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Palerme
Palerme (Palermo, Panormus, en latin) est une ville de l'Italie, la capitale de la Sicile, sur la côte Nord de l'île, au pied de montagnes qui l'environnent des autres côtés et qui forment la Coquille d'or; population : 670.000 habitants (2009). 

Le golfe de Palerme, non moins riant que celui de Naples, s'étend entre les côtes rocheuses et pittoresques du Monte Pellegrino au Nord, sur lequel s'élève le sanctuaire de Sainte-Rosalie, et derrière lequel s'ouvre la fameuse plaine de la Conca d'Oro, parsemée de villas, et le cap Zaffarano au Sud-Est où se terminent les collines de Bagheria couvertes d'agréables maisons de campagne et de jardins délicieux. La fertilité du sol, la beauté du ciel, la richesse du commerce et la salubrité du climat ont fait donner à Palerme le nom de Felice. La température moyenne de l'hiver est de +12°C, et les variations sont généralement faibles.
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Palerme : fontaine Pretoria.
La fontaine Pretoria, à Palerme. 

La ville de Palerme a la forme d'un quadrilatère allongé, coupé à angles droits par deux artères, le Corso Vittorio Emanuele, ancienne via di Toledo, et la via Macqueda qui se croisent sur la place Vigliena et divisent la ville en quatre quartiers. Les anciens remparts ont été transformés en boulevards, et au delà se sont élevées au Nord-Ouest quantité de belles villas. Le long de la mer s'étend au Sud-Est, depuis la jetée de l'ancien port, la belle promenade de la Marina et du Foro italico qui va jusqu'au Jardin public de Flora, ancienne villa Giulia.

Les rues du centre, distribuées autour de la place octogone Vigliena, sont étroites. Toutefois, il existe quelques belles places : place Prétoria ornée d'une superbe fontaine de 1550; place Marina, avec le jardin Garibaldi; place de la Cathédrale, entourée d'une balustrade garnie de statues de saints; place Vittoria, à l'extrémité de la rue Vittorio Emanuele, devant le palais royal. On a conservé la porta Felice, bâtie de 1582 à 1687, la porta Nuova (de 1584), en forme d'arc de triomphe.

Palerme a été le lieu de naissance d'Ingrassias, Gravina, Meli , etc.

Monuments.
Les principaux monuments de Palerme sont ses palais et ses 295 églises ou chapelles et ses 70 anciens couvents. Le palais royal, amalgame de bâtiments de toute époque, depuis la Torre Pisana, bâtie par les Normands, jusqu'à l'observatoire de Santa Ninfa de 1787; on y admire la chapelle de Roger Ier (1129-1156), décorée de mosaïques sur fond d'or, et la salle de Roger. Le palais Chiaramonte (1307-1380) sert de palais de justice; l'hôtel de ville, de 1463; les palais Abbatelli, San Cataldo, Forcella, Ajutamicristo, Geraci, Riso sont généralement en style rococo.
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Palerme : la cathédrale Sainte-Rosalie.
La cathédrale de Palerme.

La cathédrale Sainte-Rosalie est un majestueux édifice construit par Guillaume II (1169-1185) en style gothique, mais remaniée depuis, ornée d'un beau portail du XVe siècle (1426-1458), abîmée par une coupole du XVIIIe siècle; à l'intérieur, complètement transformé à la fin du XVIIIe siècle, sont les tombeaux de Roger II, de sa fille Constance, des empereurs Henri VI et Frédéric II; une crypte renferme ceux des archevêques. Une double arcade relie à la cathédrale son élégant clocher et le palais de l'archevêque.

A Santa Maria della Catena (1392) on a ajouté un porche au XVIe siècle ; San Domenico (1458) a été transformé en une sorte de Panthéon; citons encore : Saint-Joseph, église à colonnades (1612-1645) somptueusement revétue de marbres, et Casa professa (1554-1630) en style jésuite.

