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Les Purânas

Purânas, mot qui pourrait se traduire assez exactement par Antiquités, et qui désigne certains poèmes indiens où sont renfermées des légendes humaines où divines, recueillies par leurs auteurs dans les traditions nationales et les anciens écrits des Brahmanes

Ce sont des recueils où les faits relatés sont enchaînés les uns aux autres dans un ensemble poétique souvent assez mal ordonné, entaché même de contradictions visibles. Néanmoins, un travail critique judicieux pourra, dans l'avenir, rétablir entre ces faits l'ordre que les poètes n'ont pas toujours su leur donner, et recomposer des séries véritablement historiques. Les récits contenus dans les recueils purâniques se rapportent aux plus grandes périodes de l'histoire de l'Inde, antérieurement au bouddhisme, et remontent souvent jusqu'à la période primitive du Véda : comme nous possédons ce dernier recueil, dont les hymnes sont d'une nature tout à fait historique et positive, les tableaux et les listes purâniques y trouvent naturellement leur contrôle, et servent à leur tour à les coordonner selon leur succession réelle. 

Les Indiens attribuent aussi une grande valeur historique et théologique aux Purânas; la lecture du Véda et des épopées étant interdite aux castes inférieures, l'enseignement leur est donné par les Purânas, qui semblent avoir été composés expressément pour elles. Le nombre des Purânas, nommés ordinairement Mahâpurânas, c.-à-d. grands Purânas, est de 18 : les principaux sont le Bhâgavata-purâna, le Vishnu-purâna, le Mâtsya-purâna, l'Agnêya-purâna, le Mârkandêya-purâna, le Padma-purâna, Ie Brahmâ-purâna. Les 18 recueils pris ensemble renferment 400 000 stances, en tout 1 000 000 vers; on est loin, en Europe, d'en posséder une traduction complète; ils ne sont pas encore tous imprimés; nous n'avons pas même tous les manuscrits, et, parmi ceux que l'Inde s'est laissé ravir, plusieurs sont incomplets, ou remplis de fautes. Comme les Purânas sont généralement très populaires et font la lecture habituelle des femmes, ils ont été traduits en plusieurs dialectes modernes, pour être accessibles à des peuples entrés dans le système brahmanique, mais ignorants de la langue sanscrite.

La tradition attribue la composition des Purânas à Vyâsa, le même auquel on rapporte le Mahâbhârata et la récollection des Vêdas. Mais ce nom de Vyâsa est un terme général, une épithète que l'on donne aux auteurs des collections brahmaniques, et qui n'implique nullement que ces sortes d'éditeurs soient les poètes eux-mêmes qui ont composé ces chants. Les Purânas ne sont ni d'un même auteur ni d'une même époque. II est difficile, d'ailleurs, d'admettre qu'un seul homme, après avoir composé le grand poème épique, recueilli et mis en ordre le corps entier des Vêdas, eût encore trouvé le temps de rassembler les antiques traditions de l'Inde, de les coordonner, et de composer sur elles un million et demi de vers : il y aurait donc lieu de chercher pour chaque Purâna le nom de l'auteur auquel il appartient véritablement. Nous connaissons déjà, selon toute vraisemblance, plus d'un d'entre eux; on peut espérer que les autres seront également reconnus.

Un Purâna contient, en général, deux sortes de sujets très distincts : de la cosmogonie, et des traditions plus ou moins historiques. La cosmogonie vient d'abord; les légendes forment les derniers chapitres du poème. Ces deux sujets sont rattachés l'un à l'autre sans discontinuité : car la cosmogonie conduit naturellement le poète, des principes abstraits d'où le monde est issu, aux divinités hindoues qui en sont les personnifications diverses, et de ces divinités aux familles royales ou sacerdotales qui les reconnaissaient pour leurs auteurs. 

