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Les
textes
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| Confessions.
- Ce nom a été donné par St
Augustin à l'histoire de sa vie, ou plutôt de son âme
( Les confessions impliquent l'aveu des fautes,
des erreurs et même des vices. L'Église, dans les premiers
siècles, imposait aux pécheurs l'humiliation de s'accuser
publiquement, pour l'instruction des fidèles plus tard, un sage
adoucissement de la discipline réserva aux oreilles du prêtre
des aveux qui pouvaient devenir un objet de scandale plutôt que d'édification.
L'exemple de St Augustin a montré qu'on
pouvait transporter la confession dans les livres, et la faire complète
et touchante : mais elle n'est permise qu'à la condition d'éclairer
les hommes et de les rendre meilleurs, par la dignité, la droiture
et le repentir. Il n'y a de confessions que celles des personnages célèbres;
les qualités et les vices communs à tous les hommes n'intéressent
qu'à l'abri d'un nom illustre et d'un grand talent. Le lecteur cherche
ses traits dans ceux de l'écrivain; il demande l'analyse et la peinture
des sentiments qui le touchent, enfin ce qu'un des plus célèbres
auteurs du XIXe siècle, en parlant
de lui-même appelle une âme écrite (Lamartine,
préface des Confidences Bien des Confessions ont suivi Les
Confessions d'un Promeneur solitaire En revenant du roman aux confessions véritables, nous ne pouvons omettre les Mémoires d'Outre-tombe, de Chateaubriand; ils sont, en plusieurs parties, des aveux et des confidences plus que des mémoires politiques. Là, comme chez Rousseau, dont Chateaubriand fut l'élève toute sa vie, ou à peu près, on retrouve une de ces âmes ardentes de poète et de politique, dominée par l'intraitable orgueil de notre époque. Le moi y joue un rôle aussi absolu et plus fatigant peut-être que dans aucun livre du même genre : impitoyable dans ses ressentiments, même en présence de la vieillesse, de l'infortune et de l'exil, Chateaubriand s'est hâté de les satisfaire dès le tombeau. Il est discret du moins dans les souvenirs privés, et respecte la délicatesse du lecteur; mais on ne saurait méconnaître dans ses Mémoires la décadence du talent à côté de l'abaissement du caractère, et, si quelques pages portent encore l'empreinte du maître, à chaque instant l'on sent les retouches fréquentes et malheureuses des différents âges; et la langue de René, devenue quelquefois barbare, témoigne des sacrifices faits à la popularité du mauvais goût. Un illustre contemporain de Chateaubriand,
dans une imitation beaucoup plus directe du livre de Rousseau, a substitué
au titre de Confessions celui de Confidences "livré de son vivant les pages domestiques de sa vie obscure aux regards indifférents de quelques milliers de lecteurs."Il se fait honneur, à bon droit, de n'avoir livré que lui-même, en racontant sa vie, "sans qu'aucun nom et aucune mémoire puisse souffrir une peine et un oubli de son indiscrétion."Il est malheureusement trop aisé à l'écrivain d'égarer ses lecteurs, puisqu'il est toujours entre le panégyrique et l'apologie de son caractère, de ses moeurs et de sa conduite, si le respect de lui-même, le sentiment délicat des bienséances et la sévérité du goût ne le retiennent sur la pente glissante des aveux, des rancunes, et de l'amour-propre. (A. Didier, 1877). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.