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Valence
Valence(Julia Valentia; Valentia Segalaunorum) est une ville de France, chef-lieu du département de la Drôme, sur la rive gauche du Rhône (port), près du confluent de l'Isère, à 560 kilomètres au Sud-Est de Paris; population : 64 500 habitants. 

Malgré son heureuse situation, Valence n'a pris un véritable essor industriel et commercial que depuis l'ouverture du chemin de fer au XIXe siècle. Citadelle, belle cathédrale en style roman-byzantin (où se voit le mausolée de Pie VI); palais épiscopal, pont suspendu, belle promenade du Château des Fleurs, statue de Championnet. L'Université de Grenoble y fut transférée en 1454 par Louis XI : c'est là qu'enseigna Cujas; c'est là aussi que siégea la Chambre ardente qui condamna Mandrin, en 1755.

Valence a donné naissance : à Laurent Joubert, célèbre médecin du XVIe siècle, chancelier de l'Université de Montpellier, auteur de nombreux ouvrages; à Pluvinel, à Français (dit de Nantes), au général Championnet, dont la statue décore le Champ de Mars; à Bachasson de Montalivet, ministre sous l'Empire et sous la Restauration; au sénateur Bonjean; à Désiré Bancel, député au Corps législatif en 1869; à Bérenger de la Drôme, à Emile Augier, aux historiens Jules Olivier et baron de Coston, etc.

Monuments.
La ville est encore entourée de murailles flanquées de tours avec plusieurs portes; cette fortification date de François Ier qui séjourna dans cette ville en prévision d'une attaque de Charles-Quint. 

Le monument principal est la cathédrale dédiée à saint Apollinaire, vieille église romane consacrée par le pape Urbain II en 1095, réédifiée au XIIe siècle. Elle a trois nefs avec 75 m de longueur et 19 de largeur; on y voit le buste de Pie VI, attribué à Canova, sur un cénotaphe de marbre : on sait que Pie VI est mort à Valence en 1799. Le clocher, carrément assis sur un beau porche, a 57 m de hauteur. A une porte latérale de la cathédrale se trouve le monument funéraire du chanoine Mistral (1548) connu sous le nom de Pendentif .

L'église Saint-Jean a été reconstruite depuis quelques années dans le même style que la cathédrale. 

L'ancienne église de Saint-Ruf sert de temple protestant, et l'hôtel de l'abbé de Saint-Ruf est devenu celui du préfet. 

On remarque dans la Grande Rue la maison des Têtes, ainsi nommée des huit ou dix bustes exécutés sur la façade en ronde bosse représentant des personnages célèbres; on a cru y reconnaître Homère, Hippocrate, Louis XI et aussi Adam et Eve. Cette maison fut bâtie vers 1530, probablement par Dorne, un professeur de l'Université, de qui elle passa aux Marquet. 

Les curieux vont aussi visiter les sculptures de la maison Dupré-Latour. Le musée renferme des toiles de David, de Devéria et d'autres peintres célèbres. 

Histoire.
Valence était la capitale des Ségalaunes (Segalauni), qui faisaient partie de la confédération des Cavares. Elle devint de bonne heure colonie romaine et fit partie de la Ire Viennaise. Elle eut beaucoup à souffrir de l'invasion des barbares, prise successivement par les Wisigoths, les Alains (430) et les Sarrasins (vers 730). Elle fut, au Moyen âge, le siège de plusieurs conciles : en 374, 529, 585, 855, 1100 et 1248. L'évêché de Valence remonte, suivant la tradition, aux saints Félix, Fortunat et Achillée, disciples de saint Irénée, mais son premier titulaire connu est saint Emilien, l'un des Pères du concile de Sardique (347). 

L'évêque de Valence était seigneur temporel de sa ville épiscopale et de quelques bourgs environnants; il s'intitulait, en 1150, comte de Valence. Ayant obtenu, en 1157, des empereurs d'Allemagne, tous les privilèges de la souveraineté dans ses terres, il en jouit assez longtemps, malgré de nombreux conflits, tant avec ses sujets, qui avaient institué une maison de la confrérie, première forme des revendications municipales, qu'avec les Poitiers, comtes de Valentinois. C'est pour donner aux évêques le moyen de résister aux empiétements de ces derniers, que le pape unit en 1275 l'évêché de Die à celui de Valence. 

Dès le siècle suivant, les habitants de Valence, bien que sujets de l'évêque, jouissaient de franchises assez étendues puisqu'ils s'administraient eux-mêmes par l'intermédiaire de quatre syndics ou consuls élus chaque année, dont l'un était gentilhomme, le second bourgeois, le troisième marchand ou artisan et le quatrième laboureur. En 1396, ils implorèrent contre l'évêque la protection du roi dauphin, s'engageant à lui payer des subsides. Cet état de choses fut régularisé en 1456 par un traité aux termes duquel, l'évêque de Valence s'étant reconnu le vassal des dauphins, ses possessions furent incorporées au Dauphiné sous la réserve de certains droits.

Quand vint la Réforme, Valence fut la première ville du Dauphiné à y adhérer, et son occupation par le baron des Adrets, accompagnée du massacre de la Motte-Gondrin, son gouverneur, fut le signal de la première guerre civile dans tout le midi de la France (Les Guerres de Religion). 

Avant 1790, Valence était une des dix villes du Dauphiné, dont les consuls siégeaient à la tête du tiers état aux états généraux de la province. Elle était le chef-lieu d'une élection (tribunal pour les réclamations au sujet des impôts) comprenant 80 communautés, d'un présidial qui datait de 1636, d'une Université, fondée en 1452 par le dauphin Louis XI, et qui a compté parmi ses maîtres Cujas et Scaliger. Une école d'artillerie y fut établie en 1777, et Bonaparte y a fait trois séjours comme officier de cette arme, le 1er d'octobre 1785 à août 1786, et les deux autres, beaucoup plus courts, en 1788 et 1791.

L'évêché de Valence, compris par la Constitution de 1790 dans la province ecclésiastique d'Aix, passa par le concordat de 1801 dans celle de Lyon et enfin en 1821 dans celle d'Avignon (A.Mazon).

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Dictionnaire Villes et monuments
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