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Tours

Tours, Caesarodunum et Turones, est une ville de  France, chef-lieu du département d'Indre-et-Loire, sur la Loire, dans une belle situation, à 240 kilomètres au Sud-Ouest de Paris.  Confinée historiquement entre la rive gauche de la Loire et la rive droite du Cher, à 35 m d'altitude, elle déborde aujourd'hui au nord de la Loire (rattachement dans les années 1960 de Saint-Symphorien et de Sainte-Radegonde), au sud du Cher (parc de Grandmont), et sur des hauteurs voisines. Population :  près de 140 000 habitants.

On y remarque notamment la cathédrale du  XIIIe et du XIVe siècle, l'église de Saint-Julien du XIIIe siècle, le palais épiscopal, le pont Wilson sur la Loire, la statue érigée à Descartes en 1852, la Bibliothèque municipale, installée place Anatole France depuis 1957, le Musée des Beaux-arts (deux Mantegna célèbres), le Musée du Compagnonnage, le Muséum et d'histoire naturelle, le Jardin botanique (1843), etc..

Ancienne capitale desTurons, Tours devint, sous les Romains, le chef-lieu de la Lyonnaise III. Prise par les Wisigoths en 428, elle leur fut enlevée par Clovis en 507. Saint Martin et saint Grégoire ont été au nombre de ses premiers évêques. Cédée plus tard aux comtes d'Anjou, qui montèrent sur le trône d'Angleterre, elle fut reconquise en 1189 par Philippe-Auguste. Les états généraux s'y assemblèrent en 1468, 1484 et 1500. On y battait monnaie, et la livre, dite livre tournois, était moindre d'un cinquième que celle de Paris.

Configuration de la ville

Tours, est une des plus belles villes de France, une de plus riantes et pleines de charme au moins. Elle est située dans une plaine très basse, la Varenne de Tours, entre la Loire au Nord et le Cher au Sud, réunis en amont par un canal de 3 km environ. Cette situation, qui l'expose aux inondations des deux rivières contre lesquelles elle se défend par de superbes levées, et à laquelle on attribue un climat humide, a permis d'y tracer des rues droites et sans pente. Elle se présente par de beaux quais sur la Loire, large de 434 m, parsemée de plusieurs belles îles à l'aspect sauvage (île Simon et île Aucard, notamment), et traversée par plusieurs ponts, dont le pont Wilson qui, depuis 1978 replace l'ancien pont de pierre datant de 1777. La rive droite est dominée par les charmants coteaux de Saint-Symphorien et de Saint-Cyr, couverts de parcs et, de villas. Du pont, prolongeant le « Tranchée » par où passe la route de Paris par Vendôme descend du plateau de Gâtine, part la rue Nationale, belle voie droite où se trouve, depuis le milieu des années 1980, la célèbre librairie La Boîte à Livres, et qui se continue au Sud par l'avenue de Grammont ou route de Bordeaux, longée pendant près de 5 km par de belles rangées d'arbres. La rue Nationale, anciennement rue Royale, a été construite en même temps que le pont, et les propriétaires ont dû s'astreindre à un dessin de façades imposé par l'administration, qui construisit à ses frais le premier étage des maisons — ce qui explique que beaucoup d'entre elles n'avaient que cet étage (aujourd'hui, on ne trouve dans la partie Nord de cette rue que des maisons des années 1950). 

A 800 m de là Loire, la rue Nationale croise le mail ou les boulevards, larges promenades établies sur les anciens remparts et plantées en 1604 de magnifiques ormes. Ces boulevards divisent Tours en deux parties très distinctes : au Nord, vers la Loire, la vieille ville. Les rues, de plus en plus étroites à mesure qu'on s'approche de la rivière; sont bordées de maisons très vieilles (bel ensemble place Plummereau), tout à fait auprès des quais, de quelques beaux hôtels particuliers près des boulevards; c'est dans cette partie seulement que se trouvent les commerces. Au Sud, se dirigeant vers le Cher, sont les  quartiers, bâtis après la seconde moitié du XIXe siècle dans d'anciens marécages, et d'un aspect tout différent : les rues, qui se coupent à angle droit, sont bordées de petites maisons ou « particuliers », presque toutes bâties sur le même modèle, mais dont les jardins laissent arriver jusqu'à la rue leurs arbres, et sur tout leurs roses, extraordinairement nombreuses dans le pays. Tours a longtemps été la ville des fonctionnaires, des rentiers et de beaucoup de commerçants dont les magasins étaient dans l'autre partie de Tours. Il n'y a en effet presque aucune boutique dans ces nouveaux quartiers, un peu monotones,  mais gais en plein jour, sombres et tristes la nuit tombée. On y trouve un beau jardin public, le jardin des prébendes d'Oé (1872). Enfin, les faubourgs, ou la population ouvrière habite de petites maisons. Sur la rive droite de la Loire, une partie de Saint-Symphorien est administrativement rattachée à Tours.

