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Mauritanie
Al Jumhuriyah al Islamiyah al Muritaniyah

20 00 N, 12 00 W
La Mauritanie est un Etat saharien, presque entièrement dĂ©sertique, du Nord-Ouest de l'Afrique, riverain de l'OcĂ©an Atlantique et frontalier du Sahara Occidental, de l'AlgĂ©rie, du Mali et du SĂ©nĂ©gal. Superficie : 1 million de km²; population : Capitale : Nouakchott (661 000 habitants, en 2012). Autres villes : NouadhĂ®bou (72 000 habitants), Tidjikja (6000), Chinguetti(4700). Population totale : 4,5 millions d'habitants. Le pays, en grande partie dĂ©sertique prĂ©sente un contraste culturel entre le Nord, avec sa population arabo-berbère, souvent nomade, et le Sud, peuplĂ© de Noirs (Toucouleurs et Peuls). 
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Carte de la Mauritanie.
Carte de la Mauritanie. Source : The World Factbook.
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Géographie physique de la Mauritanie

Relief et topographie.
La majeure partie du pays est constituée de plaines arides, recouvertes de sable et de dunes, faisant partie intégrante du désert du Sahara. Ces vastes étendues couvrent le nord et le centre de la Mauritanie.

Le centre du pays est marqué par plusieurs plateaux et massifs. Le plateau de l'Adrar, situé dans le centre-nord, est l'une des principales régions montagneuses avec des formations rocheuses spectaculaires, des canyons et des oasis. Le massif du Tagant, dans le centre, est une autre zone importante, tout comme les monts de l'Assaba plus au sud.

On trouve également des dépressions comme la cuvette de l'Aoukar, un ancien lac aujourd'hui asséché, et la dépression d'El Djouf, au nord-est, constituée de vastes étendues sableuses.

Hydrographie.
La Mauritanie est un pays largement aride avec peu de ressources en eau permanentes.

Le fleuve SĂ©nĂ©gal est le cours d'eau principal du pays, qui forme une frontière naturelle avec le SĂ©nĂ©gal au sud. Le fleuve est essentiel pour l'irrigation, l'agriculture et l'approvisionnement en eau pour les populations riveraines. 

Les oueds (= cours d'eau intermittants), comme l'oued Tergit, ne coulent que pendant la saison des pluies et sont souvent secs le reste de l'année.

Dans les régions désertiques, les oasis comme celles de Chinguetti et Ouadane, ainsi que des gueltas ( = points d'eau temporaires), jouent un rôle important pour les populations nomades et la faune.

Climat.
Le climat de la Mauritanie est principalement désertique, caractérisé par des températures élevées et une faible pluviométrie. Le nord et le centre sont extrêmement arides, avec des températures diurnes pouvant dépasser les 45°C en été et des précipitations annuelles inférieures à 100 mm. Le sud du pays, notamment le long du fleuve Sénégal, bénéficie d'un climat plus clément avec une saison des pluies de juillet à septembre. Les précipitations annuelles varient de 300 à 600 mm. Le pays est souvent balayé par des vents secs et chauds, tels que l'harmattan, qui soulèvent des tempêtes de sable et rendent les conditions de vie encore plus difficiles.

Environnement et écosystèmes.
Le désert du Sahara couvre la majorité du territoire, avec une végétation clairsemée composée d'acacias, d'euphorbes et de plantes xérophiles adaptées aux conditions arides.

Au sud du pays, la transition vers le Sahel se traduit par une végétation plus dense avec des graminées et des arbres tels que les baobabs et les acacias.

Le parc national du Diawling, situé dans le delta du fleuve, est une zone humide qui abrite une grande diversité d'oiseaux migrateurs, ainsi que des espèces aquatiques.

L'avancée du désert menace les terres agricoles et les zones de pâturage, aggravée par la déforestation et le surpâturage. L'accès à l'eau potable est un problème majeur, surtout dans les régions désertiques. Le littoral mauritanien est menacé par l'érosion, qui affecte les zones humides et les villages côtiers.