De plus, comme le sujet ordinaire des Purânas est Vishnu et ses incarnations successives, ce dieu est donné dans la cosmogonie purânique comme l'auteur de toutes choses et le principe suprême, de même que, dans l'exposé des traditions humaines, il reparaît nécessairement plusieurs fois sous les formes diverses par lesquelles il s'est manifesté. C'est donc le personnage divin de Vishnu, dont l'histoire est poursuivie à travers ses transfigurations, qui donne de l'unité à chaque Purâna, et même peut-être à la collection tout entière. Les doctrines religieuses exposées, quelquefois très longuement, dans ces poèmes, appartiennent en majeure partie à la secte vishnuvite, ou, pour mieux dire, à la période de l'histoire de l'Inde où le dieu Vishnu a eu la prééminence dans les croyance publiques. L'intérêt même et la complaisance avec lesquels les poètes s'attachent à décrire ses incarnations sont une preuve de l'importance qu'avait son culte au temps où les Purânas furent composés. 

Le Vishnu-purâna et le Bhâgavata-purâna renferment non seulement le récit de ces avatâras ou descentes successives du Dieu, mais de nombreuses tirades de vers où l'auteur exalte avec une sorte d'effusion de coeur les vertus sublimes et les attributs métaphysiques de Vishnu. C'est autour de ce nom que se groupent les idées religieuses des poètes, leurs théories mystiques; c'est lui qui est le centre de leurs croyances, l'objet de leur culte et de leur amour. Les Purânas, en général, appartiennent donc bien réellement à la période vishnuvite de la religion brahmanique.

Au point de vue philosophique, il est bien difficile de démêler dans les expositions poétiques des Purânas la doctrine d'une école déterminée, et de rapporter ces poèmes soit aux Védantistes, soit au Sânkhya. II semble même (c'est du moins ce que prouve la lecture du Bhâgavata-purâna) qu'il n'y ait point ici de doctrine arrêtée, et que l'auteur flotte pour ainsi dire, entre toutes les écoles. Dans certains passages on trouve la pure métaphysique fondée sur la théologie issue du Vêda; ces passages sont d'une parfaite orthodoxie, et sembleraient avoir été composés dans le plus beau temps des écoles brahmaniques de l'antiquité. Dans d'autres, la philosophie rationaliste, connue sous le nom de Sânkhya, prend le dessus; le Vêda est écarté pour un temps; le sens privé est mis à la place de l'autorité sacrée, et la raison au-dessus de la foi. 

Bien plus, les doctrines elles-mêmes se contredisent quelquefois de la manière la plus formelle, sans que l'auteur ait paru s'en apercevoir; Dieu, l'homme avec son moi, le monde avec ses révolutions à longue et à courte période, les sens, l'intelligence, l'esprit de logique et d'examen, la morale même, tantôt humaine et pratique comme la nôtre, tantôt mystique et impraticable, tout ce qui compose la philosophie de l'Inde y est présenté sous les jours les plus divers et parfois les plus opposés. En doit-on conclure que chacun de ces poèmes, de ceux du moins que nous connaissons, est l'ouvrage de plusieurs hommes, de plusieurs écoles, de plusieurs époques? Cette conséquence n'est point nécessaire. En effet, si l'on sort des Purânas, et que l'on se reporte aux épopées d'abord, puis aux Védas et à l'immense littérature brahmanique fondée sur eux, on retrouve dans ces écrits des passages entiers que l'on avait lus dans les Purânas. Comme les Vêdas sont de beaucoup antérieurs aux épopées, et que celles-ci remontent elles-mêmes à une haute antiquité, on en conclut que c'est l'auteur purânique qui est le copiste, et que les passages originaux et primitifs doivent être cherchés dans ces anciens écrits. 

D'ailleurs, l'extrême diversité qui se rencontre dans le style et même dans la langue de ces divers passages montre à elle seule que les Purânas qui les renferment sont des ouvrages de seconde main, et pour ainsi dire des compilations. Or, ce ne sont pas seulement les récits de faits tout humains, tels que les légendes royales, qui renferment de tels emprunts, c'est aussi la partie des poèmes où se trouve la cosmogonie hindoue avec les exposés philosophiques qui s'y rapportent. Les auteurs ont emprunté des morceaux tout faits à des ouvrages qui existaient avant eux et qui avaient acquis dans l'Inde une réputation étendue et une sorte d'autorité. Les écoles les plus opposées ayant tour à tour, parfois même simultanément, joui de cette autorité et de ce renom, les écrits des unes et des autres qui pouvaient servir au but de l'auteur lui ont également fourni des fragments philosophiques, sans qu'il ait paru se mettre en peine d'accorder ou de dissimuler les contradictions : de là cette espèce de syncrétisme, souvent grossier, qui dépare ces grands poèmes. 

