.
-

L'histoire de l'Afrique
Les pays du Golfe de Guinée
La Guinée , au sens large, est une grande région de l'Afrique occidentale, qui s'étend sur le littoral de l'Atlantique. Ne correspondant ni à une zone physique distincte, ni à un domaine ethnographique particulier; il est difficile de lui assigner des limites qui ne soient pas quelque peu arbitraires. On s'accorde toutefois à comprendre sous ce nom la région littorale, depuis la baie de Sierra Leone jusqu'à l'estuaire du Gabon, ou depuis le Cap Roxo  (embouchure de la Casamance) jusqu'à la Baie de Corisco, sur une étendue de 10° environ, dans le sens du Nord au Sud, et avec un développement de côtes d'environ 3300 à 3500 kilomètres. 

Bien que le nom de Guinée ait été imposé à cette région par les Européens, on peut néanmoins le considérer comme d'origine africaine, le mot Guinée étant, selon certains auteurs la transformation des mots Ginyia ou Gineua par lequel les marchands maures, avec lesquels les explorateurs portugais furent en rapports, désignaient les royaumes subsahariens dont la ville de Jenné ou Djenné était alors le centre commercial le plus important. Une autre étymologie, qui n'est pas nécessairement incompatible avec la précédente, fait dériver le nom du Guinée, comme celui de l'ancien Ghâna du mot berbère agane , qui signifierait brousse. La nature a longtemps isolé la Guinée du reste du monde en défendant l'accès de ses côtes. Sauf de rares points privilégiés, le littoral n'offre ni un golfe, ni une baie, ni une crique marqués; sa direction est rectiligne. La côte, partout basse et plate, est rendue presque inaccessible par la barre, que signale aux navires une ligne blanche, écumeuse, obstacle aux grandes embarcations. Dans l'intérieur, on limite ordinairement la Guinée non plus à l'imaginaire chaîne des monts de Kong, qui n'existe pas sous la forme d'une crête continue, mais au système des hauteurs qui séparent le versant de l'Atlantique du bassin du Niger supérieur et moyen.

La région qui borde le golfe de Guinée est principalement forestière; l'habitat y est représenté par de petits villages, souvent autonomes. Cependant à partir du Xe siècle, certains villages se regrouper pour constituer des structures politiques  plus larges. Des États, parfois confédérés, sont apparus, des monarchies héréditaires se sont installées chez les Achanti, les Ibo et les Yoruba. Celui dont l'existence a été la plus longue est le royaume du Bénin. Entre l'actuel Ghana et le Cameroun, l'histoire politique est marquée à partir du XVIe siècle, par la consolidation ou l'émergence de plusieurs royaumes qui subsisteront jusqu'au partage colonial de l'Afrique, à la fin du XIXe siècle. Certains de ces États avaient des bases anciennes, comme le royaume du Bénin, d'autres sont apparus brusquement comme la confédération des États Achanti. Tous ont dû, directement (Bénin et Dahomey)  ou indirectement (Achanti, Yoruba),  leur prospérité ou du moins la forme que prit leur économie à l'amplification du commerce des esclaves, suscitée par l'implantation de comptoirs européens tout le long de la côte. Le commerce de l'huile de palme et de l'arachide était également développé, mais ne parviendra pas à prendre le relais et à maintenir les équilibres économiques après la fin de de la traite des esclaves. 

Les noms que les anciens marins avaient jadis donné à la plupart des stations ou côtes de la Guinée révèle bien dans quelle perspective les Occidentaux abordaient cet espace. Il s'agissait, en allant de l'Ouest à l'Est  de la côte de Sierra Leone, des Graines (Libéria), de l'Ivoire, de l'Or (Ghana actuel), des Esclaves, de Bénin, de Calabar, de Biafra. La côte de l'Or correspondait, en s'étendant vers l'intérieur, à l'ancien royaume des Achantis, et la côte des Esclaves à l'ancien royaume de Dahomey. 

Dates -clés  :
500 av. JC  - Essor de la  culture Nok au Nigéria.

1575 - Début de l'expansion des Yoruba. Civilisation urbaine.

1610 - Fondation de l'Allada, préfiguration du Dahomey.

1680 - Apogée de la puissance Achanti (Côte de l'or).

1804 - Poussée des Peuls au Nord.

ca. 1885 - ca. 1960. - Période coloniale.

1956- 1960 - Indépendances.

1967 - 1970 - Guerre du Biafra.

Les noms que les anciens marins avaient jadis donné à la plupart des stations ou côtes de la Guinée révèle bien dans quelle perspective les Occidentaux abordaient cet espace. Il s'agissait, en allant de l'Ouest à l'Est de la Côte de Sierra Leone, Côte du Vent (divisée en Côte des Graines (Libéria), et en Côte  des Dents ou de l'Ivoire), Côte de l'Or (Ghana actuel), Côte des Esclaves, Côte de Bénin, Côte de Calabar, Côte de Biafra. La côte de l'Or correspondait, en s'étendant vers l'intérieur, à l'ancien royaume des Achantis, et la côte des Esclaves, dans sa partie occidentale, à l'ancien royaume de Dahomey. 

La région du golfe deGuinée avant 1500

La région du golfe de Guinée est l'un des foyers les plus anciens et les plus dynamiques du peuplement africain. Ni coupée du reste du continent ni tournée seulement vers la mer, cette zone, à laquelle à certaines périodes il convient de donner un horizon plus large, vit au rythme de ses savanes, de ses forêts denses, de ses lagunes, de ses fleuves et de ses cités de terre et de palme. Les populations y parlent des centaines de langues appartenant principalement aux familles nigéro-congolaises, et elles construisent des royaumes, des cités-États, des confédérations villageoises et des réseaux commerciaux qui s'étendent du Sahel à l'océan Atlantique, du delta du Niger aux montagnes de l'Adamaoua.

Les plus anciens habitants identifiés par l'archéologie sont des chasseurs-cueilleurs et des pêcheurs, présents depuis plusieurs dizaines de milliers d'années le long des côtes et des rivières. Dans les forêts du sud, des groupes de petite taille vivent de la collecte des fruits, des tubercules, du miel, du gibier et des escargots, tandis que sur les rivages, des amas de coquillages témoignent d'une exploitation ancienne des lagunes et des mangroves. À partir du troisième millénaire avant notre ère, des populations de langues bantoues et de langues kwa commencent à se déplacer, à se mêler et à diffuser l'agriculture, la poterie et plus tard la métallurgie. La culture de l'igname, du palmier à huile, du sorgho, du mil, du riz africain, du taro et du bananier transforme les paysages et permet une croissance démographique notable. Les défrichements par le feu, les terrasses sur les collines, les billons dans les bas-fonds et les jardins de case montrent une maîtrise ancienne des sols et des saisons.

Le fer apparaît dans la région au plus tard vers le milieu du premier millénaire avant notre ère, peut-être plus tôt. Les sites de Nok, au centre du Nigeria actuel, livrent des fourneaux, des scories et des objets en fer associés à des figurines de terre cuite d'une grande beauté, représentant des têtes humaines, des personnages assis, des animaux. Ces sculptures, datées d'environ 1500 avant notre ère pour les plus anciennes hypothèses hautes, mais plus sûrement des environs de 500 avant notre ère pour les séries majeures, témoignent d'une société déjà complexe, dotée d'une élite capable de commander des œuvres raffinées et de contrôler des savoirs techniques. La civilisation de Nok disparaît vers les premiers siècles de notre ère, mais son héritage stylistique et technique se retrouve dans les arts du bronze, de la terre cuite et du bois des périodes ultérieures.

