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Thèbes (en Egypte)

Thèbes (en égyptien Ouasit, nom applicable à toute la principauté, Hâit Amon et Nouit Amon, noms religieux dont les Grecs ont fait Diospolis, ou encore Apit qui paraît avoir eu un sens plus limité, d'où le grec Thebai et le copte Tapé). - Cette localité de l'ancienne Égypte, à 675 kilomètres du Caire (722 par le Nil), fut la capitale de l'Empire égyptien pendant la période où il eut le plus d'éclat (Nouvel Empire). Cette ville était, en effet, admirablement située au point de vue stratégique et au point de vue commercial. Placée à égale distance entre les frontières méridionales et les frontières septentrionales de I'Égypte, elle permettait aux souverains qui y habitaient de veiller à la fois à la défense des nomes asiatiques et des nomes africains. De plus, Thèbes communiquait facilement avec les régions éthiopiennes, par le Nil, et avec les régions asiatiques, grâce aux routes que créèrent les Amen-em-hâ entre l'Égypte et les différents ports de la mer Rouge. 

Sa grandeur était proverbiale en Orient; pour Homère, le nombre des grains de sable dépassait seul la quantité des richesses enfermées dans « Thèbes aux cent Portes » (Il., IX, 383.5).  Elle avait pour dieux la triade formée d'Amon, de la déesse Maut et du dieu lunaire Khonsou (Religion égyptienne). Ses ruines couvrent les deux rives du Nil, et sont répandues au milieu de villages modernes : Louqsor et Karnak, sur la rive droite du Nil,  Kournah ou Gournah, et Medinet-Abou sur la rive occidentale. A l'écart de cette rive, se situe également la grande nécropole thébaine, avec la Vallée de rois et la Vallée des reines. C'est un site exceptionnel, dont la vue déjà excita dans toute l'armée française, en 1798, une explosion d'enthousiasme, et qui reste aujourd'hui un très haut lieu du tourisme.

Situation, aspect général, climat. 
Le Nil y coule du Sud-Est au Nord-Est, et son lit très élargi (près de 1 500 m de large devant Louqsor) est partagé en plusieurs canaux par quatre îles longues et basses, à savoir une au Nord de Karnak, une au Sud de Louqsor et deux dans l'intervalle. Une double chaîne de hauteurs enveloppe la plaine à droite et à gauche du fleuve et forme un vaste cirque, ou se déployait non seulement l'antique métropole, mais encore toute une banlieue de terres cultivées. Mais tandis que la chaîne Libyque détache vers l'Est un éperon montagneux aux parois abruptes qui vient se terminer près de Qournah, à 300 ou 400 m, de la rive du fleuve, la chaîne Arabique, moins accentuée et moins proche, descend en longues pentes vers Louqsor et Karnak. La ville proprement dite (25° 41' 57" de latitude Nord, 30° 15' 7" de longitude Est) s'élevait sur la rive droite et occupait toutes les terres comprises entre les villages modernes de Louqsor et de Karnak, distants l'un de l'autre d'environ 2 kilomètres Ce dernier se trouve être aujourd'hui à 800 m du Nil, tandis que Louqsor est bâti sur le bord même du fleuve. 

Sur l'autre rive était la nécropole, comprenant non seulement les nombreux hypogées creusés dans la montagne, mais encore tous les édifices et tous les sites aujourd hui même occupés par des villages parsemés dans la vaste plaine qui s'étend entre la montagne et le Nil et mesure environ cinq kilomètres du Nord-Est au Sud-Ouest et de 1500 à 1800 m dans l'autre sens. Ces petits villages sont, du Nord au Sud : Qournah, à 500 ou 600 m du Nil, Cheikh 'Abd el-Qournah, au pied de la montagne, et en partie sur la montagne qui tire son nom d'un lieu-dit voisin; Deir el-Médinèh, Qournet-el Mourraï et Medinet-Abou, aujourd'hui abandonnés, ne servent plus qu'à désigner les monuments de leur voisinage. 
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Ruines du village d'artisans de Deir el-Medineh. (Source : bigfoto.com).

Plus importants, sont les villages de la rive droite, Louqsor dont le nom n'est-qu'une altération de l'arabe el-Qousoûr, pluriel d'el-Qasr « le Palais »), longtemps station principale de la Haute-Égypte pour les voyageurs, possédant des hôtels confortables, où déjà à la fin du XIXe siècle affluait chaque hiver, une population cosmopolite qui disparaissait avec les premières chaleurs à la fin de mars. Les grandes puissances y avaient des agents consulaires, choisis parmi les notables de la population copte, une des plus riches de la région. Déjà à cette époque, la plupart des habitants vivaient presque exclusivement des ressources qu'apportait chaque année la riche colonie nomade : les uns s'employaient comme domestiques dans les hôtels, d'autres étaient âniers ou guides; tous étaient plus ou moins marchands d'antiquités et écoulaient les scarabées et autres menus bibelots que fabriquaient d'habiles faussaires, simples fellahs comme eux. Karnak, situé dans les terres, n'avait qu'une population agricole. 

