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Metz

Metz (Divodurum [Tacite, Hist., 1,63], Diouodouron [Ptol., II, 9], Mediomatrices [Amm. Marc., XV, 4], Mettis [Not. prov. et civ. Gal.], Metis [Not. dign. imp. nom.] Mès, 1299). Ville du département de la Moselle (Lorraine), sur la Seille et la Moselle qui l'entoure en formant plusieurs bras; ancienne place forte; 125 000 habitants (agglomération : 200 000).

Histoire.
Si les traces d'occupation humaine dans la région remontent à plus de 200 000 ans (Paléolithique moyen), les origines de la ville de Metz proprement dite peuvent être placées à l'époque celtique. Sous le nom de Divodurum, elle était la ville principale des Mediomatrici (Médiomatriques). Sous la domination romaine, elle devint, au point de vue stratégique, une des places les plus importantes de la Gaule Belgique; elle devait défendre la frontière de l'Empire contre les invasions des tribus germaniques. Les Romains élevèrent une citadelle sur la colline placée dans l'angle des deux rivières confluentes et créèrent les six grandes voies qui de ses murs se dirigeaient vers les provinces les plus éloignées, à savoir : 

1° la voie de Metz à Reims par Ibliodurum, embranchement de la route de Durocortorum à Trèves par Virodunum

2° celle de Metz à Reims par Scarpone qui, entrant par la porta Scarponensis, traversa Metz dans toute sa longueur pour en sortir là, où se trouvera plus tard la porte Sainte-Barbe;

3° la voie de Metz à Trèves sur la rive droite de la Moselle par Caranusca et Ricciacum

4° la route de Metz à Trèves, sur la rive gauche de la Moselle;

5° celle de Metz à Strasbourg par Decem Pagi, Pons Saravi et Tabernae

6° une communication directe entre Metz et Mayence.

Les auteurs anciens ne nous donnent pas de renseignements sur l'état de Metz à cette époque reculée; mais d'après les nombreux monuments, dont on a découvert les restes à différentes époques, Divodurum qu'on appelait sous l'Empire Mediomatrices, a dû être au IIe et au IIIe siècle de notre ère une splendide ville à physionomie romaine. Protégée par la forteresse, la population civile occupait probablement de préférence Montigny jusqu'au delà du terrain qu'on appelle le Sablon. Quand, en 1735, Cormontaigne construisit la redoute du Pâté, on découvrit entre la porte Mazelle et la porte Thiébault, les substructions d'un amphithéâtre de dimensions colossales. Sur la Seille il y avait des bains publics d'un grand luxe ainsi qu'une naumachie. Sur la place Sainte-Croix s'élevait le palais des gouverneurs, qui, à plusieurs reprises, servait de résidence aux empereurs romains pendant leur séjour en Gaule. Les ruines de différents temples, des autels, des inscriptions, des médailles ont été découverts sur l'Esplanade, dans les environs de la cathédrale ainsi que sur d'autres points du territoire messin. Des villas d'une grande élégance se trouvaient sur les deux rives de la Moselle.
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La plupart des monuments romains, fortement endommagés par les Huns, disparurent vers la fin du IXe siècle ou au commencement du Xe siècle. La seule construction qui ait résisté en partie est l'aqueduc de Gorze du IVe siècle, dont on voit encore à Jouy plusieurs arcs imposants, et qui, d'une longueur de 22 km, avec une pente de 1:1000, approvisionnait Metz des eaux de Gorze. Valentinien, considérant la place comme une barrière aux invasions barbares, agrandit l'ancienne citadelle et entoura la ville d'une enceinte de remparts formidables. Cette mesure, toutefois, ne sauva pas l'Empire. Après avoir été épargnée par les premières invasions, Metz, en 451, fut prise et ravagée par les Huns d'Attila.

