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Michell (
rév. John). - Naturaliste et géologue et astronome né dans le comté
de Nottingham en 1724, mort à Thornhill (Yorkshire) le 21 avril 1793.
Il fit ses études au Queen's College de Cambridge,
où il fut nommé, en 1762, professeur de géologie (chaire de Woodward).
Puis il fut nommé en 1760, la même année que Cavendish,
membre de la Royal Society de Londres et
devint en 1767 recteur de Thornhill.
On lui doit nombre d'idées très novatrices.
En 1750, il a ainsi édité à Cambridge un travail d'environ quatre-vingts
pages un Traité des aimants artificiels (A
Treatise of Artificial Magnets), dans lequel est exposée une
méthode pour les fabriquer aisément. Outre cette méthode de magnétisation,
qui porte toujours son nom, ce travail contient une variété d'observations
magnétiques précises, et une intéressante exposition de la nature de
l'induction magnétique. Il y énonce également la loi selon laquelle
la "force magnétique entre deux pôles" d'un aimant
varie en d-².
En géologie, un article intitulé Conjectures
concerning the Cause and Observations upon the Phaenomena of Earthquakes,
publié en 1760 dans les Transactions philosophiques, jette les
bases de la sismologie. Dans ce travail, qui intervient peu d'années après
le tremblement de terre qui dévaste Lisbonne
en 1755, il attribue les séismes à la force
engendrée par la rencontre des eaux souterraines les feux internes de
notre planète. Estimant qu'un tel phénomène doit être à l'origine
d'ondes se propageant dans la croûte terrestre, il cherche à en estimer
la vitesse de propagation, trouvant la valeur d'environ 500 m/s, et donne
une méthode pour déterminer la position de la source de ces ondes (épicentre).
Michell, Ã qui l'on doit par ailleurs
la première estimation plausible en 1867 de l'ordre de grandeur de la
distance d'une étoile (il donne pour Véga (Lyre )
une valeur seulement 4 fois trop faible), a par ailleurs émis plusieurs
hypothèses astronomiques importantes : il est le premier à avoir soupçonné,
sinon affirmé, que les étoiles doubles
peuvent former des couples physiquement liés, et qu'il puisse exister
des astres complètement sombres, ancêtres des trous noirs
modernes.
Les étoiles
doubles, étaient jusqu'à son époque considérées comme des étoiles
dont les composantes n'avaient aucun lien entre elles, et qui étaient
seulement rapprochées par la perspective. Dans un article publié en 1767,
Michell commence à émettre des doutes sur cette conception, en notant
que la proportion des étoiles doubles semble trop importante pour invoquer
le seul effet du hasard, tout comme, ajoute-t-il, c'est aussi probablement
le cas des étoiles de ce que l'on appellera plus tard les amas ouverts.
Il s'agit bien là de l'esquisse d'une idée nouvelle, mais qui ne sera
consolidée que dans un second article, publié en 1784, où l'on peut
lire :
"il est
hautement probable [...] que ces étoiles [qui nous] apparaissent comme
deux étoiles (ou davantage) très près l'une de l'autre, sont effectivement
placées l'une près de l'autre, et soumises à l'influence de quelque
loi générale".
Cette fois l'argument
statistique sur lequel se fonde Michell est plus solide, et repose sur
les observations de son ami W. Herschel, qui
avait débuté une longue série d'observations d'étoiles doubles deux
ans plus tôt. Du fait des relations qui existaient entre Michell et Herschel,
l'attribution de la paternité de l'idée de l'existence des étoiles binaires
physiques peut être sujette à discussion.
Les étoiles
obscures (dark stars), comme les désigne Michell lui-même
à partir de 1783, sont des objets capables d'engendrer un tel champ de
gravitation que la lumière (supposée relever de la description corpusculaire
qu'en proposait Newton) ne possède pas une vitesse
de libération suffisante pour s'en échapper. Michell, montra à partir
des lois de Newton, que la vitesse de libération
est proportionnelle à la racine carrée de la masse d'une étoile divisée
par sa circonférence. Le calcul lui donna la valeur de la taille critique
d'une étoile de masse donnée, au-delà de laquelle la vitesse
de la lumière est insuffisante pour quitter la surface de l'astre.
Il y a avait tout de même un hic. Avec une étoile de la masse du Soleil,
le diamètre critique était d'environ 18 kilomètres, ce qui signifiait
une densité très au-delà de ce qu'il était possible d'imaginer à l'époque.
Une difficulté apparaissait également si l'on supposait que l'étoile
obscure avait une diamètre comparable à celui du Soleil, car cette fois
l'astre devenait monstrueux, avec une masse de 400 à 500 fois supérieure
à celle du Soleil. Les mêmes idées seront émises, indépendamment par
Laplace, dans les deux premières éditions son
Exposition du système du monde
(1796 et 1799).
Ajoutons enfin qu'il mit en évidence la pression
de radiation en étudiant l'effet de la lumière sur une fine
pellicule de cuivre, et qu'il imagina, en 1790, la méthode et la balance
de torsion plus tard utilisée par Coulomb, mais
qui, déjà , perfectionnée par Cavendish,
devait permettre à celui-ci de mesurer G et la densité de la Terre ,
selon le principe énoncé par Michell, celui n'ayant pas vécu assez longtemps
pour trouver le temps de le mettre en pratique.
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En
bibliothèque - J. Michell n'a publié
à part que son traité sur les aimants : Artificial Magnets (Cambridge,
1750, in-4; 2e éd., 1751; trad. franc., 1752). Mais il a fait à la Société
royale de Londres, de 1760 à 1784, de nombreuses communications insérées
dans les Philosophical Transactions. Signalons : Observations
on the comet of january 1760 (1760); A recommendation of Hadley's
quadrant for surveying (1765); Proposal of a method for measuring
degrees of longitude upon parallels of the equator, (1766); An inquiry
into the probable parallax and magnitude of the fixed stars (1767);
On
the twinkling of the fixed stars (1767), On the means of discovering
the distance, magnitude, etc., of the fixed stars (1784). |
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