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Roumanie
Romania
[Histoire de la Roumanie]

46 00 N, 25 00 E
La Roumanie est un Etat situé au Sud-Est de l'Europe, dans la Péninsule des Balkans. S'étendant sur une superficie de 237,500 km², le pays est  borné au Nord-Ouest par la Hongrie, à l 'Est, par l'Ukraine, la Moldavie, et la Mer Noire (longueur de la côte :  225 km), au Sud par la Bulgarie et à l'Est par la Serbie
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Carte de la Roumanie. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).
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La Roumanie est une république divisée administrativement en 41 provinces  (judete, singulier : judet)  et une municipalité (municipiu), qui est la capitale, Bucarest (Bucaresti). Les autres grandes villes sont : Iasi, Galati, Constanta, Brasov, Cluj-Napoca, Timisoara. Population totale de la Roumanie : 19 millionds d'habitants en 2025 (22,2 millions d'habitants en 2009).

Les 41 comtés de la Roumanie

Alba
Arad
Arges
Bacau
Bihor
Bistrita-Nasaud
Botosani
Braila
Brasov
Buzau
Calarasi
Caras-Severin
Cluj
Constanta
Covasna
Dimbovita
Dolj
Galati
Gorj
Giurgiu
Harghita
Hunedoara
Ialomita
Iasi
Ilfov
Maramures
Mehedinti
Mures
Neamt
Olt
Prahova
Salaj
Satu Mare
Sibiu
Suceava
Teleorman
Timis
Tulcea
Vaslui
Vilcea
Vrancea

Géographie physique de la Roumanie

Les régions naturelles.
Un vaste plateau isolé de toute part par de hautes chaînes surplombant de vastes plaines; telle apparaît aujourd'hui la Roumanie. Les plaines sont : au Sud, la Valachie (avec les sous-régions d'Olténie et de Munténie), au Sud-Est, le long de la Mer Noire, la Dobroudja, à l'Est la Moldavie, qui correspond à la Moldavie historique (l'Etat actuel de Moldavie, situé au delà du Pruth, correspondant au territoire de l'ancienne Bessarabie). La plaine de Valachie et de la partie orientale de la Moldavie a été formée par l'assèchement d'une ancienne mer. Elle est, sauf dans le Baragan, entre Bucarest et Braïla où elle est absolument plate, vallonnée de collines couronnées d'arbres. Les cours d'eau ont recouvert le sol de limons fertiles. L'eau est rare, sauf aux abords du Danube, où s'étendent de vastes marais.

A l'Ouest, on trouve la Transylvanie, vaste dépression tertiaire bordée au Sud par un épais massif primaire, à l'Est et à l'Ouest par des chaînes secondaires, bouleversée, d'ailleurs, par des éruptions volcaniques. Cee reste d'un massif ancien sur lequel est venu s'accoler l'arc carpatique surgi sous l'influence du plissement alpin est une région d'aspect assez accidenté où le sol est découpé en collines, d'ailleurs peu élevées. De formidables montagnes la bordent à l'Est et au Sud. Ce sont les Carpates roumaines, qui forment l'épine dorsale du pays et organisent toutes les autres régions.

Les Carpates roumaines.
La chaîne des Carpates est une chaîne récente datant de l'époque miocène comme les Alpes et décrivant autour du bassin pannonique un arc de cercle ouvert vers l'ouest. L'arc carpatique comporte une grande variété de structure géologique. Dans les Alpes de Transylvanie, on trouve des roches cristallines, dans l'est on a affaire à des couches gréso-schisteuses datant de l'époque cénozoïque. En outre, on remarque dans cette chaîne une alternance de chaînes et de bassins intérieurs. Les chaînes sont en général d'aspect austère elles ont des crêtes planes sur lesquelles, dans certaines régions, les troupeaux peuvent cheminer pendant des kilomètres. Quant aux bassins, ce sont eux qui attirent la vie : le pâtre des hautes chaumes estivales y demeure l'hiver auprès du cultivateur sédentaire. il y a bien des nuances dans la chaîne des Carpates.

On peut distinguer les Alpes de Transylvanie les plus élevées et les plus massives avec des vallées aux versants abrupts, les Carpates moldaves dont les roches constitutives sont plus récentes et qui sont moins élevées, et les Carpates de Bukovine, au Nord. Dans toutes ces montagnes, nombreux sont les sommets formés de conglomérats et de forme arrondie. 