Relevée de ses ruines, Metz, qu'on appelait Mettis à partir de la fin du IVe siècle, fit partie de l'empire franc et devint, à la mort de Clovis, en 511, la capitale et la résidence royale de l'Austrasie. Ce fut un des berceaux de la famille pippinienne ou carolingienne, qui dut au prestige non moins qu'aux biens de l'évêque Saint-Arnoul, une partie de sa fortune politique. Louis le Débonnaire y fut enterré à l'abbaye Saint-Arnoul. Par le traité de Verdun, en 843, elle échut à Lothaire, puis devint la capitale du royaume de Lothaire auquel fut conservé ce nom de Lotharingie (Lorraine). Elle fut attribuée à Louis le Germanique, par le traité de Mersen (870), et après bien des luttes, des partages et des alternatives, elle finit par faire partie intégrante de l'empire d'Allemagne. Elle fut d'abord administrée, au nom de l'empereur, par des comtes particuliers; plus tard les évêques devenus riches et puissants, et investis par les empereurs de tous les droits qui constituent la suprématie, cherchèrent à asseoir leur souveraineté sur la cité; ils nommaient probablement le burgrave. 

En 1220, à la mort de Thiébault, dernier comte héréditaire, la ville s'empare du gouvernement et les paraiges, confédérations locales, permanentes et héréditaires commencèrent à faire leur apparition. L'esprit municipal s'éveilla; la bourgeoisie de Metz, qui se vantait d'avoir usé de droits civils avant qu'il existât un pays de Lorraine et qui semblait se souvenir d'avoir été une cité de la Gaule impériale à en juger par le dicton populaire : « Lohereigne est jeune et Metz ancienne », la bourgeoisie, à cette époque, fit les efforts les plus énergiques pour s'émanciper du pouvoir épiscopal. Après de longues luttes, la ville, pendant la première moitié du XIIIe siècle, s'érigea en république sous le titre de ville libre impériale. Elle fut administrée par des échevins, magistrats municipaux. Le maître-échevin, élu chaque année, gouvernait à l'aide et sous le contrôle de plusieurs conseils. Cette organisation, oligarchique au premier chef, attribuait tous les principaux emplois aux membres des familles patriciennes, c.-à-d. aux membres des paraiges, qui étaient au nombre de six, à savoir : Porte Mazelle, Jurae, Saint-Martin, Porsaillis, Outre-Seille et le Commun. La constitution de la république messine dura, sans modifications dans ses traits principaux, aussi longtemps que son existence politique, c.-à-d. jusqu'en 1552.
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Ancien panorama de Metz et des méandres de la Moselle.

Pendant tout le Moyen âge la ville de Metz eut à soutenir d'interminables luttes avec ses évêques, avec les ducs de Lorraine et d'autres seigneurs. Les Français qui, en 1444, vinrent l'assaillir furent repoussés victorieusement. En 1543, une partie de la bourgeoisie, à l'instigation de Farel, tenta d'établir la réforme, mais le cardinal de Lorraine l'en empêcha. En 1552, Henri II, à la suite d'un traité conclu avec Maurice de Saxe, fut autorisé à « s'impatroniser des villes qui appartenaient d'ancienneté à l'Empire et n'étaient pas de la langue germanique ». Metz fut alors occupée par les Français sous la conduite de Montmorency et avec le concours du parti catholique. Le 18 avril, le roi Henri II y fit son entrée solennelle. Peu après, elle fut assiégée par l'empereur Charles-Quint (19 octobre 1552) et vaillamment défendue par le duc de Guise qui, en août 1552, était arrivé pour prendre le gouvernement de la ville au nom de Henri II. Les Impériaux, après avoir perdu 30 000 hommes devant les murs de Metz-la-Pucelle, durent lever .le siège le 1er janvier de l'année suivante.