Sur les rives du lac Tchad, au nord-est de la région, des sociétés agricoles et pastorales développent des villages fortifiés et des chefferies. Les Sao, mentionnés par les traditions et confirmés par l'archéologie, construisent des enceintes de terre, des greniers surélevés, des tombes à jarres et des objets en bronze et en fer. Ils pêchent dans les eaux du lac, cultivent le mil et le sorgho, élèvent des bœufs, des chèvres et des moutons. Leur organisation politique reste mal connue, mais les récits postérieurs les décrivent comme des groupes autonomes, fiers et résistants, progressivement absorbés ou repoussés par l'expansion des royaumes kanouri et haoussa.

Dans la savane qui s'étend entre le Niger et le lac Tchad, les cités haoussa commencent à émerger très tôt Kano, Katsina, Zazzau, Gobir, Daura, Rano et Biram ne forment pas encore un ensemble unifié, mais des centres fortifiés, entourés de murailles de terre, gouvernés par des rois appelés sarki, appuyés sur des conseils de notables, des corporations de forgerons, de tisserands, de teinturiers, de tanneurs et de commerçants. Le coton, cultivé et filé localement, est tissé en bandes étroites puis teint à l'indigo dans des fosses profondes; les étoffes bleues de Kano et de Katsina circulent à travers le Sahel et jusqu'en Afrique du Nord. Le cuir, travaillé avec soin, sert à fabriquer des sacs, des selles, des sandales et des fourreaux. Le sel, le natron, les noix de cola, les esclaves, les chevaux et les céréales s'échangent sur des marchés périodiques, reliés par des pistes caravanières. L'islam, introduit par les marchands mandingues et peuls à partir du XIVe siècle, se diffuse lentement dans les cours royales et les milieux marchands, sans effacer les cultes anciens des esprits des lieux, des ancêtres et des forces de la nature.

Plus à l'ouest, dans la boucle du Niger et en direction du golfe, les royaumes mandingues et leurs voisins exercent une influence considérable sur les peuples de la forêt et de la côte. Le Mali, puis le Songhaï, contrôlent une partie des routes de l'or, du sel, des noix de cola et des esclaves qui relient les mines du Bambouk et du Bouré aux cités marchandes de la savane, puis aux ports sahariens. Les caravanes descendent vers le sud pour acheter l'or, l'ivoire, le poivre de Guinée, les peaux, les plumes et les esclaves, en échange de sel gemme, de cuivre, de perles, de tissus et de chevaux. Cette demande stimule la formation d'États dans la zone forestière, où des chefs locaux accumulent des richesses, s'entourent de guerriers, de devins et de griots, et contrôlent les pistes menant aux rivières et aux lagunes.

Dans la forêt dense qui borde le golfe, les sociétés s'organisent souvent autour de villages autonomes, de lignages et de confréries secrètes. La terre appartient aux ancêtres fondateurs, et les chefs de terre, les prêtres des bosquets sacrés et les anciens règlent les conflits, les mariages et les cultures. La kola, noix amère et stimulante, devient un produit central du commerce forestier : récoltée sur des arbres sauvages puis cultivée, elle est séchée, conditionnée en paniers et expédiée vers le nord, où elle est consommée lors des veillées, des cérémonies et des voyages. L'or, extrait des rivières et des filons de la forêt, attire aussi les marchands mandingues, qui fondent des comptoirs comme Begho, dans l'actuel Ghana, où ils échangent des étoffes, du cuivre, du sel et des perles contre de l'or, de l'ivoire et des esclaves. Les populations akan, qui dominent une grande partie de la forêt ghanéenne et ivoirienne, développent des chefferies et des confédérations, avec des capitales de terre battue, des cours royales, des poids à peser l'or en laiton représentant des personnages, des animaux et des proverbes. L'or est fondu, pesé et thésaurisé sous forme de pépites, de poudre et de bijoux; il sert aux échanges, aux dots, aux amendes et aux offrandes.

Sur la côte même, entre les embouchures du Bandama, de la Volta, du Mono et du Niger, vivent des populations de pêcheurs et d'agriculteurs qui exploitent les lagunes, les cordons littoraux et les palmeraies. Le poisson séché et fumé, le sel marin, les noix de palme, l'huile rouge, les fibres de raphia, les pirogues monoxyles et les nattes constituent des produits d'échange importants. Les villages sont bâtis sur pilotis ou sur des tertres, reliés par des canaux et des sentiers. Les pêcheurs utilisent des filets, des nasses, des barrages et des lignes; ils connaissent les marées, les courants et les migrations des poissons. Les femmes transforment les noix de palme en huile, fabriquent le savon noir, tissent les fibres de raphia et tressent les cheveux. Les marchés côtiers attirent des marchands venus de l'intérieur, qui apportent des ignames, du maïs absent avant le XVIe siècle, du sorgho, des poteries, du fer et des esclaves.

Les royaumes yoruba, au sud-ouest du Nigeria actuel, forment l'une des civilisations les plus remarquables de la région avant 1500. La ville d'Ife, considérée comme le berceau légendaire des Yoruba, abrite des ateliers de fondeurs, de sculpteurs et de potiers. Les têtes en laiton et en bronze d'Ife, d'un naturalisme saisissant, représentent des souverains, des reines, des prêtres et des personnages sacrés. Les artisans utilisent la technique de la cire perdue, maîtrisent les alliages de cuivre, de plomb et d'étain, et produisent des Oeuvres d'une finesse exceptionnelle. Ife est aussi un centre religieux, où le culte des divinités yoruba, les orisha, s'organise autour de sanctuaires, de prêtres et de fêtes annuelles. Les rois, appelés oni, portent des couronnes de perles, des colliers de corail et des vêtements rituels; ils règnent avec l'aide de dignitaires, de sociétés secrètes et de chefs de quartiers. D'autres villes yoruba, comme Oyo, Ilesha, Ijebu et Ondo, se développent en royaumes plus ou moins centralisés, dont les armées utilisent la cavalerie, l'arc et la lance, et dont les cavaliers portent des cottes de maille importées du Sahel.