Le climat de Thèbes est très sec et très sain. La pluie y est rare et la gelée inconnue. Les deux mois les plus doux y sont décembre et janvier. On y jouit alors d'une température qui oscille entre 15° et 25° C., avec beaucoup de fraîcheur la nuit. Février est plus chaud sans être moins agréable; en mars, la température s'élève très sensiblement sans pourtant rendre le pays inhabitable, grâce à la fraîcheur réparatrice des nuits. A partir d'avril, Thèbes devient difficilement supportable sauf pour les voyageurs qui ne craignent pas de traverser la plaine par 35° de chaleur. En été, le thermomètre accuse couramment 40° C. 

Histoire.
L'histoire ne sait rien de ses origines. Sous les rois memphites, c'était une petite bourgade de la rive droite du Nil, révérant un dieu encore obscur du nom d'Amon. Vers la Xe dynastie (L'Ancien Empire), au moment où faiblissait la puissance des princes d'Héracléopolis qui avaient supplanté depuis plus d'un siècle les rois memphites, celle des petits princes de Thèbes grandit. De gros village qu'elle était jusqu'alors, Thèbes devint, grâce à sa position géographique, un centre d'une certaine importance; des succès militaires en firent une capitale. Moutouhotp IV, l'un des rois de la dynastie qui s'était affranchie du joug des Héracléopolitains, avait pu déjà réunir sous son autorité l'Égypte du Nord à celle du Sud, des bouches du Nil à Éléphantine; sous la XIVe dynastie, tout le cours inférieur du Nil, depuis la troisième cataracte, était reconquis. La puissance thébaine était telle alors que, dans ses plus mauvais jours, quand l'Égypte fut envahie par les Hyksos, ceux-ci durent se borner à l'occupation du Delta, razziant, dans la vallée, les provinces les plus voisines, mais ne purent fonder rien de durable dans le Sud. Soumise alors à l'obligation de payer tribut, Thèbes garda son autonomie et son influence sur les principautés voisines, simples tributaires comme elle. Elle incarne alors l'esprit de résistance nationale. Après deux siècles, elle entre en révolte ouverte, elle chasse les Hyksos de l'Égypte, elle reprend son rang, elle reconstitue et agrandit son empire. Telle fut l'oeuvre de quatre dynasties royales (XVIIe-XXe). C'est le libérateur même de l'Égypte, Ahmosis Ier, qui commença et son fils, Aménôthes ler (Aménophis I), qui réussit entièrement à reconquérir la Nubie. L'expulsion des Hyksos venait d'ouvrir la route de l'Asie. Ces rois de la XVIIIe dynastie prirent alors l'offensive de ce côté et le mouvement d'expansion commencé au Sud de l'Égypte se porta et s'accentua vers l'Est.

Ce fut une belle période de l'histoire d'Égypte, qui dura environ dix siècles, et pendant lesquels Thèbes rayonna d'un éclat sans rival. Les rois de la XVIIIe et de la XIXe dynastie avaient accumulé dans leur capitale un immense butin; ils l'avaient, pour ainsi dire, peuplée de prisonniers de guerre. La situation de Thèbes, non moins que ses victoires, avait fait d'elle alors le principal entrepôt du monde. Les marchandises venaient à elle des bords du golfe Persique et de la mer Rouge par la route de Coptes, de l'Afrique intertropicale par le Nil et peut-être de l'extrême Sahara, par les nombreuses routes du désert et les oasis. Toutes ces ressources furent mises à profit pour élever les splendides constructions qui excitent encore notre admiration. Le dieu Amon avait donné aux princes thébains la victoire; ils élevèrent à sa gloire des temples d'une grandeur et d'une richesse incomparables.

Mais, malgré sa puissance, Thèbes ne put échapper à son destin. Les rois de la XIXe dynastie, ceux mêmes qui, comme Séti Ier, et Ramsès II, avaient le plus contribué à sa grandeur, lui suscitèrent, sans y prendre garde, dans Tanis une rivale. Par le fait de sa position méridionale, Thèbes se trouvait trop éloignée de la région où le pouvoir de ses princes était le plus exposé aux atteintes des peuples asiatiques. Le grand Ramsès et ses successeurs se virent donc dans la nécessité de fonder des établissements militaires importants dans le Delta. Le commerce acheva de donner à Tanis, à Bubastis, à Saïs une importance qui contrebalança celle de la vieille capitale. Les dynasties consécutives s'établirent dans le Nord et ne virent plus en Thèbes que le centre religieux du culte d'Amon et des anciens rois.