L'occupation française, toutefois, ne modifia pas immédiatement la constitution municipale. En 1356, l'empereur Charles IV y tint la diète où fut proclamé la Bulle d'Or. Henri II et ses successeurs se contentèrent du titre de Protecteur; mais déjà Henri III prit celui de souverain seigneur. La création du parlement, en 1633, porta le dernier coup à l'ancienne indépendance de Metz, et enfin, son incorporation définitive à la France ayant été ratifiée par le traité de Westphalie, elle forma avec Toul et Verdun la province des Trois Évêchés, dont Metz fut la capitale ( Bouteiller, Dictionnaire topographique de la Moselle, 1874). En 1790, elle devint le chef-lieu du département de la Moselle. La ville, dont la France avait fait une place de guerre de premier ordre, soutint victorieusement plusieurs sièges notamment en 1814 et 1815, mais, en 1870, le maréchal Bazaine s'y enferma avec son armée et capitula le 27 octobre 1870. La traité de Francfort, en 1871, fit passer sous la domination allemande la ville de Metz. Sa physionomie fut alors transformée (démolition des remparts, création de grandes avenues et de nouveaux quartiers, bâtiments divers, etc.). Metz appartiendra à l'Allemagne jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale (19 novembre 1918) et sera de nouveau occupée, cette fois par l'armée nazie, au cours de la Seconde Guerre mondiale. Libérée en novembre 1944, elle a retrouvé la place qu'elle conserve aujourd'hui, avec le statut de capitale de la région Lorraine.
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Ils sont nés à Metz...

Aubrion Jean, chroniqueur (14401501); Ferry, Paul, pasteur protestant (1591-1669) ; Fabert, Abraham, maréchal de France (1599-1660); Ancillon David, prédicateur protestant (1617-92); Ancillon, Joseph, jurisconsulte (1629-1719), Le Duchat, Jacob, littérateur (1658-1735); Ancillon, Charles, jurisconsulte et historien (1659-1715); Chassel, Remi-François, sculpteur (1666-1752); Baltus, Jean-François, écrivain ecclésiastique (1667-1743); Baltus, Jacques, chroniqueur (16701760); Leprince, Jean, peintre (1734-81); Custine, Adam-Philippe, général (1740-93); Emmery, Jean-L. Cl., comte de Crozyeulx, homme politique (1742-1823); François de Marbois, ministre (1745-1837); Richepanse, général de division (1750-1803); Bournon, Jacques-Louis, minéralogiste (1751-1825); Colchen, Jean-Victor, diplomate (1751-1830); Lacretelle, Pierre-Louis, publiciste (17511824; Bouchotte, Jean-Baptiste, ministre de la guerre (1754-1840); Roederer, Pierre-Louis, ministre des finances du royaume de Naples (1754-1836); Pilatre de Rozier, physicien (1765-85); Lasalle, Antoine-Charles-Louis, général (1775-1809); Paixhans, Henri-Joseph, général d'artillerie (1783-1854); Poncelet, Jean-Victor, général et ingénieur (1788-1867); Vescot, général (1789-1883) ; Mme Amable Tastu, poète (1795-1886); Henrion, Mathieu -ichard-Auguste, publiciste (1805-62); Ambroise Thomas, directeur du Conservatoire (1811-96); Daubrée, géologue (né en 1814); Barral, Jean Augustin, chimiste (1819-79); Paul Verlaine, poète (1844-96), Maurice Schumann (1911-1998), etc.

Le passé religieux.
Le christianisme fut introduit à Metz probablement vers le commencement du IIIe siècle; mais ce n'est que vers le milieu du siècle suivant que Clément, qu'on considère comme le premier évêque, détruisit les sanctuaires païens et fonda les premières églises chrétiennes. 

Au XVIe siècle, la Réforme, prêchée à Metz par Jean Chastellain, Guillaume Farel et d'autres, eut bientôt de nombreux adhérents. Une grande partie de la population professa les idées de Luther. Malgré les dures persécutions qu'il eut à subir, le protestantisme y avait fait des progrès tels que la ville de Metz perdit les deux tiers de sa population à la suite de l'émigration des Huguenots provoquée par la révocation de l'édit de Nantes.

L'évêché de Metz fut suffragant de Trèves jusqu'en 1790. A cette époque il fut attribué à la métropole de Reims. A partir du concordat de 1802, il faisait partie de Besançon et après l'annexion il fut directement rattaché au Saint-Siège. 