À l'est du pays yoruba, dans la basse vallée du Niger et le delta, les populations igbo, ijaw, urhobo, itsekiri et edo construisent des sociétés variées. Les Igbo vivent souvent en villages autonomes, sans roi central, gouvernés par des assemblées d'anciens, des titres acquis par la richesse et le mérite, des sociétés masquées et des oracles comme celui d'Arochukwu. Leur agriculture repose sur l'igname, le taro, le maïs inconnu avant 1500, le palmier à huile et les légumes verts. Les marchés tournent selon un calendrier de quatre jours, et les femmes y jouent un rôle économique majeur. Les Ijaw, installés dans le delta du Niger, sont pêcheurs, sauniers et piroguiers; ils remontent les bras du fleuve pour échanger du poisson, du sel, des poteries et des esclaves contre des ignames, du bétail et des produits manufacturés. Le royaume du Bénin, fondé par les Edo, devient avant 1500 l'une des puissances majeures de la région. Sa capitale, Bénin City, est entourée de remparts de terre, de fossés et de portes monumentales. Les rois, appelés oba, règnent avec l'aide d'une cour nombreuse, de guildes d'artisans, de prêtres et de chefs de guerre. Les fondeurs de bronze du Bénin créent des plaques, des têtes commémoratives, des coqs, des léopards et des personnages de cour, d'une maîtrise technique et d'une puissance expressive extraordinaires. Le commerce du poivre, de l'ivoire, des esclaves, des tissus et du sel enrichit la monarchie, qui entretient des relations avec les royaumes yoruba, les cités du delta et les marchands de la côte.

Les fleuves et les lagunes servent de voies de communication naturelles. Le Niger, le Bénoué, la Volta, le Bandama, le Sassandra, le Mono, l'Ouémé et le Wouri permettent de transporter des marchandises, des personnes et des idées sur de longues distances. Les pirogues, creusées dans des troncs d'arbres géants, peuvent mesurer plus de vingt mètres et transporter plusieurs tonnes. Les pagayeurs, debout ou assis, chantent en cadence. Les pêcheurs tendent leurs filets à l'aube, les marchandes installent leurs étals sous des auvents de palmes, les enfants plongent dans les eaux troubles des marigots. Les crocodiles, les hippopotames, les lamantins et les poissons-chats peuplent les eaux; les forêts sacrées qui bordent les rives abritent des singes, des oiseaux, des serpents et des esprits redoutés.

Les croyances religieuses de la région sont d'une grande diversité, mais partagent des traits communs : un dieu créateur souvent lointain, des divinités intermédiaires liées à la terre, à l'eau, au fer, à la foudre, à la guerre et à la fécondité, des ancêtres vénérés, des masques et des statues servant de supports aux esprits, des prêtres et des prêtresses initiés, des oracles et des sociétés secrètes. Les sanctuaires sont bâtis en terre, en bois et en chaume, ornés de sculptures, de crânes, de cauris et de plumes. Les tambours, les cloches, les hochets et les xylophones rythment les cérémonies. Les masques, portés lors des funérailles, des initiations, des fêtes de moisson et des intronisations, incarnent les ancêtres, les forces de la nature et les esprits protecteurs. Les sculpteurs sur bois créent des statues de rois, de mères, de jumeaux, de cavaliers et d'animaux, dont les formes stylisées expriment les valeurs sociales et les croyances des communautés.

La région du golfe de Guinée entretient aussi des contacts lointains. Les marchands mandingues et haoussa relient la forêt au Sahel et au Sahara, d'où proviennent le sel, le cuivre, les chevaux, les perles de verre, les cauris et les tissus. Les cauris, petits coquillages importés des Maldives et de l'océan Indien, servent de monnaie, de parure et d'instrument divinatoire. Les perles de verre, venues de Venise, de Bohême ou du monde islamique, sont thésaurisées, portées lors des cérémonies et enfouies dans les tombes. Les porcelaines et les soieries d'Asie parviennent parfois jusqu'aux cours royales par l'intermédiaire des caravanes transsahariennes. Les esclaves capturés lors des guerres, des razzias ou des condamnations judiciaires sont échangés contre des marchandises de luxe et du sel, mais restent aussi intégrés dans les sociétés locales comme serviteurs, soldats, épouses ou dépendants. L'esclavage intérieur, très ancien, ne prend que plus tard la forme massive et destructrice liée au commerce atlantique.

Les navigateurs portugais atteignent l'embouchure du Congo en 1483, puis longent les côtes de l'Angola, du Nigeria, du Bénin, du Ghana et de la Côte d'Ivoire dans les années suivantes. Ils rencontrent des populations organisées, des royaumes puissants, des marchés actifs et des produits abondants. Les rois du Bénin, du Kongo, de Jolof et d'autres États reçoivent des ambassadeurs, échangent des présents et signent des alliances. Mais ces contacts, d'abord limités, ne bouleversent pas encore les structures anciennes. Les sociétés du golfe de Guinée poursuivent leur propre histoire, forgée par des siècles d'agriculture, de métallurgie, de commerce, d'art et de religion. Les villes de terre et de palme, les cours royales, les marchés, les ateliers de fondeurs, les bosquets sacrés et les pistes caravanières composent un monde dense, créatif et résilient, dont la richesse et la complexité échappent fréquemment aux regards extérieurs, mais dont les traces archéologiques, les traditions orales et les oeuvres d'art conservent la mémoire.

Au Sud de la Sénégambie

Le Sud de la Sénégambie (bassin du Sénégal et de la Gambie) correspond à la partie la plus Occidentale de la Guinée, jadis appelée Nigritie Occidentale. Quand les Européens y ont abordé, ils ont rencontré des populations désarroi, restes probables de populations autrefois plus nombreuses et plus compactes et organisées, désintégrées par la traite des esclaves, et par la pression des populations venues du Soudan, Mandingues et Peuls infiltrés depuis des siècles, tantôt les acculant à la côte de l'Océan ou parfois même aux îles situées dans les estuaires des fleuves, comme c'était le cas pour les Diola de la basse Gambie et de la Casamance, les Balantes, Bagnoun, Bissago, Papel, Biafada, etc. de la Guinée Portugaise, les Nalou, Landouman et Baga de la basse Guinée Française, les Timné et Boulom du Sierra-Leone, tantôt les isolant en îlots plus ou moins étendus à l'intérieur des terres, comme ceux formés par les Tiapi, les Bassari et les Koniagui au Nord du Fouta-Djalon, les Kissi, fabricants de statuettes en pierre, au Nord-Ouest du Libéria, les Gola dans l'Ouest de ce dernier pays. 

De l'histoire de ces diverses populations, nous savons fort peu de chose, en dehors du fait, comme on l'on vient de le dire, que leurs voisins plus puissants ont largement puisé parmi elles les milliers et milliers d'esclaves qui, vendus aux marchands négriers, allèrent, par delà l'Atlantique, défricher et cultiver les terres des anciennes colonies espagnoles, portugaises, françaises et anglaises de l'Amérique.

A partir de la Guinée-Conakry, des peuples apparentés aux Mandingues contribuèrent avec ceux-ci à pousser ces populations vers la mer en l'atteignant eux-mêmes : tels les Soussou ou Sosso, qui habitaient autrefois dans le Fouta-Djallon et qui furent rejetés du côté de l'Atlantique,  tels encore les Mendé du Sierra-Leone, à moitié islamisés comme les Soussou; tels aussi les Vaï ou Veï de la région de Gallinas et de Cape-Mount (Sierra-Leone et Libéria), qui utilisèrent pour écrire leur langue d'un alphabet syllabique inventé de toutes pièces par quelques-uns d'entre eux vers la fin du XVIIIe siècle ou le début du XIXe.

