater de 1730, la santé de Taylor déclina tellement que ses amis perdirent tout espoir de le voir se rétablir. La cessation des travaux, sérieux devenait nécessaire, et cependant c'est à cette époque, comme nous l'avons dit, que Taylor composa la Contemplatio philosophica, où l'on voit ce que peut un esprit géométrique, quoique dans un corps malade, appliqué à des questions de métaphysique. Le chagrin qui l'accablait rendait infructueux les soins de ses parents et les consolations de ses nombreux amis, dans les premiers rangs desquels il faut placer Bolingbroke. Taylor ne survécut qu'un peu plus d'un an à sa seconde épouse, et mourut le 29 décembre 1731 , à l'âge de 46 ans.. Il fut inhumé au cimetière de Saint Ann's Soho. (P-NY).

Janet Taylor est une astronome qui vécut au XVIIIe siècle. Elle s'est intéressée à l'astronomie nautique.
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