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Jean Martin Charcot
est un médecin
né à Paris le 29 novembre 1825, et mort
à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893. Il a fait toutes ses études
médicales dans cette ville. Successivement interne des hôpitaux de la
promotion de 1848, lauréat des hôpitaux en 1850 et 1852, lauréat de
la faculté la même année, docteur en médecine et chef de clinique en
1853, Charcot, doué de qualités remarquables d'observation, s'est occupé
de bonne heure d'anatomie pathologique et de physiologie, ses études et
ses travaux convergeant toujours vers le même but, celui d'éclairer la
clinique. Ses premières recherches commencées pendant son internat Ã
la Salpêtrière, à l'époque le plus vaste des établissements nosocomiaux
de l'Europe ,
ont eu d'abord pour sujet les affections rhumatismales et goutteuses dont
il avait sous les yeux de nombreux spécimens; ces recherches ont été
publiées dans les comptes rendus de la Société de biologie (1851 et
1852) et dans sa thèse de doctorat (1853). Il conclut nettement « [...]
les lésions articulaires du rhumatisme noueux ne diffèrent en rien d'essentiel
de celles qui ont été décrites sous le nom d'arthrite sèche.-»
Les Altérations des cartilages dans
la goutte (1858), les Concrétions tophacées de l'oreille externe
chez les goutteux (1860); les Altérations du rein chez les mêmes
malades (1864), en collaboration avec Cornil; les Rapports de la
goutte et de l'Intoxication saturnine (1864) ont fourni à l'auteur
plusieurs mémoires intéressants, publiés tant dans les Comptes rendus
de la Société de Biologie, que dans la Gazette hebdomadaire de
médecine.
Nommé agrégé en 1860, avec une thèse
de concours ayant pour titre De la pneumonie chronique, Jean Charcot
a encore publié des Observations sur la pneumonie des vieillards
(1868). On lui doit d'avoir établi les signes pathognomoniques qui caractérisent
la pneumonie abortive des personnes avancées en âge. Revenu à la Salpêtrière
comme médecin chargé d'un service important, Charcot donna à cet hôpital,
de 1866 à 1872, des séries de leçons sur les maladies chroniques, les
maladies des vieillards et les maladies du système nerveux ,
leçons qui eurent un succès tel qu'elles groupèrent bientôt, autour
du maître, des élèves laborieux et dévoués. Aussi ses efforts furent-ils
récompensés.
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Jean
Charcot (1825-1893).
Professeur titulaire d'anatomie pathologique
et dix ans après, toujours à cet hôpital de la Salpêtrière, où s'est
passée la plus grande partie de sa vie scientifique, Charcot prenait possession
de la chaire de clinique des maladies nerveuses. Lors de sa leçon d'inauguration,
le 13 avril 1881, il traçait dans un langage ému l'historique de cet
enseignement spécial né dix-sept ans auparavant de l'initiative individuelle,
en oubliant de dire qu'il s'agissait de lui-même, de ses labeurs incessants,
et il indiquait à son auditoire le programme des travaux futurs auxquels
il le conviait, la pathologie du système nerveux ayant désormais sa chaire
spéciale, son laboratoire et son musée d'anatomie
pathologique.
C'est déjà à l'aide de l'anatomie pathologique
que Jean Charcot avait fait connaître, dès 1861, dans un travail en collaboration
avec Vulpian, les signes qui distinguent la paralysie agitante de la sclérose
en plaques, travail qu'il a complété dans ses leçons de 1868 et de 1871.
L'étude du groupe des Arthropathies liées le l'ataxie locomotrice
progressive (1868), les Localisations dans les maladies du cerveau
et de la moelle épinière publiées de 1876 à 1880, ses recherches
originales relatives aux amyotrophies primitives, aux amyotrophies spinales,
à la sclérose latérale amyotrophique, affections jusqu'alors confondues
sous le nom d'atrophie musculaire progressive, sont venues éclairer et
compléter les travaux antérieurs de Duchenne, de Boulogne, auquel Charcot
n'a jamais cessé d'ailleurs de rendre pleine justice et qu'il aimait Ã
appeler son maître en neuropathologie. La classification de ces affections
due au chef de l'école de la Salpêtrière, que l'on appellera l'école
anatomo-clinique, est devenue classique.
On sait que les médecins anglais ont
donné le nom de maladie de Charcot à l'une des affections décrites par
l'auteur. Enfin, on doit à l'éminent médecin de la Salpêtrière d'avoir
apporté la lumière dans le chaos, jusqu'alors à peu près inextricable,
des diverses maladies nerveuses rangées sous la dénomination d'hystérie,
d'hystéro-épilepsie, et d'avoir montré que la grande majorité des cas
désignés, en Allemagne, sous le nom de névrose traumatique (railway
spine des médecins anglais), appartiennent à l'hystérie de l'homme.
Ses travaux psychologiques et cliniques, sur les différentes formes de
l'aphasie, sur l'hypnotisme, ont eu du retentissement parmi les philosophes,
et lorsque par le concours de Paul Janet, Ribot,
Ch. Richet, fut fondée, la Société de psychologie physiologique, Charcot
en fut, à l'unanimité, nommé le président.
Charcot a été nommé membre de l'Académie
de médecine en 1873, membre de l'institut (Académie des sciences) en
1883. Il a fait partie de la Société Royale médico-chirurgicale de Londres,
de la Société Royale de Dublin et de la
plupart des compagnies savantes de l'Europe. Il portait le titre de docteur
honoraire des universités de Wurzbourg, de Kiev,
de Bologne.
Son fils, Jean-Baptiste Charcot
(né à Neuilly-sur-Seine
le 15 juillet 1867 et mort en mer, au large de l'Islande ,
le 16 septembre 1936), était lui aussi médecin, mais est surtout connu
pour ses explorations dans les régions polaires ,
à bord de ses quatre navires nommés Pourquoi Pas? (Dr
A. Dureau). |
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