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Mauritanie : la structure de Richat en fausses couleurs.
La structure de Richat, vue depuis l'espace. Cette grande ellipse de 30 km sur 40, découverte dans le désert de Mauritanie (Adrar), lors d'une reconnaissance aérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, est d'origine volcanique. L'érosion éolienne, en agissant selon la dureté des roches (quartzites) a cormé des crêtes de roches dures d'une centaine de mètres de haut, séparées par des vallées de roches plus tendres. L'action des vents chargés des sables abrasifs du Sahara, continue de façonner cette structure unique en son genre à cette échelle (une structure similaire, mais dix fois plus petite, existe dans le voisinage). Source : Nasa.
La structure de Richat, en Mauritanie.

Géographie humaine de la Mauritanie

Population.
La Mauritanie, avec une population d'environ 4,5 millions d'habitants (2023), est l'un des pays les moins densément peuplés d'Afrique, avec une densité moyenne d'environ 4 habitants par km². Cette faible densité s'explique par la prédominance du désert, qui couvre la majorité du territoire. La répartition de la population se concentre principalement dans trois zones :
• Le sud et le long du fleuve Sénégal. - Cette région, plus fertile et propice à l'agriculture, abrite une grande partie de la population. Les villes comme Rosso, Boghé et Kaédi se situent dans cette zone.

• Les grandes villes. - La Mauritanie connaît une urbanisation rapide, surtout depuis les années 1970, avec une forte migration des zones rurales vers les villes. Environ la moitié de la population vit en milieu urbain. La capitale, Nouakchott, rassemble à elle seule plus d'un tiers de la population totale. Nouadhibou, la deuxième ville du pays, est un important centre économique.

• Les oasis du nord et du centre. - Des villes comme Atar, Chinguetti et Tidjikja sont situées dans des zones désertiques et abritent des populations nomades ou semi-nomades.

Les conditions environnementales difficiles, comme les sécheresses, ont provoqué des migrations internes importantes, notamment vers Nouakchott et Nouadhibou. Le phénomène de désertification pousse également les populations rurales à chercher de meilleures conditions de vie en ville.

Malgré les ressources naturelles, une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, notamment dans les zones rurales et les bidonvilles urbains. Les infrastructures en santé, éducation et eau potable sont particulièrement déficientes dans les zones rurales et les périphéries urbaines.

Quelques-unes des principales villes de la Mauritanie

• Nouakchott est la capitale et la plus grande ville du pays. Située sur la côte atlantique, elle est le centre politique, économique et administratif de la Mauritanie. Développée à partir d'un village de pêcheurs dans les années 1960, elle abrite aujourd'hui plus d'un million d'habitants. Elle est caractérisée par une urbanisation rapide, une forte concentration d'institutions gouvernementales, des quartiers résidentiels en expansion et des zones d'habitat précaire. Son port, le Port de l'Amitié, joue un rôle important dans le commerce maritime.

• Nouadhibou, deuxième ville du pays, est située à l'extrême nord-ouest, proche de la frontière avec le Sahara occidental. Elle constitue le principal port minéralier de la Mauritanie et une plaque tournante pour les exportations de minerai de fer, notamment via la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM). La ville bénéficie aussi de la pêche industrielle, l'un des secteurs les plus productifs du pays. Bien que moins peuplée que Nouakchott, elle est économiquement vitale.

• Zouerate est une ville minière située dans le nord du pays, au coeur du désert. Elle est née du développement de l'industrie extractive, notamment pour le minerai de fer. C'est le point de départ du fameux "train du désert", le plus long train du monde, qui transporte le minerai jusqu'à Nouadhibou. L'économie locale repose presque entièrement sur la SNIM, ce qui fait de Zouerate une ville industrielle par excellence, bien que confrontée aux contraintes climatiques sévères du Sahara.

• Kiffa, située dans le sud-est, est un important centre administratif et commercial de la région de l'Assaba. C'est également une zone de transhumance pour les éleveurs. La ville se distingue par ses marchés et son rôle dans le commerce régional. Elle est aussi réputée pour la fabrication artisanale des célèbres perles de Kiffa, aujourd'hui devenues rares mais autrefois très prisées.

