.
-

Le Purgatoire

On peut affirmer sans exagĂ©ration que parmi les traits distinguant et sĂ©parant les diverses Eglises qui prĂ©tendent au titre de chrĂ©tiennes, il n'en est pas de plus caractĂ©ristiques que leurs doctrines et leurs pratiques Ă  l'Ă©gard du purgatoire et de l'efficacitĂ© de l'intercession des vivants en faveur des morts. Il en rĂ©sulte des diffĂ©rences Ă©normes pour le culte de ces Eglises, pour la source des subsides qui contribuent Ă  leur entretien et Ă  leur dĂ©veloppement, et aussi pour la mentalitĂ© de leurs fidèles. De lĂ , l'effort que nous croyons devoir faire afin d'exposer ces choses avec exactitude et prĂ©cision. 

L'Eglise romaine.
Voici d'abord, pour ce qui concerne l'Eglise romaine, l'expression authentique de son dogme, d'après le concile de Trente

« Si quelqu'un dit qu'Ă  tout pĂ©cheur pĂ©nitent, qui a reçu la grâce de la justification, l'offense est tellement remise et l'obligation Ă  la peine Ă©ternelle tellement effacĂ©e et abolie, qu'il ne lui reste aucune obligation de peine temporelle Ă  payer, soit en ce monde, soit en l'autre, dans le purgatoire, avant que l'entrĂ©e du ciel puisse lui ĂŞtre ouverte, qu'il soit anathème » (Sess. VI, can. 30). 

« Conformément à la tradition des Apôtres, elle (l'oblation non sanglante du sacrifice de la messe) est offerte, non seulement pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités des fidèles qui sont encore vivants, mais pour ceux qui sont morts en Jésus, et qui ne sont point encore entièrement purifiés » (Sess. XXII, ch. II).

 Â« L'Eglise catholique, instruite par le Saint-Esprit, ayant toujours enseignĂ©, suivant les Saintes Ecritures et la doctrine ancienne des Pères, dans les saints conciles prĂ©cĂ©dents et depuis peu encore dans ce concile gĂ©nĂ©ral, qu'il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont dĂ©tenues sont soulagĂ©es par les suffrages des fidèles et particulièrement par le sacrifice de l'autel, si digne d'ĂŞtre agréé de Dieu : le saint concile ordonne aux Ă©vĂŞques qu'ils aient un soin particulier que la foi et la crĂ©ance des fidèles touchant le purgatoire soit conforme Ă  la saine doctrine qui nous en a Ă©tĂ© donnĂ©e par les saints Pères et par les saints conciles, et qu'elle leur soit partout prĂŞchĂ©e et enseignĂ©e de la sorte » (Sess. XXV, DĂ©cret sur le purgatoire).

Cependant, comme il dĂ©libĂ©rait sous le feu des attaques des RĂ©formateurs, et que ceux-ci avaient relevĂ© avec vĂ©hĂ©mence les subtilitĂ©s, les superstitions, les Ă©garements de la conscience, les exactions de gain sordide auxquels la croyance au purgatoire et Ă  l'efficacitĂ© de l'intercession pour les morts avait donnĂ© lieu, le concile recommandait, dans le mĂŞme dĂ©cret, de bannir des prĂ©dications publiques tout ce qui pouvait fomenter ces abus. 

Le CatĂ©chisme du concile de Trente (1re part., art. 5, 5) exhorte les curĂ©s Ă  enseigner très diligemment et très frĂ©quemment Ă  leurs paroissiens 