Thèbes avait pour toujours perdu la suprématie : toute une Égypte finissait avec elle. La vie se retira peu à peu de ses murs; sa population décrue se resserra autour de ses temples : ce ne fut bientôt plus qu'un grand décor. Sans défense contre l'armée des Assyriens, lors de leur invasion en Égypte, elle fut pillée par Asarhaddon en 672 av. J.-C., dépouillée de ses statues et d'une grande partie de ses trésors. Quelques années plus tard, en 665, Assurbanipal recommença le pillage : cette fois, elle fut saccagée à fond et ses habitants emmenés en esclavage. Ninive avait durement consommé sa ruine; la piété de Psammétique Ier, dans la seconde moitié du VIIe siècle, d'Amasis, au VIe, restaurait son grand temple. Cambyse la traversait en 525 avec ses Perses dans une expédition contre la Nubie : c'est de Thèbes qu'il envoyait contre Carthage une armée d'avant-garde qui s'évanouissait dans le désert. Selon Diodore (I., 46), il aurait renouvelé le sac des conquérants assyriens; quatre siècles et demi plus tard, il eut un émule en Ptolémée Lathyre qui voulut punir Thèbes de s'être déclaré pour son frère et rival Alexandre. Il l'assiégea pendant trois ans, finit par la forcer et la livra une fois de plus à la destruction. Un tremblement de terre dans les premiers siècles de notre ère acheva l'oeuvre de ces saccageurs. Il y a néanmoins à Karnak des traces de restauration contemporaines d'Auguste et de Tibère.

Diodore de Sicile la visita entre 60 et 57 av. J.-C. Il parle de constructions et de monuments qui ont subsisté, dit-il, jusqu'à une époque assez récente, mais sans indiquer l'état où il les a trouvés. Il fait seulement exception pour les tombeaux des rois : des 17 tombes qui existaient encore sur 47, au temps de Ptolémée, fils de Lagos, il constate que plusieurs étaient détruites au moment de son voyage, pendant la 180e Olympiade (1, 46) (Jeux Olympiques). Strabon est plus précis. Il avait vu la ville trente-cinq ans après le tremblement de terre de l'an 27. Voici ce qu'il en dit :

« Aujourd'hui, les restes de sa grandeur se montrent sur 80 stades de longueur; ce sont en majeure partie des temples [...] Elle est aujourd'hui habitée par bourgades,partie en Arabie (la rive droite du Nil confinant à la chaîne Arabique), où était la ville, partie dans la région où, était le Memnonium; là, de deux colosses qui se trouvent rapprochés, l'un est intact, la partie supérieure de l'autre est tombée du siège à la suite, dit-on, d'un tremblement de terre [...] Au-dessus du Memnonium, les sarcophages des rois occupent des grottes dans la pierre desquelles ils ont été taillés. Il y a, à Thèbes, sur des obélisques, des inscriptions faisant connaître la richesse des rois d'alors, l'étendue de leur empire jusque chez les Scythes, les Bactriens, les Indiens et l'Ionie actuelle, une multitude de tribus et des armées d'environ un million d'humains ».
Vers l'an 140 de notre ère, Diospolis Magna figure encore sur les tables de Ptolémée comme la métropole du nome thébain. A la fin du IVe siècle, quand Théodore promulgua son édit (389), il y avait longtemps que les temples offraient le spectacle affligeant d'édifices dont le délabrement défiait toute tentative de restauration. Tels quels, ils n'en furent pas moins appréciés par les chrétiens qui y installèrent leur culte et contribuèrent souvent à les dégrader quand ils s'attaquèrent aux images ou aux gros matériaux des chambres et des portiques pour les accommoder à leur destination nouvelle; mais plus souvent encore, il faut bien le reconnaître, à les conserver, car c'est au crépi qu'ils étendaient sur les bas-reliefs, dont la seule vue était sacrilège, que la plupart de ces images ont dû leur salut.
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Topographie de la Thèbes antique.
Il ne nous reste des voyageurs grecs qui visitèrent Thèbes aucune description aussi étendue, par exemple, que celle d'Alexandrie par Strabon, et si la plupart des monuments avaient disparu sans laisser de traces apparentes et ne formant que le sous-sol d'une grande cité moderne, nous en serions réduits aux conjectures pour nous représenter la Thèbes aux cent portes d'Homère d'après les quelques données de Strabon et de Diodore. Mais l'abandon où est tombée Thèbes du jour où elle cessa d'être capitale fut son salut pour l'histoire. Ses ruines subsistèrent, protégées par cet abandon. L'autre grande capitale de l'Égypte, Memphis, pour avoir été plus vivace, est presque entièrement disparue; son importance ne se mesure qu'à celle de sa nécropole sauvée d'une destruction complète par la masse de ses pyramides et par les sables du désert. Exploités par les khalifes et les sultans mamelouks comme de simples carrières, ses nombreux temples sont tombés l'un après l'autre, et les débris s'en retrouvent parfois, comme ceux des temples d'Héliopolis, en quelques pierres mal retaillées des mosquées du Caire. Trop éloignée du centre de l'activité constructrice des maîtres de l'Égypte musulmane pour avoir le même sort, Thèbes nous est parvenue peu différente de l'état où elle se trouvait encore au moment de l'édit de Théodose. Les dégâts que ses édifices ont eu à subir, du fait de quelque cataclysme ou de la main des humains, n'ont pas sensiblement altéré leur physionomie; la pierre écroulée est le plus souvent restée à pied d'oeuvre. La topographie de Thèbes ou du moins de la Thèbes monumentale ressort donc très clairement de l'étude de ses ruines. Nous les passerons rapidement en revue.

