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Arménie
Hayastani Hanrapetut'yun

40 00 N, 45 00 E
La République d'Arménie est un Etat d'Asie occidentale (Sud-Caucase), enclavé et frontalier avec l'Azerbaïdjan, la Géorgie, l'Iran, et la  Turquie. C'est un territoire montagneux - l'Aragats Lerrnagagat (Alagoez) atteint les 4090 mètres - grand comme la Belgique (29,743 km²) et peuplé de 2,9 millions habitants (2025). Il a pour capitale Erevan (Yerevan), située à près de 1 000 mètres d'altitude. L'Arménie est divisée administrativement en 11 provinces (marzer, singulier - marz) :

Les provinces de la République d'Arménie

Aragatsotn
Ararat
Armavir
Geghark'unik'
Kotayk'
Lorri
Shirak
Syunik'
Tavush
Vayots' Dzor
Yerevan 

L'actuelle Arménie correspond à l'ancienne Arménie russe, devenue ensuite République soviétique d'Arménie, dont elle a conservé les frontières lors de son accession à l'indépendance en 1991 (Histoire de l'URSS). Le pays n'est ainsi qu'une partie de la Grande-Arménie historique : cette dernière englobait également le Nord-Ouest de l'actuel Iran (une partie de la région du lac d'Ourmiah), la bordure occidentale de l'Azerbaïdjanactuel et l'Est de l'actuelle Turquie (régions d'Erzurum, de Kars et du lac de Van). Cet espace recouvre à peu près toute l'étendue du du Massif ou Plateau arménien, une région naturelle à l'individualité bien marquée, et à laquelle il a semblé utile ici d'étendre les indications données dans les paragraphes consacrés à la géographie physique.

L'Arménie est sillonnée dans tous les sens par un grand nombre de rivières et de torrents, couverte de lacs très considérables, hérissée partout de hautes montagnes qui rendent le terrain extrêmement difficile, et divisée en une quantité de vallées profondes qui forment autant de petits cantons distincts. Le sol de l'Arménie a  subi de grands bouleversements tectoniques. Les séismes sont fréquents, et parfois très destructeurs, comme celui du 7 décembre 1988 (magnitude 6,9) qui a fait près de 30 000 victimes et plus de 500 000 sans-abri. Les pierres volcaniques, les sources thermales, et les cratères attestent aussi que là furent jadis des volcans.

La culture n'est guère possible que par irrigation (Erevan reçoit moins de 400 millimètres de pluie par an); les secteurs cultivés portent des vignobles, des vergers, fournissent du coton, de la betterave à sucre. Mais les terres cultivées ne représentent que 17% de la superficie de l'Arménie. La plus grande partie du pays s'adonne à l'élevage. Les industries extractives moyennement développées : on exploite le tuf volcanique comme matériau de construction, la pierre ponce et des minerais variés (le cuivre surtout, le molybdène et la bauxite). 

Géographie physique de l'Arménie

Orographie du Massif arménien.
Karl Bitter dit avec raison que l'Arménie, considérée dans son ensemble, est une "île-montagne". Tout le pays, en effet, est un massif de 1500 m d'altitude moyenne; les ramifications des chaînes qui le traversent découpent le pays en vallées, entre lesquelles les communications sont difficiles, et que couronnent des pics d'une grande altitude. Vers les cours supérieurs de l'Euphrate et du Tigre, des rameaux montagneux s'abaissent, par gradins successifs, par-delà la Turquie d'Asie, jusqu'aux plaines de l'Irak.