  • Les Alpes de Transylvanie, façade méridionale des Carpates, sont les montagnes les plus hautes du territoire roumain : massif du Fogaras avec les pics du Moldoveanu (2544 m), point culminant de la Roumanie, et de l'Omu (2508 m), massifs aux formes hardies où les rivières creusent des gorges très profonde. Les glaciers qui, autrelois, ont recouvert la chaîne ont laissé, comme dans les Pyrénées, des cirques et, de place en place, retenu les eaux; petits lacs, dits yeux de mer, qui parsèment la montagne roumaine. Vraie muraille fermant le plateau aux habitants de la plaine, la montagne n'est ici interrompue que par de rares et malaisément praticables défilés (défilé de la Tour Rouge, passe de Voulcane).

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  • Les Carpates moldaves s'élèvent à plus de 2000 mètres, surplombant à pic la plaine valaque (massif de Hargita, 2102 m). Ils s'abaissent un peu vers le Sud (Pietrosul, 2305 m). Leur muraille est ébréchée par les passes d'Oitouz et de Prédéal permettant les communications entre la Moldavie et le plateau transylvain.

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  • Les Carpates de Bukovine (Nord de la Roumanie) elles, sont plus massives et leurs crêtes granitiques et gréseuses sont très déchiquetées. 
  • Enfin, il faut mettre à part le massif du Bihar, fragment carpatique isolé par un affaissement du bassin de Transylvanie. Les monts Bihar, qui séparent à l'Ouest le plateau transvlvain de la plaine hongroise sont moins élevés et plus découpés. Derrière le front abrupt de ces montagnes, on trouve des crêtes calcaires percées de cluses et de vastes plateaux boisés ou dénudés dont les croupes atteignent en général 1800 mètres.

    A l'intérieur des Carpates on trouve, avec toute une série de transitions (collines), des bassins. Parmi les bassins, l'un des plus caractéristiques est celui de Transylvanie qui est une sorte de cuvette suspendue au-dessus des plaines voisines avec un dédale de collines sculptées par l'érosion dans les sédiments tertiaires et des traces abondantes de volcanisme sur les bords. 

    Les plaines de Valachie et de Moldavie ne peuvent être séparées de la chaîne carpatique, pas plus d'ailleurs que la vallée danubienne elle-même. C'est en effet aux Carpates qu'ont été arrachés la plupart des sédiments qui les recouvrent à l'heure actuelle. 

    Ce sont les Carpates qui leur donnent en partie au moins, leur climat. Au point de vue
    la géographie humaine, enfin, elles ont joué de tout temps pour le peuplement et l'économie du pays un rôle capital. Le type de ces plaines est la Valachie qui, comme on vient de le voir ne commence pas en abrupts à la chaîne carpatique, mais en est séparée par toute une série de collines (la Podgoria). La plaine elle-même s'appelle le Câmp. C'est la plaine s'étendant à perte de vue, souvent couverte de neige en hiver, verdovante et fleurie au printemps, jaunissante à l'été quand les épis ondulent sous le souffle des brises, toujours sèche et nue, sans arbres, sans eaux courantes sans autre trace de la présence de l'homme que la tache verte d'un verger indiquant au loin la lisière d'un des rares villages.

    Le Câmp, c'est, au fond, déjà la steppe à terre noire russe. En Moldavie, on n'aborde la plaine qu'après avoir également traversé toute une zone de collines verdoyantes, pays; de vergers et de bois, de prairies et de champs de maïs. Seulement, ici, la plaine est encore plus sèche. L'aspect de steppe est complet. Dans ce cas particulier, la Podgoria s'appelle les Codri, mais c'est au fond le même paysage.

    La vallée inférieure du Danube.
    Il faut mettre à part la vallée du Danube. Le Danube coule sur plus de 1000 kilomètres en territoire roumain. Dès qu'il a percé les Portes de Fer, le grand fleuve de l'Europe centrale sort transformé; au lieu du fleuve alangui de la plaine hongroise, c'est un courant majestueux. Le fleuve, large de 880 m à Cetatea, de 745 m, à Calafat, de plus d'un km à Bistretsu est semé d'îles et de bancs de sable qui se déplacent constamment. 