Plusieurs conciles ont eu lieu à Metz : 550. Sacre de Cantin, successeur de saint Gall, évêque de Clermont. - 590. Ce concile reçut en grâce Chrodielde, fille de Caribert, et Bazine, religieuses du monastère de Sainte-Radegonde, à Poitiers, qui avaient été excommuniées par un concile tenu dans cette ville, en 589, pour rébellion contre leur supérieure. Bazine rentra dans son couvent; Chrodielde fut envoyée dans une terre que le roi lui donna. - 752. Assemblée mixte tenue sous Pépin. Principaux canons :

Le comte veillera à ce que les prêtres se rendent au concile. On n'arrêtera sous prétexte d'aucun droit les pèlerins qui se rendent à Rome. Les biens de ceux qui contractent des mariages prohibés seront confisqués. Ceux qui leur auront prêté assistance ou tolérance seront condamnés à des peines pécuniaires ou corporelles.
835. L'empereur Louis II ayant porté plainte devant ce concile contre Ebbon, archevêque de Reims, qui l'avait excommunié, Ebbon se choisit des juges parmi les évêques, selon les canons africains; mais en la même année, plus de quarante évêques assemblés à Thionville réhabilitèrent solennellement l'empereur et condamnèrent Ebbon, qui consentit d'ailleurs à sa déposition et renonça à l'épiscopat. - 859. Ce concile entreprit de réconcilier Charles le Chauve et Lothaire, son neveu, avec Louis le Germanique. - 863. Ce concile, composé des évêques du royaume de Lothaire, approuva son divorce. Le pape cassa cette décision, et excommunia les évêques. - 869. Couronnement de Charles le Chauve, comme roi de Lorraine, après la mort de Lothaire. - 888. Treize canons :
I et XIII. Prescription d'un jeûne de trois jours et de prières solennelles pour obtenir la paix, et la retraite des Vikings. Il. Aucun seigneur ne prélèvera rien sur les dîmes. Elles appartiennent entièrement aux prêtres, pour le service divin. III. Un prêtre ne possédera qu'une seule église, à moins que celle qu'il dessert ne soit unie de toute antiquité à une chapelle qu'on n'en peut séparer. V. Les prêtres n'auront aucune femme chez eux, pas même leur mère ou leur soeur. VII. Défense de manger ou de boire avec des Juifs. XII. Ceux qui fréquentent des excommuniés seront punis.
Monuments religieux.
Cathédrale, basilique à trois nefs, en forme de croix, avec choeur entouré de chapelles absidales. Elle s'élève sur l'emplacement d'une égliseromane du XIe siècle, qui elle-même remplaça un ancien oratoire de l'époque mérovingienne, dédié à saint Étienne, dont les fondements, selon toute probabilité, reposaient sur les ruines d'un sanctuaire gallo-romain. L'église actuelle est un des monuments les plus remarquables de l'architecture lorraine; par certains détails de style, elle rappelle Notre-Dame de Reims qui doit lui avoir servi de modèle. La nef, commencée au XIIIe siècle, fut achevée au XIVe; le transept date du XVe, et le choeur, construit au-dessus d'une crypte sépulcrale, appartient à la dernière période de l'art gothique. Au-dessus des nefs latérales s'élèvent deux tours inachevées : la tour du chapitre et celle de la Mutte. Cette dernière appartient à la ville et porte deux anciennes cloches : la mutte qu'on sonne pour annoncer les grands événements et le beffroi. Au côté Nord, il y a deux portails : l'un au-dessous de la tour de la Mutte avec une rosace; l'autre, plus beau, porte le nom de portail de Notre-Dame et est orné de nombreuses sculptures, restaurées en 1885. La toiture, incendiée le 7 mai 1877 à l'occasion de l'entrée de l'empereur Guillaume ler à Metz, fut remplacée par un toit en cuivre. La façade, en style Renaissance, construite par Blondel en 1764, en souvenir de la convalescence de Louis XV, dépare le monument. Au-dessus de cette façade, on admire la rosace de Hermann de Munster (mort en 1392). Les plus anciens vitraux peints datent du XIIIe siècle; les verrières du choeur sont des XVe et XVIe siècles. Le trésor de la cathédrale, autrefois très riche, renferme plusieurs objets d'un grand prix et d'un haut intérêt artistique.