Carte de l'Arménie.
Carte de l'Arménie. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

Si l'on part du Sud pour remonter vers le Nord, on gravit donc une suite d'assises, un gigantesque escalier jusqu'au moment où, arrivé à l'extrémité du Massif arménien, on domine brusquement les rives de la mer Noire et de la Caspienne. On peut rattacher à quatre chaînes principales l'ensemble de ce système orographique : 

1° Un premier rameau part de l'Ararat (en Turquie) et se dirige du Sud-Est au Nord-Ouest; l'un de ses chaînons latéraux est connu sous le nom de Soghanli-Dagh; 

2° Une double chaîne circonscrit le Plateau arménien proprement dit ou plateau de l'Ararat, entre Erzouroum (Erzurum) et Bayburt (Bayézid). Du talus septentrional de ce plateau se détachent les monts Giaour, le Kob-dagh, etc.; le talus méridional porte le nom d'Ala-Dagh (Aladaglar); 

3° A son extrémité orientale, l'Ala-Dagh s'infléchit au Nord pour se rapprocher de l'Ararat et du point de jonction part, vers le Sud-Est une troisième chaîne qui passe entre les lacs de Van et d'Ourmiah. C'est à une partie de cette chaîne que l'on donne le nom de Zagros;

4° Les monts Bingöl (Bingoel) sont reliés par des contreforts à l'Ala-Dagh et aux monts Nemrod, lesquels longent le Nord du lac de Van. Les monts Hékiars, au Sud du même lac, se relient  également aux Bingöl. Restent les monts Alagöz qui, au-delà de la vallée de l'Aras séparent le plateau géorgien de l'Arménie et au pied desquels se trouve le lac de Sévanga ou Goktchaï. Le défilé donnant accès de l'Arménie en Géorgie est remarquable par la hauteur de ses rocs à pic et ses gorges profondes. 

Le Massif d'Arménie domine les communications de cette partie de l'Asie. Erzouroum, au débouché du plateau, est le point de convergence des routes qui viennent du Caucase et de celles qui conduisent en Anatolie, en Syrie, en Irak et vers le golfe Persique.

Hydrographie.
L'un des traits qui caractérisent la configuration du Massif arménien et qui contribuent à lui donner un aspect pittoresque, c'est le grand nombre de ses bassins lacustres, tous très élevés au-dessus du niveau de la mer. Les principaux sont ceux de Van (en Turquie), d'Ourmiah (en Iran) et de Sévanga (ou lac de Sévan, en Arménie). Le lac de Van ou de Peznouniats (Tosp des Arméniens) est à 1710 m d'altitude et mesure au moins 200 km de circonférence; celui d'Ourmiah tient en dissolution une quantité de sel qui dépasse celle des eaux de la mer Morte; celui de Sévanga a une altitude de 1500 m, et les îles cratériformes, qui émergent de ses eaux bleues, indiquent que son lit a été jadis le théâtre de phénomènes volcaniques.

Léonce Alischan, dans la Topographie de la Grande-Arménie qu'il a publiée à la suite de sa Géographie politique, Venise, 1853, in-4, divise en sept groupes « les lieux des sources, c. -à-d. les lieux d'où descendent les grands fleuves de l'Arménie » : 

1° La Haute-Arménie, où prennent leur source le Tchorouk, l'Euphrate et l'Aras. Le Tchorouk, sorti des montagnes de Sber, se jette dans la mer Noire, entre Gounié et Batoum.
 Â« Le Iép'rad (Euphrate, Fourat) naît du mont Doumlou, au Nord de Garin (Erzéroum); il porte d'abord la nom de Siyah-Djou, ou Kara-Sou (Eau-Noire); dans la plaine de Garin, il s'unit à un autre bras qui descend des montagnes à l'Ouest (la rivière de Sartcham), prend le nom commun de Siyah-Djou, ou Kara-Sou (Eau-Noire) et tend vers l'Ouest. Après avoir traversé la plaine de Garin, il pénètre au Sud, dans le district de Terdjan, dont il reçoit la rivière à gauche, c. -à-d. du côté de l'Est; ensuite, il prend la dénomination d'Euphrate, et, se dirigeant vers le Sud-Ouest, jusqu'à Erzenga et Kiébàn-Mâdèn, il sépare la Grande-Arménie de la Petite-Arménie. A droite, il reçoit le Kaïl (Lycus), le Komer-sou, le Kourou Tchaï, le Kara-bounar, le Kourma et autres rivières de la Petite-Arménie. A gauche, son affluent le plus considérable est le Bingöl-Sou. Un peu au-dessus de KiébanMaden, il reçoit un autre affluent important, l'Euphrate armé, nien (Aradzâni), Mourad-Tchaï ou Mourad-Sou, qui vient de l'Est, du côté de Pakrévant, Grossi par ce tribut, il roule ses ondes vers le Sud, puis vers l'Ouest et forme un grand coude au mont Mouchèr, dont il entoure la base; ensuite, il tourne au Sud-Est en bornant le territoire arménien jusqu'au mont Mihrab. Là, après avoir reçu le Kizil-Tchébouk, sur la gauche, il continue vers le Sud-Ouest en dehors de la Grande-Arménie, roulant entre la Petite-Arménie et l'Euphrate, et se précipitant, par une suite de cataractes, à travers des défilés et des vallées sans s'écarter des confins de l'Arménie. A partir de la vallée de Biredjik et au dessous, il tourne au Sud-Est et, suivant toujours la mème direction. il va, hors l'Arménie, arroser la Mésopotamie ». (Alischan, op. cit.).
Quant à l'Aras (l'ancien Araxe, Iérask), qui a son cours tout entier en Arménie, et qui reçoit un certain nombre d'affluents, il se jette dans la mer Caspienne après sa jonction avec le Kour (ancien Cyrus); 