Rive droite.
Sur la rive droite, le squelette de la ville proprement dite est formé par le temple de Louqsor, le groupe de temples désigné sous le nom de temple de Karnak, les restes de la chaussée qui reliait ses deux temples, et d'un quai situé en regard du temple de Karnak. Le vaste, ensemble que forme le temple de Karnak et qui est situé à un kilomètre de la rive droite actuelle du fleuve, se compose de deux grands groupes que sépare la cour d'Aménôthès III, entre le 4e et le 5epylône. 

1° Le groupe de l'Est, le plus ancien, est tout entier de la XVIIle dynastie, abstraction faite du temple primitif de la XIIe dynastie qui dut être en grande partie absorbé dans la reconstruction de Thoutmosis Ier. Son mode de formation est le développement normal de constructions autour d'un temple-noyau ayant son enceinte (la première enceinte) et sa façade (le 5e pylône). Le même Thoutmosis  Ier, l'accrut d'un nouveau vestibule hypostyle et d'un nouveau pylône (le 4e). L'édifice que Thoutmosis III construisit à l'Est du sanctuaire eut pour conséquence la construction d'une seconde enceinte qui vint rencontrer le pylône de Thoutmosis Il, prolongé de même, en reportant 30 mètres à l'Ouest la façade du temple par la création de son pylône (le 3e), Aménôthès III fut amené plus tard à doter le vieil édifice d'une troisième enceinte, attribuée à tort à Ramsès II. -
2° Au temple ainsi formé est venu progressivement s'ajouter, en avant, le groupe de l'Ouest, à savoir : d'abord la salle hypostyle, sous Ramsès Ier, puis, sous les Bubastites, la cour englobant deux édifices, le petit temple de Séti II et le temple de Ramsès III, orientés l'un et l'autre de manière à avoir leur entrée tournée vers le dromos (allée); enfin, sous les Ptolémées, le pylône qui manquait à la cour. Telle en est la genèse. La seule énumération des édifices ainsi que leur orientation suffiront à rendre compte de ce magnifique ensemble monumental qui n'a nulle part son égal. Pour le surplus on se reportera à l'article Karnak. Les édifices enclos dans la grande enceinte sont : 
1° le grand temple d'Amon avec ses six pylônes, sa grande cour, sa grande salle hypostyle, près de vingt salles à colonnes et un nombre triple de chambres de toute espèce dans la cour même du temple d'Amon;

2° le temple de Séti II

3° le temple de Ramsès III au Nord du temple d'Amon; 

4° le temple de Ptah, qui s'appuie contre l'enceinte; à l'Est;

5° et 6°, deux édicules portant les cartouches de Ramsès Il;

7° une série de petites chapelles de la XXVIe dynastie, au Sud, ou se trouve l'aire, la plus large, l'enceinte étant plus éloignée du grand.temple; 

8° l'ensemble de pylônes (au nombre de 4) que Mariette appelait les propylées du Sud;

9° la chapelle de Thoutmosis III;

10° la chapelle d'Aménôthès III en relation avec les propylées

11° le temple de Khonsou;

12° le temple de la déesse Apet

13° le lac sacré;

14° l'édifice de Taharqa, près du lac;

15° le vaste magasin dont la destination reste discutée. 

Au Nord de la grande enceinte s'appuie une autre enceinte beaucoup plus petite contenant quatre temples et six petites chapelles; l'édifice principal y est le temple de Montou auquel conduisait une allée de sphinx; dans les environs de la chapelle on a reconnu les débris de plusieurs édifices; c'est dans l'angle formé par le mur Ouest de la petite enceinte et le mur Nord de la grande que se trouve encore la plus grande masse de décombres provenant de la ville antique; partout ailleurs les terres cultivées ont tout recouvert. 

A l'Ouest de la grande enceinte, et dans l'axe du grand pylône construit ou reconstruit par les Ptolémées, une allée de béliers conduit à un quai antique où ont été retrouvées 45 inscriptions mentionnant la hauteur des crues du Nil depuis l'an VI de Sheshonk Ier, jusqu'à l'an XIX de Psammétique Ier

Au Sud, se détachent de la grande enceinte deux avenues de béliers; la première conduit à plusieurs édifices groupés dans une enceinte rectangulaire et dont le principal est le temple de la déesse Maut; un lac sacré de forme semi-circulaire se développe autour de son sanctuaire. 