    Dans la vallée, immense, la forêt des saules s'étend à perte de vue. Quand commence la Balta, le chenal principal du fleuve se déroule dans un dédale d'îles, de marécages et de canaux. Les affluents se perdent dans des lacs sans rejoindre le Danube lui-même. Large de plus d'un kilomètre, quand il rassemble ses eaux en un seul bras entre Braïla et Galatz, le Danube qui débite à Talcea 6000 mètres cubes à la seconde est un des systèmes fluviaux les plus puissants de l'Europe; quoiqu'il vienne de traverser des centaines de kilomètres de steppe. C'est que les affluents valaques, le Jiu, l'Oltu, l'Arges, la Jalomitra lui apportent l'abondant tribut des Carpates et le maintiennent tant bien que mal.

    A Braïla, le débit moyen du Danube est d'environ 5000 mètres cubes à la seconde. Tandis que les hautes Carpates sont avant tout des régions d'élevage transhumant, que les collines intermédiaires sont remarquables par leurs vergers et leurs cultures variées, que les bassins et les steppes sont des terres à céréales, surtout à blé, la vallée du Danube est un monde aquatique où poussent nombre de végétaux hygrophiles. C'est une région où abondent les poissons et les oiseaux, surtout au printemps, quand mésanges, merles et rossignols poussent leur gai gazouillis et que volent les troupes de grues, de flamants et de hérons.

    Après avoir arrosé Braïla et Galatz, le Danube se divise à Toultsha en plusieurs branches pour former un delta. Ces trois branches sont celles de Kilia, Soulina, la seule aisément navigable, et Saint-Georges.

    La Dobroudja.
    A côté de ces régions si diverses d'aspect au point de vue physique et par leur pavsage, il faut dire deux mots de la Dobroudja qui impose au Danube un détour. La Dobroudja est un prolongement du plateau crétacé bulgare, mais au sud, elle offre un complexe de roches éruptives et de couches précambrienne et paléozoïques fortement plissées qui représenterait, d'après Suess « un fragment d'une chaîne plissée plus vaste, orientée dans le sens du Caucase. » A l'Est, la mer, au nord, les marécages du Delta danubien, à l'ouest, la Balta semblent l'isoler. C'est un pays qui n'est ni carpatique, ni balkanique : « un pays de steppe aux larges horizons » (F. de Martonne), une sorte de fragment détaché de la steppe russe.

    Le climat.
    Le climat de la Roumanie est continental et influencé par les vents froids venus de la Russie. Il est ainsi  intermédiaire entre le climat de l'Europe centrale et celui de la plaine de l'Europe orientale. La climat de chaque région a ses particularités.

    Dans les Carpates, trop peu élevées pour posséder à l'heure actuelle ni neiges éternelles ni glaciers, l'hiver est particulièrement long et rigoureux, le printemps rapide. A peine la fonte des neiges est-elle commencée que l'herbe apparaît de dessous le tapis blanc et que les troupeaux de la vallée s'apprêtent à gagner la montagne. Le court été est relativement chaud mais le climat est en somme beaucoup moins excessif que celui de la plaine. En Transylvanie, c'est un climat de montagne où l'hiver est rude, l'été relativement modéré, où dominent les pluies de printemps.

    La plaine roumaine, en effet, qu'il s'agisse de la Valachie et de la Moldavie est caractérisée par la rigueur de ses hivers au cours desquels la température descend parfois à -25°C et par ses étés brûlants (parfois + 35°C). Les températures de 42,8 °C et de -33,6 °C ont été relevées à Giurgiu. A Bucarest, l'amplitude annuelle est en moyenne de 40°C. Les jours de gelée sont nombreux. L'hiver, la neige tombe en abondance. Pendant 65 jours, le sol reste couvert de neige et il gèle 116 jours par an. Les pluies d'été sont violentes, mais l'eau s'évapore très rapidement. Sur le Danube, les brouillards et la gelée interrompent la navigation dès le mois de novembre

    Dans la distribution des précipitations, le caractère continental du climat apparaît aussi, mais des influences méditerranéennes tendent à se faire sentir. C'est ainsi que 35% des précipitations tombent l'été et 43 % l'hiver. Les vents qui soufflent dans les plaines roumaines, le « crivets » et l'« austru », sont l'un, violent, très chaud l'été et très froid l'hiver; c'est le vent pluvieux. Quant à l'« austru », il est un vent plutôt sec qui donne à l'atmosphère sa limpidité. C'est au « crivets» que la Valachie doit ses grandes amplitudes.

    Biogéographie de la Roumanie

    Le territoire roumain est dominé par trois grandes unités naturelles : les Carpates, le Plateau Transylvanien et les plaines de Basse-Danube. Les Carpates, arc montagneux central, jouent un rôle écologique fondamental en tant que refuge pour de nombreuses espèces relictuelles et endémiques, notamment le lynx, l'ours brun et le loup. Ces montagnes abritent de vastes forêts primaires de hêtres et de conifères, et constituent l'un des plus grands réservoirs de biodiversité forestière d'Europe.