2° le haut groupe de l'Arménie géorgienne, c. -à-d. les montagnes de Tchaldir, de Kars et Soghanli, à l'Ouest desquelles coule le Kour, qui par son importance occupe un des premiers rangs dans le système hydrographique arménien; ses sources multiples se trouvent dans la province de Koukarq et se réunissent à Ardahan; 

3° le Karabag (Karabakh), d'où naissent un certain nombre d'affluents de l'Aras et du Kour;

4° le district de Pakrévant, dont les massifs, dépendant de la chaîne de l'Ala-Dagh, donnent naissance à l'Aradzani, qui est mentionné plus haut;

5° la province d'Ag'tzniq, où le Tigre a sa source au Sud du lac de Goeldjuk ou de Kharpout, suivant les uns, dans ce lac même, suivant les autres. Le Tigre reçoit, à gauche, de nombreux cours d'eau (Batman-sou, Yezid-Khané, Pagesch), et à droite, la rivière de Merdin; après sa jonction avec la rivière de Pagech, il se dirige vers le Sud-Est jusqu'au mont Tcha-Ap'i, où finit le Plateau arménien et où il prend, sur la gauche, le Khaboras ou Khobar; continuant toujours en ligne droite, il atteint Mossoul, en Irak

6° la contrée de Van, dont le lac reçoit de nombreux cours d'eau, dont le plus important est le Khôchab; 

7° le groupe du Zagros et des montagnes du Vasbouragan, lesquelles divisent les eaux de Van et du Tigre, à l'Ouest, de l'Aras et d'Ourmiah à l'Est. Ce lac d'Ourmiah reçoit une partie des eaux de l'Azerbaidjan.

Climat, flore et faune.
Bien que la position géographique de l'Arménie comporte le climat des zones tempérées, le froid qui y règne pendant huit mois de l'année (d'octobre à mai) est beaucoup plus sensible que celui qui se fait sentir dans des régions plus septentrionales de l'Europe : dans la Haute-Arménie, la neige tombe sans discontinuer durant cette période; à Erevan, le thermomètre descend à -32°C. Mais quand viennent les chaleurs, elles sont telles que les céréales d'Europe mûrissent en deux mois (à Erevan, il y a plus de + 37°C pendant les quatre mois d'été).

Il faut remarquer aussi que les plaines fertiles sont à des hauteurs très variables et que, par suite, les conditions de la vie animale varient parfois de province à province.

La végétation est riche : on cultive le froment, le seigle, l'orge, la vigne, l'abricotier, le prunier, le grenadier, le pommier, le poirier, le pêcher, le mûrier, le melon et la pastèque; dans quelques endroits croissent l'olivier, le caroubier, le figuier, le cotonnier, le sésame, le tabac; ailleurs, on trouve des plantes médicinales et tinctoriales.
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Caravane en Arménie.
Le plateau arménien au début du XXe siècle : caravane aux environs d'Erevan.