La seconde avenue, partie du pylône du temple de Khonsou, se dirige presque parallèlement à la précédente ; un grand dromos, terminé en fourche, les réunissait au temple de Louqsor.
Ce temple, qui était une dépendance du grand temple d'Amon de Karnak, est caractérisé par sa longueur en quelque sorte démesurée, due aux remaniements qu'il a subis en cours de construction. Ce monument est, tout au moins dans son ensemble, l'oeuvre des grands rois thébains, Aménôthès III et Ramsès II. Aménôthès, qui en fut, à ce qu'il semble, le fondateur (du moins sous sa forme actuelle, car on a quelque raison de penser qu'un temple de la XIIedynastie s'élevait déjà sur les lieux, temple qu'Aménôthès dut démolir de fond en comble, quitte à en utiliser les matériaux), en modifia à deux reprises le plan primitif. Ce plan comprenait d'abord, à quelques détails près, le sanctuaire actuel précédé d'une salle hypostyle abritée du côté Nord par un pylône, le tout élevé sur un soubassement en prévision de la crue du Nil. Revenant sur sa première idée, l'architecte d'Aménôthès y ajouta une grande cour entourée sur trois de ses ailes d'un portique et reporta le pylône en avant de la cour. Il ne s'en tint pas là : une sorte de voie triomphale reliait le temple de Karnak à celui de Louqsor. Aménôthès la fit en quelque sorte pénétrer dans ce dernier temple, en ajoutant encore au quatrième une nouvelle cour à colonnes. Ce programme était sans doute trop vaste pour être terminé sous un même règne. Les événements qui firent délaisser Thèbes par le fils et successeur d'Aménôthès (Aménophis) III ne purent que nuire à son achèvement et les rois Toutankhamon et Horemheb, vingt ou trente ans plus tard, se contentèrent d'emmurer à droite et à gauche de la grande nef et d'en faire ainsi un vestibule hypthère. C'est à cet ensemble déjà passablement étiré que Ramsès Il ne craignit pas d'ajouter une nouvelle cour à portiques, plus grande encore que celle d'Aménôthès, et précédée d'un pylône monumental dont l'aspect imposant était rendu encore plus grandiose par deux obélisques (l'un de ces deux obélisques est celui de Paris) et six statues colossales. Si l'on ajoute à cela la chapelle de granit, construite sous Alexandre le Grand, on a énuméré toutes les transformations par lesquelles a passé ce magnifique édifice. 
Ce qu'il faut surtout retenir ici, c'est que, déjà sous la XVIIIe dynastie, - le plan adopté par Aménôthès III dans ses remaniements successifs et l'avenue bordée de béliers portant le cartouche de ce pharaon nous le prouvent amplement - le temple de Louqsor est conçu comme une dépendance du grand temple de Karnak. Des cérémonies processionnelles célébrées de l'un à l'autre se développaient sur le dromos, belle chaussée dallée de 6 mètres de large et élevée au-dessus du niveau de l'inondation. 

Nous avons déjà fait allusion aux débris de la ville antique, encore visible au Nord de la grande enceinte de Karnak : ce n'est qu'une faible partie de l'ancienne Thèbes; celle-ci devait s'étendre très au loin dans toutes les direclions. Nedamoul (l'ancienne Madiet) en était probablement le faubourg le plus septentrional. Construite en briques crues, et, d'une manière générale, avec des matériaux fragiles, elle a disparu dans le même naufrage que tout le reste de l'architecture civile de l'ancienne Égypte. Palais, villas, magasins, casernes, rien de tout cela ne pouvait résister aux invasions qui se sont succédées, et surtout à l'abandon qui en est résulté. Le Nil, qui, avant la construction du barrage d'Assouan (inauguré en mai 1964), pénétrait encore, au moment de sa crue, dans la salle hypostyle et la transformait en une immense construction lacustre, eut facilement raison de ces amas de décombres et rendit à la végétation le sol de cette grande capitale; on s'est toutefois demandé si le temple de Karnak n'avait pas été, en même temps que la demeure des dieux de Thèbes, le palais de ses rois, comme ont semblé l'accréditer certaines constatations, faites par G. Legrain en déblayant les alentours de la grande salle à colonnes que l'on appelle l'édifice de Thoutmosis III, et tendraient à faire reconnaître dans cette partie du temple, une véritable habitation, non dépourvue d'analogie avec le palais royal découvert, quelques années plus tôt à Tell-el-Amarna. Il est à remarquer que toute cette vaste construction contenant de nombreuses salles à colonnes, et située au delà de l'emplacement probable du sanctuaire, ne communique avec le reste du temple que par une petite porte latérale.
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Porte conduisant au temple de Thoutmès III.

Rive gauche. 
Sur la rive gauche, en face de Thèbes, la chaîne Libyque détache dans la direction du Sud-Ouest au Nord-Est un puissant contrefort dont les parois abruptes forment une série d'amphithéâtres qui regardent le Nil. Entre ces hauts remparts de calcaire et la plaine cultivée s'étage une série d'ondulations parfois assez hautes pour mériter le nom de collines et qui sont,en allant du Nord-Est au Nord-Ouest, Drah Abou'l-Neggah, l'Assassif, Cheikh Abd-et-Qournah, Deir-el-Medinèh et Qournet-el-Mourrayi. C'est là, sur ces pentes et dans ces replis de montagne, et sur une étendue d'environ quatre kilomètres à vol d'oiseau, que les habitants de Thèbes déposaient leurs morts. 