    Le Plateau Transylvanien, situé entre les arcs carpatiques, est composé de collines et de dépressions aux sols fertiles, favorables à une agriculture traditionnelle extensive. Cette mosaïque agropastorale soutient une biodiversité semi-naturelle importante, notamment en ce qui concerne les prairies à orchidées et les papillons endémiques.

    Les plaines méridionales et orientales, plus arides, constituent des zones steppiques et des milieux humides d'une importance capitale, tels que les lacs salés de Transylvanie, les marais de l'Olt et les plaines alluviales du Danube. Ces zones accueillent une avifaune exceptionnelle, notamment dans le delta du Danube, classé Réserve de biosphère. Ce delta constitue la zone humide la plus étendue et la plus riche d'Europe, essentielle pour la nidification et la migration de centaines d'espèces d'oiseaux, dont le pélican frisé, les hérons pourprés ou la spatule blanche.

    Du point de vue floristique, la Roumanie rassemble plus de 3700 espèces de plantes supérieures, dont plusieurs endémiques comme Dianthus callizonus ou Hieracium telekianum. La diversité climatique, qui va du climat continental des plaines au climat alpin des sommets, favorise la coexistence d'espèces méditerranéennes, boréales, pontiques et alpines.

    Cette richesse est toutefois menacée par des pressions anthropiques croissantes : agriculture intensive, déforestation, urbanisation, pollution et changement climatique. Malgré cela, la Roumanie conserve de vastes territoires naturels protégés, dont les Parcs Nationaux de Retezat, Piatra Craiului et Ceahlău, ainsi que de nombreux sites Natura 2000, garants d'une préservation partielle du patrimoine biogéographique national.

    Roumanie : château de Peles.
    Peintures murales du château de Peles, près de Sinaia, en Roumanie.
    Source : The World Factbook.

    Géographie humaine de la Roumanie

    Population.
    La population roumaine, estimée à environ 19 millions d'habitants en 2025, connaît une tendance démographique marquée par le déclin. Ce recul est le résultat d'un taux de natalité faible, d'un vieillissement accéléré de la population et d'une émigration massive depuis les années 1990. La transition démographique engagée depuis la fin du régime communiste s'est traduite par une baisse continue du nombre de naissances, un allongement de l'espérance de vie, et une diminution notable de la population active.

    Le taux de fécondité reste inférieur à 1,7 enfant par femme, bien en deçà du seuil de renouvellement des générations. En parallèle, l'espérance de vie atteint environ 75 ans pour les hommes et 80 ans pour les femmes, bien qu'elle reste en retrait par rapport à la moyenne de l'Union européenne. Le vieillissement démographique est particulièrement marqué dans les zones rurales, où les jeunes adultes quittent les villages pour les villes ou l'étranger.

    L'émigration constitue un trait central de la dynamique démographique roumaine. Plus de 3,5 millions de Roumains vivent à l'étranger, principalement en Italie, en Espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ce phénomène a contribué à la baisse démographique nationale mais a également des effets sociologiques profonds : transformations des structures familiales, montée des familles transnationales, enfants laissés aux soins des grands-parents, et transfert massif de remises financières, essentielles à de nombreuses économies locales.

    Les structures sociales roumaines sont caractérisées par de fortes disparités économiques et territoriales. Les régions rurales, représentant encore plus de 40 % de la population, souffrent de pauvreté, de sous-investissement en infrastructures et d'accès limité aux soins et à l'éducation. Les grandes villes comme Bucarest, Cluj-Napoca ou Timișoara concentrent les activités économiques, les universités, les innovations technologiques et les migrations internes. Ces pôles urbains attirent une jeunesse diplômée et cosmopolite, ce qui favorise l'émergence de nouvelles classes moyennes et de modes de vie globalisés.

    En matière de genre, les inégalités persistent, notamment sur le marché du travail, où les femmes sont sous-représentées dans les postes à responsabilité. Les mouvements féministes restent marginaux mais en progression, portés par des ONG et des réseaux militants en ligne. Quant aux droits LGBTQ+, malgré une certaine libéralisation juridique, la société roumaine conserve une majorité de postures conservatrices, et les discriminations restent fréquentes dans les espaces publics et professionnels.

