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L'Amou-Daria
est un des plus grands fleuves de l'Asie
centrale par sa longueur (2620 km). Une grande partie de son cours sert
de frontière entre le Turkménistan et
l'Ouzbekistan. On n'appliqne le nom de l'Amou-Daria
qu'à la moitié inférieure du fleuve, c.-à -d. à celle qui arrose la
plaine aralo-caspienne; sa partie supérieure se compose de trois branches
principales et de plusieurs affluents dont chacun porte son nom particulier.
Ainsi, la source septentrionale de l'Amou-Daria est le Kizyl-Sou ou le
Sourghâb (= eau rouge), qui prend naissance dans la haute vallée d'Alaï
(39° 30' lat.); la branche moyenne, qu'on peut considérer comme principale,
s'appelle l'Aksou ou le Mour Hâb (= eau blanche), et la branche méridionale
le Piandj.
Les deux dernières rivières ont leurs
sources à peu près dans le même endroit, sur les hauteurs du Pamir.
L'Aksou prend naissance dans un petit lac, Oïl-Koul ou Gar-Koul (= lac
des Oies), et coule d'abord vers l'Est, pour tourner ensuite vers le Nord-Ouest
et enfin vers l'Ouest. Sous le nom persan du Mourghâb il traverse le Pamir
dans toute sa largeur et près de l'ancien fort Kala-Wa Mar il rejoint
le Piandj, dont la source principale est le lac Sary-koul (4800 m au-dessus
de la mer) et qui arrose la Wakhan ( Le
corridor du Wakhan).
Les deux rivières réunies traversent
d'abord un pays très montueux (le Schougnan, le Darwaz, une partie de
la Boukharie), et ce n'est que dans le Badakchan qu'elles gagnent la plaine.
Là , le puissant torrent de l'Oxus grandit incessamment, grâce à l'affluence
des eaux de la Koulâb-Daria, de la Koktcha, du Sourkhab, de l'Ak-Séraï
et enfin du Kafirningan et du Sourkhan. Un peu en aval de Kilif, il a 700
m de largeur, 6 m de profondeur, et sa vitesse moyenne est de 5 Ã 9 km
par heure.
A son entrée dans les basses plaines du
Delta, il roule encore, dans la saison normale, au moins 3570 mètres cubes
d'eau par seconde, malgré l'énorme évaporation qu'il subit pendant le
parcours de 700 km à travers le désert aride et sablonneux. Aux grandes
crues qui ont lieu en été, le volume d'eau devient cinq ou même dix
fois plus considérable, et, quoique l'irrigation de l'oasis
de Khiva absorbe des milliards de mètres cubes d'eau, et bien qu'une partie
de ses eaux soient aussi détournées par le calnal du Turkménistan (qui
mène jusqu'à la mer Caspienne), il en reste toujours assez pour que,
de plusieurs embouchures de l'Oxus dans la mer d'Aral,
trois au moins ne cessent d'être navigables. Ces trois embouchures sont
: le Yany-sou, l'Oulkhoun-Daria et le Taldyk.
Pendant l'Antiquité ,
peut-être même dans les temps historiques, l'Amou-Daria avait certainement
ses embouchures plus à l'ouest qu'elles ne le sont de nos jours. Au lieu
de se jeter dans la mer d'Aral, il coulait vers la mer de Khowaresme, dont
les lacs de Sarykamych actuels nous présentent les restes. Cette mer disparue,
ou plutôt ce vaste lac, avait pour issue un autre fleuve, dont le lit
s'est conservé jusqu'à nos jours sous le nom de l'Ouzboï. A mesure que
le bassin de Khowaresme se desséchait ou s'éloignait vers le Nord, l'Ouzboï
diminuait, et enfin il cessa d'exister comme fleuve permanent. On ne trouve
plus dans son lit que quelques petits lacs avec
de l'eau saumâtre ou salée.
Il est certain que le bassin de l'Amou-Daria
était autrefois beaucoup plus vaste que de nos jours. Les rivières de
Kochka-daria, de Zérafchan et même de Syr-Daria
n'étaient que ses affluents, de même que le Khouloum, le Balkh-Daria,
le Sangalak, le Mourghab (mervien) et le Tedjent, dont les sources se trouvent
dans les montagnes de l'Hindou-Kouch
et dont les eaux se perdent dans les steppes Ã
de grandes distances de l'Oxus.
Les bords de l'Amou-Daria et de ses branches
principales sont peu peuplés. Dans la partie montagneuse du bassin,
c'est l'étroitesse des vallées qui en est la cause; dans les steppes,
ce sont l'aridité du sol et les inondations que la rivière elle-même
produit chaque année. La population la plus dense se trouve dans le delta,
mais elle se tient assez loin du fleuve même, sur les bords de nombreux
canaux, dont plusieurs sont assez grands pour être navigables. (M.
Venukov). |
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