Jalons |
La
succession des règnes
Jean V
Jean V (João V),
vingt-quatrième roi de Portugal ,
né à Lisbonne le 22 octobre 1689,
mort le 31 juillet 1750, était le
fils de de Pierre II et de Marie-Sophie-Elisabeth de Bavière-Neubourg.
Il succéda à son père 1er janvier
1707, et malgré lui, il continua,
avec peu de chance d'ailleurs, la lutte contre la France dans la succession
d'Espagne. Ses troupes furent défaites à Almanza
(27 avril 1707) aux environs de Campo
Mayor (7 mai 1709), etc.; le Portugal
perdit successivement plusieurs places importantes, entre autres Miranda
de Duero (juillet 1740), et Duguay-Trouin
s'empara de Rio de Janeiro, au Brésil (13 septembre
1711).
La paix d'Utrecht le rendit libre de suivre
ses penchants pour les pompes religieuses, et tous ses efforts politiques
ne tendirent qu'à obtenir à cet égard du Saint-Siège des privilèges
particuliers, ainsi que le titre de « Majesté Très Fidèle ». Son action
au dehors ne se traduisit qu'en envoi d'une flotte de secours d'abord aux
Vénitiens contre les Turcs (1716),
ensuite au roi de Perse
contre les Arabes (1719). Ce monarque
d'une rare bigoterie, qui confia le gouvernement à un moine ignare, frère
Gaspard, fut cependant un zélé protecteur des études et un bibliophile;
on lui doit la fondation de l'Académie d'histoire
(1720) et de plusieurs autres, ainsi
que l'enrichissement considérable de la bibliothèque royale.
De son mariage (1708)
avec Marie-Anne d'Autriche, fille de l'empereur Léopold Ier,
Jean V eut six enfants; son second fils, Joseph, lui succéda.
Joseph
Le règne de son fils Joseph (1750-24
février 1777) ne fut en réalité
que celui de son grand ministre Carvalho, devenu marquis de Pombal.
On trouvera plus bas les détails de ses nombreuses réformes, et de ses
luttes contre l'ordre des jésuites
et avec la papauté. Le développement rapide du Brésil et des colonies
portugaises en Afrique fit renaître l'ancienne prospérité.
Marie lre
L'avènement de la fille aînée de Joseph,
Marie lre (1777-88),
marque une période de réaction politique, malgré d'importantes conventions
internationales et d'utiles fondations qui eurent lieu sous ce court règne.
Marie ou maria Ire, reine de Portugal ,
née à Lisbonne le 17 décembre 1734,
morte à Rio de Janeiro le 20 mars 1816,
était la fille aînée du roi Joseph Ier,
et de Marie-Anne-Victoire, infante d'Espagne, elle succéda à son père
le 24 février 1777. Depuis le 6 juin
1760, elle était mariée à son oncle
don Pedro, infant de Portugal, fils cadet de Jean V et frère de Joseph
II, qui prit le titre de roi (Pierre III ou don Pedro III), sans
en exercer les fonctions.
Le ministre de son père, Pombal,
qui avait cherché, dans l'intérêt de l'État, à éloigner du trône
cette princesse, douée de toutes les qualités du coeur, mais faible de
caractère et d'une dévotion excessive, fut renvoyé, non sans récompense.
D'autre part, la reine fit mettre en liberté tous les détenus politiques.
La réaction leva alors la tête et le ministre déchu ne dut qu'à la
bonté de sa souveraine d'échapper à une peine afflictive. Le règne
de Marie Ire est marqué par d'importantes
conventions internationales et des fondations utiles, entre autres celle
de l'Académie de Lisbonne (1780),
due à l'influence de Jean de Bragance, duc de Lafoens. Après la mort
de son époux (1786), elle commença
à se désintéresser des affaires de l'État; la mort de son fils aîné
(1788) la plongea dans une mélancolie
profonde qui dégénéra en aliénation mentale. Son second fils, le futur
roi Jean VI (né en 1767) prit alors
la régence.
Dès la chute de Louis
XVl, Jean VI rompit les relations diplomatiques avec la République
française jusqu'en 1797. Obligé par
ses traités de se solidariser avec, l'Angleterre dans sa lutte contre
la France, il ne tarda pas à sentir la lourde main de Napoléon.
Déjà humilié par le traité de Badajoz
(1801), puis déclaré déchu du trône,
avec toute la maison de Bragance, il s'enfuit au Brésil avec sa famille
(29 novembre 1807), devant l'invasion
de l'armée française sous les ordres de Junot. (G. P-i.).