    Enfin, la fracture entre générations se creuse : les jeunes Roumains, plus connectés, éduqués et tournés vers l'Europe, adoptent des styles de vie et des aspirations qui tranchent avec les représentations traditionnelles encore dominantes dans les milieux plus âgés et ruraux. Cette dualité façonne les tensions et les mutations sociales du pays dans un contexte de transition accélérée vers une modernité hybride, tiraillée entre héritage postcommuniste, intégration européenne et mondialisation.

    Quelques-unes des principales villes de la Roumanie

    • Bucarest, la capitale, est la plus grande agglomération du pays, située dans la plaine valaque, au sud. Elle concentre plus de deux millions d'habitants et joue un rôle central dans l'administration, la finance et la culture nationale. Bucarest est caractérisée par une architecture hétérogène, qui mêle bâtiments communistes massifs, édifices historiques de style néoclassique et quartiers modernes. Le Palais du Parlement, symbole du régime de Ceaușescu, est l'un des plus grands bâtiments au monde. La ville est également un carrefour de transport majeur avec plusieurs gares, universités, musées et un aéroport international.

    • Cluj-Napoca, capitale non officielle de la Transylvanie, est située au nord-ouest du pays. Deuxième ville en importance, elle se distingue par son dynamisme universitaire, ses activités dans les technologies de l'information, et sa scène culturelle vibrante. Elle est le siège de grandes universités comme l'Université Babeș-Bolyai et accueille une importante communauté hongroise. L'urbanisme de Cluj reflète un héritage austro-hongrois, visible dans ses bâtiments baroques et néo-gothiques.

    • Timișoara, dans l'ouest du pays, près de la frontière serbe, est un pôle industriel et technologique majeur. Ville cosmopolite et fortement marquée par l'empreinte de l'empire des Habsbourg, elle a joué un rôle historique déterminant dans la révolution de 1989. Surnommée la "petite Vienne" pour son architecture, elle a été Capitale européenne de la culture en 2023. Timișoara est également une des premières villes d'Europe à avoir été éclairée à l'électricité dès la fin du XIXe siècle.

    • Iași, à l'est, dans la région de Moldavie, est le centre culturel et spirituel de cette partie du pays. Ancienne capitale de la principauté de Moldavie, elle est aujourd'hui un centre universitaire important avec des établissements prestigieux comme l'Université Alexandru Ioan Cuza. Sa population dépasse les 300 000 habitants. Iași est réputée pour ses bibliothèques, ses théâtres, ses églises orthodoxes et sa tradition littéraire.

    • Constanța, au bord de la mer Noire, est le principal port maritime du pays. C'est aussi une station balnéaire réputée, notamment par la proximité de Mamaia, un centre touristique de premier plan. Constanța est une ville ancienne, fondée par les Grecs sous le nom de Tomis, où Ovide fut exilé. Elle combine activités économiques liées au transport maritime, à l'industrie pétrochimique, au commerce et au tourisme.

    • Brașov, située au cœur des Carpates, est une ville historique très touristique. Elle conserve une vieille ville médiévale bien préservée, entourée de murailles, avec la célèbre Église Noire et la place du Conseil. Brașov est également une porte d'accès vers les stations de montagne comme Poiana Brașov. Elle bénéficie d'un développement équilibré entre services, industrie légère et attractivité touristique.

    • Sibiu, autre perle de la Transylvanie, a été Capitale européenne de la culture en 2007. Elle se signale par son patrimoine architectural exceptionnel, ses ponts anciens, ses églises luthériennes, et sa vie artistique animée. Ancienne ville saxonne, elle a conservé une forte empreinte allemande. Sibiu est également proche des Carpates, ce qui renforce son attrait touristique.

    • Craiova, située dans le sud-ouest de la Roumanie, est une ville industrielle et universitaire. C'est le principal centre urbain de la région d'Olténie, avec une forte activité dans l'industrie automobile (notamment l'usine Ford), la métallurgie et l'enseignement supérieur. Craiova a aussi un riche passé historique, lié aux grandes familles princières de Valachie.

    • Galați, sur le Danube, à l'est du pays, est un autre port important, spécialisé dans la sidérurgie, la construction navale et le commerce fluvial. Sa position sur le fleuve en fait un pôle logistique stratégique. La ville entretient des relations économiques avec l'Ukraine et la Moldavie voisines.

    • Oradea, près de la frontière hongroise, est une ville à l'architecture Art Nouveau très bien conservée. Elle connaît un renouveau économique et touristique, en grande partie grâce à sa position frontalière et à sa proximité avec l'Europe centrale. Elle se distingue également par ses centres thermaux et son patrimoine religieux diversifié.

