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Sahara Occidental
24 30 N, 13 00 W
Le Sahara occidental est un territoire du Nord-Ouest de l'Afrique, revendiqué par le Maroc, riverain de l'Océan Atlantique et frontalier du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie. Son relief est très plat (point culminant, 463 m) et son climat, très chaud et sec, est celui du grand désert saharien. Superficie : 266 000 km².  Capitale : El Aaiun (188 00 habitants). Autres localités importantes : Ad Dakhla (75 000); Smara (42 000 habitants). Population totale : 600 000 habitants.-La région est riche en ressources (phosphates, pêche) et constitue un enjeu stratégique en raison de son emplacement géographique.

Le Sahara Occidental est un territoire disputé entre le Maroc et le Front Polisario, un mouvement sahraoui soutenu par l'Algérie, qui revendique l'indépendance. Le statut du Sahara Occidental est au coeur d'un des conflits territoriaux non résolus les plus anciens au monde. Cette situation a conduit à la division de la région entre une zone contrôlée par le Maroc et une autre appelée « zone libre » sous contrôle du Polisario. Le conflit a généré des camps de réfugiés sahraouis, principalement en Algérie, à Tindouf, où des milliers de Sahraouis vivent depuis des décennies.

Carte du Sahara occidental.
Carte de Sahara Occidental. Source : The World Factbook.
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Géographie physique du Sahara Occidental

Relief et topographie.
Le Sahara Occidental est principalement constitué de plaines désertiques et de plateaux. La région est globalement plate, avec une altitude moyenne variant entre 200 et 400 mètres. Le relief est marqué par des ergs (dunes de sable), des regs (déserts de pierres) et des hamadas (plateaux rocailleux).  Il y a quelques collines isolées et de petites chaînes montagneuses, notamment au sud-est près de la frontière avec la Mauritanie.

Climat.
Le climat est désertique aride, caractérisé par des températures très élevées en journée et des nuits froides, surtout en hiver. Les précipitations sont extrêmement rares, avec une moyenne annuelle inférieure à 100 mm. Les pluies, lorsqu'elles surviennent, sont irrégulières et localisées. L'évaporation y dépasse largement les précipitations, ce qui limite considérablement le développement de la végétation. Les températures peuvent atteindre plus de 45 °C en été, avec des amplitudes thermiques diurnes marquées, et des nuits parfois froides en hiver. Les vents, en particulier les alizés, contribuent à la formation et au déplacement des dunes.

Hydrographie.
Le Sahara Occidental est presque dépourvu de cours d'eau permanents. Les oueds (rivières saisonnières) ne coulent qu'occasionnellement après des épisodes de pluie. Les nappes phréatiques souterraines existent, mais elles sont souvent profondes et difficiles d'accès.

Zones Côtières.
La côte atlantique est relativement rectiligne, avec des plages de sable et des falaises par endroits. Les eaux au large du Sahara Occidental sont riches en ressources halieutiques, attirant des flottes de pêche internationales.

Biogéographie du Sahara Occidental

L'environnement est dominé par des milieux désertiques et semi-désertiques, avec une forte influence des vents secs comme l'harmattan et des processus d'aridification anciens. Le substrat naturel est composé de regs (déserts de pierres), d'ergs (dunes de sable), de plateaux rocailleux, de sebkhas (dépressions salées) et de quelques oueds asséchés. Les oasis y sont extrêmement rares et souvent temporaires. Les formes de végétation sont clairsemées et adaptées aux conditions extrêmes : on observe des espèces xérophytes (tolérant la sécheresse) comme des acacias, tamaris, euphorbes, et quelques plantes herbacées saisonnières après des pluies exceptionnelles.

Du point de vue biogéographique, le Sahara Occidental est situé dans la zone saharienne proprement dite, mais avec des marges qui peuvent être influencées par la transition sahélo-saharienne au sud et par l'humidité océanique à l'ouest. Cette transition écologique rend certains secteurs plus favorables à une biodiversité résiduelle, en particulier le long de la côte atlantique où le courant des Canaries génère des brouillards fréquents, fournissant une source d'humidité supplémentaire. Ce phénomène favorise le développement d'un microclimat côtier particulier, permettant la subsistance de lichens, mousses et espèces végétales halophiles.

La faune présente une grande austérité, mais comprend plusieurs espèces adaptées à l'aridité, à la mobilité et à la rareté de la ressource. Parmi les mammifères, on trouve le fennec (Vulpes zerda), le renard du désert, la gerboise, ainsi que des populations fragmentées d'addax, dorymiles et d'oryx. Certains grands carnivores comme le guépard saharien ou la hyène rayée sont devenus extrêmement rares. Chez les reptiles, on observe des lézards du genre Agama, le varan du désert et des serpents comme la vipère à cornes. La biodiversité aviaire est plus riche, notamment en période migratoire : de nombreuses espèces utilisent le corridor du Sahara Occidental comme voie de passage, comme les outardes, les limicoles et certaines espèces de passereaux sahariens.