Le
gouvernement de Carvalho de Pombal
Sebastião José de Carvalho e Mello, comte
d'Oeiras, marquis de Pombal,
né à Lisbonne le 13 mai 1699,
mort le 8 mai 1782, ministre de Joseph
restera par son action la figure politique portugaise la plus importante
du XVIIIIe siècle.
Il naquit de Manuel de Carvalho e Athayde, capitaine de cavalerie, gentilhomme
(hidalgo) de province, et de dona Theresa-Luisa
de Mendonça e Mello. Il aurait, mais le fait est contesté, fait des études
de droit à l'Université de Coïmbra. Jeune homme, il entra dans l'armée,
aux gardes, mais il y resta peu de temps. Il demeura à Lisbonne jusqu'au
moment ou il dut se retirer à Soure, sur une terre de sa famille, après
avoir enlevé et épousé une nièce du comte d'Arcos, dona Theresa de
Noronha, veuve d'Antonio de Mendonça.
En 1733,
le cardinal
da Motta le fit charger par le roi d'écrire l'histoire de divers monarques
portugais. En octobre 1738, Carvalho
fut nommé ambassadeur à Londres, occupa
ce poste jusqu'en 1745 et fut, en juin
de cette année, envoyé à Vienne, avec mission de travailler à un rapprochement
entre le pape et l'impératrice. Carvalho avait perdu sa première femme,
morte à Lisbonne le 7 janvier 1739.
Pendant son séjour à Vienne, il épousa, le 18 décembre 1745,
Leonor-Ernestina Daun, fille du général comte Daun. Cette alliance ne
devait pas être étrangère à la faveur que lui témoigna par la suite
la reine Marie-Anne, fille de l'empereur Léopold Ier,
et femme de Jean V de Portugal .
Carvalho fut rappelé à Lisbonne en 1749.
Le roi Jean V étant mort le 31 juillet 1750,
Carvalho fut nommé le 2 août secrétaire d'Etat des affaires étrangères
et de la guerre, et presque aussitôt il prit un ascendant sans bornes
sur l'esprit léger et paresseux du roi Joseph; il devint le chef absolu
du gouvernement.
Le temps des réformes.
Voici, dans l'ordre chronologique, les
principaux actes de son administration : En janvier 1751,
Carvalho réduisit les droits sur le tabac et le sucre et créa une raffinerie.
Cette même année, il fit établir une manufacture de poudre. Un décret
régularisa les lois de succession. Enfin un autre décret soumit à l'avenir,
à l'approbation préalable du gouvernement, l'exécution des sentences
de l'Inquisition .
En 1752, le ministre, pour remédier
au défaut de numéraire, interdit l'exportation de la monnaie ainsi que
de l'or du Brésil. Cette même année, un décret réglementa l'industrie
de la soie. En 1753, Carvalho commença
son oeuvre de réorganisation des finances, simplifiant les impôts, réglant
leur perception, établissant des habitudes de comptabilité régulière.
Depuis longtemps le commerce était
tombé aux mains des étrangers, surtout des Anglais. Carvalho voulut affranchir
le Portugal
de cette dépendance. C'est dans ce but qu'il chercha à créer une, industrie
nationale et qu'il institua des compagnies à charte, mieux susceptibles,
à son avis, de lutter contre la concurrence étrangère que les commerçants
isolés. Ceci ainsi qu'en 1753 il forme
une compagnie de pêcheries du thon et de la sardine dans l'Algarve; il
concède en 1754 à une compagnie,
dirigée par Feliciano Velho Oldembourg, le droit exclusif de commercer
aux Indes orientales et en Chine. Le 7 juin 1754,
le roi signe la charte d'une autre compagnie puissante, celle du Gran Para
et de Maranhão, avec le privilège de vendre seule les denrées portugaises
dans ces provinces brésiliennes. Le 5 janvier 1757
, il devait autoriser les nobles à posséder des actions de cette compagnie.
Quelque temps après, le 13 août 1759,
une charte semblable était concédée à la compagnie de Pernambuco et
de Parahiha. Tout en s'efforçant d'éveiller l'activité colonisatrice
au Brésil, Carvalho cherchait à protéger les indigènes contre les immigrants
portugais. Une ordonnance du 8 juin 1754
déclara libres les Indiens des provinces de Gran Parà et de Maranhão,
ne reconnaissant d'autres esclaves que les Noirs. En 1755,
une catastrophe épouvantable arracha Carvalho à son oeuvre commerciale.
