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| Les Iles Kerguelen
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un groupe d'îles de la partie australe de l'Océan
Indien (69,30° E; 49,36° S). Administrativement,
elles dépendent des TAAF (Terres Australes et Antarctiques
Françaises), territoire d'outremer de la France -
L'île principale des Kerguelen vue depuis l'espace. Source : Nasa. Cliquer sur l'image pour afficher une carte détaillée. Géographie physique des îles Kerguelen
Relief.
Hydrographie.
Côtes.
Climat.
Sols.
Biogéographie des îles KerguelenFlore.La flore native des Kerguelen est caractérisée par sa faible richesse spécifique comparée aux continents, mais présente un taux d'endémisme notable parmi les espèces qui ont réussi à coloniser et s'adapter. L'adaptation au vent et au froid se traduit par la dominance de formes prostrées, en coussins, de graminées, de mousses, de lichenset de fougères. L'espèce emblématique est le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica), une crucifère géante endémique, remarquablement adaptée au milieu hostile et riche en vitamine C, autrefois essentielle pour les marins. D'autres plantes vasculaires typiques incluent des graminées des genres Poa et Deschampsia, le coussin compact de l'azorelle (Azorella selago), diverses hordonnées et quelques espèces de petites plantes à fleurs. L'introduction d'espèces végétales par les humains, volontaire ou accidentelle, constitue une menace majeure; plusieurs d'entre elles (comme le pissenlit, certaines graminées ornementales, ou la renouée de l'Himalaya) se sont naturalisées et s'étendent agressivement, modifiant les écosystèmes natifs. Faune.
La richesse faunique des Kerguelen réside principalement dans sa dimension marine, avec des colonies d'oiseaux et de mammifères marins d'importance mondiale. L'archipel est un site de reproduction majeur pour plusieurs espèces de manchots (manchot Royal, manchot Papou, manchot Macaroni, gorfou Sauteur) dont les rassemblements peuvent compter des centaines de milliers d'individus. C'est également un lieu crucial pour la nidification d'une grande diversité d'oiseaux pélagiques, notamment de nombreuses espèces d'albatros (hurleurs, à tête grise, à sourcils noirs, fuligineux) et de pétrels (géants, damiers du Cap, fulmars austraux, etc.), ainsi que des skuas, des labbes, des sternes et des espèces côtières comme le cormoran des Kerguelen ou le canard de Kerguelen, des sous-espèces ou espèces endémiques. L'abondance de la faune aviaire est directement liée à la productivité des eaux environnantes de l'océan Austral, riches en krill et poissons. Les côtes des Kerguelen abritent d'importantes colonies de reproduction et de repos de mammifères marins. L'éléphant de mer austral y a été fortement chassé dans le passé mais ses populations se sont partiellement rétablies et l'archipel est un site majeur de reproduction. Les otaries (otarie à fourrure subantarctique et antarctique) y sont également présentes, notamment sur les îles périphériques. Les eaux environnantes sont fréquentées par diverses espèces de cétacés, dont des orques, des rorquals et des cachalots. Espèces
introduites.