Église Saint-Euchaire, originairement basilique romane, dont il subsiste encore une crypte (XIIe siècle) et une tour (XIIIe siècle); la nef du milieu, en style gothique, appartient au XIVe siècle et le choeur au XVe siècle. Le transept est à deux nefs; sa longueur est presque égale à celle de la nef principale

Église Saint-Vincent, édifice gothique à trois nefs en forme de croix, commencé en 1248 et terminé en 1376, avec des parties plus anciennes en style roman; façade en style Renaissance.

Église Saint-Maximin de 1190. Lors de la restauration en 1271, on ne conserva du monument primitif que l'abside et la tour en style du XIIIe s.

Église Sainte-Ségolène, basiliqueà trois nefs de 1250, modifiée en 1470, avec verrières de la première moitié du XIIIe siècle et fresques du siècle suivant. 

Église Saint-Martin, belle basilique à trois nefs, dont les parties les plus anciennes sont en style du XIIIe siècle, tandis que le choeur est du XVe. Au-dessus du portail, statue équestre, représentant saint Martin en costume de chevalier du XVe siècle.

Église Notre-Dame ou de l'Assomption (1665-1739) construite par les Jésuites sur l'emplacement de l'ancien temple des calvinistes.

Église Saint-Clément (1680-1693), basilique à trois nefs en style Renaissance avec voûtes gothiques, construite pour les Bénédictins, par Spinga, architecte italien. 

Église Saint-Simon de 1737. 

Église Sainte-Glossinde de 1752.

Église des Trinitaires du commencement du XVIIIe siècle, abandonnée aux protestants en 1804

Synagogue de 1850.

Église protestante de la garnison en style néo-gothique de 1889.

 
Les armoiries de la ville de Metz - Jadis Metz portait mi-partie d'argent et de sable avec une pucelle pour support. L'Empire augmenta ce blason du chef des bonnes villes, à savoir : de gueules semé de trois abeilles d'or, surmonté d'un aigle issant d'une couronne murale. La pucelle descendit du cimier dans l'écu et brocha sur le tout. Aujourd'hui, le blason a retrouvé sa simplicité d'antan.
Anciennes fortifications.
Metz, fondée par les Gaulois, ne fut fortifiée que par les Romains qui y construisirent une citadelle et entourèrent la ville naissante d'une enceinte de murailles. Pendant la période mérovingienne, on s'est borné, selon toute probabilité, à restaurer le mur romain. L'évêque Robert passe pour avoir fortifié la place vers la fin du Xe siècle. Son enceinte, construite avec les matériaux de la muraille primitive, suit exactement le tracé des fortifications romaines. A cette époque Metz avait sept portes. Quand vers le XIIesiècle la ville s'était agrandie on dut construire une nouvelle enceinte, s'étendant sur l'île formée par les deux bras de la Moselle. Cette seconde enceinte, terminée au XIIIe siècle et consistant en une haute muraille, flanquée de soixante-huit tours, eut à soutenir le siège de 1444 dans la guerre contre Charles VIII et René d'Anjou. Quand, en 1552, la ville fut occupée par les Français, ses fortifications se trouvaient dans un état pitoyable. Elles furent restaurées par le duc de Guise, aidé de l'ingénieur Pierre Strozzi. 

En 1556, le maréchal Vieilleville fit construire sur l'emplacement de plusieurs couvents la citadelle avec quatre bastions; elle occupa l'Esplanade d'aujourd'hui et exista jusqu'en 1802. Plus tard Vauban fit un projet de fortification qu'il ne put exécuter qu'en partie. Sur le côté sud de la citadelle, il construisit un ouvrage à cornes, et, conservant l'ancienne enceinte, il ajouta aux quatre bastions de la citadelle onze nouveaux. Pour empêcher l'approche de l'ennemi, il avait projeté de mettre sous eau toute la vallée de la Seille par les masses d'eau de l'étang de Lindre. Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, l'ingénieur Cormontaigne exécuta en partie les plans de Vauban. Il fit de Metz une des premières forteresses de l'Europe en construisant le fort double-couronne de la Moselle près de la porte de France, le fort double-couronne de Belle-Croix, la redoute du Pâté qui devait défendre le pont aux arènes ainsi que l'écluse principale de la Seille et enfin la lunette Cheneau qui commandait la vallée des Bordes.