Le 1er novembre, Lisbonne
fut entièrement détruite par un tremblement de Terre, qui fit 30 000
morts, suivi de nombreux incendies.
Le ministre se multiplia. En quelques mois
il promulgua deux cents décrets pour pourvoir à la subsistance des habitants,
faire ensevelir les cadavres, mettre en sûreté l'argent et les objets
précieux. La loi martiale fut appliquée pour maintenir l'ordre. On ne
permit pas aux habitants de s'éloigner, et la réédification de la ville
commença immédiatement. L'année suivante (1756),
Carvalho revient à ses projets commerciaux. Le 30 septembre, il dissout
la Meza dos homens de negocio de Lisbonne,
sorte d'association de négociants, coupable d'avoir fait des représentations
contre la compagnie du Gran Parà et il la remplace par une sorte de chambre
de commerce, Junta do commercio. Le 10 septembre de cette même année,
il fondait la Companhia geral da agricultura dos vinhas do Alto Douro qui
acquérait presque le monopole des vins de Porto.
Le but était de favoriser la viticulture et d'empêcher les adultérations
des vins, de réagir aussi contre l'avilissement des prix obtenu par une
sorte de syndicat des acheteurs en gros, presque tous Anglais. Cette création
lésa des intérêts. Le 23 février 1757,
il y eut une émeute assez sérieuse à Oporto. La répression fut féroce
: 478 accusés furent traduits devant des juges spéciaux. Il y eut 26
condamnations à mort prononcées (14 octobre) et 17 exécutions.
Guerre aux jésuites.
C'est vers cette époque que commence
la lutte de Carvalho contre les jésuites .
Le 7 juin 1755, il leur avait enlevé
la direction des communautés indiennes du Parà et du Maranhão, dont
il réglementa lui-même l'administration par un décret du 3 mai 1757.
Il accusait la société de Jésus d'avoir eu la main dans l'émeute d'Oporto,
d'avoir tenu des propos démoralisants au peuple de Lisbonne
après le tremblement de terre, d'exciter la discorde entre les cours d'Espagne
et de Portugal ,
de s'opposer à l'occupation par les Portugais de certaines missions du
Paraguay cédées par l'Espagne en échange de la colonie de Sacramento,
etc. Le 19 septembre 1757, le ministre
faisait congédier par le roi Joseph tous les jésuites confesseurs de
la famille royale. Il faisait réunir contre eux et contre leur administration
en Amérique les éléments de deux mémoires, en date du 8 octobre 1757
et du 10 février 1758, qui furent
envoyés à Rome. A sa requête, le pape Benoît
XIV, par un bref du 1er avril 1758,
nomma le cardinal Saldanha visiteur et réformateur de l'ordre en Portugal.
Le 15 mai, Saldanha défendait aux jésuites de continuer à commercer
aux colonies, et le 7 juin le patriarche de Lisbonne leur interdisait de
prêcher et de confesser dans les limites de son patriarcat. Sur ces entrefaites
survint un événement grave, dans lequel, à tort ou à raison, les jésuites
furent compromis. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 1758,
le roi Joseph, rentrant en voiture au palais d'Ajuda, fut blessé au bras
droit et au côté de deux coups de feu. Certains détails ont donné lieu
de supposer que l'attentat aurait été dirigé contre son valet de chambre,
mais ce point ne semble pas suffisamment élucidé.
Quoi qu'il en soit, après une instruction
mystérieuse, le 13 décembre 1758,
Carvalho fit saisir doña Theresa, marquise de Tavora, son fils José-Maria
de Tavora, son mari le marquis Luiz-Bernardo de Tavora, le duc d'Alveiro,
Francisco d'Assis, marquis de Tavora, Jeronimo de Ataide, comte d'Atouguia,
Manuel Alvares Teixeira, Braz-José Romeiro, João Michel, Antonio
Alvarez Ferreira, d'autres encore. Un des assassins, José Polycarpo,
s'était enfui. Carvalho lui-même présida le procès. Le 12 janvier 1759,
la sentence fut rendue, et les accusés dont nous avons cité les noms
furent exécutés le lendemain. Du coup, la haute aristocratie était décapitée.
La vieille marquise de Tavora avait pour confesseur un jésuite ,
le P. Malagrida. Il fut saisi le 11 janvier
1759, plus tard condamné comme hérétique
par l'Inquisition
(septembre 1761), garrotté et brûlé.