Au début, vers le XXe siècle avant notre ère, alors que Thèbes n'était qu'une bourgade infime, on était allé au plus près, et le point choisi pour la nécropole fut la colline de Drah Abou'l-Neggah, la plus rapprochée du fleuve et juste en face de la ville. Aux époques suivantes, les autres collines furent occupées successivement : Cheikh Abd-el-Qournab (XVIIIe dynastie), Qournet-el-Mourrayi (XIXe et XXe). Plus tard, sous les Saïtes (Basse époque), les plus hautes collines étant déjà occupées, les tombeaux se rapprochèrent de la plaine et se rabattirent sur les basses ondulations de l'Assassif quand ils ne préférèrent pas d'anciennes tombes. Ainsi, chacune de ces collines abrite une nécropole bien distincte où se groupent des tombes de même style et de même époque, sans tenir compte, bien entendu, des exceptions qui s'expliquent par le fait d'intrusion et d'usurpation. 

Toutes ces tombes sont celles de prêtres, de fonctionnaires et d'officiers de haut et de moyen rangs. Le peuple, à Thèbes comme à Memphis, était simplement enterré dans des trous, à la lisière du désert. Par contre, les rois, de la XVIlle à la XXe dynastie, avaient fait choix pour leur demeure d'éternité d'une gorge profonde (la Vallée des Rois), derrière la montagne, ainsi séparés des reines qui avaient leur sépulture dans un vallon formé par le dernier cirque (Vallée des Reines), au Sud-Ouest de la nécropole thébaine. 

Les tombeaux thébains sont de quatre sortes : les hypogées, creusés sur la déclivité des collines; les tombeaux de forme pyramidale, bâtis dans la plaine et abritant le caveau dans leur masse; les tombeaux de même apparence mais recouvrant un puits vertical conduisant au caveau souterrain; les tombeaux rudimentaires, consistant en une simple fosse que l'on comblait après le dépôt du cercueil. Aucun des tombeaux connus ne remonte d'une manière certaine à une époque antérieure aux dynasties héracléopolitaines. C'est même à une infime minorité que l'on peut assigner une date aussi lointaine; le plus grand nombre date des siècles où Thèbes fut la capitale incontestée de l'Égypte, c.-à-d. de la XVIlle à la XXe dynastie. C'est dans les plus anciennes sépultures, celles de Drah Abou'l-Neggah, que l'on a trouvé, au commencement du XIXe siècle, la momie et les cercueils des deux princes de la  dynastie des Antouf dont les musées de Leyde, de Londres et de Paris se sont partagé les dépouilles.

Mariette y reconnut sept tombes ayant appartenu à des princes de cette dynastie (la XIe). Là également se trouvait la cachette, découverte par le même Mariette en 1859, d'où provient le magnifique cercueil contenant la momie de la reine Ahhotp, épouse du roi Kamos et mère d'Ahmasis Ier le fondateur de la XVIIIe dynastie, ainsi qu'un grand nombre de bijoux, d'armes d'apparat et d'autres pièces d'orfèvrerie qui firent sensation à l'Exposition universelle de 1867. Dans les basses assises de la même colline se trouve aussi une nécropole de la XVIIIe dynastie. Les excavations qui la composent, ornées de peintures du meilleur style, ont malheureusement beaucoup souffert. Nous ne citerons que les tombeaux de Nibamon et de Montouhikhopshouf qui communiquent ensemble et celle du grand scribe d'Amon, chef des travaux dans Thèbes, Ramesson.

La colline de Cheikh-Abd-el-Qournah, cimetière des hauts fonctionnaires thébains de la XVIIIe dynastie, contient deux sortes de tombes : les unes à vestibule fermé, dont la porte tournée au soleil levant et fermée d'un vantail mobile, aujourd'hui disparu, était précédée d'une petite plate-forme où l'on entretenait quelques plantations, les autres à vestibule ouvert, c.-à-d. percé en façade de plusieurs baies; ces dernières, simplement rapprochées par des piliers, étaient ouvertes à tout venant. Les tombes de Cheik-Abd-el-Qournah ont été cataloguées d'abord (incomplètement) par Wilkinson, puis par le professeur Eisenlohr. Les plus importantes sont celles du prince Harenehab, dont les principales scènes ont été reproduites par Champollion et par Wilkinson, d'Amenemhab, connue de Champollion, puis oubliée et redécouverte par G. Ebers, en 1872, et contenant une célèbre inscription historique relative aux règnes de Thoutmosis III et d'Aménôthès II, de Rekhmarâ, seigneur héréditaire et préfet de Thèbes, sous les mêmes rois, le mieux conservé des hypogées civils thébains contenant d'intéressantes représentations des principaux faits biographiques qui illustrèrent la carrière de ce personnage et la reproduction la plus complète que nous ayons de la cérémonie des funérailles. 

