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Pietro Angelo'
Secchi est un jésuite et
astronome, né à Reggio (Émilie) en
1818 (le 18 juin, le 29 juin ou le 28 juillet, selon les sources auxquelles
on a puisé), mort le 26 février 1878. Il s'est attaché tout particulièrement
à étudier la constitution physique et la structure topographique du Soleil ,
de la Lune
et des principales planètes .
La spectroscopie stellaire, les étoiles doubles ,
la météorologie et le magnétisme terrestre ont été également l'objet,
de sa part, de nombreuses observations et de savantes recherches.
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Angelo
Secchi (1818-1878).
Angelo Secchi fut élevé au collège des
jésuites de sa ville natale, et entra dans cet ordre dès l'âge de quinze
ans. Son noviciat terminé, il fut appelé à Rome où il finit ses études
classiques, s'adonnant surtout à la littérature grecque, et il fit même
pendant un an le cours de grammaire au Collège
Romain. Pendant ce temps, ses aptitudes pour les sciences
s'étaient développées, et il fut chargé quatre ans de suite (1840-1844)
de l'enseignement de la physique au collège
de Lorette. Il n'avait pas encore pourtant trouvé sa voie, car il revenait
alors à Rome et y commençait l'étude de la théologie ,
quand il fut chassé par la révolution de 1848 qui expulsa les jésuites
et força le pape à se réfugier à Gaëte.
Le P. Secchi se rendit d'abord en Angleterre,
à Stonyhurst, où son ordre avait depuis longtemps établi un collège;
puis ses supérieurs l'envoyèrent aux États-Unis ,
à Georgetown, près de Washington .
Il y trouva un petit observatoire bien monté et où les R. P. Sestini
et Curley avaient déjà fait quelques travaux;
c'est là que, sous la direction du P. Curley, il commença à se vouer
à l'astronomie. Il avait alors plus de trente ans, et jusqu'à ce jour
son seul travail scientifique avait été un mémoire sur la mesure de
l'intensité des courants électriques. Il ne fit pas, du reste, un long
séjour en Amérique : son ordre était rentré à Rome avec le pape, et
lui-même fut rappelé en 1850, pour être mis à la tête du petit observatoire
du Collège Romain, illustré déjà par les travaux de Boscovich
et de de Vico.
Le premier soin du nouveau directeur fut
de reconstruire complètement l'observatoire, dont les instruments étaient
insuffisants et l'emplacement défectueux. Il l'installa là où il est
aujourd'hui, sur l'un des bras de l'église Saint-Ignace, et le dota d'instruments
nouveaux. Mais, sans même attendre la fin des travaux, il commença immédiatement
quelques observations, parmi lesquelles il faut surtout citer celle de
l'éclipse
de Soleil du 20 juillet 1851; ce fut à ce propos, en effet, que Secchi
aborda l'étude du Soleil ,
à laquelle il devait consacrer la plus grande partie de sa carrière.
Ayant pu se procurer un équatorial de
Merz d'un pouvoir optique suffisant, Secchi organisa
son observatoire de manière que l'on y pût faire des recherches sur la
constitution physique des corps célestes, et devint ainsi le promoteur
des observations de cette nature, qui, depuis W.
Herschel, avaient été négligées. Il entreprit d'abord des recherches
sur les étoiles doubles
déjà observées par Herschel et Struve;
Secchi fit exécuter, à partir de 1852, des mesures d'orbites
de systèmes binaires; il a publié en 1859 les résultats de ses mesures
micrométriques pour 1321 étoiles .
Il revint sur ce sujet en 1866 et 1875. En même temps, il profitait
des qualités de son instrument pour étudier les nébuleuses
(à une époque où l'on ne sait pas encore distinguer entre nébuleuses
gazeuses ( Le milieu interstellaire )
et galaxies ),
et il arrivait à résoudre en étoiles
distinctes celles de la Lyre ,
d'Andromède
et de l'Hydre ,
etc.