Les bords des rivières et des étangs sont peuplés d'oiseaux aquatiques : arôs, cygne ordinaire, geai, courlis, oie et canards sauvages, etc. La bécasse, la caille, la perdrix, le faisan, le moineau abondent, et les mammifères sauvages ou domestiques sont nombreux : gazelles à longues cornes, sangliers, loups, renards, chacals, onagres, lynx, etc. 

L'Arménie est riche en bétail. Le miel des provinces méridionales est savoureux et, quant aux poissons, ils pullulent, paraît-il, dans les bassins lacustres. Signalons, parmi les espèces entomologiques, un gros scorpion, très nuisible, et des moucherons d'Erevan et du Kurdistan, dont les tourbillons épais obligent les habitants à fuir, l'été, dans les montagnes. (Maxime Petit).

Nous les compléterons ces renseignements  par les lignes suivantes empruntées à Elisée Reclus. 

« L Arménie, dit-il, est un des pays de l'Asie occidentale où les arbres fruitiers donnent les produits les plus savoureux et où les botanistes croient avoir retrouvé la patrie d'espèces nombreuses, entre autres la vigne et le poirier. [...] Dans l'intérieur des terres, les montagnes sont presque toutes dépouillées de végétation arborescente; on ne voit que rochers et pâturages. Maint district n'a d'autre combustible que la bouse de vache Les fauves, qui appartiennent aux mêmes espèces que ceux des montagnes de Transcaucasie, manquent de retraites sur ces espaces nus ou gazonnés; presque toutes les pentes sont le domaine des bergers et de leurs moutons à grosse queue, gardés par des chiens à demi sauvages, plus dangereux souvent que l'ours ou le loup. Les chevaux sont de belle race, mais ils le cèdent en force aux chevaux turkmènes et en grâce des mouvements aux animaux persans; quoique pleins de feu, ils sont toujours d'une extrême douceur Les pâtis de l'Arménie turque, plus herbeux que ceux de la Perse, à cause de la plus grande humidité de l'air et de l'abondance des sources, nourrissent des milliers de bêtes qui servent à l'alimentation de Constantinople et des nombreuses cités de l'Asie Mineure. » 

Géographie humaine de l'Arménie

Démographie.
La population de l'Arménie s'élève officiellement à environ 2,9 millions d'habitants selon les estimations récentes, bien que le chiffre réel puisse être inférieur en raison d'une émigration significative non toujours entièrement comptabilisée. Historiquement, la population a atteint un pic à la fin de la période soviétique. Elle dépassait alors les 3,5 millions d'habitants, avant de connaître un déclin marqué après l'indépendance en 1991, principalement sous l'effet de la crise économique, du conflit du Haut-Karabakh et de l'ouverture des frontières qui a favorisé un exode important.

Le taux de natalité est relativement bas, avec un indice synthétique de fécondité qui se situe en dessous du seuil de remplacement (autour de 1,6 à 1,7 enfant par femme). Bien que le taux de mortalité soit modéré, le solde naturel (naissances moins décès) est faible et peut être légèrement positif ou négatif selon les années. Cependant, c'est le solde migratoire qui a l'impact le plus profond et le plus négatif sur l'effectif de la population. L'émigration, principalement économique, touche particulièrement les jeunes adultes et les personnes qualifiées, entraînant une unfuite des cerveaux et un vieillissement relatif de la population restante. Cette émigration se dirige majoritairement vers la Russie, mais aussi vers l'Europe et l'Amérique du Nord. La structure par âge reflète ces tendances : la proportion de personnes âgées augmente progressivement, tandis que celle des jeunes diminue, bien que l'Arménie conserve une proportion de jeunes plus élevée que certains pays d'Europe occidentale. 

La capitale, Erevan, est le centre névralgique du pays et regroupe à elle seule une part très importante de la population totale, souvent estimée à plus d'un tiers, voire près de la moitié si l'on inclut sa banlieue immédiate. Cette primauté d'Erevan crée un déséquilibre marqué entre la capitale, qui concentre l'activité économique, culturelle et politique, et les autres régions et villes du pays. Les autres villes importantes comme Gyumri et Vanadzor sont beaucoup plus petites. Les zones rurales, bien qu'occupant une grande partie du territoire, abritent une population moins dense et souvent confrontée à des difficultés économiques et d'accès aux services, ce qui alimente également l'exode rural vers Erevan ou l'étranger. La densité de population varie considérablement entre la région d'Erevan, très dense, et les régions montagneuses périphériques, beaucoup moins peuplées.