L'église San Giovanni degli Eremiti, à cinq coupoles, fut bâtie par les Normands en 1132; l'église Martorana (Santa Maria dell'Ammiraglio) date de 1143, mais a été tout à fait modifiée; elle conserve pourtant sa tour normande et ses mosaïques.
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Palerme : l'église Martorana.
Les mosaïques de l'église Martorana, à Palerme.

L'ancien port de Palerme, la Cala, situé au centre de la ville, au bout de la rue Vittorio Emanuele, ne pouvant accueillir que les petits vaisseaux, on en a construit un nouveau au XIXe siècle, plus au Nord, au pied du mont Pellegrino.

Palerme est bien approvisionnée d'eau, grâce aux aqueducs construits à l'époque de la domination arabe. C'est une ville gaie, avec plusieurs théâtres et de nombreux lieux de divertissement. On trouve, en outre, à Palerme une université, fondée en 1374, un musée de sculpture, un jardin botanique, etc. La grande fête locale est célébrée du 11 au 15 juillet en l'honneur de sainte Rosalie, patronne de la ville.

Palerme : Teatro Massimo
Palerme : place Quattro Canti.
Le Teatro Massimo, à Palerme
La place Quattro Canti
Photos : © Thierry Labat, 2009.

Aux environs, il faut citer la belle perspective du mont Pellegrino qui domine la ville au Nord, les vieux palais Zisa et Cuba bâtis en 1164 et 1182 par les Normands, les villas Favorita (de style chinois), Belmonte, Tasca, Serradifalco et leurs beaux parcs, la fameuse église de Monreale, l'ancien couvent de San Martino, etc. 

Histoire.
Palerme a pour origine une colonie phénicienne, probablement appelée d'abord Machanath; ce fut le centre des établissements carthaginois en Sicile. Les Romains s'en emparèrent en 254, repoussèrent les Carthaginois en 250, firent de Panorme un municipe, puis une colonia augusta (Les Colonies romaines). En 440 les Vandales s'en emparèrent. Elle passa ensuite aux Ostrogoths (515), auxquels Bélisaire l'enleva (535). En 830, les Arabes s'y établirent et y restèrent près de 200 ans, jusqu'à ce que, le 10 janvier 1072, Robert Guiscard les en chassât. Ce fut, à partir de Roger II, la résidence des rois de Sicile normands, et Frédéric Il y fut élevé et y tint sa splendide cour. Elle passa ensuite à Charles d'Anjou et, en 1282, y eurent lieu les fameuses Vêpres siciliennes, qui la donnèrent avec toute la Sicile à la maison d'Aragon
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Palerme.
Palerme sur une ancienne photographie; au fond, le Monte Pellegrino.

Lorsque la couronne d'Aragon fut réunie à celle de Sicile, il ne resta plus à Palerme qu'un vice-roi, dont le gouvernement tyrannique et fiscal lui fit tout le mal possible, malgré la présence du Parlement sicilien. Le 3 juin 1676 Vivonne et Duquesne y battirent la flotte hispano-néerlandaise. Palerme eut beaucoup à souffrir des tremblements de terre de 1693 et de 1726. Elle redevint résidence royale des Bourbons durant l'occupation française de Naples (1799-1815). De 1806 à 1815, le roi des Deux-Siciles 'Ferdinand IV y tint sa cour, et les Anglais alors y débarquèrent leur armée. Quand le roi fut reparti pour le continent, le peuple s'insurgea en 1820, mais après des troubles graves le général Pepe reprit la ville le 5 octobre. 

De nouvelles insurrections éclatèrent en septembre 1847 et le 12 janvier 1818. Celle-ci réussit; après de sanglants combats, le peuple emporta d'assaut le palais royal; un gouvernement provisoire fut constitué le 4 février et un parlement sicilien convoqué le 25 mars. La révolution fut comprimée, et Palerme capitula le 15 mai 1849. L'affranchissement vint de Garibaldi qui se présenta aux portes avec les Mille, le 26 mai 1860, et occupa la ville le jour même; la citadelle la bombarda mais dut se rendre dès le 30 mai. L'histoire de Palerme se confond ensuite avec celle de la Sicile, au sein de l'Italie unifiée. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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