Notons parmi celles-ci la Grande nébuleuse
d'Orion
(M 42)que Secchi a minutieusement étudiée, et à laquelle il assigne
une forme analogue à celle qu'avait indiquée Herschel,
mais un peu différente, en certaines parties de celle qu'on a déterminée
à Cambridge et à Washington. Ces écarts
étaient, du reste, très faibles et attribués à la différence de puissance
des instruments employés pour ces études. Telle est en tout cas la conclusion
à laquelle arrivait Secchi et un grand nombre d'astronomes, sur cette
question, alors vivement débattue, de la variabilité des nébuleuses;
les différences que l'on remarquait entre, les dessins donnés par divers
observateurs, devaient, estimait Secchi, tenir à l'observateur lui-même
et non à l'objet observé.
L'année 1859 commença une ère nouvelle
dans les études d'astronomie physique. Kirchhoff
venait de démontrer que les raies
noires observées par Fraunhofer dans le spectre
solaire, étaient dues à l'absorption
de la lumière par les vapeurs de corps simples dont ou pouvait facilement
déterminer la nature. Il retrouvait ainsi dans le Soleil la preuve indiscutable
de l'existence du fer, du titane, du calcium, du manganèse, de l'aluminium,
du magnésium, du sodium, etc. Cette brillante découverte amena l'attention
sur les études spectroscopiques inaugurées par Fraunhofer, Lamont
et Donati. Secchi fut, sinon le premier, du moins
le plus ardent à suivre la voie qu'ils avaient tracée, et grâce à de
nombreux perfectionnements qu'il apporta lui-même dans les méthodes
d'observation, il alla bientôt plus loin
que tous ses devanciers.
Rutherfurd
avait montré déjà que toutes les étoiles
ne donnent pas des spectres
lumineux de même nature; par des études continuées de 1863 à 1872.
Après avoir soumis plus de 4000 étoiles à un examen attentif, Angelo
Secchi parvint en 1867 à ramener ces spectres divers à quatre types
différents, d'après leur couleur et d'après les raies
de leur spectre. , qui correspondaient probablement, jugeait-il, Ã des
âges ou à des états différents des étoiles. Tandis que les unes semblent
tout à tait analogues à notre Soleil ,
d'autres paraissent sous un tout autre aspect que l'on pouvait sans
trop de hardiesse attribuer, comme le faisait déjà le P. Secchi, à une
température beaucoup plus basse. A la suite de ces travaux, les astronomes
commenceront à prendre conscience que le spectroscope pourrait donc indiquer
non seulement la composition chimique des astres, mais même en quelque
sorte leur état physique.
Le spectroscope, estime-t-on aussi à ce
moment, permet encore de déterminer avec certitude
si les astres sont entièrement gazeux
ou si une partie de leur masse est condensée à l'état solide
ou liquide ,
selon que leur spectre
est formé seulement de lignes brillantes séparées ou d'une bande lumineuse
continue, sillonnée de lignes ou de cannelures noires. C'est ainsi que
le P. Secchi put reconnaître que beaucoup de supposés amas stellaires
que les plus forts instruments ne peuvent séparer, sont en réalité distinctes,
leur spectre étant continu. Au contraire, dans la Voie lactée
et dans la grande nébuleuse d'Orion beaucoup de parties donnent un spectre
de raies brillantes distinctes; elles sont donc à l'état gazeux.
Angelo Secchi qui a si fortement contribué
à montrer la fécondité des études spectroscopiques va aussi croire
qu'elles trouvaient leurs limites quand on voulait les appliquer à l'étude
des vitesses radiales .
Cette nouvelle application si remarquable et si hardie du spectroscope,
proposée par Doppler, avait vivement frappé
Secchi, et, le premier avec Huggins, il voulut
la tenter. Mais pour une cause ou pour une autre, tandis que beaucoup de
ses contemporains pensaient avoir obtenu des preuves irrécusables de cette
nouvelle puissance du spectroscope, le P. Secchi mourut sans être convaincu.
