|
|
| . |
|
||||||
|
AGN |
Aperçu |
Comparées aux galaxies dites normales, certaines galaxies, telles que les radiogalaxies, les galaxies de Seyfert que les galaxies hôtes des quasars, se singularisent par un surplus de luminosité, d'intensité couramment variable, et dont la source se situe dans leur noyau. Malgré des apparences très diverses, ces galaxies dites à noyau actif ou à AGN (Active galactic nucleus) correspondent à une même famille d'objets, dont l'origine du rayonnement est à chercher dans la présence dans leur coeur d'un objet compact supermassif (un trou noir géant, selon le point de vue le plus communément adopté). Selon la perspective actuelle, les diverses apparences observées résulteraient principalement de l'orientation différente par rapport à nous des galaxies concernées. | ||
Mise en ordre |
Les
radiogalaxies.
Les radiogalaxies sont des galaxies extrêmement actives qui émettent d'immenses quantités d'énergie sous forme d'ondes radio. Au centre de ces objets se trouve un trou noir supermassif, dont la masse peut atteindre plusieurs millions, voire plusieurs milliards de fois celle du Soleil. La matière attirée vers ce trou noir forme un disque d'accrétiontrès chaud et très lumineux. Une partie de cette matière n'est pas engloutie mais est expulsée à très grande vitesse sous la forme de deux jets opposés de particules chargées. Ces jets peuvent parcourir des distances gigantesques, parfois plusieurs millions d'années-lumière, bien au-delà des limites visibles de la galaxie elle-même. Les particules qui les composent se déplacent à des vitesses proches de celle de la lumière et interagissent avec les champs magnétiques environnants. Ce phénomène produit un rayonnement appelé rayonnement synchrotron, particulièrement intense dans le domaine des ondes radio. C'est cette émission qui permet de détecter les radiogalaxies à l'aide des radiotélescopes. La plupart des radiogalaxies observées sont des galaxies elliptiques géantes. En lumière visible, elles peuvent sembler relativement ordinaires, mais les observations radio révèlent souvent des structures immenses formées de jets et de lobes radio situés de part et d'autre du noyau central. Les astronomes distinguent notamment les radiogalaxies de type Fanaroff-Riley I et Fanaroff-Riley II, selon la forme et la répartition de leur émission radio. Les premières possèdent des jets qui perdent progressivement leur énergie en s'éloignant du centre, tandis que les secondes présentent des régions extrêmement brillantes à l'extrémité des jets. L'étude des radiogalaxies est importante pour comprendre l'évolution des galaxies et le rôle des trous noirs supermassifs dans l'Univers. Les jets qu'elles produisent peuvent influencer la formation des étoiles en chauffant ou en dispersant le gaz présent dans leur environnement. Certaines radiogalaxies sont observées à des distances considérables, ce qui permet également aux astronomes d'étudier l'Univers tel qu'il existait il y a plusieurs milliards d'années. Les galaxies de
Seyfert.
Les quasars.
Comme les radiogalaxies, les quasars sont alimentés par un trou noir supermassif situé au centre d'une galaxie. La matière qui tombe vers ce trou noir forme un disque d'accrétion dont la température peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de degrés. Les frottements et les phénomènes magnétiques y libèrent une énergie colossale sous forme de lumière visible, d'ultraviolets, de rayons X, d'ondes radio et parfois de rayons gamma. Un seul quasar peut rayonner davantage que toutes les étoiles de sa galaxie réunies. Les quasars sont généralement observés à des distances très grandes, ce qui signifie que leur lumière a été émise lorsque l'Univers était beaucoup plus jeune qu'aujourd'hui. Ils constituent ainsi des témoins précieux des premières étapes de l'histoire cosmique. Les plus lointains connus permettent d'étudier les conditions qui règnent quelques centaines de millions d'années seulement après le début de l'expansion cosmique. Tous les quasars ne sont pas de puissantes sources radio. Beaucoup émettent principalement dans d'autres domaines du spectre électromagnétique. Les astronomes considèrent aujourd'hui que les quasars, les radiogalaxies, les blazars et d'autres noyaux actifs de galaxies correspondent à des manifestations différentes d'un même phénomène physique. Les différences observées dépendent notamment de la puissance du trou noir central, de la quantité de matière qu'il absorbe et de l'orientation des jets par rapport à la Terre. L'étude des quasars a profondément modifié la compréhension de l'Univers. Leur découverte a apporté la preuve de l'existence d'objets extrêmement compacts capables de libérer des quantités d'énergie inimaginables. Elle a également contribué à confirmer l'importance des trous noirs supermassifs dans l'évolution des galaxies. Aujourd'hui encore, les quasars demeurent des outils essentiels pour sonder les régions les plus lointaines du cosmos et mieux comprendre la formation des structures à grande échelle de l'Univers. Le modèle unifié |
||
Rouages |
La grande difficulté,
quand les astronomes veulent expliquer l'origine de l'énergie produite
par les noyaux actifs des galaxies, est que cette énergie est énorme
et provient d'une très petite région. Les mécanismes ordinairement envisagés
(par exemple, la fusion thermonucléaire, qui est à l'origine de l'énergie
des étoiles) ne sont pas suffisamment efficaces pour rendre compte des
observations. Aussi, la seule piste susceptible de tenir ses promesses
est celle de la gravitation. La conversion
d'énergie gravitationnelle en rayonnement
électromagnétique peut être 40 à 50 fois plus efficace que
la conversion de masse en ce même rayonnement. C'est ce constat qui est
le point de départ du modèle unifié des galaxies à noyau actif.
Schéma global.
Le
disque d'accrétion
La
géométrie de l'ensemble
Évolution des
AGN.
Et tout cela réuni peut expliquer qu'il y ait eu une "ère des quasars" quand l'univers était beaucoup plus jeune. Cette époque, qui n'est pas la plus ancienne qu'aient traversé les galaxies, a commencé quand, à force de festins, le trou noir central est devenu suffisamment massif pour servir de moteur à la machine décrite précédemment. L'activité s'est ensuite apaisée, faute de carburant, et dans l'univers actuel, les anciennes galaxies actives ne ardent plus du temps de leur splendeur que leur trou noir central repus et assoupi... Un schéma qui n'exclut pas la possibilité d'un réveil à tout moment. Ainsi, des radiogalaxies proches telles que M 87 (Virgo A) ou NGC 5128 (Centaurus A), ont continué à être nourries à une époque récente. Une petite galaxies spirale gobée toute crue semble même visible au sein de Centaurus A. De quoi expliquer leur activité hors normes. Certains astronomes considèrent même que ces deux galaxies, si elles étaient vue de face au lieu de l'être de profil, seraient bel et bien des quasars (ou plus exactement des blazars). |
| . |
|
|
|
||||||||
|