« qu'il est un feu du purgatoire par lequel les âmes des pieux sont tourmentĂ©es, cruciatae, pendant un temps dĂ©terminĂ©; et subissent expiation, expiantur, afin que leur soit ouverte l'entrĂ©e de la patrie Ă©ternelle, dans laquelle rien de souillĂ© ne peut entrer ». 
Pour la plupart des thĂ©ologiens de l'Eglise latine, le feu du purgatoire est un feu rĂ©el, pareil Ă  celui qui brĂ»le les vivants : 
Communis sententia theologorum est verum et proprium esse ignem, ejusdem speciei cum nostro elementar. Quae sententia non est quidem de fade, quia nusquam ab Ecclesia definita est (Bellarmin, De Purgat., II, 11). 
Quelques théologiens ont profité de ce que la nature de ce feu n'a pas été définie par l'Eglise, pour le moderniser; ils le considèrent comme un symbole des remords de la conscience et de la purification qui est nécessaire pour entrer dans le séjour des bienheureux. Mais cette spiritualisation n'est conforme ni aux usages de l'Eglise, ni aux images qu'elle offre à la piété ou à la terreur des fidèles, ni aux conceptions du peuple.

D'autre part, l'Eglise latine a fondé sur l'existence du purgatoire et l'efficacité de l'intercession pour les morts les particularités de sa doctrine sur la Communion des saints, sur L'Eglise souffrante; et elle y rattache sa distinction entre le Péché mortel et le Péché véniel

La foi en ces choses Ă©tablit un lien mystĂ©rieux, avec enchaĂ®nement de bienfaits, entre ceux qui sont morts et ceux qui les aiment encore sur la terre; elle prĂ©sente Ă  la pensĂ©e et au sentiment des horizons voilĂ©s d'une poĂ©sie dolente mais consolable, et elle adresse Ă  la dĂ©votion et Ă  la bienfaisance des appels puissants; mais elle stimule aussi d'autres instincts moins nobles. Si le dĂ©sir et l'espĂ©rance de diminuer pour les siens, et surtout pour soi, les tourments du purgatoire, et mĂŞme de les supprimer, car on le pourrait en y mettant le prix, ont dĂ©terminĂ© des fondations d'un haut mĂ©rite, il semble incontestable qu'ils inspirent parfois, souvent peut-ĂŞtre, des calculs plus ou moins obscurs, plus ou moins inconscients, oĂą le testateur, peu soucieux de pĂ©nitence en son vivant, prĂ©lève sur la part de ses hĂ©ritiers le coĂ»t des oeuvres pies, des messes et des prières destinĂ©es Ă  fournir la rançon qui le dĂ©livrera du purgatoire. Enfin, pour considĂ©rer la question sous tous ses aspects, et y voir, après ce qui concerne la thĂ©ologie et la morale, ce qui regarde les finances, il convient de constater que le purgatoire constitue la plus riche valeur qui se puisse imaginer. En effet, le courant quotidien formĂ© par l'afflux des divers mobiles que nous venons d'indiquer apporte rĂ©gulièrement Ă  l'Eglise des bĂ©nĂ©fices qui n'ont jamais Ă©tĂ© Ă©galĂ©s par les recettes d'aucun impĂ´t ou d'aucun monopole d'Etat, ni par les profits d'aucune combinaison commerciale ou industrielle, ni par les produits d'aucune mine d'or ou de diamants.  Tout un ensemble d'oeuvres, une imagerie et une littĂ©rature spĂ©ciales et des journaux, comme l'Echo du purgatoire, ont opĂ©rĂ© avec zèle et succès pour produire ces rĂ©sultats.

Le protestantisme.
Tous les RĂ©formateurs et toutes les Eglises protestantes se sont accordĂ©s pour rejeter la doctrine et les pratiques dont nous nous occupons ici. Luther les rĂ©prouve, parce qu'elles ne sont pas bibliques et qu'elles ne sont fondĂ©es sur aucune tradition authentiquement ancienne, et Ă  cause des abus et des dĂ©sordres qu'elles ont engendrĂ©s. Calvin dĂ©clare (Instit. III, 5, 6) qu'elles sont une fiction, une invention pernicieuse de Satan, qui rend vaine la croix du Christ : Exitiale Satanae commentum, quod crucem Christi evacuat. La vieille Confession de foi des Eglises rĂ©formĂ©es de France reproduit cette condamnation, et l'exprime dans le langage violent usitĂ© chez les thĂ©ologiens de ce temps-lĂ  : 

