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Histoire de l'Uruguay

L'Uruguay précolombien

Les informations sur la période qui précède l'arrivée des Européens sur le territoire de ce qui est devenu l'Uruguay actuel sont fragmentaires et reposent principalement sur les découvertes archéologiques et les récits oraux des descendants des peuples indigènes. On peut cependant donner quelques indications sur les principales populations déjà présentes avant le XVIe siècle.

Principaux peuples autochtones de l'Uruguay.
Les CharrĂşas.
Les Charrúas sont probablement les plus connus des peuples autochtones de l'Uruguay. Les Charrúas étaient des chasseurs-cueilleurs semi-nomades qui occupaient une grande partie du territoire uruguayen, ainsi que des régions adjacentes de l'Argentine et du Brésil. Ils étaient réputés pour leur bravoure et pour la résistance qu'ils ont opposée aux envahisseurs.

Les Minuanes.
Le groupe des Minuanes, qui est parfois considéré comme une branche des Charrúas, habitait principalement dans le nord-ouest de l'Uruguay. Comme les Charrúas, les Minuanes étaient des chasseurs-cueilleurs.

Les GuaranĂ­s.
Bien que leur implantation principale se situait plus au nord, dans les régions actuelles du Paraguay et du sud du Brésil, certains groupes guaranis ont également migré vers l'Uruguay. Les Guaranís étaient principalement agriculteurs, cultivant du maïs, du manioc et d'autres cultures. Ils sont également connus pour leur langage, qui a influencé de nombreux toponymes en Uruguay.

Les Chanás.
Les Chanás occupaient les régions situées le long du fleuve Uruguay, principalement dans l'actuelle province de Entre Ríos en Argentine, mais aussi dans certaines parties de l'Uruguay. Les Chanás vivaient principalement de la pêche et de l'agriculture.

Mode de vie et culture.
Les Charrúas et les Minuanes, en tant que chasseurs-cueilleurs, suivaient les troupeaux de gibier et vivaient dans des abris temporaires. Ils utilisaient des arcs, des flèches et des lances pour chasser et se défendre. Les Guaranís, en revanche, vivaient dans des villages plus permanents et cultivaient la terre.

Les traditions orales étaient une part importante de la culture de ces peuples. Elles permettaient la transmission de l'histoire, des légendes et les connaissances de génération en génération. Les rituels et les cérémonies étaient également courants, souvent en lien avec les cycles de la nature et les événements importants de la vie communautaire.

Impact de l'arrivée des Européens.
L'arrivée des Européens au début du XVIe siècle a eu un impact profond et souvent dévastateur sur les peuples indigènes de l'Uruguay. Les premières explorations espagnoles ont rapidement été suivies par des conflits et des tentatives de colonisation. Les maladies introduites par les Européens, contre lesquelles les indigènes n'avaient aucune immunité, ont décimé les populations locales. Les Charrúas, en particulier, ont résisté farouchement à la colonisation, mais leur nombre a fortement diminué en raison des conflits et des épidémies.

L'Uruguay de l'arrivée des Espagnols à 1900

La cĂ´te de l'Uruguay fut atteinte par l'Espagnol Juan Diaz de Solis en 1516, et Cabot Ă©difia le premier fortin sur le rio San Salvador en 1527. Mais l'occupation ne fut poursuivie mĂ©thodiquement qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles; Montevideo fut fondĂ© en 1724 par le marĂ©chal de camp dom Bruno de Zabala. La "Bande orientale" dĂ©pendait de la vice-royautĂ© espagnole de Lima (le PĂ©rou), puis de Buenos Aires (1775). L'avènement de Joseph Bonaparte sur le trĂ´ne de Madrid provoqua l'expĂ©dition anglaise du gĂ©nĂ©ral Whitelock, un instant victorieuse Ă  Montevideo (1807), puis la rĂ©volution, qui Ă©clata Ă  Buenos Aires (1810). Artigas souleva l'Uruguay, chassa les Espagnols (1815), mais ne put empĂŞcher les Portugais de prendre Montevideo (1817). 