Sept autres jésuites furent impliqués dans le complot. Le 19 janvier
1759, le séquestre fut mis sur les
biens et les papiers de la Compagnie de Jésus; le 28 juin, un décret
déclara pernicieuse l'instruction que les Pères donnaient à la jeunesse
et prohiba leurs livres; enfin le 3 septembre fut signé un décret, publié
le 5 octobre, les expulsant du Portugal
et de ses colonies, décret aussitôt exécuté avec une extrême rigueur.
Au cours de sa procédure contre les, jésuites, le ministre avait fait
adresser au pape un mémoire justificatif (20 avril 1759).
Tout en autorisant les poursuites, Clément XIII
avait fait appel à la clémence du roi (2 août). Bientôt les rapports
se tendirent au sujet de la Compagnie de Jésus entre la cour de Portugal
et le Saint-Siège. D'autres griefs s'élevèrent entre eux et, le 17 juin
1760; Pombal
invita brusquement le nonce à quitter Lisbonne.
Les rapports avec la papauté devaient rester suspendus de longues années,
pendant lesquelles le ministre de Joseph s'attaqua à d'autres congrégations
religieuses. Les relations avec le Saint-Siège ne furent officiellement
renouées que lorsque Clément XIV eut dissous
la Compagnie de Jésus (21 juillet 1773).
Nouvelles réformes
La façon rigoureuse dont il avait puni
l'attentat contre le roi valut à Carvalho, le 16 juin 1759,
le titre de comte d'Oeiras. Plus tard, le 17 septembre 1770,
il devait être créé marquis de Pombal. Sa lutte contre les jésuites
n'avait pas absorbé toute son activité. Le 19 mai 1779,
il fonde l'École de commerce. En 1760,
il remplace le tribunal ecclésiastique pour la censure des livres par
une institution laïque, la mensa censoria. Cette même année, une grave
difficulté avec l'Angleterre est réglée à son avantage. L'amiral Boseawen
avait brûlé quatre navires français de M. de La Que sur la côte portugaise,
près de Lagos. Pombal réclama si énergiquement que lord Kinnoull fut
envoyé pour apporter au roi les excuses du gouvernement anglais. Le 7
mars 1764, le ministre faisait signer
le décret organisant le collège des nobles, doté des biens des jésuites,
ouvert le 19 mars 1766. Cette même
année 1761, il réorganisait le Trésor
royal. En 1762, la conclusion du Parte
de famille, l'injonction qui suivit, adressée au Portugal, de fermer ses
ports aux Anglais, forcèrent Pombal à s'occuper de l'armée, que Jean
V avait laissée réduite à 5 000 ou 6 000 hommes. Pombal appela le comte
de Schaumbourg-Lippe et le prince Charles de Mecklembourg-Strelitz pour
la réorganiser. Grâce à eux, près de 50 000 hommes furent mis sur pied
et permirent de résister à l'Espagne jusqu'à la paix conclue par le
traité de Fontainebleau (1763).
Après cette alerte, Pombal
garda une armée de 30 000 hommes. La marine de guerre, restaurée en même
temps, comptait, en 1766, 12 vaisseaux
de ligne et 14 frégates : il n'y avait que 2 navires au début,
du règne. Quant à la marine marchande, elle se voyait octroyer, le 10
septembre 1765, une liberté précieuse
: des vaisseaux isolés pourraient quitter Lisbonne,
à toute époque, pour trafiquer au Brésil avec les provinces non engagées
aux Compagnies à charte. En 1768,
le marquis créait l'imprimerie royale, confiée à Nicolas Pagliardini.
Il soutenait de son mieux les manufactures de soie, de laine, de papier,
installait à grands frais une verrerie. En 1764-65,
une attaque de paralysie; en 1768,
une tumeur à la cheville, arrêtaient à peine son travail. Le départ
des jésuites
avait laissé le Portugal
et ses colonies presque dénués de professeurs. Par, décret de 1772,
Pombal ouvrait 837 écoles primaires ou secondaires. Il se faisait
nommer cette même année lieutenant général de l'Université de Coimbra ,
réformait celle-ci, y créait des chaires d'histoire naturelle et de mathématiques,
un jardin botanique, lui donnait les statuts qui la régiront longtemps.
Le 12 août, il instituait un collège des arts au couvent de Mafra. Le
roi, reconnaissant, faisait placer le portrait en relief de Pombal sur
le socle de sa statue équestre, inaugurée à Lisbonne le 6 juin 1775.
A ce moment, on découvrait un complot : un Génois, Jean-Baptiste Pelle,
avait formé le projet de faire sauter l'appartement du marquis.
Les dernières
années.
