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La
cathédrale
Saint-Etienne, à Toulouse ,
est formée d'un choeur et d'une nef
entièrement différents d'aspect et non construits sur le
même axe. En effet, la nef a été bâtie à
partir de 1211 sous l'impulsion du comte Raymond VI, dont on voit encore
les armoiries sculptées sur l'une des clefs de la voûte;
c'est une imposante construction de briques comportant trois travées
de plan barlong, larges de 19,24 m, voûtées de massives ogives
au profil rectangulaire, dont l'arc est à
peine brisé, et d'arcs doubleaux
très puissants, qui sont actuellement dépourvus de piédroits,
bien qu'à la naissance de la voûte soient encastrés
dans le mur de forts chapiteaux. Ces chapiteaux,
ainsi que ceux qui forment l'arcature de
la galerie intérieure du mur de façade,
sont d'un très beau style roman,
imités du type corinthien,
la perfection et le relief de leur sculpture
ne permettent pas d'y voir, comme le voudraient les érudits toulousains,
des restes de l'église'
cathédrale
bâtie par l'évêque Izarn (1070-1105).
Cette nef
est décorée d'une clef de voûte,
où la croix de Toulouse
est sculptée, et d'une rosace de 6,76
m de diamètre, à compartiments nombreux, ciselés avec
délicatesse, et dont le remplage rappelle celle de la façade
de Notre-Dame de Paris ,
mais avec plus de lourdeur, et qui peut être datée de 1230.
Il a quelques beaux vitraux. Un jubé
à bas-reliefs et à arabesques
de mauvais goût le sépare de la nef. Le portail
est du XVe siècle; il a beaucoup
souffert des injures du temps, et du vandalisme de la Révolution.
On devait construire une nef latérale; mais ce projet fut abandonné
: de là l'irrégularité de la disposition générale.
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La
cathédrale Saint-Etienne, à Toulouse.
(Photo
: S. Jodra, 2008).
L'évêque
Bertrand de l'Isle conçut le projet de construire une cathédrale
semblable à celles du Nord de la France ,
et il fit commencer en 1273 la construction d'un choeur
avec collatéral et chapelles sur
le pourtour, bâti en pierre de Roquefort (50 m de longueur); il n'eut
le temps d'en pousser la construction. que jusqu'à la galerie en
forme de triforium. A la mort de cet évêque
(1286), les travaux furent presque complètement arrêtés,
une toiture provisoire fut posée et ses successeurs s'occupèrent
seulement des chapelles; en 1449, on commença à bâtir
le grand portail qui s'ouvre sur la façade
de la vieille nef. L'archevêque Jean d'Orléans
reprit les travaux dans le choeur, dont il termina les chapelles; les contreforts
en furent surélevés pour permettre la construction d'arcs-boutants.
Le clocher
fut commencé à cette époque sur le côté
de la vieille nef, c'est une tour rectangulaire très massive. Le
choeur, brûlé dans les premières années du XVIIe
siècle, fut reconstruit de 1609 à 1612; il représente
le commencement d'une nouvelle église
qui n'a pas été continuée, et son axe ne répond
pas à celui de la nef. Le chapitre, avec l'aide du Parlement et
des Etats de Languedoc ,
fit construire la voûte par P. Levesville,
maître maçon d'Orléans ,
qui la termina en 1611; alors on sculpta les stalles et les boiseries de
l'orgue. De 1664 à 1669, l'architecte Pierre Mercier éleva
le grand retable du maître autel;
dans ce retable de pierre et de marbre, Gervais
Drouet sculpta le groupe de la lapidation de saint Etienne. (Martin).
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La
nef de la cathédrale Saint-Etienne, à Toulouse.
(Photo
: S. Jodra, 2008).
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