La province, dite cisplatine, fut annexĂ©e Ă  l'empire du BrĂ©sil (1824). Une guerre entre Argentins et BrĂ©siliens se termina par un traitĂ© reconnaissant l'indĂ©pendance de l'Uruguay (27 aoĂ»t 1827), qui se donna une constitution libĂ©rale (18 juillet 1830). Le gĂ©nĂ©ral Rivera gouverna avec fermetĂ© de 1830 Ă  1834. Le gĂ©nĂ©ral Oribe, son successeur, s'allia au tyran argentin Rosas, fut chassĂ© (1835) et revint avec des troupes argentines assiĂ©ger Montevideo dĂ©fendu par le colonel Duchâteau et Garibaldi (1843 Ă  1851). L'Uruguay, ruinĂ© par cette interminable guerre, puis dĂ©chirĂ© par la lutte entre colorados (libĂ©raux) et blancos (conservateurs) fut, après la chute du gĂ©nĂ©ral Aguirre (1565), Ă©nergiquement gouvernĂ© par le gĂ©nĂ©ral Florès, chef des colorados, qui s'allia Ă  l'Argentine et au BrĂ©sil contre le Paraguay et fut assassinĂ© en 1869. 

De nouveaux troubles Ă©clatèrent, au cours desquels le gouvernement fut frĂ©quemment exercĂ© par les prĂ©sidents du SĂ©nat Pedro Varela (1869), Dr Gomensoro (1872). Les prĂ©sidents JosĂ© Elauri (1873-1875) et Pedro Varela (1875-1876) furent renversĂ©s par des pronunciamientos. Le colonel Latorre se maintint de 1876 Ă  1882. Le Dr Francisco Vidal (1880-1882) dĂ©missionna. Le gĂ©nĂ©ral Maximo Santos (1882-1886) se dĂ©considĂ©ra par ses violences contre les Ă©trangers. Le lieutenant-colonel MaximoTajes (1886-1890), le Dr Herrera y Obes (1890-1891), ne sauvegardèrent qu'imparfaitement l'ordre. 

J. Idiarte Borda (devenu président en 1894 fut assassiné le 25 août 1897, sous le porche de la cathédrale de Montevideo, au moment où il venait d'assister au Te Deum officiel en mémoire de la déclaration d'indépendance nationale. Une tentative pour enlever et déposer Cuestas, le président intérimaire de la République, fut faite sans succès par les partisans de don Julio Herrero. Le 8 janvier 1898, Cuestas publiait une proclamation annonçant qu'il s'instituait dictateur et convoquant cinq bataillons de la garde nationale pour diriger son élection. Deux régiments d'artillerie s'étaient mutinés à Montevideo le 4 août 1898 et déclarés en faveur de l'ex-président Herrera, mais ils durent se rendre aux troupes du président Cuestas, chef du parti colorado.
L'agitation politique persistait en Uruguay (1902) et y devenait coutumière. Au mois de juillet, un complot qui ne réussit point avait été formé dans le but d'assassiner le président Juan L. Cuestas, dont la présidence devait prendre fin en 1903. Les "Blancos", qui se faisaient désormais appeler nationalistes, parce qu'ils accuseaint le parti opposé de tendre à l'union avec l'Argentine, ont vainement essayé, depuis 1865, de revenir aux affaires.

Histoire de l'Uruguay au XXe siècle

Les premières décennies du XXe siècle.
Sous les présidences de José Batlle y Ordóñez (1903-1907, 1911-1915), l'Uruguay connaît des réformes progressistes. Il instaure un État providence avec des mesures telles que la journée de travail de huit heures, l'assurance chômage et la nationalisation de nombreux services publics.

La Constitution de 1917 officialise la séparation de l'Église et de l'État, renforçant le caractère laïc du pays.

A cette époque, l'Uruguay bénéfcie d'une économie agricole florissante, avec des exportations de viande et de laine. La prospérité économique permet des investissements dans l'éducation et les infrastructures.

Milieu du XXe siècle.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'économie uruguayenne commence à stagner en raison de la dépendance excessive aux exportations agricoles et des changements dans le commerce mondial. Les années 1950 et 1960 sont marquées par une croissance économique ralentie et une inflation croissante. Les années 1960 voient en outre une montée de l'agitation sociale et politique. Les Tupamaros, un mouvement violent de guérilla urbaine marxiste, mène une campagne de guérilla contre le gouvernement, exacerbant encore les tensions.