Les principaux monuments de Tours

Tours possède un assez grand nombre de monuments appartenant à diverses époques. L'âge gallo-romain n'est représenté que par quelques pierres et pans de murs connus des seuls archéologues, des restes des anciennes arènes, plus considérables que celles de Nîmes et du mur d'enceinte. 

Le Moyen âge est plus richement représenté : à l'art roman on doit la tour de Saint-Julien, gracieuse et sobre, collée à une église abbatiale du XIIIe siècle. On y trouve encore de curieuses traces de peintures du XIe siècle. 

De la superbe basilique de Saint-Martin, si célèbre au Moyen âge, construite pour la dernière fois du XIIe au XIIIe siècle, mais détruite en 1802, il ne reste que deux tours, la tour de l'Horloge, défigurée par une coupole du XVIIIe siècle, et la belle tour Charlemagne; quelques débris d'un cloître de la Renaissance et quelques voûtes subsistent dans les environs. 
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Tours : fontaine de Beaune-Semblançay.
Tours : la tour Charlemagne.
La fontaine de Beaune-Semblançay, à Tours. La Tour Charlemagne.

La cathédrale Saint-Gatien est heureusement conservée. Sans approcher des superbes cathédrales de Bourges, Reims, Paris, etc., elle est toutefois fort belle. Commencée vers 1475, elle ne fut finie qu'à la Renaissance en 1547, et le style manque par conséquent d'unité. Le choeur est la partie la plus ancienne il était terminé en 1267. c'est un spécimen du style gothique pur. Les arcs-boutants sont élégants et les vitraux remarquables. La nef, sur un plan un peu plus étroit, appartient à l'âge flamboyant; on voit dans une des chapelles le tombeau des enfants de Charles VIII, exécuté sous la direction de Michel Colomb. La façade date de 1426 à 1547, elle est percée de trois portes flamboyantes et d'une belle rose. Les tours, hautes de 70 et 69 m, sont terminées par deux dômes de la Renaissance, richement ornés. 
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Tours : la cathédrale Saint-Gatien.
Façade ouest de la cathédrale Saint-Gatien, à Tours.

A la cathédrale se rattache, par deux énormes arcs-boutants, le joli cloître de la Psallette, du XVe et du XVIe siècle. 

Du Moyen âge, on remarque encore deux tours de l'ancienne enceinte, dont l'une porte le nom de tour de Guise, parce que le fils du Balafré y fut enfermé après l'assassinat de son père à Blois. Enfin un très grand nombre de maisons des XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles.

L'époque qui a immédiatement précédé là Renaissance est représentée par la fontaine de Beaune sur la place du Grand-Marché, plus curieuse que belle, exécutée sur les dessins de Michel Colomb en 1510, et par plusieurs maisons, dont celle que l'on appelle improprement « maison de Tristan l'Hermite » et qui date du règne de Charles VIII.

La Renaissance a laissé plus de monuments à Tours; nous citerons le charmant hôtel Gouin construit en 1440, mais orné de sculptures plus modernes et d'un effet très gracieux l'église Notre-Dame la Riche a été reconstruite au XVIe siècle et mérite bien son surnom par le luxe de ses sculptures; l'église Saint-Saturnin, un peu antérieure, a de belles fermes en bois et une verrière moderne intéressante. L'église de Saint-Symphorien a un beau portail Renaissance. 

Le XVIe siècle est représenté par la chapelle du lycée, reste d'un couvent des Minimes, dont les boiseries et la grille sont belles, par la préfecture, ancien couvent de la Visitation avec un parc superbe et une riche grille, par un arc de triomphe élevé en l'honneur de Louis XIV, et qui sert maintenant de portail à l'ancien palais des Archevêques (aujourd'hui le musée des Beaux-Arts ), mais il est défiguré par un couronnement moderne d'un effet désastreux.

Au XVIIIe siècle, on doit le magnifique pont, long de 434 m, large de près de 15, au tablier horizontal porté par quinze arches, les deux palais de la mairie et du musée, le palais du commerce, charmant hôtel bâti par Hardouin Mansart
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Demachy : panorama de Tours.
Panorama de Tours au XVIIIe siècle, par P.-A. Demachy (1787).