Environ 98% de la population sédentaire est d'origine arménienne. Les minorités ethniques sont peu nombreuses et comprennent principalement des Yézidis, des Russes, des Kurdes, des Assyriens, des Ukrainiens et des Grecs, qui vivent généralement dans des régions spécifiques ou dispersées dans les centres urbains. 

Quelques-unes des principales villes de l'Arménie

• Erevan est la capitale et la plus grande ville du pays. Fondée officiellement en 782 av. JC sous le nom d'Erebouni, elle est l'une des plus anciennes cités continuellement habitées au monde. Elle devient la capitale de l'Arménie soviétique en 1920, puis de la République d'Arménie indépendante en 1991. Erevan concentre plus d'un tiers de la population arménienne et abrite le siège du gouvernement, les principales universités, les centres culturels majeurs comme l'opéra, les musées, ainsi que le mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd. Ville de contrastes, elle mêle les constructions de l'époque soviétique aux cafés branchés, aux institutions internationales et à une vie artistique en pleine effervescence.

• Gyumri, située dans le nord-ouest du pays, est la deuxième ville d'Arménie. Historiquement connue sous les noms d'Alexandropol et de Léninakan, elle a longtemps été un centre militaire, industriel et artistique important. Gravement touchée par le séisme de Spitak en 1988, elle a été partiellement reconstruite, mais reste marquée par les séquelles de cette catastrophe. Gyumri conserve un riche patrimoine architectural du XIXe siècle, une scène culturelle dynamique et une identité locale forte.

• Vanadzor, troisième ville du pays, se situe dans le nord, dans la vallée de la rivière Pambak. C'est un centre industriel important, surtout dans les domaines de la chimie, du textile et de la métallurgie. Elle joue aussi un rôle régional dans l'éducation, avec plusieurs établissements d'enseignement supérieur, et possède un cadre naturel propice au tourisme vert.

• Vagharshapat, également appelée Etchmiadzin, est considérée comme la capitale religieuse de l'Arménie. C'est le siège du catholicos de l'Église apostolique arménienne et le lieu de la cathédrale Sainte-Etchmiadzin, l'un des sites religieux les plus anciens et les plus sacrés du christianisme. La ville attire de nombreux pèlerins et visiteurs.

• Hrazdan, située dans la région de Kotayk, à proximité d'Erevan, est une ville industrielle fondée et développée durant l'ère soviétique. Elle joue un rôle important dans la production énergétique du pays grâce à sa centrale thermique, et dans l'industrie des matériaux de construction. Elle est également bien connectée au reste du pays par le réseau ferroviaire.

• Abovyan, dans la même région, est une ville satellite d'Erevan, développée également à l'époque soviétique, notamment pour accueillir des populations déplacées après le séisme de 1988. Elle sert aujourd'hui de pôle résidentiel et industriel.

• Gavar, située à l'est, est le centre administratif de la province de Gegharkunik. Elle se trouve à proximité du lac Sevan, le plus grand plan d'eau douce de la région, et joue un rôle dans le tourisme, l'agriculture et l'artisanat. Elle conserve aussi des vestiges archéologiques.

• Kapan, au sud, dans la région montagneuse de Syunik, est un centre minier ancien spécialisé dans l'extraction du cuivre et du molybdène. Elle est aussi un point stratégique pour les liaisons avec l'Iran et joue un rôle dans les échanges régionaux.

• Artik, Alaverdi, Charentsavan et Sevan, sont d'autres villes importantes qui ont chacune des fonctions régionales spécifiques.