    Groupes ethnolinguistiques.
    La Roumanie est un pays majoritairement homogène sur le plan ethnolinguistique, avec une population composée à environ 85 % de Roumains. Toutefois, cette homogénéité apparente masque une diversité importante de minorités ethnolinguistiques, aux ancrages historiques profonds et aux revendications culturelles affirmées.

    Dans l'ensemble, le cadre juridique roumain accorde aux minorités nationales des droits linguistiques garantis par la Constitution et par des lois spécifiques. La Roumanie est également signataire de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ce qui renforce la protection des groupes ethnolinguistiques. Néanmoins, des disparités existent entre la reconnaissance légale et la réalité de l'usage, en particulier dans les zones où les minorités sont numériquement faibles ou dispersées.

    Le groupe majoritaire, les Roumains, parle le roumain, une langue romane issue du latin vulgaire, fortement influencée par les langues slaves, le grec, le turc et le hongrois. Le roumain, la langue officielle de l'État, est utilisée dans l'administration, l'enseignement et les médias. Il est aussi la langue véhiculaire dans l'ensemble du territoire, notamment dans les zones à forte concentration de minorités, même si certaines régions présentent des situations de bilinguisme.

    La minorité hongroise constitue le groupe ethnolinguistique le plus important, avec environ 6 % de la population nationale. Elle est concentrée principalement en Transylvanie, notamment dans les départements de Harghita, Covasna et Mureș. Les Hongrois de Roumanie parlent le hongrois, une langue finno-ougrienne sans parenté avec le roumain. Cette communauté dispose de droits linguistiques étendus : éducation en langue maternelle à tous les niveaux, médias hongrois, usage du hongrois dans l'administration locale lorsque la minorité dépasse 20 % de la population communale. Le Parti démocrate hongrois de Roumanie joue un rôle politique structurant dans la représentation de cette communauté.

    La population rom, dont l'estimation varie de manière importante selon les sources – de 3 % selon les recensements officiels à plus de 10 % selon certaines ONG – représente une minorité complexe et hétérogène. Les Roms parlent différentes variétés de romani, une langue indo-aryenne, habituellement en alternance avec le roumain ou le hongrois selon les régions. Cette communauté subit encore d'importantes discriminations sociales, économiques et éducatives, bien que des politiques publiques et des programmes européens visent à améliorer leur inclusion. Les sous-groupes roms incluent les Kalderash, les Lovari, les Ursari, chacun ayant ses pratiques linguistiques et culturelles propres.

    Les Ukrainiens de Roumanie, concentrés dans le Maramureș et le delta du Danube, forment un autre groupe ethnolinguistique visible. Ils parlent l'ukrainien et bénéficient d'un enseignement en langue maternelle, d'écoles et de journaux propres. Leur communauté conserve des traditions religieuses orthodoxes orientales spécifiques, souvent distinctes du patriarcat roumain.

    Les Allemands de Roumanie, autrefois très présents à travers les Saxons de Transylvanie et les Souabes du Banat, ne sont plus que quelques dizaines de milliers, en grande partie émigrés vers l'Allemagne après 1989. Leurs descendants conservent parfois l'usage de l'allemand dans des contextes culturels, mais la langue s'efface progressivement au profit du roumain. Certaines écoles germano-roumaines subsistent, notamment à Sibiu et Timișoara.

    Les Tatars et les Turcs, établis historiquement en Dobrogea, représentent des communautés musulmanes de langue turque ou tatar. Ils bénéficient d'un statut reconnu, de lieux de culte et de structures éducatives adaptées. Le turc y est parfois transmis comme langue d'héritage, mais la majorité des jeunes générations privilégient le roumain dans la vie quotidienne.

    Les Serbes, Croates, Bulgares, Arméniens, Grecs et Juifs forment d'autres minorités plus réduites, mais historiquement implantées dans certaines régions. La plupart d'entre elles possèdent leurs propres institutions culturelles, parfois des écoles confessionnelles ou communautaires, et participent à la vie associative et religieuse du pays. Toutefois, l'usage de leurs langues tend à diminuer, en raison de l'assimilation linguistique croissante.