Les tombeaux de Nakht, de Neferhotp, de Sennofek, de Khâemhait et de Nrenkleperra, d'Enna, des graveurs, sont aussi au nombre de ceux qui méritent d'être mentionnés et qui sont entrés dans le domaine des études, grâce aux publications, à la fin du XIXe siècle, de la mission archéologique du Caire. Les tombes de la colline de Qournet-el-Mourrayi, un peu moins anciennes mais infiniment plus dégradées que les dernières, sont très petites, et, comme beaucoup d'autres de la nécropole thébaine, sont décorées de peintures exécutées sur simple crépi, la nature friable de la roche n'ayant pas permis de sculpter les représentations, comme dans la plupart des tombes de Cheikh Abd-del-Qournah. Elle contient néanmoins un tombeau célèbre, celui de Houi, bien dégradé depuis l'époque où le visitèrent Champollion et Wilkinson, qui en ont reproduit les scènes les plus intéressantes. 

Quand on sort du temple de Deir-el-Bahâri dont nous aurons à parler, en tournant à droite, on touche à un petit monticule, parsemé de nombreuses tombes pour la plupart saïtes (XVIVe et XXVIe dynastie), c'est l'Assassif. Les hypogées creusés dans les parties les plus basses de la colline et même en terrain complètement plat, offrent une physionomie très distincte des autres tombes thébaines. Le principal tombeau de cette nécropole est celui de Petamounoph, dont les galeries présentent d'une extrémité à l'autre un développement de 266 mètres. D'autres tombes, moins grandes que celle de ce prêtre, appartiennent à des reines saïtes, notamment à Shapenapit Il, fille du roi Piankhi Il et à Nitaqrit, femme de Plammetik II; mieux conservée que celles-ci est celle du prêtre Abi. Une autre caractéristique de ces sépultures est dans leurs représentations, se rapportant exclusivement, comme celles des tombes de la Vallée des Rois, à la vie de l'âme dans l'autre monde  (Religion égyptienne) et ne contenant rien de relatif à la biographie du mort. D'autres tombes civiles ont été découvertes autour de Deir el-Bahâri et de la colline de Deir-el-Médinèh, de diverses époques, mais d'un intérêt moindre que les précédentes. 

Le cirque de montagnes au fond duquel s'adosse le temple de Deir el-Bahâri masque un réseau de vallées escarpées et accessibles du côté du Nil par une route s'ouvrant dans la chaîne Libyque à 500 m  environ au Nord-Ouest du village de Qournah. Cette route contourne d'abord le pied de la colline de Drah-Aboul-Neggah, décrit ensuite, sur un parcours d'un peu plus de trois kilomètres, une courbe dans la direction du Nord-Ouest, puis se divise en deux bras qui se dirigent l'un vers le Sud-Est, l'autre vers le Sud-Ouest. C'est à l'extrémité de ces deux bras que sont les Bibân-el-Moloûk ou Tombeaux des Rois

La vallée de l'Ouest notamment les tombeaux des rois Aménôthès III et Haremhab. La vallée de l'Est, la plus rapprochée, semblait n'avoir été adoptée qu'à partir de la XIXe dynastie, lorsque V. Loret y découvrit (mai 1898) deux tombeaux de la XVIIIe ; D'autres ont été découverts par la suite. Citons ceux de Thoutmosis Ier (n° 28), Thoutmosis III (n° 26), Aménôthès Il (n° 27), découverts par V. Loret, Ramsès Ier (n° 46), Séti Ier (n° 17), découvert par Belzoni en 1815, longtemps le plus remarquable de la série, Ramsès Il (n° 7), Ménephtah (n° 8), Séti II (n° 15), Amenmésès (n° 10), Nakhtseti (n° 14), Ramsès III, au nom duquel sont associés deux tombeaux (n° 3 et n° 11), Ramsès IV (n° 2), Ramsès VI (n° 9), Ramsès IX (n° 6), Ramsès X (n° 1), Ramsès XI (n° 18) et Ramsès XII (n° 4) (Ramsès). On connaît aujourd'hui au total 62 tombeaux (la moitié à peu près découverts au début du XXe siècle), alors que Strabon n'en mentionnait qu'une quarantaine. Le dernier (n° 62) est le seul qui ait été préservé des pillages, c'est celui de Toutankhamon, découvert en 1922 par Howard Carter, et qui reste à ce jour la plus grande découverte de l'archéologie égyptienne.

Tous ces tombeaux sont illustrés de représentations et de textes qui ne sont que la reproduction intégrale ou abrégée de plusieurs livres dont les principaux sont : les Litanies du Soleil, le Livre de l'ouverture de la bouche, le Livre de ce qui est dans l'Enferet le Livre des Portes. De là, ces étranges représentations du monde infernal, qui offrent le plus saisissant contraste avec les riantes images de la vie réelle qui décorent les tombes des particuliers.

La vallée qui abrite les tombeaux des Reines (Vallée des Reines), communément appelée par les Arabes Bâb-el-Harim et Bibân es-Soultânât, est un défilé tortueux, s'enfonçant dans la chaîne Libyque au Sud-Ouest des Bibân-el-Moloûk. Des vingt tombes (Champollion en avait noté seize) qui composent cette petite nécropole, quatre ou cinq sont seules accessibles. Ce sont celles de la reine Titi, de la reine Isit (XXe dynastie), de la reine Sitrat, femme de Séti Ier, et de trois femmes de Ramsès II, Nibtooui, Miritamon et Bintanati. Toutes ces sépultures sont beaucoup plus petites et plus simplement décorées que celles des rois.

