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Darius.
- Nom de plusieurs rois de la Perse
antique, provenant du mot perse Darayavus « celui qui maintient
» traduit par Hérodote par Erxeiès;
le nom se retrouve dans l'hébreu Dariavesh, les formes grecques
Dareiatos,
Darieuès, et ordinairement Dareios, en latin, Darius
et Dareus. Les Persans modernes l'ont changé en Dâra et Dôrab.
On trouve se nom porté d'abord par
Darius
Ier,
le plus connu de ces rois, par certains de ses fils,
par des fils de Xerxès, de Darius II, puis par
le fils d'Artaxerxès II, qui se révolta
contre son père. Il est encore porté par le dernier des Achéménides,
Darius
III, vaincu par Alexandre. On donne ci-dessous
quelques informations sur Darius I, II et III, pour des notisces plus détaillées,
on se reportera aux pages qui leurs sont consacrées dans le site.
• Darius
Ier (Darius le Grand) est né vers
550 av. JC au sein de la dynastie achéménide qui règne sur l'Empire
perse. Il appartient à une branche collatérale de la famille royale et
sert d'abord comme officier sous le règne de Cambyse
II. Après la mort de ce dernier en 522 av. JC, une crise de succession
éclate. Darius affirme qu'un usurpateur nommé Gaumata s'est emparé
du trône en se faisant passer pour le frère de Cambyse. Avec l'aide
de plusieurs nobles perses, il renverse ce rival et se fait proclamer roi.
Son accession au pouvoir provoque de nombreuses révoltes dans différentes
provinces de l'empire. Darius rétablit progressivement son autorité
grâce à plusieurs campagnes militaires et consolide ensuite son immense
État. Il organise l'Empire perse en satrapies, ou provinces administrées
par des gouverneurs, et met en place un système fiscal efficace. Il fait
aménager un vaste réseau routier, dont la célèbre Route royale, afin
de faciliter les communications et le commerce. Il encourage également
l'usage d'une monnaie commune, le darique d'or, qui favorise les
échanges économiques. Darius entreprend plusieurs conquêtes et étend
son autorité jusqu'à la vallée de l'Indus.
Il mène également des campagnes contre les Scythes et intervient dans
les affaires grecques après la révolte des cités ioniennes. Son expédition
contre la Grèce se termine par la
défaite perse à Marathon en 490 av. JC.
Malgré cet échec, il reste l'un des plus grands souverains de l'Antiquité.
Il fait édifier de nombreux monuments, notamment à Persépolis,
qui devient l'un des symboles de la puissance achéménide. Il meurt
en 486 av. JC et laisse le trône à son fils Xerxès Ier.
• Darius
II, Ochus ou Nothus, est né vers 424 a. JC. et est l'un des
fils du roi Artaxerxès Ier. Avant son
accession au pouvoir, il exerce le gouvernement de certaines provinces
orientales de l'empire. Après la mort de son demi-frère Xerxès II
en 424 av. JC., une période de luttes dynastiques s'ouvre. Plusieurs
prétendants se succèdent rapidement avant que Darius, soutenu par une
partie de la noblesse, ne parvienne à s'imposer. Son règne est marqué
par l'influence considérable de son épouse Parysatis, qui intervient
frĂ©quemment dans les affaires politiques. Darius II doit faire face Ă
des rivalités internes et à l'autonomie croissante de certains satrapes.
Il profite néanmoins des divisions du monde grec, alors engagé dans la
guerre du Péloponnèse, pour renforcer l'influence perse en Asie Mineure.
Il apporte un soutien financier Ă Sparte
contre Athènes, ce qui permet à l'Empire
perse de retrouver une partie de son autorité sur les cités grecques
d'Orient. Son gouvernement reste cependant affaibli par les intrigues
de cour et les conflits entre les membres de la famille royale. À sa mort,
en 404 av. JC, son fils Artaxerxès II lui succède, tandis qu'un autre
de ses fils, Cyrus le Jeune, tente plus tard
de s'emparer du trĂ´ne, provoquant une nouvelle guerre civile.
• Darius
III Codoman naît vers 380 av. JC. Il appartient à une branche
secondaire de la famille royale et se distingue d'abord comme guerrier.
Sa bravoure au combat lui vaut l'estime du roi Artaxerxès III. Après
plusieurs assassinats au sein de la cour perse, le puissant dignitaire
Bagoas place Darius sur le trĂ´ne en 336 av. JC, pensant pouvoir le contrĂ´ler.
Darius se débarrasse rapidement de ce conseiller devenu encombrant et
tente de restaurer l'autorité royale. Son règne coïncide avec l'ascension
d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine.
Lorsque les Macédoniens envahissent l'Asie Mineure, Darius organise
la résistance perse. En 333 avant JC, il affronte Alexandre à Issos ,
mais subit une défaite qui entraîne la capture de sa famille. Malgré
plusieurs tentatives de négociation, la guerre se poursuit. Une nouvelle
défaite décisive à Gaugamèles, en 331 av. JC, ouvre aux Macédoniens
les portes des principales capitales perses. Contraint Ă la fuite, Darius
tente de rassembler de nouvelles forces dans les provinces orientales de
l'empire. Toutefois, plusieurs de ses propres officiers se retournent
contre lui. Il est finalement assassiné en 330 av. JC par le satrape Bessos.