Il s'en expliquera d'ailleurs dans son ouvrage sur les Étoiles
(Le Stelle, 1877).
En étudiant des étoiles ,
et après avoir noté l'étroite analogie que
le spectroscope indique entre quelques-unes d'entre elles et notre Soleil ,
Angelo Secchi était naturellement amené s'interroger sur la constitution
physique de l'astre central de notre système. Le
Soleil, expliquera-t-il, n'est qu'une des petites étoiles du ciel, mais
la plus rapprochée de nous; il se trouve ainsi plus à notre portée,
se prête mieux à nos études, et les phénomènes que l'on pourra saisir
à sa surface devront ainsi jeter un grand jour sur ceux qui doivent se
passer dans les étoiles lointaines.
Mieux que personne, Secchi avait saisi
ce lien étroit et avait consacré le meilleur de son temps à l'étude
du Soleil. Ses travaux qui commencèrent a l'éclipse
du 28 juillet 1851, l'occupèrent jusqu'à son dernier jour. Il les a exposés
lui-même dans le plus célèbre de ses livres, le Soleil, dont
l'édition française, si augmentée qu'elle formait presque un ouvrage
nouveau, fut terminée l'année même de sa mort.
Ayant étudié dès 1851 la chaleur solaire rayonnante avec une pile thermo-électrique,
Secchi trouva qu'elle augmente des bords du disque à son centre et des
pôles de l'astre à son équateur, l'hémisphère boréal étant selon
lui plus chaud que l'hémisphère austral. L'astronome se voua ensuite
à une étude complète des taches ,
de leur forme et de leur périodicité. Il étudiait chaque jour l'apparence
du Soleil, notant le nombre des taches, mesurant leur position et leur
surface, et prenant des dessins détaillés de toutes celles qui semblaient
offrir quelque particularité curieuse. Plus que personne il contribua
ainsi à faire prévaloir les opinions admises
le plus généralement à la fin du XIXe
siècle sur leur nature, et jugea que ce ne sont que des apparences résultant
de mouvements violents venant bouleverser l'atmosphère brillante qui entoure
notre étoile ( L'atmosphère du Soleil ).
Ses observations lui permirent également
de vérifier les importantes découvertes des Schwabe,
des Carrington, des R.
Wolf, des Warren de la Rue, qui avaient montré
que ces phénomènes n'apparaissent pas au
hasard et à des époques quelconques, mais sont soumis à une loi
de périodicité. Lorsque Janssen
eut, en 1868, découvert le moyen d'étudier chaque jour les protubérances ,
grandes flammes qui semblent se produire à la surface du Soleil ,
et qu'on ne pouvait voir jusqu'alors que pendant les éclipses
totales, Angelo Secchi fut le premier à se lancer dans la voie d'investigation
nouvelle qu'ouvrait le spectroscope, et il joignit l'étude quotidienne
des protubérances solaires à celles des taches. Il put bientôt formuler
des lois importantes et montrer que les deux phénomènes sont étroitement
liés l'un à l'autre : ils se produisent dans les mêmes régions solaires
et sont soumis sensiblement à la même périodicité.
A partir de 1864, il a constaté que des
parcelles lumineuses se détachent de la photosphère ,
entrent dans une tache
du Soleil, y perdent peu à peu leur intensité et finissent par disparaître.
Il a le premier remarqué que les taches donnent une lumière rougeâtre.
De ses observations il a conclu que la pénombre a une structure filiforme
et la photosphère une structure granuleuse; qu'il existe à l'intérieur
de certaines taches des mouvements tourbillonnants et à l'intérieur des
noyaux une apparence de croûtes de couleur rose; cette découverte a été
confirmée par Tacchini.