Indépendamment des tombes, la nécropole thébaine contenait, dans la partie voisine des terres cultivées, des temples funéraires pour le culte des rois, et tout un ensemble de constructions destinées au logement du personnel de la nécropole et formant une véritable ville. Ces dernières constructions ont eu le sort de l'ancienne ville. Les temples construits, comme ceux de la rive Est, avec d'énormes matériaux, ont beaucoup mieux résisté aux vicissitudes de l'histoire et subsistent aujourd'hui à l'état de ruines encore fort imposantes. Ces temples en ruines, au nombre de cinq, sont :

1° le temple de Deir-el-Bahâri, que la reine Hatshepsitou (Hatshepsout) fonda pour le service de l'offrande funéraire à son double (Religion égyptienne), ainsi qu'aux doubles de son père Thoutmôsis Ier, et de son frère et époux Thoutmôsis Il. C'est dans le voisinage de ce merveilleux temple partie construit, partie excavé et disposé en trois terrasses, que Maspéro découvrit en 1881 dans un puits les fameuses momies royales, et que Grébaut découvrit dix ans plus tard, dans une autre cachette, les sarcophages des grands prêtres d'Amon.

2° Le temple de Qournah, que Séti Ier commença d'élever à son double, et qui fut continué et presque achevé par son fils Ramsès II

3° Le Ramesséum, temple funéraire de Ramsès II, le même, semble-t-il, que nous décrit Diodore sous le nom de tombeau d'Osymandias.

4° Le temple de Médinet Abou, ensemble très complexe qui se compose d'un temple de la XVIIIedynastie, commencé sous Aménôthès Ier et achevé sous Thoutmôsis III, d'un temple plus considérable élevé par Ramsès III à son double, précédé d'une porte triomphale s'ouvrant dans le mur d'enceinte, et construite dans le style des forteresses de l'Asie, et d'un groupe de chapelles pour le culte du double des reines de la XXVIe dynastie. Le temple de Médinet-Aabou est le groupe d'édifices le plus considérable de Thèbes après celui de Karnak; il occupe l'extrémité Sud de la nécropole, comme le temple de Qournah en occupe l'extrémité Nord.

 5° le temple de Deir-el-Médinet, sur la colline du même nom, quoique fort petit et d'époque ptolémaïque, est l'un des plus intéressants de la rive gauche par son caractère artistique et surtout parce qu'il est l'unique exemple d'un temple ayant conservé à peu près intégralement toutes ses dépendances extérieures, son mur d'enceinte et ses magasins. Fondé par Ptolémée Philopator, et consacré aux déesses de la nécropole, Hâthor et Maut, il a été continué sous Philométor et Evergète II; sa décoration, reprise sous Néos Dionysios, est restée néanmoins inachevée.

A ces édifices il convient d'ajouter ceux dont l'emplacement a pu être reconnu : l'Amenophium, temple funéraire d'Aménôthès III, précédé des deux magnifiques colosses de Memnon, qui se dressent comme les deux sentinelles de la nécropole, à la lisière des terres cultivées, les petits temples découverts dans le voisinage du Ramesséum appartenant à plusieurs rois de la XVIIIe et de la XIXe dynasties : Aménôthès II, Thoutmôsis IV, Ménéphtah, Siphtah, la reine Taousirt, son épouse, ainsi que la chapelle du prince Ouazmès (XVIIIe dynastie), d'importantes dépendances, magasins en briques crues et voûtées, qui peuvent être rattachées au Ramesséum. 
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Un des Colosses de Memnon, à Thèbes.
Un des deux Colosses de Menon. Source : The World factbook.

De même, à 200 mètres au Sud-Ouest de l'enceinte des temples de Medinet-Abou sont les ruines d'un petit temple de Thot, d'époque ptolémaïque, connu sous le nom de Qasr el-Agouz, et dans le voisinage du Birket Habou, dépression qui marque l'emplacement de l'ancien lac sacré du temple de Ramsès III, Grébaut a découvert en 1889 les fondations d'un petit édifice d'Aménôthès Ill. A un kilomètre environ de l'angle Sud-Ouest du Birket, on voit encore les restes d'un petit temple d'Isis, de l'époque des Antonins

Ajoutons que le temple de Medinet-Abou tire son nom d'une petite ville d'époque chrétienne, (mentionnée dans les documents coptes sous le nom de Djémé), qui s'élevait en grande partie dans l'enceinte même du temple et dont la population se réfugia plus au Sud, notamment à Esneh, au moment de l'invasion arabe. Les décombres de Djémé, aujourd'hui fortement réduits par le déblaiement du temple, ont été une véritable mine de papyrus de basse époque. (Georges Bénédite).
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Photo de la Vallée des rois.
La Vallée des rois, près de Thèbes.
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Dictionnaire Villes et monuments
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