• Aioun El Atrouss, capitale de la région du Hodh El Gharbi, joue un rôle stratégique proche de la frontière malienne. C'est une ville essentiellement pastorale et agricole, où l'élevage est une activité dominante. Elle est aussi un noeud de passage pour les caravanes et les échanges entre les populations du Sahel et celles du Sahara.

• Sélibaby, dans la région du Guidimakha, est proche de la frontière avec le Sénégal. Cette ville verdoyante est située dans une zone plus humide que le reste du pays, ce qui favorise l'agriculture. Elle connaît un certain développement grâce aux investissements dans les infrastructures, l'éducation et la santé. On y note la présence de populations soninké et peul.

• Kaédi, capitale de la région du Gorgol, se trouve au sud du pays, sur les rives du fleuve Sénégal. C'est une ville agricole avec un fort potentiel dans le développement agroalimentaire. Elle abrite également un hôpital régional d'importance. Sa position géographique lui confère un rôle de pont entre la Mauritanie et le Sénégal voisin.

• Tidjikja est la capitale de la région du Tagant. Elle se trouve dans un environnement montagneux et désertique, mais elle est connue pour ses oasis, ses dattes et son patrimoine architectural traditionnel en pierre et en terre. C'est aussi une ville touristique, appréciée pour son calme et son rôle historique dans les anciennes routes commerciales.

• Atar, située dans la région de l'Adrar, est un autre centre touristique et culturel. C'est le point de départ pour les visiteurs souhaitant visiter Chinguetti et Ouadane, anciennes villes caravanes classées au patrimoine mondial de l'Unesco Atar dispose d'un aéroport et reste une ville dynamique malgré l'isolement.

• Rosso, située sur le fleuve Sénégal, est un point de passage stratégique entre la Mauritanie et le Sénégal. Son pont international est un axe de commerce important. Rosso est aussi un centre agricole majeur, grâce à l'irrigation et à la fertilité des terres fluviales.

Groupes ethnolinguistiques.
La Mauritanie est un pays multiculturel et multiethnique, marqué par une diversité de groupes ayant des cultures et des modes de vie variés :

• Les Maures (ou Beidane) forment la majorité de la population. Ce groupe est divisé en Arabes blancs (Beidanes) et Arabes noirs (Haratines). Traditionnellement, ils sont des éleveurs nomades et ont historiquement dominé le pouvoir politique et économique.

• Les Haratines, d'origine subsaharienne, sont souvent d'anciens esclaves ou descendants d'esclaves, aujourd'hui intégrés dans la société maure, mais restent marginalisés socialement et économiquement.

• Les groupes négro-mauritaniens habitent principalement le sud, le long du fleuve Sénégal, et incluent les Wolofs, les Soninkés, et les Peuls. Ces communautés sont souvent sédentaires et pratiquent l'agriculture et l'élevage. Comme les Haratines, les négro-mauritaniens sont marginalisés, avec des inégalités d'accès à l'éducation, à l'emploi et aux terres.

Culture.
La Mauritanie est un pays officiellement bilingue, avec l'arabe (sous sa forme locale, le hassaniya) et le français comme langues principales. Cependant, de nombreuses langues africaines sont parlées, surtout dans le sud (wolof, soninké, peul). L'islam est la religion officielle, pratiquée par la quasi-totalité de la population, avec un fort attachement aux valeurs et traditions musulmanes.

La société mauritanienne est marquée par une forte hiérarchie sociale, qui comprend une structure de castes héritée de son passé d'esclavage, bien que ce dernier ait été officiellement aboli plusieurs fois. Cette histoire, mêlée à des traditions nomades profondes, continue d'influencer les relations sociales, malgré les efforts récents pour lutter contre les inégalités persistantes. Les Mauritaniens cultivent un attachement fort à leurs racines, avec des pratiques ancestrales liées à l'élevage de chameaux, la transhumance et l'utilisation des ressources arides du désert. Les festivités comme la Fête du Mawlid (commémoration de la naissance du prophète Mahomet) ou les célébrations des récoltes agricoles (même limitées) sont autant de moments où se manifestent les liens entre religion, communauté et terroir.