Les conditions où se sont placés les poètes purâniques ne leur permettaient guère de composer des oeuvres littérairement bien faites : comment écrire, même sur un héros unique tel que Vishnu, un bon poème avec des fragments empruntés à tous les temps et à toutes les écoles? Ils étaient d'ailleurs retenus dans les limites de la foi et de la tradition philosophique et littéraire des Brahmanes. Aussi la composition des Purânas est-elle ordinairement confuse; les développements sont diffus; les parties sont disproportionnées, tantôt trop courtes pour être claires, tantôt trop longues pour l'importance relative des sujets. Les mêmes idées reviennent souvent, exprimées dans les mêmes termes. Comme l'auteur ne nomme pas les poètes ou les ouvrages qu'il cite, on n'est point averti, et tout à coup l'on est transporté d'un morceau en style et en langue épique, emprunté par exemple au Mahâbhârata ou au Râmâyana, dans un autre tout différent de langue et de forme, et qui n'est autre chose qu'un hymne du Vêda. Il n'y a donc d'unité littéraire ni dans l'ensemble ni dans les parties de ces poèmes. Le seul lien qui les rattache et forme un tout de ces éléments si disparates, c'est la foi en Vishnu et la pensée qu'il faut l'adorer; mais c'est là une unité morale et non littéraire.

A un autre point de vue, les Purânas nous offrent de très beaux modèles de style. A l'époque où ils furent composés, les hommes instruits possédaient non seulement une langue parvenue à sa perfection, mais des connaissances poétiques, littéraires, grammaticales, extrêmement profondes et étendues. Là où l'auteur est redevenu lui-même et exprime ses propres sentiments comme il les éprouve, la langue sanscrite atteint un degré de perfection que l'on ne trouve ni dans les épopées ni même dans les drames. Le style de ces derniers est souvent maniéré, affecté, déparé par des figures de rhétorique qui lui ôtent une partie de son naturel; celui des épopées, beaucoup plus simple, a généralement encore quelque chose de rude ou du moins de positif qui n'indique pas une longue culture littéraire. 

Quant au Vêda, c'est presque un autre idiome; ce n'est pas du moins le sanscrit proprement dit. Les passages empruntés aux anciens livres font dans les Purânas un contraste qui fait ressortir encore la beauté du style propre de leurs auteurs, cette délicatesse infinie de la pensée qui, sans perdre sa vigueur, est rendue dans ses nuances les plus charmantes ou les plus touchantes, il y a aussi de fort beaux récits dans les Purânas, et qui n'ont rien à envier à aucune de nos narrations classiques les plus estimées. A ce point de vue leur étude offre un véritable intérêt. Enfin, ce qui caractérise peut-être le mieux ce genre et cette époque littéraire, c'est un mélange étonnant de poésie et de métaphysique. La littérature indienne a toujours uni ces deux choses, mais à des degrés et avec des succès divers : dans ces poèmes, la science la plus abstraite se fond avec la poésie la plus pénétrante. Les nombreux passages où elles s'unissent ainsi nous étonnent d'abord, puis nous charment par degrés, et enfin nous subjuguent.