    Culture.
    L'identité culturelle roumaine repose en grande partie sur la langue roumaine et sur une forte conscience nationale liée à la ruralité, aux coutumes folkloriques et à l'orthodoxie. 
    La Roumanie contemporaine oscille entre valorisation de son patrimoine et ouverture aux dynamiques culturelles globalisées. De nombreuses initiatives urbaines, festivals, scènes alternatives et galeries émergentes contribuent à la redéfinition d'une culture jeune, connectée, critique, parfois engagée politiquement. Cette pluralité fait de la culture roumaine un champ vivant, à la fois enraciné et en transformation.

    Les traditions populaires occupent une place centrale dans l'imaginaire collectif. Les villages roumains conservent des pratiques ancestrales dans les domaines de l'artisanat, de la musique, des danses et des coutumes saisonnières. Des éléments comme la blouse traditionnelle roumaine (ie), les tapis tissés, les oeufs peints de Bukovine ou les danses comme la hora sont devenus des symboles culturels reconnus au niveau international. Le folklore est marqué par une forte charge symbolique, et peut inclure des croyances, de rituels magico-religieux et des contes peuplés de personnages mythologiques comme les iele, les strigoi ou le zmeu.

    La religion orthodoxe, pratiquée par environ 85 % de la population, avec une présence notable d'Églises catholiques (romaine et gréco-catholique), protestantes (notamment réformées parmi les Hongrois), ainsi que de communautés musulmanes dans le Dobrogea. La religion joue encore un rôle structurant dans la vie culturelle et sociale, bien que la sécularisation progresse lentement. Les monastères médiévaux de Moldavie, les icônes peintes, les fresques religieuses et les fêtes du calendrier orthodoxe influencent profondément l'architecture, les arts visuels et les modes de vie. 

    La littérature roumaine moderne émerge au XIXe siècle avec des figures comme Mihai Eminescu, considéré comme le poète national, suivi par Ion Creangă, Ioan Slavici et Ion Luca Caragiale. Le XXe siècle voit l'internationalisation de la culture littéraire avec des auteurs comme Eugen Ionescu (théâtre de l'absurde), Emil Cioran (philosophie du pessimisme) et Mircea Eliade (histoire des religions), dont une partie de l'oeuvre est produite en exil, notamment en français. La période communiste impose une censure sévère, mais suscite aussi une littérature de résistance, volontiers allégorique, avec des auteurs comme Marin Preda, Ana Blandiana ou Paul Goma.

    Les arts visuels roumains mêlent tradition byzantine et modernisme européen. Le sculpteur Constantin Brâncuși, pionnier de la sculpture abstraite, est l'un des artistes roumains les plus célèbres à l'échelle mondiale. Son oeuvre, caractérisée par une recherche de l'essence des formes, a influencé l'art moderne au-delà des frontières. D'autres artistes contemporains comme Geta Brătescu ou Dan Perjovschi abordent les questions de mémoire, de liberté et d'identité dans des formes expérimentales.

    La musique roumaine présente une grande variété : la musique populaire traditionnelle (notamment dans les régions de Maramureș, Oltenie ou Banat) utilise des instruments comme le violon, la flûte caval ou la cimpoi (cornemuse). La doina, chant libre et mélancolique, a été reconnue par l'Unesco comme patrimoine immatériel. La musique classique roumaine, représentée par George Enescu, atteint des sommets avec ses oeuvres symphoniques et son festival international. La musique contemporaine, entre rock alternatif, pop et électro, voit émerger des artistes de renommée comme Inna, Alexandra Stan ou Subcarpați, qui intègrent des éléments folkloriques dans un style moderne.

    Le cinéma roumain connaît un renouveau depuis les années 2000 avec le « Nouveau cinéma roumain », reconnu internationalement pour son réalisme minimaliste, sa critique sociale et sa rigueur esthétique. Des réalisateurs comme Cristian Mungiu, Cristi Puiu ou Corneliu Porumboiu ont été primés à Cannes et Berlin. Ils abordent des thèmes liés à la mémoire postcommuniste, la corruption, l'aliénation ou les contradictions de la modernité.

    Les traditions culinaires, issues du croisement entre cuisines balkanique, turque, slave et austro-hongroise, forment un autre pilier de l'identité culturelle. Plats emblématiques comme les sarmale (choux farcis), la ciorbă de burtă (soupe de tripes), les mămăligă (polenta) et les desserts comme le cozonac ou les papanasi témoignent de l'attachement à une cuisine familiale, généreuse et symboliquement liée aux fêtes religieuses.