Le XIXe siècle a enrichi Tours de monuments intéressants ou riches : la gare monumentale, malheureusement trop petite et d'un effet peu heureux; le nouvel hôtel de ville, extraordinairement riche, mais bien lourd, et qui écrasé son voisin le palais de justice; le théâtre, luxueusement reconstruit après l'incendie de 1883; la très intéressante basilique de Saint-Martin, construite par Laloux dans le style roman (ou néo-byzantin) qui remplace l'ancienne basilique du même nom, avec de belles colonnes de marbre; les bâtiments de l'imprimerie Mame (détruits par les bombardements de 1940), enfin un grand nombre de groupes scolaires d'un aspect monumental, et en général charmant.

Du XXe siècle sont les quartiers reconstruits après la Seconde Guerre mondiale, mais aussi des édifices comme les Halles (1980) ou le Palais des Congrès (Le Vinci), vaste et massif vaisseau construit devant la gare par à Jean Nouvel (1994). 

Histoire de Tours

(Pour les événements de l'histoire de Tours qui se rattachent à celle de la province, V. Touraine). Nous n'avons aucun renseignement sur l'emplacement de la capitale des Turones avant la conquête romaine ; certains auteurs la placent sur les plateaux de Saint-Symphorien, d'autres à Saint-Cyr, d'autres enfin sur l'emplacement de Tours. Après la conquête, Caesarodunum (appelée à devenir au IVe siècle la capitale de la IIIe Lyonnaise) était dans la partie orientale de la ville actuelle, à l'Est de la cathédrale et de l'archevêché. 

Plus tard, après la fondation de l'abbaye de Saint-Martin (du nom de Martin, évêque de la ville pendant le dernier tiers du IVe s.), une nouvelle ville, absolument distincte de la première, se forma autour du sanctuaire, sous le nom de Martinopolis ou plutôt Châteauneuf, ce nom seul a subsisté. Entre les deux villes, fortifiées, s'établirent des bourgs nombreux. Chateauneuf, dépendant du chapitre de Saint-Martin, se révolta fréquemment pour en obtenir les libertés communales que celui-ci lui refusa constamment; l'intervention seule des rois de France lui fit obtenir des droits.

Ce n'est qu'en 1354 que fut décidée la réunion dans la même enceinte des deux villes qui prirent le nom de Tours. En 1163, le pape Alexandre III présida à Tours un concile où il excommunia l'antipape Victor et Frédéric Barberousse

La fin du XVe siècle, le XVIe et presque tout le XVIIe furent l'époque de la plus grande prospérité de Tours, capitale de la France sous les Valois et possédant, depuis Louis XI, une industrie des plus actives. Le tissage de la soie faisait vivre une bonne partie de sa population, et les produits en étaient des plus réputés (V. Testament politique de Richelieu, ch. IX, sect. VI). Mais cette industrie fut complètement ruinée par la révocation de l'édit de Nantes, et la ville perdit un très grand nombre de ses habitants au point de tomber, de 60.000 ou 80.000 habitants à 19.600 en 1789. 

La Révolution ne fut marquée à Tours par aucun événement très important, la population suivit le mouvement, sans l'exagérer, comme elle a toujours fait depuis. Les malheurs de la guerre de 1870 ont donné pendant quelques mois à Tours la situation de capitale de la France. En effet, la délégation du gouvernement de là Défense nationale s'y installa d'octobre à décembre 1870.

Tours, qui est une ville de garnison et aussi un important noeud ferroviaire, est indirectement mais fortement affectée par la Première Guerre mondiale. L'impact de la Seconde Guerre mondiale sera bien plus direct. Pendant quelques jours, en juin 1940, pendant la débâcle, le gouvernement et l'Assemblée siègent dans la ville. Et quelques jours plus tard (20-22 juin), Les bombardements allemands causent des incendies à l'origine de la destruction d'une grande partie du patrimoine local (avec notamment la destruction de la bibliothèque dont une grande partie des trésors disparaissent à jamais). En mai 1944, ce sont les Alliés qui bombardent Tours, cette fois principalement les installations ferroviaires. La ville est libérée le 1er septembre de cette même année. Après la guerre, la reconstruction du centre-ville, qui occupe les années 1950, reprendra en partie l'ancien plan en damier, mais les anciens monuments détruits ne seront pas reconstruits. 
 

Ils sont nés à Tours...

Parmi les nombreuses personnalités qui sont nées à Tours, citons l'hérésiarque Bérenger (998-1088), le poète René Rapin (1621-1687), Néricaut-Destouches, le poète comique (1680- 1754), l'imprimeur Mathieu Dutens, les généraux Meusnier, Marescot,le musicien Philippe Musard,  les médecins Heurteloup, Bretonneau, Velpeau, Trousseau, le romancier Honoré de Balzac, etc.

Armes de Tours. De Sable, à 3 tours, ouvertes d'argent, 2 et 1 du chef d'azur chargé de 3 fleurs de lis d'or. Devise : Sustentant lilia turres. (J.-G. Kergomard).

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Dictionnaire Villes et monuments
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