La dictature militaire.
En 1973, un coup d'État militaire renverse le gouvernement civil, instaurant une dictature qui a durĂ© jusqu'en 1985. Ă€ la fin de l'annĂ©e 1973, les Tupamaros  ont Ă©tĂ© Ă©crasĂ©s, mais l'armĂ©e contine d'Ă©tendre son emprise sur le gouvernement. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par la rĂ©pression, les violations des droits humains et la suppression des libertĂ©s civiles. Des milliers de personnes sont emprisonnĂ©es, torturĂ©es ou exilĂ©es. Parallèlement, la dictature met en oeuvre des politiques Ă©conomiques nĂ©olibĂ©rales, mais l'Ă©conomie continue Ă  souffrir. La dette extĂ©rieure augmente et les inĂ©galitĂ©s sociales se creusent.

Retour à la démocratie.
En 1985, l'Uruguay restaure la démocratie avec l'élection à la présidence de Julio María Sanguinetti. La transition démocratique a été marquée par des efforts pour rétablir l'État de droit et réformer les institutions. Les gouvernements post-dictature travaillent à stabiliser l'économie, réduire la dette et promouvoir des réformes sociales. Les années 1990 voient une ouverture économique et une intégration accrue de l'Uruguay dans le commerce mondial.

MalgrĂ© les dĂ©fis Ă©conomiques, l'Uruguay a rĂ©ussi Ă  consolider sa dĂ©mocratie et Ă  renforcer ses institutions. Les conditions politiques et de travail en Uruguay sont devenues parmi les plus libres du continent. La fin du siècle a Ă©tĂ© marquĂ©e par une stabilitĂ© politique relative et des avancĂ©es sociales. Les prĂ©sidences successives, en particulier celle de Luis Alberto Lacalle (1990-1995), ont cherchĂ© Ă  moderniser l'Ă©conomie tout en maintenant les acquis sociaux. 

L'Uruguay au début du XXIe siècle

L'Uruguay a été touché par une grave crise économique en 2002, en grande partie due à la crise économique en Argentine voisine. La crise a entraîné une récession profonde, une augmentation du chômage, et une dévaluation de la monnaie.

Président de 2000 à 2005, Jorge Batlle, du Parti Colorado, a mis en oeuvre des mesures d'austérité et sollicité l'aide du FMI pour stabiliser l'économie. Malgré les difficultés, l'Uruguay a réussi à surmonter la crise grâce à des réformes structurelles et à une reprise économique progressive.

En 2005, Tabaré Vázquez, candidat du Front large (Frente Amplio), a été élu président, marquant la première victoire de la gauche dans l'histoire du pays. Vázquez a mis en place des politiques progressistes axées sur la réduction de la pauvreté, l'amélioration de l'accès à la santé et à l'éducation, et le renforcement des droits sociaux. Sous Vázquez, l'Uruguay a connu des réformes significatives, telles que la création du Système National Intégré de Santé (SNIS) et des politiques de soutien aux secteurs les plus vulnérables de la population. L'économie a connu une croissance soutenue, tirée par les exportations agricoles et un environnement économique favorable.

En 2010, José Mujica, également du Front large, a succédé à Vázquez. Mujica, ancien guérillero des Tupamaros, a poursuivi les politiques progressistes de son prédécesseur, mettant l'accent sur la justice sociale et les droits humains. Le mandat de Mujica a été marqué par des réformes sociétales emblématiques, telles que la légalisation du mariage homosexuel en 2013 et la régulation de la production et de la vente de cannabis en 2013, ce qui a fait de l'Uruguay le premier pays au monde à adopter une telle mesure.

Vázquez a été réélu en 2015. Son second mandat a continué à renforcer les politiques sociales et économiques mises en place précédemment. Cependant, des défis économiques, tels que la baisse des prix des matières premières et une croissance plus lente, ont marqué cette période. En 2019, Luis Lacalle Pou du Parti National a été élu président, marquant un retour de la droite au pouvoir. Son mandat a débuté en mars 2020, peu avant que la pandémie de covid-19 ne frappe l'Uruguay. Le pays a été initialement salué pour sa gestion efficace de la pandémie, combinant des mesures de santé publique avec une campagne de vaccination rapide. Cependant, la pandémie a également posé des défis économiques et sociaux importants.

Sous Lacalle Pou, le gouvernement a mis en oeuvre des réformes économiques visant à stimuler la croissance (mesures de dérégulation et incitations à l'investissement étranger). Les politiques sociales et économiques ont été adaptées pour répondre aux impacts de la pandémie, avec un accent sur la reprise économique et le soutien aux secteurs les plus touchés.

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