L'enceinte du Moyen âge avait disparu; la nouvelle muraille avec ses quinze bastions avait une étendue de 5500 m, elle était percée de huit portes. Les fortifications, fortement négligées pendant les premières années du XIXe siècle furent soumises, sous Louis-Philippe, à une restauration complète. Cependant, ce n'est qu'après 1866 que le système moderne de fortification a été appliqué à la place de Metz. On commença par la construction des quatre forts détachés de Saint-Quentin, Plappeville, Queuleu et Saint-Julien. En 1870, les deux premiers de ces forts seuls étaient achevés; la construction des autres ne fut terminée que sous le régime allemand. A la suite des travaux des ingénieurs allemands, l'enceinte fortifiée de Metz compta dix-neuf bastions entourés de fossés et protégés par treize ouvrages avancés. Outre cette défense la place est entourée de onze forts détachés formant une ceinture d'une étendue de 30 kilomètres. Ces forts sont : sur le mont Saint-Quentin, dominant la ville, les forts Frédéric-Charles et Manstein, dont la distance de la cathédrale, située à peu près au centre de la ville, est de 3500 m. Au Nord de ces deux forts, à1300 m de distance s'élève le fort Alvensleben (Plappeville), éloigné de la cathédrale de 4500 m. Viennent ensuite sur la rive gauche de la Moselle les forts Kamecke (Woippy) et Hindersin (Saint-Eloy). Sur la rive droite de la Moselle, près du village Saint-Julien, on a construit le grand fort Manteuffel, distant de 3000 m de la cathédrale, de 6500 m du fort de Plappeville et de 2000 m du fort Steinmetz (Belle-Croix) au Sud de Metz. A 3300 m au Sud du fort Manteuffel se trouve le fort Goeben (Queuleu) qui est l'ouvrage le plus considérable de la série et dont la distance de la cathédrale est de 3300 m. Le terrain intermédiaire est occupé par le fort Zastrow (les Bordes) à l'Est, et le fort Voigt-Rhetz (fort de la Moselle) au Sud de la ville. Enfin, également au Sud, nous trouvons le fort Prince-Auguste de Würtemberg (Saint-Privat), à 4900 m de la cathédrale. Plusieurs de ces forts sont munis de tours cuirassées établies sur pivots.

Les principaux établissements militaires fondés à Metz sous le régime français dans le cours du XIXe siècle étaient le quartier général du commandeur de division; la fabrique de poudre dans l'île Saulcy; l'école d'application pour les officiers d'artillerie et du génie qu'on avait établie dans l'abbaye de Saint-Arnould; l'arsenal, la fonderie militaire et l'école pyrotechnique. Des anciennes portes de la ville, il ne se conservait plus à cette époque que la Porte Sainte-Barbe et celle des Allemands. Cette dernière, déjà mentionnée en 1324, est en style gothique et fut, au XVe siècle, soumise à une restauration radicale par l'architecte Henry de Rancoval. Modernes et n'offrant aucun intérêt archéologique sont : au Nord-Ouest, la porte de France; au Nord, les portes de Thionville et de Chambière; au Sud-Est, la porte Mazelle; au Sud, la porte Saint-Thiébault, la porte Serpenoise (Scarponensis), et la porte de la Citadelle; à l'Ouest, la porte du Saulcy. Il y a onze ponts sur les différents bras de la Moselle et cinq sur la Seille. Dans le nombre il y en a plusieurs qui datent encore du Moyen âge, par exemple le pont Saint-Georges construit en 1282 et le pont des Morts, dont quelques arcs datent de 1343. Pendant les premières années de la domination allemande le gouvernement allemand fit construire à Metz et dans les environs immédiats de nombreuses casernes et d'autres établissements militaires. Mais progressivement tout cet appareil défensif disparut, et avec lui les remparts de la ville. (Louis Will / E.-H. Vollet).

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Dictionnaire Villes et monuments
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