Avec sa mort disparaît la dynastie achéménide, tandis qu'Alexandre
devient maître du plus vaste empire de son époque.
D'autres personnages de l'Orient chrétien,
grec ou arménien, ont également porté ce nom. Mais avant cela,
le nom de Darius est mentionné dans la Bible
où de nombreux problèmes d'identification sont posés. Ainsi, sous le
nom de Darius (Daryavésh), les livres d'Esdras, de Néhémie,
d'Aggée, de Zacharie et de Daniel
mentionnent différents souverains persans. Le Darius sous lequel les travaux
de reconstruction du Temple, momentanément interrompus, sont repris et
menés à bonne fin, semble être Darius I, fils
d'Hystaspe. Le Darius sous lequel on procède à l'établissement des registres
généalogiques du clergé (Néhémie, XII, 22) peut être identifié
Ă Darius Nothus ou Ă Darius
Codoman Mais ce qui a créé de sérieux embarras, c'est l'identification
de Darius le Mède, mentionné dans le Livre de Daniel.
Darius
le Mède.
Darius le Mède est l'une des figures
les plus énigmatiques de l'Orient antique. Le livre de Daniel
le présente comme successeur du fameux Balthazar. Selon le livre hagiographe,
Darius le Mède eut soixante-deux ans quand il recueillit la royauté (Dan.,
v, 31). Darius aurait partagé son empire en cent vingt provinces, ce qui
rappelle les cent vingt-sept provinces d'Ahasverus ou Xerxès. Il aurait
mis le prophète Daniel
comme chef au-dessus de tous les satrapes qui auraient calomnié le pieux
Hébreu et l'auraient fait jeter, sur l'ordre de Darius, dans une fosse
de lions; mais Daniel en serait sorti sain et sauf. Dans le récit biblique,
rédigé en chaldaïque, Darius figure (VI, 8) comme roi de Perse et de
Médie. Il figure encore comme indication de date (IX, 1), on parle de
la première année de Darius, de la dynastie d'Ahasverus, qui fut « fait
roi » des Mèdes et régna sur les Chaldéens ;
son successeur fut Cyrus dont (X, 1) le livre
de Daniel cite la troisième année comme date d'une vision de Daniel,
tandis qu'au premier chapitre il est dit que le prophète ne vécut que
jusqu'à la première année de Cyrus.
Beaucoup d'interprétations et d'explications
ont été créées pour mettre le texte hagiographe d'accord avec l'histoire
authentiquement transmise. Aucun des essais ne s'impose et aucun des vingt
expédients n'est plausible. Darius n'est ni Evilmérodach, ni Nériglissor,
ni Nabonid, ni un sous-gouverneur d'Astyage :
il n'y eut aucun Ahasverus ou Xerxès en Médie, et aucun Darius ne précéda
Cyrus comme roi des Chaldéens .
Darius
I seul pouvait avoir soixante-deux années d'âge, mais lors de la
bataille de Marathon
seulement, en 490; est-ce qu'alors Babylone se serait soulevée sous un
nommé Bel-sar-utsur, peut-être fils de Nabuchodonosor III ou Nidintabel?
Ou la légende de Darius le Mède a-t-elle trait à Darius
II de la famille de Xerxès qui en effet fut élevé à la royauté
des Mèdes, ou à Darius, qui, sous le règne de Darius II, se souleva
en Médie, mais qui n'a jamais pris possession de la cité chaldéenne?
L'histoire de Babylone, Ă partir de la
mort de Nabuchodonosor jusqu'à Cyrus, est connue année par année, ou
plutĂ´t mois par mois, et l'on ne peut y placer ni un Balthasar, ni un
Darius quelconque. Le livre de Daniel
n'a pas jusqu'ici reçu de ces confirmations éclatantes dont certains
livres historiques de la Bible
peuvent se prévaloir : au contraire, toutes les données de ce livre sont
écartées soit par la Bible elle-même, soit par des documents
contemporains. On devra donc se résigner à ne pas puiser des données
historiques dans un livre qui confond des personnages qui véritablement
ont existé à des temps différents, et on devra renoncer à voir dans
Darius le Mède, gouvernant cent vingt provinces de la Perse et de la Médie,
autre chose qu'une confusion de Darius, fils
d'Hystaspe, avec son arrière-petit-fils, Darius
II, sous lequel les Juifs
purent s'établir à Jérusalem. On pourra
retrouver un Balthasar, roi éphémère de Babylone, par un texte nouveau,
mais on peut affirmer d'ores et déjà qu'on ne découvrira pas de texte
donnant gain de cause au livre de Daniel
au sujet d'un Darius le Mède, de la dynastie d'Ahasverus, qui, roi des
cent vingt provinces de Perse et de Médie, aurait régné à Babylone
avant Cyrus le Grand. (J. Oppert
/ M. Vernes). |
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