Secchi a observé que la réfraction
autour du Soleil est insensible, et par suite qu'il n'existe pas autour
de cet astre d'atmosphère
comparable à la nôtre. Les protubérances
rouges furent photographiées pour la première fois en Espagne, pendant
l'éclipse
totale de Soleil du 18 juillet 1860, au moyen d'un procédé inventé par
Secchi. Il affirma que ces protubérances sont une réalité, et non un
effet de lumière, comme le croyaient certains savants de son temps; qu'elles
appartiennent en propre au Soleil; que la couronne
est aussi une chose réelle, plus relevée à l'équateur qu'aux pôles
et à 45° encore plus qu'à l'équateur. Pour Secchi, les protubérances
ne sont rien autre chose que des éruptions
gazeuses qui se manifestent avec une grande violence à la surface du Soleil ;
ces éruptions sont principalement formées d'hydrogène, mais entraînent
souvent des vapeurs métalliques qui, arrivées à une grande hauteur dans
l'atmosphère solaire ,
se condensent en nuages obscurs nous offrant alors l'apparence des taches;
Secchi défend longuement que cette hypothèse,
que l'on sait invalide aujourd'hui, mais qui à l'époque, si elle ne peut
être considérée comme une certitude, suffit
au moins, semble-t-il, Ã rendre suffisamment compte de tous les faits
observés.
Dans les Étoiles, on trouve un
résumé succinct de ces importants travaux; l'auteur insiste de préférence
sur tous les points qui peuvent suggérer des analogies nouvelles entre
le Soleil et les étoiles; et, considérant la périodicité des taches
et des protubérances, qui prouve une activité variable dans le Soleil,
il n'hésite pas à faire de l'astre qui nous envoie la chaleur et la lumière,
une étoile variable
et animée d'un mouvement propre ,
comme bien d'autres que nous observons dans le ciel.
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Théorie
physique du Soleil.
Dans
son Ouvrage Le Soleil (1870), dont l'édition italienne est de 1867,
Secchi donne une théorie physique du Soleil dont voici le résumé.
Le
Soleil est formé d'une masse fluide ayant une température
très élevée; des métaux existent à sa surface à l'état de valeurs
permanentes. Ces vapeurs deviennent incandescentes à leur partie supérieure
et forment une enveloppe, la photosphère .
Les rayons que celle-ci nous envoie ont un spectre
avec des raies, parce qu'ils traversent une couche de vapeurs métalliques
plus froides que les autres; ces vapeurs contiennent une grande quantité
d'hydrogène qui forme une autre enveloppe, la chromosphère .
Au-dessus de cette seconde enveloppe, il y en a une troisième, la couronne,
qui est formée d'hydrogène et de substances donnant la raie 1474. La
chromosphère est constamment visible dans le spectroscope; mais la couronne ,
que l'on peut voir a l'oeil nu, n'est visible que pendent les éclipses
totales.
La
masse intérieure du Soleil est agitée par des mouvements violents qui
soulèvent la photosphère et la chromosphère, en produisant de véritables
éruptions .
Pendant les éruptions, la matière
chromosphérique est soulevée a des hauteurs immenses et forme des jets
de flammes roses, les protubérances ,
d'aspects très variés et surprenants. Puis les matières métalliques
retournent vers la masse intérieure en produisant dans la photosphère
des cavités qui, étant remplies de matières obscures, forment les taches.
Celles-ci disparaissent quand la matière brillante de la photosphère
envahit les cavités. Près des taches sont des régions brillantes, les
facules ;
elles sont des parties de la photosphère dues aux forces éruptives ou
à une activité thermique plus grande qu'ailleurs. Comme, dans les régions
des taches, il se produit de violentes éruptions et des jets très rapides,
les taches sont un phénomène dérivant des éruptions.