Histoire des îles KerguelenL'histoire humaine des îles Kerguelen est relativement courte, mais marquée par la rudesse de leur environnement et l'évolution des intérêts humains pour ces confins du monde.La découverte de l'archipel est attribuée à l'explorateur Yves Joseph de Kerguelen-Trémarec, qui, missionné par Louis XV pour trouver la mythique Terra Australis Incognita, aperçut ces terres pour la première fois le 12 février 1772. Convaincu d'avoir trouvé une partie du continent austral, il la nomma France Australe et prit possession du territoire au nom du roi, bien qu'il n'ait pu y débarquer formellement en raison des conditions météorologiques. Il rentra en France avec des descriptions exagérées de la richesse potentielle de cette nouvelle terre.En 1774, Kerguelen fut renvoyé pour confirmer sa découverte et y établir une présence plus solide. Ce second voyage fut une désillusion totale : les îles s'avérèrent désertes, balayées par des tempêtes incessantes, loin de l'image idyllique qu'il avait dépeinte. Son second, le lieutenant de Boisguehenneuc, réussit cependant à débarquer et à procéder à une cérémonie de prise de possession officielle, len aissant une bouteille contenant un acte notarié sur le site aujourd'hui connu sous le nom de Anse de la Prise de Possession. L'équipage, confronté à la désolation du lieu, les surnomma les Îles de la Désolation, un nom qui persista un temps avant qu'elles ne soient finalement nommées en l'honneur de leur découvreur. Quelques années plus tard, en 1776, James Cook visita l'archipel. Il confirma leur nature insulaire et la dureté du climat, et décrivit également le lieu comme "horriblement sauvage et désolé". Cook effectua des relevés plus précis et contribua à la cartographie de la région, tout en renforçant l'image de terres inhospitalières. C'est aussi lui qui retrouva la bouteille laissée par l'expédition de Kerguelen. Le XIXe siècle fut l'ère des pêcheurs et des chasseurs, principalement des Américains et des Britanniques, attirés par l'extraordinaire abondance de phoques (otaries à fourrure puis éléphants de mer, chassés pour leur huile). Kerguelen devint un centre d'activité intense. Des camps temporaires furent établis dans les baies abritées, où les équipages vivaient dans des conditions extrêmes,et massacraient les animaux sans discernement. Cette surexploitation mena rapidement à la quasi-extinction des populations de phoques dans l'archipel, provoquant le déclin de cette industrie dès la fin du siècle. Les baleiniers firent également escale, mais Kerguelen ne devint jamais une base baleinière majeure. Durant cette période, plusieurs tentatives d'établissement plus permanent et de valorisation économique eurent lieu, mais toutes échouèrent face aux défis de l'environnement. Des projets de ferme d'élevage de moutons furent lancés (comme celui de l'industriel français Bossière à Port-Raymond à la fin du XIXe siècle), mais la difficulté de l'acclimatation, le manque de fourrage et l'isolement eurent raison de ces initiatives. Des rumeurs de présence de minerais précieux circulèrent également, sans jamais aboutir à une exploitation viable. Bien que la France ait revendiqué les îles dès 1774, la souveraineté ne fut fermement établie qu'à la fin du XIXe siècle, dans le contexte de la course aux territoires. Les Kerguelen furent officiellement rattachées à la France et administrées, un temps, depuis la colonie de Madagascar, puis regroupées avec les autres îles australes françaises (Crozet, Saint-Paul et Amsterdam). Le début du XXe siècle vit les îles Kerguelen retourner à un relatif oubli. Elles furent seulement visitées occasionnellement par des navires de passage ou quelques expéditions scientifiques isolées intéressées par la faune, la flore et la géologie de l'archipel. C'est après la Seconde Guerre mondiale que l'intérêt pour les Kerguelen se renouvela, principalement à des fins scientifiques et stratégiques. La France décida d'y établir une présence permanente pour la recherche. En 1950, les premières installations pour une base scientifique furent construites, et en 1955, les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), qui englobaient notamment les Kerguelen, furent créées, leur conférant un statut administratif spécifique. La base principale, Port-aux-Français, fut établie sur la côte nord-est de la Grande Terre et se développa progressivement. Depuis lors, les îles Kerguelen sont devenues un centre de recherche pluridisciplinaire. La base accueille des programmes en météorologie, géophysique, sismologie, biomédécine, ainsi que des recherches approfondies sur la faune et la flore endémiques et introduites. Une station de suivi de satellites du CNES y a également été installée pendant de nombreuses années. L'approvisionnement de la base est assuré depuis cette époque par le navire de recherche et de logistique Marion Dufresne lors de rotations régulières. L'histoire moderne de Kerguelen est également marquée par une prise de conscience croissante de la nécessité de protéger son écosystème fragile. Les impacts de l'exploitation passée et des espèces introduites (chats, lapins, mouflons) sont étudiés, et des efforts de conservation et d'éradication sont mis en oeuvre. L'archipel fait aujourd'hui partie d'une vaste réserve naturelle, l'une des plus grandes au monde, et a été inscrit, avec les autres îles subantarctiques françaises, au Patrimoine Mondial de l'Unesco en 2019. |
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