|
|
|
|
Les
textes
|
|
| Bhagavad-Gita.
- On donne ce nom, qui signifie chant excellent, à un poème
sanscrit vulgairement considéré en Inde comme le dernier
chant du Mahâbhârata A quelque école de philosophie qu'on
rattache la Bhagavad-Gita, la doctrine qu'elle expose est essentiellement
brahmanique, fondée sur les lois de Manu L'âme étant immortelle, la
mort est indifférente; le sage, impassible, suit les lois de sa
caste sans désirer aucune récompense, et tout entier à
la contemplation qui conduit à l'unification avec Dieu Tout vit et change dans le jour de Brahma "Je suis, dit-il, la force qui soutient et gouverne les êtres; ils retournent à moi à chaque retour; à chaque renaissance du monde, je les recrée, et dans leur ensemble et individuellement; par moi la matière se meut et engendre; je suis aussi la prière et le sacrifice, la libation, le prêtre et la victime; je suis le père et l'aïeul du monde, l'essence des choses intelligibles, des choses visibles et invisibles; je suis le Dieu unique. Nul ne sait combien de fois je suis venu sur la terre: il suffit de savoir que je suis la cause première; j'ai des noms divers : Vishnu, le SoleilAlors Arjouna vit le dieu entouré d'une éclatante lumière; il vit le ciel et les mondes, les dieux, les saints et les principes des choses, dans le corps glorieux de Vishnu, et, se prosternant, il dit : Je crois. "Fixe sur moi ton esprit et ton coeur, et saisis-moi dans ma forme immatérielle; car c'est là le souverain bien. Matière, sensation, désir tiennent au corps; mais l'âme éternelle est intelligible et insaisissable; vaincue par la sensation, elle s'incorpore; dégagée, elle se divinise. L'homme de passion croit que le monde est par lui-même et que tout finit à la mort; j'ai joui, je jouis, je jouirai, voilà sa doctrine. Il y a, en effet, trois sortes d'hommes : les intelligents, qui adorent l'essence suprême de Dieu, sans espoir de récompense, et s'abstiennent des oeuvres sensuelles; les hommes de désir, qui adorent les déités inférieures et leur demandent les biens de ce monde, offrant le sacrifice dans l'espoir d'une jouissance prochaine et faisant leur devoir pour les avantages qu'il procure; les hommes de ténèbres, ignorants ou insensés, sacrifiant aux démons et aux fantômes malgré la loi du Véda, et n'accomplissant que des oeuvres de ténèbres. Offre donc le sacrifice désintéressé, qui purifie l'âme; fais le bien sans espoir; celui qui demeure fidèle à sa loi plaît à Dieu, se délivre de tous les maux, et, en mourant, s'identifie avec mon essence."La doctrine morale contenue dans la Bhagavad-Gita est d'une grande élévation, et d'une philosophie qui dépasse de beaucoup celle de Platon lui-même. Ce n'est point une suite de prescriptions adressées à des solitaires; c'est la morale pratique d'hommes vivant dans le monde, et pour qui la pensée de Dieu est un principe capable de rendre bonnes et d'élever au rang d'oeuvres de vertu les actions les plus ordinaires de la vie. (Em. B. 1877).
|
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.