L'activité
du Soleil est périodique, chaque période durant 11 ans et un tiers. Tout
porte à croire que l'intérieur du Soleil est a l'état gazeux jusqu'Ã
une profondeur très grande. La radiation fait perdre au Soleil des quantités
immenses de chaleur, mais les changements d'états de la matière solaire
forment une principale source de compensation; on peut donc affirmer que,
bien que le Soleil pendu de sa chaleur, il exercent son influence calorifique
et lumineuse encore pendant des millions et des millions de siècles sans
changement appréciable. (Lebon, 1899). |
L'étude du Soleil et des autres étoiles
forme l'épine dorsale des travaux astronomiques d'Angelo Secchi. Mais
on ne doit pas oublier ses autres contributions à l'étude du Système
solaire .
L'astronome constata ainsi, de 1850 Ã 1862, que la surface de l'anneau
de Saturne
n'est pas plane, qu'elle est légèrement elliptique et que son centre
ne coïncide pas avec celui de la planète ;
qu'il existe une grande nébulosité intérieure à l'anneau et que, par
suite, ce dernier est formé de trois parties. Lassell,
sur la demande de Secchi, observa l'anneau et confirma cette dernière
découverte.
Dans son travail de 1859 sur Mars ,
Secchi indique deux canaux azurés, situés entre deux continents rouges,
et signale près des pôles de la planète deux taches blanches, de formes
variables, analogues à des nuages plutôt qu'à des neiges ou des glaces.
II a aussi soumis la Lune
à ses attentives observations pour compléter la connaissance de la nature
physique de cet astre. On lui doit des dessins et des photographies des
cratères les plus importants de notre satellite.
La photographie du dessin si exact qu'il fit en 1856 du cratère de Copernic
a été répandue en Europe par les soins de la Société astronomique
de Londres.
Ajoutons que le directeur de l'Observatoire
du Collège Romain avait commencé sa carrière scientifique par l'étude
de la physique, et il ne l'abandonna jamais
entièrement. On lui doit, outre ses premiers travaux, un ouvrage sur l'Unité
des forces physiques, écrit sous l'influence des idées
que la théorie mécanique de la chaleur commençaient
à vulgariser, et dont le titre indique assez la tendance générale. Comme
nous l'a signalé Robert Turgis, visiteur de ce site, Secchi est aussi
l'inventeur d'un instrument tout simple, le disque de Secchi, disque
de 20 cm de diamètre, peint de 2 secteur noirs et 2 blancs, accroché
à une ficelle ou à un manche gradué. C'est un instrument utilisé encore
couramment pour mesurer la turbidité de l'eau (mer, lacs, rivières, sortie
de stations d'épuration des eaux usées).
Secchi consacra surtout tout le temps que
l'astronomie lui laissait à la météorologie et à l'étude du magnétisme
terrestre. Dans le premier ordre d'idées, reprenant un projet de Philippe
de Girard, il construisit le premier météorographe universel,
qui fut exposé à Paris en 1867 et excita alors une grande curiosité.
II fit faire, en outre, sous sa direction, des observations régulières
au Collège Romain et contribua pour la plus grande part, par son exemple
et son influence, au développement des études météorologiques en Italie.
L'étude de l'atmosphère terrestre
conduit par ailleurs Secchi à émettre l'idée que le pouvoir dispersif
de l'atmosphère
terrestre fait varier l'intensité et la couleur des étoiles et amène
leur scintillation .
Cette explication de la scintillation diffère de celle d'Arago,
soutenue en 1868 par C. Wolf, après avoir
observé Vénus
à l'horizon
et le spectre de Sirius (Grand Chien ).
Pour le magnétisme, il institua une série
d'observations régulières et fut toute
sa vie préoccupé de saisir les liens qui pouvaient le relier à d'autres
phénomènes cosmiques. Dès 1854, il faisait du Soleil
un aimant, dont la
présence suffisait à expliquer la marche diurne du magnétisme terrestre,
et dont les variations, accompagnées par celles des éléments magnétiques,
étaient concomitantes d'autres phénomènes solaires, rotation, apparition
des taches, etc. Ces hypothèses, qui ont laissé quelque peu sceptiques
ses contemporains, ont cependant été plusieurs lois reprises ensuite,
mais en oubliant trop souvent de rappeler le nom de celui qui, le premier,
les avait émises.