La Guinée-Bissau.
L'actuel État de Guinée-Bissau est l'héritier de l'ancienne Guinée Portugaise, nom des anciennes possessions du Portugal sur la côte de Sénégambie. Bien que situées géographiquement sur la côte sénégambienne, ces possessions comprennaient les vallées inférieures et moyennes, souvent marécageusesdu rio Grande, du Koliba, du rio Géba et du rio Cacheo, entourées de tous les côtés par des territoires français, et l'archipel des Bissagos. Elles produisaent et exportaient, par les ports de Cacheo (Cacheu), Bolor, Bissao (Bissau), la cire, l'huile de palme, le coton, l'encens, etc. Elles formaient une province, dont Boulam était le chef-lieu, partagée entre les concelhos de Cacheo, Bissau, Boulam (Bolama)  et das Gallinhas. Le premier se composait de Casa-Forte, sur la rive gauche du Cacheu, de la population des bords du fleuve et des présides de Bolor, à son embouchure, de Ziguichar sur la Casamance et de Farin, sur le port Cacheu. Cacheu et Bolor recevaient dans leurs ports des navires calant trois mètres d'eau; le port de Ziguichar n'admettait que de petites embarcations. 

Les factoreries donnaient le riz de Gambie, très estimé, et nourrissent des bestiaux; l'huile de Cola, le coton blanc, l'encens, la cire, l'ivoire, l'huile de palme, y affluaient.  Le concelho de Bissau comprenait le fort San-José, dans l'île de Bissau, à l'embouchure du Géba, les présides de Ja et Géba, en pays mandingue. Six villages, situés autour du port, qui se trouve en face de l'îlot du Roi ou des Féticheurs, étaient gouvernés par des chefs, vassaux du roi de Fantim. Le concelho de Bolama et das Gallinhas était composé des deux îles de ce nom, dans l'estuaire du rio Grande. Bolama, cédée au Portugal en 1607 et où il se maintint, en dépit des tentatives des Anglais, avait un port très bon, dit des Petites-Plages (das Prainhas). 

Le pays, qui menait, sous la conduite du Cap-Verdien Amílcar Cabral, une guerre d'indépendance depuis 1959, s'est libéré du joug colonial en 1974, à la suite de la Révolution des oeillets au Portugal et est devenu la Guinée-Bissau, à laquelle sont alors encore rattachées les Îles du Cap-Vert. Luis Cabral, demi-frère d'Amilcar Cabral (mort en 1973) est le président de cette République, mais il est renversé en 1990 par un coup d'État militaire. Le commandant Bernardo João Vieira, instigateur du putsch, réoriente le pays, jusque là socialisant, vers l'économie de marché, et met en place une dictature militaire, tandis que le Cap-Vert forme un Etat indépendant. Le régime se libéralise progressivement, mais les dissenssions se multiplient et le pays devient de plus en plus instable. Une junte militaire destitue Veira et organise en 1999 des élections, remportées par Coumba Yalla, leader de l'opposition. Yala a été chassé du pouvoir en septembre 2003 lors d'un coup d'Etat sanglant. Henrique Rosa l'a remplacé dans un climat politique et économique délétère.

La Guinée (Guinée-Conakry).
La Guinée s'est constituée à partir de l'ancienne Guinée française. Celle-ci était formée de trois parties réunies en une colonie autonome en 1889 : la région côtière et son arrière-pays, d'une part, les hauteurs du Fouta-Djallon, d'autre part, et, enfin, tout l'Est, principalement peuplé de Malinké, et dont l'histoire a longtemps dépendu de celle des royaumes et empires du Soudan. Outre les Malinké (Mandingues), qui constituent la majeure partie de la population, les principales populations sont : les Bagas, les Nalous, les Landoumans, les Sousous et les Peuls du Fouta-Djallon. Les Nalous occupent le littoral jusqu'au rio Nunez; les Landoumans, le cours moyen du rio Nunez; les Bagas, les îles marécageuses du littoral; les Sousous, le rio Pongo et tout le pays jusqu'aux frontières de Sierra Leone.

Les Rivières du Sud.
C'est le lieutenant-colonel Pinet-Laprade, commandant de Gorée et dépendances, qui jeta les bases de la domination française dans les Rivières du Sud. Mollien en 1810, René Caillié en 1827, Hecquard en 1850 avaient commencé l'exploration du pays. Leur entreprise fut continuée par Lambert en 1860, Zweifel et Moustier, Olivier de Sanderval, Gaboriaud, Bayol et Noirot, qui sillonnèrent le pays, de 1879 à 1881. Au lendemain des campagnes françaises au Soudan, les lieutenants Levasseur et Plat, les capitaines Oberdorf et Audéoud, pénétrèrent dans la Guinée en venant du Soudan. Par la suite, la connaissance du pays fut complétée par l'occupation du Fouta-Djallon. Ballay, gouverneur de la colonie, l'a transformée durant les dix années de son gouvernement (1890-1900).

Le Fouta Djallon.
Les premiers possesseurs du sol furent les Djallonkés; les Peuls commencèrent à les refouler à la fin du XVIIIe siècle, et devinrent les maîtres du pays en 1813. Des rivalités de famille engendrèrent des guerres civiles. Pour y mettre fin, il fut décidé que les deux partis : alfaïa et soria, fourniraient alternativement l'almamy du Fouta-Djallon. Le pouvoir de ce dernier était plus nominal que réel, cet Etat étant plutôt une république aristocratique qu'un royaume. Le pays est divisé en dix provinces ou dioualés, subdivisées en missidas ou chefs-lieux de canton comprenant un nombre variable de villages. Les villes les plus importantes étaient : Timbo, la capitale du pays; Fougoumba, la ville sainte; Labé, important centre agricole et commercial; Timbi, Medina, Kolladé, etc.

Les Peuls, maîtres du Fouta-Djallon, se montrèrent peu hospitaliers à l'égard des Européens, ce qui explique l'insuccès des premières tentatives faites pour pénétrer à Timbo. En 1860, le lieutenant d'infanterie Lambert put traverser le Fouta-Djallon et signer, à Timbo, le premier traité d'amitié avec les almamys. En 1881, le Dr Bayol et Noirot renouvelaient le traité Lambert. En 1888, le lieutenant Plat signait, à son tour, à Timbo, un véritable traité de protectorat. Mais celui-ci ne fut pas respecté, et de Beckman dut aller de nouveau à Timbo, en 1895, exiger son observation par les chefs peuls (almamys). Ceux-ci suscitèrent bientôt de grands ennuis au résident français, et il fallut la campagne aussi courte que vigoureuse du capitaine Aumar, en 1896, pour soumettre les Peuls. Le traité de protectorat de 1899 plaça le Fouta Djallon sous la domination de la France.

La colonie avait à sa tête un gouverneur, qui relevait du gouverneur général de l'Afrique occidentale. Le pays était divisé en cercles ayant à leur tête un administrateur colonial ou un officier Konakry-Dubreka, Mellacorée (Benty), Rio-Pongo (Boffa), Rio-Nunez (Boké), Canea (Friguiagbé), Benna (Ouassan), Farauah, Siguiri, et le protectorat de Fouta-Djallon. II existe un juge de paix et un tribunal à Konakry. Les ingénieurs ont transformé Konakry en une importante ville, avec wharf, docks, railways. Konakry fut reliée au Niger par une route qui passe par Timbo.