« Nous tenons le purgatoire pour illusion procĂ©dĂ©e de la boutique de Satan; de laquelle sont aussi procĂ©dĂ©s les voeux monastiques, pèlerinages, abstinences de viande, confession auriculaire, indulgences » (art. XXI V). 
Parmi les arguments fort nombreux et vĂ©hĂ©mentement prĂ©sentĂ©s par les protestants pour motiver cette rĂ©probation, nous relèverons les trois principaux : 

1°. - L'Eglise romaine abuse des audacieux procédés d'interprétation qui lui sont familiers, en prétendant trouver dans les Saintes Ecritures les indices du purgatoire et de l'intercession pour les morts. La Bible ne contient rien de pareil. Le seul texte que ses théologiens aient pu découvrir en ce sens, au temps de l'Ancienne Alliance, est une réflexion de l'auteur du IIe livre des Maccabées, composition grecque, à peu près contemporaine d'Hérode, que les juifs, de qui les chrétiens tiennent l'Ancien Testament, n'ont jamais admise parmi les écrits canoniques. Les passages du Nouveau Testament allégués par ces docteurs (S. Math., XII, 32; Act. Ap. II, 24; I Cor. III, 13; II Tim. I, 18) n'impliquent pas la moindre idée de purgatoire ni de souffrances purificatrices endurées après la mort. Ces textes impliquent si peu une idée de ce genre, que plusieurs controversistes protestants affirment irrévérencieusement qu'il est impossible de les citer de bonne foi, comme la contenant.

2°. - Non seulement les Ă©crits du Nouveau Testament ne prĂ©sentent pas la plus lointaine allusion Ă  un lieu intermĂ©diaire entre le sĂ©jour des Ă©lus et le sĂ©jour des rĂ©prouvĂ©s, ni Ă  une con dition qui ne serait pas soit le bonheur parfait des justes, soit les peines Ă©ternelles des damnĂ©s; mais la description que JĂ©sus fait du jugement suprĂŞme exclut prĂ©cisĂ©ment toute condition et tout lieu pareils : 

« Comme un berger sĂ©pare les brebis d'avec les boucs, le Fils de l'homme mettra les brebis Ă  sa droite et les boucs Ă  sa gauche. Il dira Ă  ceux qu'il aura mis Ă  sa droite : PossĂ©dez en hĂ©ritage, le royaume qui vous a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© dès la crĂ©ation du monde. Puis il dira Ă  ceux qui seront Ă  sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, et allez dans le feu Ă©ternel; et ceux-ci iront aux peines Ă©ternelles; mais les justes s'en iront Ă  la vie Ă©ternelle » (Ev. S. Math., XXV, 31-46). 
Entre les pĂ©chĂ©s des hommes et la justice de Dieu, il y a la misĂ©ricorde et le pardon, dont la promesse forme le fond de la religion chrĂ©tienne. Or JĂ©sus a enseignĂ© aux humains Ă  demander Ă  Dieu de leur pardonner comme eux-mĂŞmes doivent se pardonner mutuellement. Si Dieu ne pardonnait qu'avec rĂ©serve de punition, les humain seraient induits Ă  mettre une rĂ©serve analogue Ă  leurs pardons rĂ©ciproques. 

3°. - La croyance en l'efficacitĂ© de l'intercession des vivants, pour obtenir la remise des peines mĂ©ritĂ©es par les morts, attribue Ă  Dieu une mesure et des procĂ©dĂ©s dont l'application dĂ©shonorerait le plus vulgaire des juges sur la terre. C'est cet argument, adressĂ© Ă  la conscience, qui dĂ©termine chez les protestants la conviction de la plupart des fidèles, inexperts en matière de thĂ©ologie et d'histoire, et qui exaspère leur aversion contre le dogme romain : 