Le Purâna est le Vêda des femmes et des castes non brahmaniques. Il n'est pas non plus l'oeuvre des brahmanes : c'est ce que prouvent l'étude de ces poèmes et les renseignements donnés par les grammairiens et par les commentateurs. En effet, il est hors de doute aujourd'hui que les grands Purânas ont été précédés par d'autres beaucoup plus anciens, moins nombreux et moins étendus. Ces anciens Purânas étaient au nombre de six : ils traitaient de la création, de la naissance et du règne des Manus, et de l'histoire des familles qui en descendaient. On peut croire que les doctrines théosophiques qu'ils renfermaient dérivaient exclusivement du Véda; car ils sont cités dans le Râmâyana, dans le Mahâbhârata, dans Manu, ouvrages appartenant aux premiers développements de la littérature sanscrite et antérieurs certainement au bouddhisme, c.-à-d. au VIe siècle avant notre ère. Ils sont même cités dans les Upanishads, lesquelles appartiennent à la littérature du Véda et sont par conséquent antérieures aux productions en langue sanscrite. Il ne semble pas qu'il reste rien dans l'Inde de ces Purânas primitifs; mais on voit que leur contenu était sensiblement différent de celui de nos Purânas. Ceux-ci, en effet, contiennent des doctrines empruntées des écoles brahmaniques de beaucoup postérieures aux temps védiques et même très modernes.

Telles sont les parties de ces grands poèmes où l'on traite de la dissolution finale du monde (pralaya); de l'affranchissement ou de la délivrance par le moyen, non des oeuvres, mais de la dévotion; de Hari et de ses perfections; et enfin des dêvas. Ces sujets ne sont pas indiqués comme faisant partie des Purânas primitifs, et nous savons par le, fait qu'ils ont été l'objet d'études de beaucoup postérieures. Mais il y a toute apparence que les grands Purânas modernes ont été faits sur le modèle des anciens, avec cette différence qu'ils ont pris un aspect plus métaphysique et se sont surtout attachés à faire prévaloir le culte sectaire de Vishnu. Dans tous ces poèmes également, c'est la forme du dialogue qui est employée; ou, pour mieux dire, il y a un narrateur et une personne qui écoute, n'interrompant que rarement, là où le récit est naturellement coupé. Ce narrateur porte invariablement le nom générique de Sûta, qui signifie cocher ou écuyer; mais le nom de famille de cet écuyer n'est pas le même dans tous les Purânas. Or, nous savons que les Sûtas formaient dans l'Inde une caste, dont une des fonctions principales était celle de bardes; fils d'une brahmani et d'un xattriya, ils étaient à la guerre les écuyers des xattriyas, et, pendant la paix, ils mettaient en vers les actions héroïques de ces derniers ou leurs généalogies; celles-ci, remontant aux dieux eux-mêmes, c.-à-d. aux êtres divins qui font mouvoir le Soleil et la Lune et qui président à la vie, conduisaient le poste jusqu'aux temps de la création primitive et aux règnes successifs des Manûs. 

Ainsi se sont composés les anciens Purânas, lesquels ne pouvaient contenir de théologie et de métaphysique que ce qui en était enseigné ou permis à la caste des écuyers. Ce fait est d'autant plus curieux, que, dans la suite, lorsque des hommes tels que Vôpadêva (auteur supposé du Bhâgavata-purâna) composèrent des poèmes sur les Antiquités, le caractère général des oeuvres antiques des Sûtas se conserva, malgré les développements qui furent donnés à la partie cosmogonique. Les grandes épopées, soit les itihâsas, dont la Mahâbhârata fut le plus considérable, soit les kavyas, tels que le Râmâyana, furent au contraire l'oeuvre des brahmanes, et purent se développer avec une richesse de poésie et une liberté de pensée et de mouvement qu'un Purâna pouvait difficilement atteindre. Ces faits attestent néanmoins la force du génie indien, qui voyait naître, jusque dans la caste déclassée des écuyers, des poèmes devenus célèbres, et qui ont été par la suite des modèles et des objets d'étude pour les plus savants brahmanes.

Est-il possible de déterminer l'époque où furent composés nos grands Purânas? Lorsque nous posséderons, imprimés, traduits et commentés, les 18 recueils purâniques, il est à croire que l'on aura les meilleurs éléments pour résoudre la question. Toutefois, la date approximative de ces ouvrages, comme de tous les autres écrits brahmaniques, ne sera véritablement fixée que quand le corps entier de la littérature indienne sera connu de nous. Dans l'état présent de la science, la question de date ne peut être abordée que pour ceux des Purânas que nous possédons pleinement, et surtout pour le Bhâgavata-purâna. Sa rédaction est antérieure au commencement du XIVe siècle de notre ère. Cette antériorité n'est pas sans doute très considérable; car la religion indienne ne s'est concentrée dans le culte de Vishnu qu'après l'expulsion définitive du bouddhisme de l'Inde; encore le développement de ce culte a-t-il exigé un certain temps. 