L'indépendance.
Contrairement aux autres colonies françaises qui avaient accepté de s'associer d'abord au sein de la  Communauté franco-africaine, la Guinée, sous la conduite d'Ahmed Sékou Touré, choisit la rupture franche avec la France et devint indépendante dès octobre 1958. Jusqu'à sa mort en mars 1984, Sekou Touré instaurera un pouvoir personnel sur la Guinée. Le mois suivant, un coup d'État porte au pouvoir Lansana Conte (président) et Diarra Traore (premier ministre). Le multipartisme est admis par Conte, qui organise des élections (qu'il gagne) en 1993. Au début des années 2000, la Guinée est affectée par les instabilités qui secouent les pays voisins (Libéria, Sierra Leone), ce qui occasionne combats et populations déplacées. En décembre 2003, Conte décroche son troisième mandat. Le chef de l'opposition en exil, Alpha Conde, revient en juillet  2005 en Guinée.

La Côte des Graines

La région que les navigateurs et marchands européens appelaient autrefois la Côte des Graines (en anglais Grain Coast, parfois aussi Côte de Malaguette ou Côte du Poivre) correspond approximativement au littoral atlantique qui s'étend de la Sierra Leone actuelle au Liberia actuel, en Afrique occidentale. Ce nom vient du commerce d'une épice très recherchée en Europe à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance, la malaguette, ou graines de paradis (Aframomum melegueta), une plante de la famille du gingembre dont les graines piquantes servaient de substitut au poivre, alors rare et coûteux puisqu'il fallait le faire venir d'Asie par des routes commerciales contrôlées par les marchands arabes et italiens. Lorsque les navigateurs portugais atteignirent cette portion de côte au milieu du XVe siècle, ils découvrirent que les populations locales cultivaient et échangeaient cette épice en abondance, et le nom de Côte des Graines s'imposa rapidement dans les cartes et récits européens, à côté d'autres appellations voisines comme la Côte des Dents (ivoire), la Côte de l'Or ou la Côte des Esclaves, qui désignaient les tronçons suivants du littoral selon la ressource qui y était principalement échangée.

Avant l'arrivée des Européens, cette région côtière était peuplée par des groupes appartenant principalement aux familles linguistiques mandé et atlantique (ou ouest-atlantique), parmi lesquels on compte les ancêtres des Temné, des Mendé, des Limba, des Vaï, des Kissi, des Kpellé, des Bassa, des Grebo ou encore des Krou, selon les zones. Ces sociétés étaient organisées en chefferies plus ou moins centralisées, vivant de l'agriculture (riz, igname, palmier à huile), de la pêche et d'un commerce intérieur actif, relié aux grands réseaux d'échanges transsahariens et ouest-africains par l'intermédiaire de marchands mandingues. Des sociétés secrètes initiatiques, comme le Poro chez plusieurs peuples de la région, jouaient un rôle central dans l'organisation sociale et politique.

Les Portugais furent les premiers Européens à explorer systématiquement ce littoral, dans le cadre des expéditions lancées sous l'impulsion du prince Henri le Navigateur puis de ses successeurs. C'est un navigateur portugais, vraisemblablement Pedro de Sintra, qui explora vers 1460 l'estuaire qui devint la baie de Freetown et lui donna le nom de Serra Lyoa (= montagne du lion), en raison du relief escarpé qui domine la baie et dont le tonnerre évoquait, selon la tradition, un rugissement de lion; ce nom donna par la suite Sierra Leone. Les Portugais établirent des comptoirs commerciaux sporadiques le long de la côte, échangeant des textiles, des objets métalliques et plus tard des armes à feu contre la malaguette, l'ivoire, l'or et, de plus en plus, des captifs destinés à l'esclavage.

À partir du XVIe siècle, d'autres puissances européennes, hollandaise, française puis surtout anglaise, vinrent concurrencer les Portugais sur cette côte, à mesure que le commerce triangulaire transatlantique se développait. La traite négrière devint progressivement l'activité dominante sur l'ensemble de cette façade ouest-africaine, et la Côte des Graines, malgré son nom évoquant une épice pacifique, n'échappa pas à ce basculement tragique : des comptoirs négriers s'installèrent sur des îles côtières propices à la détention et à l'embarquement de captifs, dont la plus connue reste l'île de Bunce, dans l'estuaire de la rivière Sierra Leone, utilisée par des marchands britanniques pendant l'essentiel du XVIIIe siècle. Des centaines de milliers de personnes furent ainsi déportées vers les Amériques depuis cette région entre le XVIe et le début du XIXe siècle.

C'est dans ce contexte que naquirent, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, les deux entités politiques qui devaient transformer durablement la région : la colonie britannique de Sierra Leone et la colonie, puis république, du Liberia, toutes deux fondées non pas par des puissances coloniales classiques en quête de comptoirs commerciaux, mais comme des entreprises de réinstallation de populations noires libres ou libérées, l'une britannique, l'autre américaine.

La Sierra Leone.
Le destin de la Sierra Leone bascule avec l'essor du mouvement abolitionniste britannique. En 1787, des philanthropes londoniens achètent une péninsule aux chefs locaux pour y établir la "Province de la Liberté", destinée à accueillir les "Noirs pauvres" de Londres. La même année, la ville de Freetown fut fondée, qui reçut ensuite des milliers d'anciens esclaves venus de Grande-Bretagne, d'Amérique du Nord et des Caraïbes. En 1808, la colonie devint officiellement une colonie de la Couronne britannique, tandis que l'intérieur du pays fut placé sous protectorat en 1896.

Au cours du XXe siècle, le mouvement nationaliste se développa progressivement. La Sierra Leone obtint son indépendance du Royaume-Uni le 27 avril 1961. Les premières décennies furent marquées par une forte instabilité politique, des coups d'État et un régime de parti unique.

De 1991 à 2002, le pays fut ravagé par une guerre civile extrêmement violente. Le conflit opposa le gouvernement aux rebelles du Revolutionary United Front, financés en partie par le commerce des "diamants de sang". Les massacres, les mutilations et l'utilisation d'enfants soldats firent des dizaines de milliers de morts et déplacèrent une grande partie de la population. L'intervention des forces de maintien de la paix des Organisation des Nations unies et du Royaume-Uni permit de mettre fin au conflit en 2002.

Depuis la fin du conflit, la Sierra Leone a connu plusieurs alternances démocratiques pacifiques entre l'APC et le SLPP, malgré des défis persistants liés à la pauvreté, à l'épidémie d'Ebola qui frappa durement le pays entre 2014 et 2016, et à la fragilité des institutions. Julius Maada Bio, ancien militaire devenu homme d'État, élu président de la République le 4 avril 2018 puis réélu le 27 juin 2023 avec environ 56 % des voix, dirige le pays depuis lors et préside actuellement aussi la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). 

Le Liberia.
L'histoire du Liberia voisin suit une trajectoire à la fois parallèle et très différente, puisqu'elle s'enracine non pas dans l'abolitionnisme britannique, mais dans le mouvement américain de colonisation des Noirs libres. Au début du XIXe siècle, l'American Colonization Society entreprit de créer une colonie destinée à accueillir des esclaves affranchis venus des États-Unis. Les premiers colons arrivèrent en 1822 et fondèrent plusieurs établissements sur la côte. En 1847, le Liberia proclama son indépendance, devenant la première république indépendante d'Afrique fondée par d'anciens esclaves. Son nom signifie "pays de la liberté".

