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L'île de Sainte-Hélène
L'Ă®le de Sainte HĂ©lène est situĂ©e entre 15°54' et 16° 1' 16" de latitude Sud. -5°36" et 5° 48' de longitude Ouest; Ă©loignĂ©e de 3562 kilomètres Ă  l'Est des cĂ´tes du BrĂ©sil et de 1863 kilomètres Ă  l'Ouest des cĂ´tes d'Afrique. AllongĂ©e du Nord-Ouest au Sud-Ouest, l'Ă®le a 17 kilomètres de long long et 14 kilomètres au  point le plus large; sa superficie est de 123 km² et elle compte 44 km de circonfĂ©rence. C'est le siège du gouvernement du territoire d'outre-mer britannique de Sainte-HĂ©lène, Ascension et Tristan da Cunha. Sainte-HĂ©lène conserve une petite population d'environ 4000 habitants, concentrĂ©e Ă  Jamestown et dans quelques districts ruraux. L'Ă©conomie reste modeste, dominĂ©e par les aides britanniques, quelques exportations agricoles, et le tourisme naissant.
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Sainte-Hélčne vue depuis l'espace.
Sainte-Hélène vue depuis l'espace. La topographie accidentée de Sainte-Hélène, avec ses pics acérés et ses ravins profonds apparaît bien sur cette photo prise depuis la Station spatiale internationale. Elle est le résultat de l'érosion des roches volcaniques qui composent l'île. Un gradient climatique lié à l'altitude est également discernable : la partie centrale de l'île, qui est la plus élevée est aussi la plus humide et est couverte de végétation verte, tandis que les zones les plus basses, le long des côtesont plus sèches et plus chaudes avec peu de couverture végétale.

L'Ă®le est d'origine volcanique. Elle a Ă©tĂ© formĂ©e il y a environ 14 millions d'annĂ©es par l'activitĂ© d'un point chaud ocĂ©anique. Les reliefs sont accidentĂ©s, avec des vallĂ©es profondes, des ravins abrupts et un intĂ©rieur montagneux. Le point culminant est le  Diana's Peak, qui atteint 818 mètres d'altitude et fait partie d'un parc national classĂ© pour sa biodiversitĂ© exceptionnelle.

Les côtes sont en grande partie constituées de falaises basaltiques abruptes, souvent verticales, qui rendent l'accès à l'île difficile en dehors de quelques baies. Le principal port naturel est situé à Jamestown, sur la côte nord-ouest, où une étroite vallée ouvre une brèche entre les falaises vers l'intérieur. Le reste du littoral est rugueux, rocheux et battu par les vagues puissantes de l'Atlantique.

Le climat de Sainte-Hélène est subtropical, modéré par les alizés du sud-est. Sur les côtes, le climat est chaud et semi-aride, tandis que l'intérieur montagneux, notamment autour de Diana's Peak, connaît un climat plus humide et brumeux, avec des températures plus fraîches. Les précipitations varient fortement selon l'altitude et l'exposition, avec des zones sèches dans les basses terres et une forêt de nuage dans les hauteurs centrales. Cette diversité climatique sur une si petite surface contribue à la riche biodiversité de l'île.

Les sols sont principalement volcaniques. Il sont  riches en minĂ©raux mais sujets Ă  l'Ă©rosion. Les terres basses, notamment autour de Jamestown, sont arides avec une vĂ©gĂ©tation clairsemĂ©e de type xĂ©rophile, tandis que les hauts plateaux sont recouverts de forĂŞts humides, de pâturages et de landes. L'Ă®le abrite plusieurs espèces endĂ©miques remarquables, comme le bois noir (Trochetiopsis ebenus) ou la fougère arborescente Dicksonia arborescens, dont l'habitat est limitĂ© aux hauteurs humides.

La géographie de l'île a largement conditionné son histoire humaine. La difficulté d'accès et les reliefs ont limité l'urbanisation à quelques vallées. Jamestown s'étire le long d'un ravin étroit. La route menant de la ville vers les hauteurs passe par une série de lacets escarpés, connus sous le nom de Ladder Hill. L'aéroport de Sainte-Hélène, construit dans les années 2010 sur un plateau à l'est de l'île, a été un défi d'ingénierie à cause des vents puissants et des reliefs tourmentés.

Enfin, la situation gĂ©ographique de l'Ă®le en plein ocĂ©an Sud, loin de toute masse continentale, en fait un site idĂ©al pour l'observation du climat, de la faune marine et des courants ocĂ©aniques. Elle constitue aussi un lieu de conservation prĂ©cieux pour des espèces vĂ©gĂ©tales et animales rares. 