Or, nous le voyons en pleine vigueur dans le Bhâgavata-purâna, poème dont le titre est le nom le plus sublime qui ait été donné dans l'Inde à cette divinité. De plus, la confusion des doctrines philosophiques dans ce poème montre que les écoles avaient depuis longtemps dépassé le point de leur plus grand développement, puisque nulle d'entre elles ne domine exclusivement dans la théosophie des Purânas. Si l'on ajoute les remarques que peut fournir la langue ou le style de l'auteur, on est conduit à considérer son oeuvre comme assez récente et comme appartenant aux temps modernes. Mais ce fait n'ôte rien à sa valeur, soit comme pièce historique, soit comme monument de la littérature sanscrite.

Au contraire, il est beaucoup plus instructif pour nous de posséder des oeuvres récentes d'une aussi grande valeur intrinsèque, lorsque nous avons, pour représenter les âges antérieurs, les drames, les ouvrages bouddhiques, les épopées, et, pour les temps primitifs, le Vêda avec ses développements poétiques ou scolastiques. De la sorte il devient possible de suivre pour ainsi dire pas à pas le développement des idées et de la civilisation de l'Inde depuis un temps qui remonte au moins à douze ou quinze siècles av. J.-C. jusqu'à nos jours. Les Purânas forment l'un des derniers anneaux de cette chaîne continue, et sont eux-mêmes le point de départ et la plus belle expression des cultes modernes où l'Inde est parvenue. On voit ainsi la notion d'Agni, presque physique dans le Véda, s'idéaliser et s'abstraire, se transformer bientôt entre les mains des Brahmanes, et devenir l'idée de producteur du monde et de père de la vie; c'est ensuite Brâhma, l'être parfait, neutre, insaisissable à la pensée; alors, pour expliquer l'origine et la formation des êtres, la notion abstraite de Brâhma se complète et engendre la doctrine tout indienne des incarnations.

Cette doctrine était déjà dans toute sa vigueur au temps de Bouddha; elle prit plus d'empire encore sur les esprits pendant la lutte de la réforme et du brahmanisme; de sorte que, quand la victoire fut restée aux anciennes institutions et que le bouddhisme eut été chassé de l'Inde, la foi populaire prenait pour centre et pour objet principal du culte l'une ou l'autre des figures humaines de l'antique divinité védique. Ainsi prévalurent les cultes de Vishnu, de Shiva, de Krishna, dans lesquels la crédulité d'un peuple asservi à des maîtres étrangers ne vit plus pour ainsi dire que des idoles. Mais si les hommes ignorants étaient conduits à l'idolâtrie, la caste supérieure demeurait fort au-dessus de ces croyances grossières, et comprenait encore la valeur métaphysique des anciens symboles. C'est à cet état des esprits que répondent les Purânas. Depuis lors, ils sont demeurés en honneur dans l'Inde entière; ce sont eux qui contribuent le plus, parmi les livres sanscrits, à maintenir et à perpétuer les croyances indiennes; car les Vedas et leurs développements ne sont presque plus compris de personne, ou ne sont étudiés que pour être interprétés dans un sens moderne qu'ils n'ont jamais eu. Les doctrines purâniques ont donc prévalu sur celles de la Bible elle-même; et c'est aujourd'hui dans les Purânas qu'il faut chercher le dépôt des croyances populaires de l'Inde. (Emile Burnouf, 1877).



En bibliothèque - La Bhâgavata-purâna a été publié, avec scolies, à Calcutta en 1830, à Bombay en 1839, et, avec traduction française par Eug. Burnouf, à Paris en 1840-44., 2 in-fol. Wilson a traduit en anglais le Vishnu-purâna, et donné, dans une Introduction à cet ouvrage, l'analyse des autres Purânas. Voir aussi : Nève, les Pourânas, Paris, 1852.
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