Les descendants de ces colons, appelés Américano-Libériens, dominèrent longtemps la vie politique et économique du pays, tandis que les populations autochtones restaient largement exclues du pouvoir. Cette situation provoqua des tensions persistantes.

En 1980, un coup d'État militaire dirigé par Samuel Doe renversa le gouvernement. Pour la première fois, le pouvoir passa aux mains d'un dirigeant issu des populations autochtones. Cependant, son régime autoritaire accentua les divisions politiques et ethniques.

En 1989 éclata une guerre civile menée par Charles Taylor. Le conflit, marqué par de nombreuses atrocités et l'emploi massif d'enfants soldats, fit environ 250 000 morts et détruisit une grande partie des infrastructures du pays. Après une courte période d'accalmie, une seconde guerre civile commença en 1999 et prit fin en 2003 grâce à un accord de paix et à l'intervention de la communauté internationale.

En 2005, Ellen Johnson Sirleaf fut élue présidente. Economiste formée à Harvard, elle devint ainsi la première femme élue chef d'État au suffrage universel direct sur le continent africain. Réélue en 2011, année où elle reçut le prix Nobel de la paix conjointement avec deux autres femmes, elle oeuvra à la reconstruction des institutions, à l'apurement partiel de la dette extérieure et à la réconciliation nationale, tout en devant affronter, lors de son second mandat, la grave épidémie de fièvre Ebola qui frappa le pays entre 2014 et 2016 et fragilisa durablement le système de santé et l'économie. 

En 2017, l'ancien footballeur international George Weah remporta l'élection présidentielle, marquant une nouvelle alternance démocratique. Joseph Boakai, ancien vice-président du pays de 2006 à 2018 sous Ellen Johnson Sirleaf, remporta à son tour le second tour de l'élection présidentielle de 2023 avec environ 50,6 % des suffrages face à George Weah, devenant le quatrième président démocratiquement élu du pays, et prêta serment le 22 janvier 2024. 

La Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire est peuplée depuis la Préhistoire, mais son histoire est surtout connue à partir du Moyen Âge. Son territoire était occupé par de nombreux peuples, notamment les Sénoufos au nord, les Mandés à l'ouest et les Akan à l'est, parmi lesquels les Baoulés, les Agnis et les Abrons. Plusieurs de ces populations furent influencées par les grands empires soudanais, comme l'Empire du Mali, tandis que d'autres développèrent leurs propres royaumes.

À partir du XVe siècle, les navigateurs portugais atteignirent la côte, bientôt suivis par les Français, les Hollandais et les Britanniques. Les Européens y achetaient de l'or, de l'ivoire, du poivre et, plus tard, des esclaves. Le nom de Côte d'Ivoire vient de l'importance du commerce de l'ivoire provenant des défenses d'éléphants.

Au XIXe siècle, la France renforça progressivement son influence dans la région en signant des traités avec plusieurs chefs locaux. En 1893, la Côte d'Ivoire devint officiellement une colonie française, intégrée ensuite à l'Afrique-Occidentale française. Les autorités coloniales développèrent les cultures du cacao, du café et du palmier à huile, en ayant largement recours au travail forcé.

Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications politiques s'intensifièrent sous la direction de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du Parti démocratique de Côte d'Ivoire. Le pays obtint son indépendance le 7 août 1960, avec Houphouët-Boigny comme premier président.

Sous son autorité, la Côte d'Ivoire connut une longue période de stabilité politique et de forte croissance économique, fondée principalement sur les exportations de cacao et de café. Ce développement fut souvent qualifié de « miracle ivoirien ». Après sa mort, en 1993, des difficultés économiques et des rivalités politiques apparurent.

En 2002, une rébellion divisa le pays entre un nord contrôlé par les insurgés et un sud resté fidèle au gouvernement. La crise déboucha sur plusieurs années de tensions et culmina avec la crise postélectorale de 2010-2011, qui fit plusieurs milliers de morts. Depuis lors, la Côte d'Ivoire a retrouvé une stabilité relative et demeure l'une des principales économies d'Afrique de l'Ouest.

La Côte de l'Or (Ghana)

La Côte de l'Or correspond au territoire de l'actuel Ghana. Dès le Moyen Âge, cette région était célèbre pour ses importantes ressources en or, qui alimentaient les échanges commerciaux avec le Sahel et l'Afrique du Nord. Plusieurs États puissants s'y développèrent, notamment le royaume des Akwamus, celui des Fantes et surtout l'Empire achanti, fondé à la fin du XVIIe siècle. Les Achantis établirent un État centralisé et prospère grâce au commerce de l'or.

À partir de la fin du XVe siècle, les Portugais installèrent les premiers comptoirs européens sur la côte. Ils furent ensuite rejoints par les Hollandais, les Danois, les Suédois et les Britanniques. La région devint un centre majeur du commerce de l'or, puis de la traite atlantique des esclaves. De nombreux forts furent construits le long du littoral.

Au XIXe siècle, les Britanniques renforcèrent progressivement leur domination. Après plusieurs guerres contre les Achantis, ils annexèrent le territoire et créèrent en 1874 la colonie britannique de la Côte de l'Or. Le royaume achanti fut définitivement intégré à la colonie en 1901.

Après la Seconde Guerre mondiale, un puissant mouvement nationaliste réclama l'indépendance. Son principal dirigeant fut Kwame Nkrumah, qui mena une campagne en faveur de l'autonomie politique. Le 6 mars 1957, la Côte de l'Or devint indépendante sous le nom de Ghana, en référence à l'ancien Empire du Ghana, bien que celui-ci se soit trouvé plus au nord-ouest.

Le Ghana fut le premier territoire d'Afrique subsaharienne colonisé à accéder à l'indépendance. Nkrumah chercha à moderniser le pays et à promouvoir l'unité africaine, mais il fut renversé par un coup d'État en 1966. Les décennies suivantes furent marquées par une succession de gouvernements civils et militaires.

Depuis les années 1990, le Ghana est devenu l'une des démocraties les plus stables d'Afrique. Son économie repose sur l'exploitation de l'or, du cacao, du pétrole et d'autres ressources minières, tandis que le pays joue un rôle important dans les organisations régionales d'Afrique de l'Ouest.
-

Achanti.
Achanti.
-
La Côte des esclaves 

La région du littoral africain que l'on appelait la  Côte des Esclaves était la partie de la côte de Guinée qui touchait, par son extrémité occidentale, à la Côte de l'Or, et dont les limites étaient à l'Ouest, l'embouchure de la Volta, à l'Est, le delta du Niger, que l'on appelait les Rivières de l'Huile (Oil Rivers). Elle tirait son nom du commerce des esclaves, plus facile sur cette partie de la côte que sur aucune autre; en effet, des brisants défendaient les approches du littoral; l'entrée des estuaires était invisible de la mer, et les baies intérieures, couvertes d'arbres, offraient aux négriers des abris sûrs. 

Les populations qui bordent cette côte se divisent en deux groupes principaux  : à l'Ouest de l'Ogoun, les Évhé ( Eoué ou Ewé); à l'Est de l'Ogoun, les Yorouba  (Yoruba).