Cette influence apparente du Soleil sur
divers phénomènes terrestres avait en outre
suggéré Secchi l'idée qu'il existe une force
encore inconnue, indépendante de la chaleur et de la gravitation,
et il formulait lui-même ses croyances en ces
termes :
Les
modifications décennales du Soleil ( L'activité
du Soleil), manifestées dans la périodicité
de ses taches
et dans la force et la vivacité de ses éruptions ,
se reflètent dans les variations du magnétisme terrestre et dans les
manifestations électriques des aurores boréales ;
ceci prouve qu'une autre force, indépendante de la gravitation universelle,
part du Soleil et se répand dans l'espace, envahit les planètes et y
détermine les variations les plus obscures encore. Nous sommes sûrs de
l'existence de cette force, mais nous ignorons son mode d'action. Est-ce
un effet magnétique direct ou une simple transformation de son action
calorifique?
Tels sont les travaux qui ont successivement
rempli la vie du directeur de l'Observatoire du Collège Romain. Au moment
où la mort venait le l'appeler, il achevait la publication des Étoiles
et terminait le manuscrit des Leçons de physique terrestre. Il
succomba le 26 février 1878, sous les atteintes d'un cancer de l'estomac,
dont il souffrait déjà depuis longtemps, venant ajouter un nom de plus
à la liste funèbre de l'astronomie, qui avait perdu successivement en
moins d'un un Santini, Ã Padoue
(26 juillet 1877), E. Heis
à Munster (30 juin), Le
Verrier, Ã Paris (23 septembre), et C. Littrow,
à Vienne (18 novembre).
Les honneurs n'avaient pas manqué à Angelo
Secchi dans sa carrière scientifique; iI fut nommé en 1847 membre de
l'Académie pontificale des Nuovi Lincei, et en devint président
en 1872. Il était officier de la Légion d'honneur, correspondant de l'Académie
des sciences (1857), membre de la Société royale de Londres,
des Académies de Saint-Pétersbourg,
de Berlin, de Bruxelles ,
de Madrid, de Philadelphie, de la Commission
géodésique internationale ( La géodésie
au XIXe siècle ),
et dans son propre pays, il n'avait cessé de recevoir de tous côtés
et de tous les partis politiques les preuves de l'estime universelle. Lorsqu'en
1875, le gouvernement italien expulsa les jésuites du Collège Romain
et de l'Italie, non seulement on laissa au P. Secchi la libre disposition
de son observatoire, mais on l'autorisa à garder avec lui tous les religieux
dont il pourrait juger l'assistance utile à ses travaux, et on le nomma
en même temps professeur d'astronomie physique à l'Université de Rome.
Enfin, en 1876, le gouvernement le nommait encore membre du Conseil directeur
de la météorologie italienne, et un vote unanime de ses collègues l'appelait
à la présidence du Conseil. (A. Angot / A19).
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En
bibliothèque - Outre des mémoires
et des notes insérés tant dans tous les recueils des nombreuses académies
dont il était membre ou correspondant que dans les Astronomische Nachrichten,
les Annali de Tortolini et le Journal de Gould,
Angelo Secchi a publié : Quadro fisico del sistema solare secondo le
piu recenti osservazioni (Rome, 1859). - Catalogo delle stelle di
cui si e determinata lo spettro luminoso (Rome, 1867). - l'Unita
delle forte fisiche (Milan, 1869; 9e éd., 1874; trad. allem., Leipzig,
1884-82, 2 vol.). - le Soleil (Paris, 1870; 2e éd., 1875-77, 2
vol.; trad. allem.). - le Stelle (Milan, 1877; trad. allem., Leipzig,
1878, trad. franç., 1879), etc. |
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