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Jean V Paléologue

Jean V Paléologue est un empereur d'Orient né le 18 juin 1332 à Constantinople. Sa longue vie et son règne tourmenté incarnent la lente agonie de l'Empire byzantin au XIVᵉ siècle, pris entre divisions internes, pressions extérieures et tentatives désespérées de survie diplomatique.

Il était le fils de l'empereur Andronic III Paléologue et d'Anne de Savoie. À la mort prématurée de son père en 1341, Jean n'avait que neuf ans et fut proclamé empereur sous la régence de sa mère, assistée du patriarche Jean XIV Kalékas et du grand domestique Alexis Apokaukos. Cette situation ouvrit une période de profonde instabilité, marquée par une guerre civile opposant le parti de la régence à Jean Cantacuzène, ancien principal conseiller d'Andronic III, qui se fit proclamer empereur rival.

La guerre civile, qui dura jusqu'en 1347, ruina une partie de l'Empire byzantin et favorisa l'ingérence étrangère, notamment serbe et ottomane. Elle se conclut par un compromis : Jean VI Cantacuzène entra à Constantinople et devint empereur senior, tandis que Jean V conservait son titre et devait épouser la fille de Cantacuzène. Cette cohabitation demeura toutefois fragile. En 1354, Jean V parvint à renverser son beau-père, qui se retira dans un monastère, laissant Jean seul maître d'un empire considérablement affaibli.

Le règne personnel de Jean V fut dominé par le déclin territorial et financier de l'Empire byzantin. Les Ottomans, déjà installés en Europe après la prise de Gallipoli, progressèrent rapidement dans les Balkans. Incapable de leur résister militairement, Jean V dut accepter une situation de dépendance croissante. En 1371, après la défaite serbe de la Maritsa, l'Empire byzantin devint de facto vassal des Ottomans, contraint de verser un tribut et de fournir une aide militaire.

Cherchant désespérément un soutien occidental, Jean V entreprit plusieurs voyages en Europe. En 1369, il se rendit à Rome, où il abjura solennellement l'orthodoxie pour reconnaître la primauté du pape, espérant obtenir une aide militaire. Cette démarche, très impopulaire à Constantinople, ne produisit aucun résultat concret. Endetté, il fut même retenu un temps à Venise pour dettes, avant d'être libéré grâce à l'intervention de son fils Manuel.

La fin de son règne fut assombrie par de nouveaux conflits dynastiques. Son fils aîné, Andronic IV, se révolta à plusieurs reprises avec l'appui des Ottomans et des Génois, parvenant même à déposer Jean V entre 1376 et 1379. Rétabli sur le trône avec l'aide ottomane, Jean dut accepter des conditions humiliantes, notamment la reconnaissance accrue de la suzeraineté du sultan.

Jean V PalĂ©ologue mourut le 16 fĂ©vrier 1391 Ă  Constantinople, peu après l'accession au trĂ´ne du sultan Bayezid Ier. Il laissa l'Empire Ă  son fils Manuel II, dans un Ă©tat de dĂ©pendance extrĂŞme et rĂ©duit Ă  quelques territoires. 

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Dictionnaire biographique
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