Les Evhé, probablement venus du bassin du Niger, se ressemblent par la langue, qui se divise en cinq dialectes. Ce sont eux qui au Brésil ont le plus vaillamment lutté pour recouvrer leurs droits et qui ont formé les républiques de marrons les plus prospères; ce sont eux qui, revenus de l'Amérique méridionale à leur pays d'origine, ont pris la plus grande place dans les transactions commerciales de cette région; ce sont eux enfin qui, sans le secours d'un État, comme au Sierra-Leone, ou de sociétés philanthropiques, comme à Libéria, ont repeuplé de fils d'affranchis une partie des côtes africaines (La Côte des Graines). Les Evhé se divisent en un grand nombre de groupes différents : citons seulement les républiques des Minas, dans le pays de Togo et ceux du Dahomey, intégrés à l'Etat Achanti.
Les Yorouba ou Nago doivent, comme les Evhéé, être rangés tous dans un même groupe parce qu'ils parlent tous une langue analogue. L'agriculture est la principale occupation des Yorouba; ils récoltent le maïs, l'igname, le mil, le manioc, les patates, les pois, les arachides, les bananes; la terre est en principe la propriété de tous, et elle appartient par conséquent à celui qui la cultive. L'industrie n'est pas moins développée chez les Yorouba que l'agriculture; ils sont potiers, forgerons, selliers, tanneurs, tisserands, teinturiers, fabriquent des cotonnades, font de la verrerie, construisent des maisons ornées de frises. Le territoire des Yorouba était partagé en un certain nombre de petits royaumes; mais le pouvoir du souverain était limité par celui des gouverneurs de villes et par celui d'une puissante société secrète, l'aboni, analogue à cette Sainte-Wehme qui porta au Moyen âge la terreur en Allemagne. En outre, l'État le plus considérable du pays des Yorouba n'était pas un royaume, comme chez les Evhé; c'était une république, la république d'Abéokouta (L'histoire du Nigéria). 
Jusqu'au milieu du XIXesiècle, aucune nation européenne, à l'exception du Portugal, installé à Ouidah, n'était encore officiellement établie sur la Côte des Esclaves. L'Angleterre, la première, mit en 1851 la main sur Lagos, dont elle fit le centre de ses opérations pour la suppression de la traite; en 1861, elle donnait à cette prise de possession la sanction d'un traité en règle. En 1863, la France achetait le territoire de Porto Novo, pour l'abandonner bientôt et s'y établir de nouveau en 1883. En 1884, les Allemands établissaient leur protectorat sur différents points de la côte, et, à la suite de cette occupation, des conflits éclataient entre l'Allemagne, l'Angleterre, la France et le Portugal. Les Portugais, après avoir pris quelque temps sous leur protectorat le royaume de Dahomey, ont ensuite renoncé à tous leurs prétentions sur la Côte des Esclaves. Les Allemands à l'Ouest, les Français au centre, les Anglais à l'Est en restèrent donc les seuls maîtres jusqu'à la Grande Guerre. Une série de traités fixa peu près les limites de leurs possessions respectives.. En 1919, les colonies allemandes fures démantelées au profit de la France et du Royaume-Uni. A partir de 1960, trois pays indépendants seront constitués à partir de ces colonies : le Togo, le Dahomey (rebaptisé ensuite Bénin) et le Nigéria.

Le Togo.
D'abord occupé par des populations de langues Kwa et Voltaïques, puis habité  depuis au moins le XVe siècle par des populations de langue Evhé, venues de l'Ouest, et Ane venues de l'Est, le Togo est devenu une colonie allemande en 1885 (Togoland). A la suite du Traité de Versailles, en 1919, les colonies allemandes ont été démantelées et la Société des Nations (puis l'ONU après la Seconde guerre mondiale) a confié l'administration du pays aux deux Etats dont les troupes occupaient déjà le Togoland depuis 1914, le Royaume-Uni et la France. La partie Ouest du Togoland a été rattachée en 1956 par les Britanniques à la Côte de l'Or (Ghana), et la partie Est, confiée à l'administration française, est devenue, en 1960, le Togo actuel. L'année suivante Sylvanus Olympio a été élu président. Mais il sera assassiné en 1963 et remplacé par Nicolas Grunitzky. Un coup d'Etat, en 1967, place ensuite Gnassingbe Eyadema à la tête du pays. Le multipartisme est aboli; une dictature s'installe. Lors d'une tentative de coup d'Etat en 1985, l'armée française interviendra pour préter assistance à Eyadema. Mais en 1993, l'aide économique de la France, de l'Allemagne et des Etats-Unis est supspendue afin  d'inciter le pays à la démocratisation. De nouvelles élections présidentielles sont organisées en 1998; Eyadema est réélu. Un rapport d'Amnesty International, confirmé en suite par les enquêteurs de l'ONU et de l'OUA révèle cependant que cette réélection a été entachée de violations graves des droits des humains. Eyadema, confirmé à son poste lors d'un autre scrutin en 2003, restera finalement président  jusqu'à sa mort en février 2005, après quoi l'armée l'a remplacé par son fils Faure Gnassingbe (confirmé dans ses fonctions par une "élection", quelques mois plus tard). Un processus de démocratisation réelle semble cependant engagé, depuis la tenue, en octobre 2007, des premières élections relativement libres.

Depuis, le président Gnassingbe a lancé le pays sur la voie progressive de la réforme démocratique. Le Togo a organisé plusieurs élections présidentielles et législatives et a tenu en 2019 ses premières élections locales en 32 ans. Malgré ces mesures positives, la réconciliation politique a progressé lentement et le pays connaît des explosions périodiques de protestations de citoyens frustrés qui ont conduit à des violences entre les forces de sécurité et les manifestants. Les modifications constitutionnelles de 2019 visant à instituer un système de second tour pour les élections présidentielles et à fixer des limites de mandats n'ont pas fait grand-chose pour réduire le ressentiment de nombreux Togolais après plus de 50 ans de règne d'une seule famille. Gnassingbe est devenu éligible pour son quatrième mandat actuel et un cinquième mandat supplémentaire en vertu des nouvelles règles. 

Le Dahomey. Bénin.
Le territoire de l'actuel Bénin est peuplé depuis des millénaires par plusieurs peuples, notamment les Fons, les Adjas, les Yorubas, les Baribas et les Sombras. À partir du XVIIe siècle, le puissant royaume de Dahomey s'imposa dans le sud du pays. Fondé vers 1625, il établit sa capitale à Abomey et développa un État fortement centralisé, dirigé par un roi disposant d'une armée disciplinée, dont faisaient partie les célèbres Amazones du Dahomey, un corps militaire féminin.

Le royaume de Dahomey prospéra grâce au commerce avec les Européens. D'abord fondé sur les échanges de produits locaux, ce commerce se concentra rapidement sur la traite atlantique des esclaves. Les captifs, souvent issus de guerres contre les royaumes voisins, étaient vendus aux négriers européens sur la côte, notamment à Ouidah, l'un des principaux ports négriers d'Afrique occidentale.