Histoire de Sainte-Hélène.
L'Ă®le de Sainte-HĂ©lène a Ă©tĂ© dĂ©couverte officiellement par le navigateur portugais Joâo de Nova Castella le 21 mai 1502 (la mappemonde de Juan de la Cosa, figurait dès 1500 une terre dans ces parages). Elle fut ainsi nommĂ©e en l'honneur de Sainte HĂ©lène, mère de l'empereur Constantin, dont la fĂŞte chrĂ©tienne est cĂ©lĂ©brĂ©e ce jour-lĂ . Elle fut d'abord gardĂ©e secrète par les Portugais qui l'utilisaient comme point de ravitaillement en eau douce et vivres pour leurs navires. Aucune population indigène ne vivait sur l'Ă®le, ce qui facilita son appropriation par les puissances europĂ©ennes. Les Portugais dĂ©serteurs, dĂ©posĂ©s dans l'Ă®le en 1513, ont Ă©tĂ© signalĂ©s en 1519 par la Victoire qui y passa dans un voyage de circumnavigation. 

En 1600, les Hollandais détruisirent la petite église bâtie par les Portugais et en 1631 occupèrent l'île abandonnée et oubliée par les Portugais. En 1650, la Compagnie anglaise des Indes obtient Sainte-Hélène des Hollandais en échange du cap de Bonne-Espérance, la colonisa, fonda Jamestown, encore aujourd'hui la seule véritable agglomération de Sainte-Hélène, et y bâtit le fort Saint-James (1660). En 1673, les Hollandais tentent de reprendre l'île, mais les Britanniques la reconquièrent rapidement. À partir de là, Sainte-Hélène devient un poste avancé solide de l'empire britannique. Le 1er avril 1815, le gouvernement anglais assuma l'administration de l'île.

Du XVIIe au XVIIIe siècle, l'île joue un rôle vital comme station de ravitaillement pour les navires de commerce et de guerre britanniques. La Compagnie des Indes organise l'importation de main-d'oeuvre, notamment d'esclaves africains et de travailleurs chinois et indiens, pour soutenir l'agriculture et les infrastructures. L'esclavage est officiellement aboli en 1839, bien que son déclin ait commencé plus tôt.

Le fait marquant de l'histoire de l'île reste sans doute l'exil de Napoléon. Après sa défaite à Waterloo en 1815, il est envoyé par les Britanniques en captivité sur Sainte-Hélène, choisie précisément pour son éloignement et la difficulté d'en fuir. Il y débarque en octobre 1815 et réside principalement à Longwood House, où il est placé sous surveillance stricte. Son entourage est limité, et ses mouvements étroitement contrôlés. Napoléon y meurt le 5 mai 1821. Sa présence a profondément marqué l'histoire culturelle et politique de l'île, qui attire encore aujourd'hui des visiteurs sur les lieux liés à son exil.
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Maison de Longwood, ŕ Sainte-Hélčne.
Maison habitée par Napoléon pendant sa captivité à Sainte-Hélène.

Au XIXe siècle, Sainte-Hélène perd de son importance stratégique avec l'ouverture du canal de Suez en 1869, qui dévie les grandes routes commerciales. Elle est transformée temporairement en station de quarantaine et en point de relâche pour les navires transportant des soldats, des colons et des prisonniers. Entre 1840 et 1870, l'île devient aussi un point de débarquement pour les navires britanniques qui interceptent des bateaux négriers. Des milliers d'Africains libérés y sont débarqués, parfois installés temporairement dans des camps, dans des conditions souvent précaires. Beaucoup y mourront de maladies.

En 1900, les Anglais ont interné à Sainte-Hélène les prisonniers Boers faits pendant la guerre contre les deux républiques du Transvaal et d'Orange. Leur internement a duré jusqu'en 1903. Les décennies suivantes sont marquées par une certaine marginalisation de l'île, coupée des grandes routes commerciales. Elle reste sous domination britannique, avec un statut administratif évoluant lentement. Elle devient une colonie de la Couronne en 1834, et ce statut se maintient jusqu'en 2009, date à laquelle elle est intégrée dans le territoire britannique d'outre-mer aux côtés de l'île Ascension et de Tristan da Cunha. Les habitants obtiennent la citoyenneté britannique complète en 2002, après l'avoir perdue partiellement en 1981.

L'isolement de Sainte-HĂ©lène reste un dĂ©fi majeur pour ses habitants. Jusqu'Ă  rĂ©cemment, elle n'Ă©tait accessible que par bateau, via le RMS St Helena, un navire assurant la liaison depuis Le Cap. Ce n'est qu'en 2017 qu'un aĂ©roport a Ă©tĂ© inaugurĂ©, après des annĂ©es de retards et de problèmes techniques liĂ©s aux vents imprĂ©visibles sur le site choisi. Le service aĂ©rien hebdomadaire vers Sainte-HĂ©lène depuis Johannesburg via Windhoek en Namibie prend un peu plus de six heures (en comptant l'arrĂŞt de ravitaillement Ă  Windhoek) et remplace le navire postal qui faisait un voyage de cinq jours vers l'Ă®le toutes les trois semaines. L'ouverture de cette voie aĂ©rienne transforme lentement la vie insulaire, et ouvre la porte Ă  un dĂ©veloppement du tourisme, notamment autour du patrimoine napolĂ©onien et des paysages spectaculaires de l'Ă®le. 
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Carte de Sainte-Hélčne.
Cartes de Sainte-Hélène.
Base cartographique par les contributeurs d'OpenStreetMap.
Carte de Sainte-Hélčne (Jamestown).
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