La culture orale occupe une place centrale, avec une tradition poétique raffinée, notamment le shershaf (poésie classique en arabe) et le trima (poésie en hassaniya, dialecte local). Les récits épiques racontent les exploits des ancêtres et des chefs, transmis de génération en génération par des conteurs. La musique, couramment associée aux cérémonies religieuses ou aux rituels de célébration, mêle instruments traditionnels comme le tidinit (luth à deux cordes) et le tbal (tambour), à des chants collectifs. Les femmes, bien que généralement marginalisées, participent activement à la préservation de la culture par la transmission des savoir-faire, les tissages, ou la cuisine familiale, comme le thiibidjen (poulet rôti au citron vert et aux épices servi sur du riz), le boufta (pain traditionnel), ou les délices à base de dattes et de lait de chamelle.

L'islam sunnite, pratiqué par la quasi-totalité de la population, structure les rituels quotidiens, les mariages, les funérailles et l'éducation. Les confréries soufies, notamment les Qadiriyya et Tijaniyya, jouent un rôle social majeur. L'architecture traditionnelle, avec ses maisons en pisé aux décors géométriques, offre des exemples remarquables avec les cités historiques de Chinguetti, Ouadane, Tichitt ou Oualata, classées au patrimoine mondial de l'Unesco pour leur valeur culturelle et leur rôle de carrefour culturel historique.

Les arts plastiques, la littérature en hassaniya et en français, ainsi que le cinéma, gagnent en visibilité, témoignant d'une culture en perpétuelle évolution entre ses racines nomades et l'engagement pour un avenir inclusif.

Economie.
La moitiĂ© de la population dĂ©pend encore de l'agriculture et l'Ă©levage pour leur subsistance, mĂŞme si un grand nombre de nomades et les agriculteurs ont Ă©tĂ© forcĂ©s d'aller vivre dans les villes par des sĂ©cheresses rĂ©currentes dans les annĂ©es 1970 et 1980. L'agriculture et Ă©levage sont pratiquĂ©s surtout dans le sud, le long du fleuve SĂ©nĂ©gal. L'agriculture y est majoritairement de subsistance (riz, mil, sorgho), tandis que l'Ă©levage (dromadaires, bovins et chèvres), reste important dans les zones arides. Les eaux cĂ´tières du pays, notamment autour de Nouadhibou, sont parmi les zones les plus riches de pĂŞche dans le monde, mais la surexploitation par des Ă©trangers menace cette source de revenus importante. 

La Mauritanie possède de vastes gisements de minerai de fer, exploitĂ©s dans les rĂ©gions de Zouerate et Fderik, et qui reprĂ©sentent près de 40% des exportations totales.  L'or, le cuivre et le gypse sont Ă©galement prĂ©sents. La Mauritanie possède en outre des rĂ©serves de pĂ©trole et de gaz, principalement exploitĂ©es offshore dans l'Atlantique.

Le premier port en eau profonde du pays a Ă©tĂ© inaugurĂ©  près de Nouakchott en 1986. Après que la sĂ©cheresse et la mauvaise gestion Ă©conomique aient entraĂ®nĂ© une accumulation de la dette extĂ©rieure, la Mauritanie devenue Ă©ligible Ă  l'allègement de dette au titre des Pays pauvres très endettĂ©s (PPTE) a vu la quasi-totalitĂ© de sa dette extĂ©rieure supprimĂ©e. 

En 2006, la Mauritanie et le FMI ont convenu d'un plan de rĂ©duction de la pauvretĂ© et pour la croissance sur trois ans. Depuis, la Mauritanie a fait des progrès, tant en matière de rĂ©duction de la pauvretĂ© que d''amĂ©lioration de la santĂ© et de l'Ă©ducation. Mais le FMI, la Banque mondiale, et d'autres bailleurs de fonds ont suspendu leur assistance et leurs investissements en Mauritanie après le coup d'État d'aoĂ»t 2008. L'aide a repris après l'Ă©lection prĂ©sidentielle  de juillet 2009. 

La croissance économique est restée supérieure à 5% en 2010-2011, principalement en raison de la hausse des prix de l'or, le cuivre, le minerai de fer, et même du pétrole, ressource prometteuse, dont l'exploitation offshore a débuté en 2006, mais qui a encore du mal à porter ses fruits.

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