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Les
textes
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| Les Chansons
de Geste (en latin du Moyen âge Cantilena). - C'est le
nom qu'on donne aux poèmes épiques composés en langue
française au Moyen âge et destinés jusqu'à une
époque tardive à être chantés en public, comme
les rapsodies des anciens Grecs, au son d'un instrument de musique. Ce
genre est nettement caractérisé par le choix des sujets,
le plus souvent empruntés à des traditions nationales, par
certaines habitudes de style, certains lieux communs, enfin par la versification
en tirades ou laisses monorimes, c.-à-d. en couplets formés
d'un nombre très variable de vers égaux de huit, dix ou douze
syllabes, liés par la même rime ou plus anciennement par la
même assonance.
Dans le latin parlé à la fin de l'Empire, particulièrement en Gaule, le pluriel neutre gesta (actions) était devenu un terme collectif de genre féminin, avec le sens d'histoire qu'il offre dans les textes bas-latins et parfois en français. Quand la conquête franque eut introduit l'usage germanique de chanter les événements et les héros contemporains ou traditionnels, d'abord dans la langue des envahisseurs, puis dans celle des vaincus, la récitation musicale de l'épopée fut désignée par l'expression chanter de geste. Les jongleurs qui s'y adonnèrent furent qualifiés jongleurs de geste. Les poèmes qu'ils chantaient, et qui restèrent longtemps la seule histoire en langue vulgaire, histoire populaire, passionnée, dépourvue de critique, mais (à l'origine du moins) sincère et presque véridique, s'appelèrent chansons de geste. Cet emploi du mot geste se retrouve dans le Midi provençal et dans des littératures étrangères qui ont subi l'influence de l'épopée française : ainsi les Espagnols ont traduit chanson de geste par cantare de gesta. On a dit quelquefois en France une geste pour une chanson de geste; et ce mot, transporté de l'autre côté de la Manche, y a pris, à l'époque de la décadence de l'épopée et de la classe qui la chantait, le sens actuel de l'anglais jest (plaisanterie, farce). Geste désigne également,
au Moyen âge, un ensemble de traditions et de récits épiques
et, par extension, une famille de héros nationaux, comme
N'ot ke III gestes en France la garnie:Les trois cycles principaux de l'épopée française sont rattachés à trois grandes familles, à trois groupes de personnages historiques ou légendaires : la geste du roi [Charlemagne], la geste de Guillaume d'Orange Oubliés à la fin du Moyen
âge, le mot geste et les expressions qu'il sert à former,
spécialement chanson de geste, reparaissent au commencement du XIXe
siècle dans les écrits de Roquefort et de l'abbé de
la Rue, et c'est Paulin Pâris qui en a le
premier saisi la véritable signification et les a remis en honneur,
sinon auprès du grand public, au moins dans le langage des savants
et des lettrés. Pâris a notamment permis de revenir sur plusieurs
fausses pistes dans lesquelles Fauriel avaient fourvoyé les
études à leur sujet : ainsi, il leur donnait à toutes
le nom de romans carolingiens Il est aujourd'hui hors de doute que les
chansons de gestes ont pris naissance chez les Trouvères, dans le
domaine de la langue d'oil. Elles furent vraisemblablement l'amplification
des chants guerriers (les cantilènes proprement dites), dont
on trouve des échantillons dans le recueil de poésies populaires
latines publié par Edelestand du Méril : c'est ce que
permet de supposer un fragment d'une épopée intitulée
Gormond
et Isembard |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.