Au XIXe siècle, la France chercha à imposer son autorité sur la région. Après plusieurs guerres contre le roi Béhanzin, les troupes françaises conquirent le royaume en 1894. Le Dahomey fut intégré à l'Afrique-Occidentale française et administré comme colonie française.

Après la Seconde Guerre mondiale, un mouvement nationaliste se développa progressivement. Le Dahomey obtint son indépendance le 1er août 1960. Les premières années furent marquées par une grande instabilité politique et de nombreux coups d'État.

En 1972, le commandant Mathieu Kérékou prit le pouvoir et instaura un régime marxiste-léniniste. En 1975, il changea le nom du pays en République populaire du Bénin, en référence à la baie du Bénin et non à l'ancien royaume du Bénin, qui se trouvait dans l'actuel Nigeria. À partir de 1990, le pays abandonna le marxisme, adopta le multipartisme et devint la République du Bénin. Depuis lors, malgré quelques tensions politiques, le Bénin est souvent considéré comme l'un des États les plus stables d'Afrique de l'Ouest.

Le Nigéria.
Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique. Son territoire a vu naître de nombreuses civilisations anciennes,  dont l'une des plus brillantes cultures d'Afrique, la culture Nok. Au nord se développèrent les cités haoussas et les royaumes musulmans influencés par le commerce transsaharien, tandis qu'au sud-ouest prospéra le royaume des Yorubas, avec des villes comme Ife et Oyo. Au sud, le puissant Royaume du Bénin devint l'un des États les plus riches de la région.

À partir du XVe siècle, les Portugais furent les premiers Européens à commercer avec les populations côtières. Les Britanniques leur succédèrent progressivement et développèrent un commerce fondé sur l'huile de palme, puis participèrent à la traite atlantique des esclaves. Au XIXe siècle, le Royaume-Uni étendit son contrôle sur l'ensemble du territoire. En 1914, les protectorats du Nord et du Sud furent réunis pour former la colonie du Nigeria. Les autorités coloniales administrèrent un territoire très vaste regroupant plusieurs centaines de peuples, dont les Haoussas-Fulanis, les Yorubas et les Igbos.

Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications indépendantistes se multiplièrent. Le Nigeria obtint son indépendance le 1er octobre 1960 et devint une république en 1963. Toutefois, les rivalités politiques, régionales et ethniques provoquèrent rapidement des crises. En 1967, la région orientale proclama son indépendance sous le nom de République du Biafra. Cette sécession déclencha une guerre civile qui dura jusqu'en 1970 et fit entre un et trois millions de victimes, en grande partie à cause de la famine. La victoire du gouvernement fédéral permit de préserver l'unité du pays.

Les décennies suivantes se signalèrent par une alternance de régimes militaires et civils. L'exploitation du pétrole, particulièrement dans le delta du Niger, procura d'importantes ressources mais favorisa aussi la corruption et les inégalités. Depuis le retour à un régime démocratique en 1999, le Nigeria demeure une puissance économique majeure du continent, tout en étant confronté à des défis importants, tels que les tensions communautaires, la corruption, les difficultés économiques et les violences commises par le groupe djihadiste Boko Haram dans le nord-est du pays.

La Baie de Biafra

Le Cameroun.
Le Cameroun est peuplé depuis la préhistoire et compte une très grande diversité de peuples et de langues. Avant l'arrivée des Européens, plusieurs États puissants s'étaient développés, notamment les chefferies des Grassfields à l'ouest, les royaumes kotokos autour du lac Tchad et le Sultanat de Mandara dans le nord. À partir du début du XIXe siècle, une grande partie du nord fut intégrée au Califat de Sokoto à la suite des conquêtes peules.

Les premiers Européens à atteindre les côtes furent les Portugais au XVe siècle. Ils donnèrent au fleuve Wouri le nom de  Rio dos Camarões ( = rivière des crevettes), d'où provient le nom de Cameroun. Pendant plusieurs siècles, les Européens commerçèrent avec les populations locales, notamment dans le cadre de la traite atlantique des esclaves. En 1884, l'Allemagne établit un protectorat sur le Cameroun, qui devint la colonie du Kamerun. Les autorités allemandes développèrent les plantations et les infrastructures, mais imposèrent également un régime colonial très autoritaire. Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes françaises et britanniques conquirent la colonie allemande. Après la guerre, le territoire fut partagé entre la France, qui administra la plus grande partie, et le Royaume-Uni, qui reçut deux bandes de territoire à l'ouest sous mandat de la Société des Nations, puis sous tutelle de l'Organisation des Nations unies.

Après la Seconde Guerre mondiale, les mouvements nationalistes se développèrent, notamment l'Union des populations du Cameroun, qui mena une lutte contre l'administration française. La répression fut particulièrement violente dans les années 1950. Le Cameroun français obtint son indépendance le 1er janvier 1960 sous la présidence de Ahmadou Ahidjo. En 1961, la partie méridionale du Cameroun britannique choisit, par référendum, de rejoindre le nouvel État, tandis que la partie septentrionale fut rattachée au Nigeria. Le pays devint alors une république fédérale, avant d'être unifié en 1972.

Depuis 1982, le président Paul Biya dirige le pays. Le Cameroun a connu une stabilité relative par rapport à certains de ses voisins, mais il est confronté à des difficultés économiques, à la corruption, aux violences du groupe Boko Haram dans l'extrême nord et, depuis 2016, à un conflit entre le gouvernement et des mouvements séparatistes dans les régions anglophones.

La Guinée équatoriale.
La Guinée équatoriale est composée d'une partie continentale, le Río Muni, et de plusieurs îles, dont Bioko. Avant la colonisation, ces territoires étaient habités par différents peuples, notamment les Fangs sur le continent et les Bubis sur l'île de Bioko. Les Portugais furent les premiers Européens à explorer la région au XVe siècle. En 1472, le navigateur Fernão do Pó découvrit l'île de Bioko, qui porta longtemps son nom. En 1778, le Portugal céda l'île et certains territoires côtiers à l'Espagne par le traité du Traité d'El Pardo (1778).

Au XIXe siècle, les Espagnols consolidèrent progressivement leur domination sur les îles puis sur le continent. La colonie, connue sous le nom de Guinée espagnole, développa une importante production de cacao et de café, grâce au travail des populations locales et de nombreux travailleurs venus d'autres régions d'Afrique. Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications nationalistes se multiplièrent. La Guinée équatoriale obtint son indépendance le 12 octobre 1968. Son premier président, Francisco Macías Nguema, instaura rapidement une dictature extrêmement brutale. Des dizaines de milliers de personnes furent tuées ou contraintes à l'exil, et l'économie s'effondra.

En 1979, Macías Nguema fut renversé par son neveu, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui exerce le pouvoir depuis lors. À partir des années 1990, la découverte d'importants gisements de pétrole transforma profondément l'économie du pays, faisant de la Guinée équatoriale l'un des principaux producteurs de pétrole d'Afrique subsaharienne. Toutefois, malgré cette richesse, une grande partie de la population continue de vivre dans des conditions difficiles, tandis que le régime est régulièrement critiqué pour son autoritarisme, la corruption et les atteintes aux droits humains.

.


[Histoire politique][Biographies][Cartothèque]
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2004 - 2026. - Reproduction interdite.