« Saint Paul, disent-ils, a Ă©crit qu'il faut que tout homme meure une fois, et qu'après vient le jugement. Or, qui dit jugement doit dire justice. Supposez en ce bas monde un juge ayant devant son tribunal deux hommes accusĂ©s et convaincus du mĂŞme crime; mais dont l'un est un misĂ©reux, sans famille, sans amis; l'autre est riche, possĂ©dant une famille dĂ©vouĂ©e, des amis nombreux, des protecteurs puissants. Le juge les condamne Ă  la mĂŞme peine, puisqu'ils sont coupables du mĂŞme mĂ©fait. NĂ©anmoins, aussitĂ´t après, il dit au riche Comme tes parents m'ont adressĂ© des prières et des supplications qui me flattent, et qu'ils m'offrent des prĂ©sents qui me plaisent; comme tes protecteurs me pressent d'ĂŞtre indulgent envers toi, je te remets le quart de ta peine; s'ils redoublent leurs instances, je te remettrai un autre quart; et s'ils persĂ©vèrent, je finirai par te remettre tout le reste. Puis il dit au pauvre : Comme tu n'as ni parents, ni amis, et que personne ne s'intĂ©resse Ă  toi, tu resteras en prison jusqu'Ă  la dernière minute comprise dans ma sentence. N'est-il pas vrai que si un juge faisait et disait cela sur la terre, tous les hommes lèveraient les mains au ciel pour implorer la justice divine contre son iniquitĂ©. VoilĂ  pourtant la conduite que l'Eglise romaine prĂŞte Ă  Dieu, lorsqu'elle le montre flĂ©chi par l'intercession des vivants en faveur des morts qu'il a jugĂ©s ». 
Il est facile d'apercevoir la rĂ©percussion de ces conceptions sur la mentalitĂ© du peuple, et de comprendre combien peu les protestants sont prĂ©parĂ©s par leur religion Ă  admettre de la part de leurs gouvernants et de leurs magistrats des procèdes qu'ils rĂ©prouvent, lorsqu'on les attribue Ă  Dieu. 

Dans un ordre d'idées analogue, ils se déclarent irrespectueusement incapables de comprendre pourquoi le clergé, dont les messes sont si puissantes pour tirer les âmes du purgatoire, attend un salaire pour les dire.

L'Eglise grecque.
L'Eglise grecque non seulement ne connaĂ®t aucun lieu appelĂ© spĂ©cialement purgatoire; mais elle rĂ©prouve formellement la doctrine de la purification des âmes par le feu (Confes. orthod., 1, 66). Elle n'admet pas de terme moyen entre le salut et la damnation (Confes. orthod., I, 61). En attendant le jugement suprĂŞme, qui sera prononcĂ© Ă  la fin du monde terrestre, les âmes sont heureuses ou malheureuses, selon leurs oeuvres. Cependant elles restent dans un Ă©tat provisoire, ou celles qui n'ont pas encore produit des fruits suffisants de foi et de repentance peuvent s'amender et profiter des prières et des bonnes oeuvres des vivants, ainsi que des grâces dĂ©coulant de la cĂ©lĂ©bration du sacrifice eucharistique. L'Ă©tat de bĂ©atitude et l'Ă©tat de damnation ne seront complets et dĂ©finitifs qu'après la rĂ©surrection gĂ©nĂ©rale des corps. NĂ©anmoins, certaines âmes sont tellement coupables qu'elles ont Ă©tĂ© aussitĂ´t après leur sortie du corps condamnĂ©es Ă  des peines qui n'auront pas de fin. 

Dans les circonstances où l'Eglise grecque l'admet, l'intercession des vivants échappe à quelques-uns des reproches relatés plus haut. Il ne s'agit pas de modifier ou de supprimer les effets d'un jugement, puisque ce jugement n'a point encore été rendu; mais de prêter assistance à des âmes placées dans un état provisoire, on elles peuvent s'amender elles-mêmes, et de les aider, avant la résurrection générale, à se préparer pour le jugement définitif. Dans ces conditions, l'intercession correspond assez bien à l'assistance que les hommes se donnent pendant leur vie terrestre, parleurs prières, leurs oeuvres.