Cependant la domination de Pombal touchait
à sa fin. Il ne devait pas présider lui-même au règlement d'une question
qui le préoccupa longtemps et amena de nombreux conflits avec l'Espagne,
jusqu'en 1777-78
: la délimitation entre les possessions espagnoles de l'Uruguay et le
Brésil. Le roi Joseph, malade depuis 1774,
mourut le 24 février 1777. La reine,
sa femme Maria-Ana-Victoria, était régente depuis juin 1776.
Le 5 février 1777, Pombal,
prévoyant la mort de Joseph, demanda à résigner ses fonctions, annonçant
qu'il laissait 78 millions de cruzados dans le Trésor royal. La demande
n'ayant pas été agréée, il la renouvela le 1er
mars. La nouvelle reine, dona Maria Ire,
l'autorisa le 4 Ã se retirer dans sa ville de Pombal, en lui maintenant
ses appointements de secrétaire d'État et en lui donnant la commanderie
de Santiago de Lanhozo, de l'ordre du Christ.
Une réaction immédiate suivit sa chute.
Tous les prisonniers du règne précédent
furent mis en liberté. Dans le cours de l'année 1777,
les privilèges des Compagnies du Gran Para et de Pernambuco étaient dénoncés,
ceux de la Compagnie d'Oporto étaient restreints. La reine Marie et son
époux, d'une très grande dévotion, s'entouraient de membres du clergé
et de nobles, hostiles au marquis. Un libelle de José Caldeira Soares
Calhardo e Mendanha commença l'attaque. Pombal riposta par un procès
et publia une Défense. Le 3 septembre 1779,
la reine ordonna la suppression du libelle et de la défense, mais le 9
octobre elle faisait commencer, auprès de l'ancien ministre, une enquête
qui dura, jusqu'au 15 janvier 1780.
Au mois d'octobre suivant, elle autorisait la révision du procès des
conjurés de 1758. Le 3 avril 1781,
quinze juges sur - dix-huit se prononçaient pour la réhabilitation des
Tavora, en exceptant le duc d'Aveiro. Cependant il se produisit des hésitations;
l'avis des juges ne fut pas publié par la reine; cela ne l'empêcha pas,
le 16 août suivant, de promulguer un décret par lequel, revenant
sur l'enquête de 1779, elle déclarait
le marquis de Pombal « réellement coupable et
digne d'un châtiment exemplaire », l'exemptant, à cause de son âge,
de toute peine corporelle, mais le soumettant à toutes les restitutions,
dommages et intérêts dont pourraient statuer les tribunaux. Le vieillard
ne survécut guère à ce dernier coup. Il mourut le 8 mai 1782,
à Pombal. (H. Léonardon).
 |
En
bibliothèque - J.-M. de Souza Monreiro,
Historia de Portugal desde o reinado da senhora D. Maria I, Lisbonne,
1838, 2 vol. in-8. - Vida, successos e fallecimento do rey João V;
Lisbonne, 1750.
Mémoires
de Sébastien-Joseph de Carvalho et Mélo, comte d'Oeyras, marquis de Pombal,
Lisbonne et Bruxelles, 1754, in-12. - Anecdotes du ministère de Pombal;
Varsovie, 1783, in-12. - L'administration de Sébastien Joseph de Carvalho
et Mélo, comte d'Oeyras, marquis de Pombal; Amsterdam, 1786, in-8.
- Memoirs of the marquis of Pombal, with extracts from his writings
and from despatches in the State papers Office, publisbed by John Smith;
Londres, 1843, in-8. - Oppermann, Pombal and die Jesuiten; Hanovre,
1845. - F.-L. Gomes le Marquis de Pombal, esquisse de sa vie publique;
Lisbonne, 1869, in-8. - Michel Chevalier, le Marquis de Pombal,
dans la Revue des Deux Mondes, 1er septembre 1870. - Cannota, Marquis
de Pombal; Londres, 1871. - J.-M. Latino Coelho, Historia politica
e militar de Portugal desde os fins do XVIII seculo até 1814; Lisbonne,
1874, t. 1, in-8. - A. Cardoso, O marquez de Pombal,
Lisbonne, 1882, in-16. - Une conjuration en Portugal, dans Revue
Bleue, 1889, 1re semaine. - B. Duhe, S. J., Pombal, sein Charakter
und seine Politik, Fribourg-en-Brisgau, 1891, in-8. - J. Du Hamel du
Breuil, Un ministre philosophe; Carvalho, marquis de Pombal, dans
Revue historique, 1895-96.
En
librairie - José-Augusto Franca,
Une ville des Lumières, la Lisbonne de Pombal, EHESS, 1995. |
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