L'environnement marin le long des côtes sahraouies constitue une zone de très grande richesse biologique, en contraste avec l'aridité terrestre. Les eaux froides du courant des Canaries favorisent la productivité marine, et souteniennent des stocks importants de poissons (sardines, maquereaux, anchois), crustacés et céphalopodes. Cette zone marine est considérée comme une des plus riches au monde en termes de biomasse halieutique.

Les pressions anthropiques sur la biodiversité terrestre sont limitées par la faible densité de population humaine, mais l'exploitation minière (phosphates à Bou Craa), le surpâturage localisé et le changement climatique modifient certains équilibres écologiques. Du côté marin, la surpêche et les pratiques non durables représentent une menace importante pour les écosystèmes côtiers.

Géographie humaine du Sahara Occidental

Population.
La population du Sahara Occidental est estimée à environ 600 000 habitants. Elle se concentre principalement dans les villes et les zones côtières. Les principales villes sont Laâyoune (ou El Aioún), qui est la plus grande ville et le centre administratif de la région, Dakhla, une autre ville importante située plus au sud, ainsi que Smara et Boujdour. La répartition de la population est inégale, avec des zones quasi désertiques à l'intérieur et une concentration démographique dans les villes côtières.

Les Sahraouis sont le groupe ethnique majoritaire, ayant une culture et des traditions nomades. Ils sont d'origine berbère et arabe, et parlent principalement le hassanya, un dialecte arabe. Les Sahraouis ont une forte identité culturelle marquée par le mode de vie traditionnel basé sur le pastoralisme et le commerce. La région abrite aussi une population marocaine importante, installée après la « Marche verte » de 1975 et l'annexion de la région par le Maroc.

La population sahraouie a historiquement un mode de vie nomade ou semi-nomade, basé sur l'élevage de chèvres, de moutons et de chameaux. Toutefois, l'urbanisation croissante a conduit à une sédentarisation de plus en plus importante.

Quelques-unes des principales villes du Sahara Occidental

• Laayoune (ou El Aaiún) est la plus grande ville et le centre urbain principal du Sahara Occidental. Située à proximité de l'océan Atlantique, sur les rives de l'oued Saguia el-Hamra, elle compte aujourd'hui plus de 200.000 habitants. Elle a été fondée par les Espagnols en 1938 et servait de capitale administrative du territoire sous domination coloniale. Depuis l'intégration contestée du territoire par le Maroc, Laayoune est devenue un pôle administratif majeur pour les autorités marocaines, avec de nombreux investissements dans les infrastructures, l'éducation, la santé et les équipements urbains. La ville est marquée par une dualité entre quartiers planifiés modernes et zones informelles périphériques issues de l'exode rural ou du déplacement de populations. On y trouve des bases militaires, des administrations, des stades, des universités, ainsi que des mosquées et centres culturels.

• Dakhla, ancienne Villa Cisneros, est une autre ville majeure, située plus au sud, sur une presqu'île qui s'avance dans l'Atlantique. C'est un centre important pour la pêche industrielle, le tourisme balnéaire et les sports nautiques comme le kitesurf, grâce à ses lagunes protégées et son climat doux. Dakhla a connu un développement rapide ces dernières décennies, soutenu par des projets d'aménagement du territoire, notamment dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud  mis en Å“uvre par le Maroc. La ville possède un aéroport international, un port de pêche dynamique, et commence à accueillir des forums économiques et touristiques internationaux. D'un point de vue culturel, Dakhla conserve une forte identité sahraouie, bien que de plus en plus influencée par les dynamiques nationales marocaines.

• Smara, située à l'intérieur des terres, est la plus grande ville saharienne de l'intérieur du territoire. Elle fut fondée 

au début du XXe siècle comme centre religieux par Cheikh Ma El Aïnin, une figure importante de la résistance contre la colonisation française et espagnole. Smara est aujourd'hui un centre administratif régional et un lieu de mémoire religieuse et historique. Elle possède une kasbah en ruines, des mosquées anciennes, et une population attachée à l'héritage culturel sahraoui. Moins développée économiquement que Laayoune ou Dakhla, Smara dépend en grande partie des transferts de l'État et de l'activité liée à l'administration et aux services.

• Boujdour, ville côtière au nord de Dakhla, est principalement axée sur la pêche et les activités portuaires. Elle s'est développée de manière planifiée dans les années 1980, et son économie repose fortement sur les ressources marines. La ville est équipée d'un port de pêche, d'infrastructures éducatives et d'habitations pour les travailleurs du secteur maritime. Boujdour est également caractérisée par une forte présence militaire et administrative.

• Tarfaya, bien qu'à la limite nord du Sahara Ocidental selon certaines délimitations, est une ville d'importance historique et symbolique. Ancien comptoir espagnol (Cap Juby), elle fut un lieu d'escale pour l'Aéropostale, notamment fréquentée par Antoine de Saint-Exupéry. Tarfaya est aujourd'hui un petit port de pêche et un site patrimonial, avec un musée de l'aéropostale et des projets touristiques en développement. Elle reste un carrefour entre le Sahara Occidental et le sud marocain.