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Culture.
Située au carrefour de l'Europe et de l'Asie, l'Arménie a développé une culture distincte, marquée par une résilience remarquable face aux défis historiques. Au coeur de cette identité culturelle se trouve sa religion. L'Arménie a été la première nation à adopter le christianisme comme religion d'État en 301 ap. JC, établissant l'Église apostolique arménienne. Cette religion a été le pilier de l'unité et de la préservation culturelle à travers les âges, en particulier pendant les périodes de domination étrangère. L'architecture religieuse arménienne, avec ses églises en pierre robustes aux dômes coniques et aux motifs complexes, témoigne de cette dévotion profonde et d'une ingéniosité architecturale particulière.

L'alphabet arménien, créé en 405 ap. JC par Saint Mesrop Mashtots, est un autre fondement essentiel de la culture. Sa création a non seulement permis la traduction de la Bible et le développement d'une littérature nationale, mais il a aussi joué un rôle important dans la préservation de la langue et de l'identité arméniennes à une époque où la nation était menacée. La langue arménienne, qui appartient à une branche indépendante de la famille indo-européenne, est parlée sous deux formes principales (orientale et occidentale) et est un puissant lien unissant les Arméniens du monde entier.  Le russe reste une langue importante, largement comprise par une partie de la population, en particulier les générations plus âgées, et utilisée dans les relations avec la Russie. L'anglais gagne en importance, surtout parmi les jeunes et dans les milieux d'affaires et touristiques.

L'art arménien est d'une grande diversité. Les khachkars, ou pierres à croix, sont peut-être l'une des expressions artistiques les plus emblématiques de l'Arménie. Ces stèles sculptées dans la pierre, ornées de croix finement travaillées entourées de motifs géométriques et végétaux, sont présentes partout dans le paysage arménien et sont considérées comme une forme d'art unique, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. L'art de la miniature, en particulier pour l'illustration de manuscrits religieux, est également une tradition ancienne et sophistiquée. La musique occupe une place importante, du duduk mélancolique, un instrument à anche double à la sonorité unique, aux chants folkloriques qui racontent l'histoire et les légendes, en passant par une tradition de musique classique et contemporaine florissante. L'artisanat, comme le tissage de tapis colorés et complexes, la poterie et la joaillerie, perpétue également des techniques ancestrales.

La famille est considérée comme le pilier de la société, et l'hospitalité est une vertu sacrée. Les visiteurs sont accueillis avec une chaleur et une générosité sincères. Les fêtes et les célébrations, qu'elles soient religieuses ou séculières, sont souvent accompagnées de musique, de danse (comme le kochari ou le shalakho) et de banquets. 

La cuisine arménienne est savoureuse et variée, mettant l'accent sur des ingrédients frais, des herbes aromatiques et des épices. Des plats emblématiques comme le lavash (pain traditionnel cuit dans un four en terre, le tonir), le khorovats (brochettes de viande grillée), le dolma (feuilles de vigne farcies) et divers ragoûts et soupes riches font partie intégrante de l'expérience culturelle. Le café arménien, épais et aromatique, et les cognacs arméniens sont également réputés.

Enfin, la mémoire collective et la résilience sont des traits fondamentaux de la culture arménienne. L'histoire du peuple arménien est marquée par des épreuves, notamment le génocide arménien de 1915, qui a entraîné la dispersion d'une grande partie de la population et l'émergence d'une diaspora mondiale significative. Cette histoire tragique a renforcé le sentiment d'identité et le désir de préserver l'héritage culturel. La diaspora joue un rôle vital dans le maintien des liens culturels et dans la promotion de la culture arménienne à l'échelle internationale. 

Economie.
Après plusieurs années de croissance économique à deux chiffres, l'Arménie est confrontée à une grave récession économique avec un PIB en baisse d'au moins 15% en 2009, malgré d'importants prêts accordés par des institutions multilatérales. La baisse marquée dans le secteur de la construction et les envois de fonds des travailleurs expatriés (en particulier en Russie), sont les principales raisons de la crise. Dans l'ancien système de planification centrale soviétique, l'Arménie, relativement pauvre en matières premières et surtout en ressources énergétiques, avait élaboré un secteur industriel moderne : elle produisait des machines-outils, des textiles et d'autres biens manufacturés. Après sont accession à l'indépendance, l'Arménie est passée à l'agriculture à petite échelle, s'éloignant ainsi des grands complexes agro-industriels de l'ère soviétique. 