    Economie.
    L'économie de la Roumanie est une économie de marché en transition rapide, intégrée à l'Union européenne depuis 2007. Elle s'est transformée profondément depuis la chute du régime communiste en 1989, et est passée d'un modèle centralisé et étatisé à un modèle libéral, fondé sur l'investissement étranger, l'exportation et la consommation. Bien qu'elle connaisse des contrastes régionaux et des fragilités structurelles, l'économie roumaine a affiché des taux de croissance soutenus dans les deux dernières décennies, ce qui a fait du pays l'un des marchés émergents les plus dynamiques d'Europe de l'Est.

    Le produit intérieur brut de la Roumanie en 2024 avoisinait les 370 milliards d'euros, avec un PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat proche de 80 % de la moyenne européenne, bien qu'avec de fortes disparités entre la capitale, les grandes villes et les zones rurales. Bucarest représente à elle seule près de 25 % du PIB national, grâce à son rôle de centre administratif, financier et technologique. Les régions du nord-est et du sud, à majorité rurale, restent nettement moins développées, avec des taux de pauvreté élevés.

    Le secteur des services est aujourd'hui le pilier principal de l'économie roumaine. Il représente plus de 60 % du PIB. Le pays s'est imposé comme un centre régional pour les technologies de l'information, les services externalisés (BPO) et les start-ups, grâce à une main-d'œuvre qualifiée et relativement bon marché. Des villes comme Cluj-Napoca, Timișoara ou Iași sont devenues des pôles technologiques majeurs, et attirent des investissements de multinationales dans les domaines de l'IT, de la finance, de l'ingénierie et du design numérique.

    L'industrie reste un pilier stratégique de l'économie. Elle est concentrée autour de la construction automobile, la pétrochimie, la métallurgie, l'électromécanique et l'aéronautique. Le secteur automobile, porté par les usines Dacia-Renault à Mioveni et Ford à Craiova, constitue un levier d'exportation massif. L'industrie aéronautique, bien que plus réduite, maintient des capacités via des entreprises comme Romaero ou Aerostar. La production industrielle est soutenue par des zones franches, des clusters et des chaînes logistiques transnationales intégrées.

    L'agriculture, bien que sa part dans le PIB soit tombée à environ 4 %, emploie encore près de 20 % de la population active. Le pays dispose de vastes terres arables, notamment dans la plaine du Danube et les régions du sud et de l'ouest. La production céréalière, les cultures maraîchères et la viticulture y sont bien développées, mais le secteur souffre d'un morcellement des propriétés, d'un faible niveau de mécanisation et d'un accès inégal aux subventions européennes.

    Le commerce extérieur est fortement orienté vers l'Union européenne, qui représente environ 70 % des exportations et 75 % des importations. L'Allemagne, l'Italie et la France sont les principaux partenaires commerciaux. Les exportations sont dominées par les biens industriels, les composants automobiles, les équipements électriques et les produits agricoles. Les importations concernent surtout les machines, les équipements de transport, les produits chimiques et l'énergie.

    Le secteur énergétique est diversifié mais dépendant en partie des importations. La Roumanie dispose de ressources naturelles en gaz, pétrole, charbon et uranium, ainsi que d'un parc hydroélectrique développé. Des investissements sont en cours pour renforcer la production d'énergie renouvelable, notamment éolienne et solaire, ainsi que pour le développement de l'énergie nucléaire, avec les projets d'extension de la centrale de Cernavodă.

    L'économie roumaine bénéficie de financements européens importants via les fonds structurels, qui soutiennent les infrastructures, l'innovation, l'éducation et la cohésion sociale. Toutefois, les problèmes de bureaucratie, de corruption et de capacité administrative limitent l'absorption totale de ces fonds. Le pays a aussi été affecté par une inflation élevée ces dernières années, en partie due aux effets post-pandémiques et à la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine.

    Le marché du travail est marqué par une pénurie croissante de main-d'œuvre dans certains secteurs, conséquence de l'émigration massive et du vieillissement démographique. Pour y répondre, le gouvernement a autorisé l'entrée de travailleurs non européens dans le bâtiment, l'agriculture ou l'hôtellerie. En parallèle, le salaire minimum a connu plusieurs hausses successives, mais reste inférieur à celui des pays d'Europe occidentale.

    Le système bancaire, stable et bien capitalisé, est largement contrôlé par des banques étrangères. La digitalisation des services financiers a progressé rapidement, et l'économie numérique connaît un développement soutenu, notamment grâce aux initiatives de fintech locales. Cependant, une partie importante de l'économie reste informelle, ce qui pose des défis pour la fiscalité et la protection sociale.

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