L'opinion des premiers auteurs chrétiens.
Non seulement aucun des anciens docteurs et Pères de l'Eglise n'enseigne que les âmes des fidèles sont tourmentĂ©es par le feu, avant le jour du jugement gĂ©nĂ©ral; mais plusieurs estiment que les âmes ne peuvent souffrir aucun tourment, quand elles sont sĂ©parĂ©es du corps (Tertullien, Apologie, XLVIII; Chrysostome, HomĂ©lie XXIX sur la 1re EpĂ®tre aux Corinthiens). Selon saint Ambroise (Bien de la mort, X), la seule souffrance qu'elles puissent endurer provient de l'inquiĂ©tude que leur cause l'attente de la punition qui leur sera infligĂ©e au dernier jour. 

En attendant ce jour suprĂŞme, plusieurs docteurs placent les âmes, tant des bons que des mĂ©chants, dans des retraites souterraines, que la plupart appellent des RĂ©ceptables, et quelques-uns le Sein d'Abraham (Origène, Principes, XII); Lactance, liv. VII, ch. XXI; Hilaire, Sur le Psaume XXXVIII; Chrysostome, HomĂ©lie XXVIII, sur l'EpĂ®tre aux HĂ©breux). 

D'autre part, presque tous, du IIe au Ve siècle, affirment que, aussitĂ´t après la rĂ©surrection gĂ©nĂ©rale, les morts seront flamboyĂ©s et purifiĂ©s par le feu du jugement, qu'ils appellent le BaptĂŞme de feu, et qu'ils comparent Ă  un glaive flamboyant mis Ă  l'entrĂ©e du paradis. Ils n'en exemptent personne, pas mĂŞme les ApĂ´tres et la Vierge Marie (Ambroise, Sermon XX, sur le Psaume CXVIII ; Hilaire, sur le mĂŞme Psaume; Augustin, CitĂ© de Dieu, liv. XVI, ch. XXXII; GrĂ©goire de Nazianze, Sermon XLII, sur le BaptĂŞme; Basile, Sur le Saint-Esprit, XV). 

Il est évident que le feu dont il s'agit ici diffère essentiellement de celui du purgatoire. Cependant l'histoire doit rapporter à cette doctrine ou plutôt à son altération l'origine de ce qui est devenu le dogme de l'Eglise latine. Augustin, dont les opinions ont beaucoup varié sur ces points, comme sur plusieurs autres, avait émis la supposition que l'épreuve par le feu pourrait bien avoir lieu, pour chaque fidèle, entre le moment de la mort et le jugement dernier. Cette hypothèse fut admise comme une réalité par Césaire d'Arles, et répandue ensuite dans tout l'Occident par Grégoire le Grand. La doctrine fut précisée et développée par Thomas d'Aquin, et consacrée définitivement comme dogme par le concile de Florence (1439). (E.-H. Vollet).



Jacques Le Goff, La Naissance du purgatoire, Gallimard (Folio),1991. - Dès les premiers siècles, les chrĂ©tiens ont cru confusĂ©ment en la possibilitĂ© de racheter certains pĂ©chĂ©s après la mort. Mais dans le système dualiste de l'au-delĂ , entre Enfer et Paradis, il n'y avait pas de lieu pour l'accomplissement des peines purgatoires. Il fallut attendre la fin du XIIe siècle pour qu'apparaise le mot Purgatoire, pour que le Purgatoire devienne un troisième lieu de l'au-delĂ  dans une nouvelle gĂ©ographie de l'autre monde. Le Purgatoire s'inscrit dans une rĂ©volution mentale et sociale qui remplace les systèmes dualistes par des systèmes faisant intervenir la notion d'intermĂ©diaire et qui arithmĂ©tisent la vie spirituelle. Ce Purgatoire, c'est aussi le triomphe du jugement individuel au sein des nouvelles relations entre les vivants et les morts. Cette enquĂŞte suit les avatars de la naissance du Purgatoire de l'AntiquitĂ© Ă  La Divine ComĂ©die de Dante. Cette naissance est un des grands Ă©pisodes de l'histoire spirituelle et sociale de l'Occident. 
.


Dictionnaire Religions, mythes, symboles
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2009. - Reproduction interdite.<