Depuis l'éclatement de l'Union soviétique en 1991, l'Arménie a fait des progrès dans la mise en oeuvre des réformes économiques : politique des prix réformée, politiques budgétaires prudentes. Le pays a réduit la pauvreté, ainsi que l'inflation. Il a stabilisé sa monnaie et privatisé les entreprises les plus petites et moyennes entreprises. Mais l'isolement géographique, un socle d'exportations étroit et les monopoles omniprésents dans les secteurs d'activité importants ont rendu l'Arménie particulièrement vulnérable à la forte détérioration de l'économie mondiale et le ralentissement économique en Russie. Le conflit avec l'Azerbaïdjan à propos du  Haut-Karabakh (région de peuplement arménien enclavée)  a contribué à un déclin économique grave au début des années 1990. Les frontières de l'Arménie avec la Turquie et l'Azerbaïdjan restent fermées.
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Erevan.
Erevan et le mont Ararat.

L'Arménie est particulièrement tributaire de la Russie, dont dépendent encore la plupart des infrastructures clés, en particulier dans le secteur de l'énergie. Ainsi, le système de distribution d'électricité a été privatisé en 2002 et acheté par le RAO-UES russe en 2005. La construction d'un pipeline pour transporter le gaz naturel de l'Iran à l'Arménie a été achevée en décembre 2008, mais il est peu probable d'importantes quantités de gaz circule à travers, jusqu'à ce que la rénovation de la centrale thermique d'Erevan soit achevée. L'Arménie possède des gisements de minéraux (cuivre, or, bauxite). La fonte, le cuivre brut et d'autres métaux non ferreux sont les meilleurs atouts à l'exportation.

Le grave déficit commercial  du pays a été quelque peu compensé par l'aide internationale, les transferts des Arméniens travaillant à l'étranger, et les investissements directs étrangers. L'Arménie a rejoint l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en janvier 2003. Le gouvernement a apporté quelques améliorations dans l'administration fiscale et douanière ces dernières années, mais les mesures anti-corruption ont été inefficaces et la récession économique a entraîné une forte baisse des recettes fiscales et forcé le gouvernement à emprunter auprès de la Russie, du FMI  et d'autres institutions financières internationales. 



Collectif, Merveilles d'Arménie, Sigest, 2009. - Les étrangers appellent l'Arménie, 'Musée à ciel ouvert'. Cette encyclopédie est un guide très particulier qui chemine dans les quatre 'salles' de ce musée : Antiquité, Moyen âge et christianisme, Nature et mode de vie et Epoque moderne. Les quatre-vingts 'Merveilles' présentées dans ce volume sont très précieuses au lecteur arménien. C'est probablement pour cette raison, que la maison d'édition a choisi un titre assez lyrique - 'Merveilles'. Néanmoins il faut aussi prendre en considération que le peuple arménien est très fier de ses merveilles dont la plupart ont trouvé honorablement leurs places dans la culture mondiale. Dans cette encyclopédie nous trouvons des patrimoines qui sont inhérentes à l'histoire des Arméniens mais qui se trouvent actuellement sur le territoire historique de l'Arménie, en Arménie occidentale, (la Cathédralede la Sainte Croix d'Aghtamar, le canal de Sémiramis, la cathédrale d'Ani, le lac de Van, etc.). (couv.). 

Claire Mouradian, L'Arménie, Presses universitaires de France (QSJ?), 2009.

Collectif, Les douze capitales d'Arménie, Somogy éditions d'art, 2010.

Collectif, Arménie Géorgie, Karabagh, Peuples du monde (Ed. de l'Adret), 2009.

Collectif, Contes d'Arménie : épopée, récits et légendes populaires, Vilo Jeunesse, 2006.



Site NetArménie.com.

Site des Nouvelles d'Arménie (magazine).

Page sur l'Arménie du site Les Bourlingueurs.

Page sur l'Arménie du site L'aménagement linguistique dans le monde (Université de Laval, Canada).

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