• Aousserd, quant à elle, est une localité très faiblement peuplée, située dans l'extrême sud-est du territoire. Elle représente davantage un poste stratégique ou militaire qu'un véritable centre urbain. Toutefois, elle fait l'objet d'un programme de développement qui vise à établir des infrastructures de base et à organiser le territoire saharien profond.

Culture.
La culture du Sahara Occidental est profondément enracinée dans les traditions nomades sahariennes et l'histoire des tribus arabes et berbères qui ont longtemps parcouru ces terres arides. Le peuple sahraoui, majoritairement issu de la tribu des Béni Hassan, est porteur d'une culture façonnée par la vie dans le désert, les migrations, et les luttes identitaires. Le mode de vie traditionnel repose sur une organisation tribale fondée sur des structures claniques appelées fraïches, et un fort sens de solidarité communautaire.

La langue principale est le hassaniya, un arabe dialectal influencé par le berbère et quelques emprunts français et espagnols. Elle constitue un vecteur central de la culture sahraouie, à travers les récits oraux, les poèmes, les chants et les proverbes. L'oralité occupe une place essentielle : les griots, poètes et conteurs perpétuent la mémoire collective, les légendes ancestrales et les valeurs morales à travers des formes poétiques codifiées, comme le tibra (poésie féminine amoureuse) ou le khalil (vers religieux ou didactiques).

Les Sahraouis pratiquent un islam sunnite de rite malékite, teinté de traditions locales soufies, avec une religiosité modérée mais présente dans les rituels sociaux, les prières collectives, et les fêtes religieuses. Les zaouïas, confréries religieuses, ont historiquement joué un rôle dans la transmission du savoir coranique et dans la cohésion sociale.

Les tenues traditionnelles sont emblématiques : les hommes portent la deraa, ample tunique bleue ou blanche, et un cheich pour se protéger du vent et du soleil. Les femmes sahraouies arborent la melhfa, longue étoffe colorée drapée autour du corps, à la fois vêtement et expression esthétique. Elles jouent un rôle central dans la vie sociale et culturelle, étant gardiennes des traditions, artisanes, chanteuses et parfois poétesses.

La musique est fortement rythmée, dominée par les percussions comme le tbal et accompagnée de chants monodiques, fréquemment improvisés. Les mélodies sahraouies sont à la fois festives, religieuses et guerrières, et sont interprétées lors des cérémonies, des mariages, ou des rassemblements tribaux. La danse est moins formalisée, mais certaines formes d'expression corporelle sont associées à des moments rituels ou communautaires.

L'artisanat, bien que réduit par la sédentarisation progressive et les conditions économiques, reste un marqueur culturel important. Il comprend la fabrication de bijoux en argent, la maroquinerie, la broderie de la melhfa, et la sculpture sur bois ou sur corne. Le tissage de tapis ou de couvertures de laine, autrefois destiné à l'usage nomade, témoigne également du lien entre esthétique et utilité dans cette culture.

L'habitat traditionnel est la khaïma, tente nomade en laine de dromadaire ou de chèvre, conçue pour résister aux conditions désertiques. Elle représente un espace de vie symbolique, hiérarchisé selon le sexe et le statut, et demeure un élément central dans les célébrations et la mémoire collective, même pour les Sahraouis aujourd'hui sédentarisés.

Le patrimoine culinaire repose sur les ressources disponibles : le lait de chamelle, le thé vert à la menthe (préparé avec un rituel codifié en trois services), les dattes, le couscous, la semoule, et parfois la viande séchée ou le poisson salé sur les zones côtières. Le thé, en particulier, est une pratique sociale essentielle, moment de partage et d'échange.

Enfin, la culture sahraouie contemporaine est caractérisée par l'exil et la lutte politique. Une grande partie de la population vit dans des camps de réfugiés à Tindouf (Algérie), où se développe une culture de résistance, de mémoire et d'éducation. Le drame du déracinement alimente une création artistique militante, où la peinture, la littérature et la musique expriment à la fois l'attachement au territoire et le désir d'émancipation.

Economie.
L'économie du Sahara Occidental repose principalement sur trois secteurs : l'exploitation des ressources naturelles, la pêche et l'agriculture dans des zones limitées. 

La région possède l'un des plus grands gisements de phosphates au monde, à Bou Craa, près de Laâyoune. L'extraction du phosphate est sous le contrôle du Maroc depuis 1976.

Les eaux côtières de l'Atlantique sont parmi les plus poissonneuses du monde, ce qui en fait un secteur clé pour l'économie locale.

Le climat désertique aride du territoire rend difficile l'agriculture sédentaire, aussi  le Sahara Occidental doit-il importer une grande partie de sa nourriture. L'agriculture se concentre principalement sur des projets d'irrigation autour des villes comme Dakhla, où des cultures sous serre sont développées.

Le statut juridique indéterminé du Sahara Occidental fait de l'exploitation de ses ressources naturelles un point litigieux entre le Maroc et le Polisario. Cependant, en juillet 2006, le Maroc et l'Union Européenne ont signé  une entente de quatre ans permettant aux navires européens de pêcher au large de la côte du Maroc, y compris les eaux contestées au large de la côte du Sahara Occidental.

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