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Meaux

Meaux est une commune de France, dans le département de la Seine-et-Marne, sur la Marne et le canal de l'Ourcq. Population : 49 400 habitants.

Histoire.
Ancienne capitale du Multien, et, bien avant, des Meldi, peuple celtique déclaré libre lors de la réorganisation de la Gaule chevelue (28 av. J.-C.), Meaux portait alors le nom de Iatinum; elle fit partie ensuite de la Lyonnaise, et au IVe siècle fut l'une des sept cités de la quatrième Lyonnaise. Comprise successivement à l'époque mérovingienne dans les royaumes de Neustrie et d'Austrasie, elle passa plus tard aux comtes de Vermandois, puis aux comtes de Champagne. Ce fut sous la domination de ces princes que la ville se développa : des marchés importants s'y établirent dans un vaste espace de la rive gauche de la Marne, où s'élevèrent des halles, et qui fut entouré de murailles fortifiées; c'est aujourd'hui un faubourg qui a retenu le nom de Marché

Dès 1179, Meaux avait reçu une charte de commune du comte Henri le Libéral. En 1229, ce fut à Meaux que fut signé le traité qui terminait la guerre des Albigeois par la soumission du comte de Toulouse Raimond VII. En 1358, Meaux ayant accueilli les Jacques, ceux-ci y furent attaqués et massacrés le 9 juin par le captal de Buch et le comte de Foix qui brûlèrent la ville; quelques semaines plus tard, le régent supprima la commune. Le 10 mai 1422, les Anglais s'emparèrent de la ville après un siège qui durait depuis le 6 octobre précédent. Dix-sept ans plus tard, le connétable Arthur de Bretagne vint assiéger la ville, l'emporta d'assaut le 20 mai 1439, mais ne put expulser les Anglais du Marché, dont ils avaient fait la forteresse, qu'au mois de septembre. 
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Meaux : la Marne.
Meaux et la Marne. Ci-dessous, des rues de la vieille ville.--
Rue de Meaux.
Rue de Meaux.

Au XVe siècle, Meaux fut l'une des villes où se développèrent le plus rapidement les doctrines de la Réforme; dès 1562, les protestants, qui formaient la majorité des habitants, proscrivirent le culte catholique; la cour y envoya Joachim de Montluc qui y pénétra sans résistance et sévit rigoureusement contre les réformés. En 1567, ceux-ci tentèrent d'enlever, près de la ville, Catherine de Médicis et Charles IX; la ressentiment qu'en éprouva le roi contribua à y faire ordonner le massacre des protestants qui ont lieu le lendemain de la Saint-Barthélemy. Les catholiques ayant repris le dessus, la ville embrassa le parti de la Ligue, mais elle fut l'une des premières à se soumettre à Henri IV en 1594.

Monuments.
Il subsiste quelques restes de remparts gallo-romains dans les murs de soutènement des terrasses de l'évêché.
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Basilique Saint-Etienne de Meaux.
La nef de la cathédrale de Meaux.

La cathédrale de Meaux. - Elle a été commencée au XIIe siècle, et continuée jusqu'au XVIe siècle.
Ci-dessus, la façade occidentale et la nef; ci-dessous, le portail principal, la façade
méridionale et, en bas, les stalles du choeur.
Meaux : portail principal de la cathédrale Saint-Etienne.
Façade méridionale de la cathédrale de Meaux.
Les stalles de la cathédrale Saint-Etienne de Meaux.

La cathédrale (basilique) de Saint-Etienne est un bel édifice gothique de diverses époques, commencé vers 1170 et laissé inachevé au milieu du XVIe siècle, lors des troubles causés par la Réforme. Une restauration en a été commencée en 1834.  La façade inachevée, percée de trois portes à trumeau, dont les statues ont été détruites par les protestants en 1562, a été commencée en 1326; au-dessus de la porte principale s'ouvre une belle rose de style flamboyant.  De chaque côté de la façade devait s'élever une tour, mais celle de gauche seule a été construite; elle est terminée par une terrasse avec quatre clochetons d'angle. La nef trop courte ne se compose que de trois travées, avec doubles bas-côtés; le choeur, plus long que la nef, comprend quatre travées et une abside avec cinq absidioles. Le transept, qui ne dépasse pas les bas-côtés, se termine à chacune de ses extrémités par un beau portail, surmonté d'une galerie à jour et d'une rose

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Meaux : lévêché.
L'évêché de Meaux (XVIe et XVIIe s.) et son jardin. Ci-dessous, le Vieux Chapitre (XIIIe s.)
avec son escalier du XVIe s., et le jardin Bossuet, dessiné par Le Nôtre (vers 1642).
Meaux : le Vieux Chapitre.
Meaux : le Vieux Chapitre de l'évêché.
Meaux : le jardin de l'évêché.

Parmi les monuments de la cathédrale, il suffira de citer celui qui fut élevé en 1822 à la mémoire de Bossuet, oeuvre de Rutxiel; une belle dalle tumulaire du XIVe siècle, le buffet d'orgue du XVIIe siècle et la chaire refaite au XIXe siècle avec les panneaux de celle ou prêcha Bossuet. Au Nord du choeur un bâtiment du XIIIe siècle passe pour être l'ancienne officialité. Au Nord de la nef, le palais épiscopal a conservé deux chapelles du XIIe siècle, des salles voûtées du XIIIe, et beaucoup d'aménagements du XVIe

L'église Saint-Remi, des XVe et XVIe siècles, sert de chapelle au grand séminaire. L'église du Marché, dans le faubourg de la rive gauche, est une construction de 1864 en style roman

Meaux a conservé beaucoup de maisons anciennes des XVe, XVIe et XVIIe siècles. L'un des côtés du pont sur la Marne était naguère bordé de moulins construits au XVIe siècle qui lui donnaient un aspect des plus pittoresques.-
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Meaux : Hôtel de Ville. Meaux : église du Marché.
Meaux : hôpital Jean Rose (Grand séminaire).
L'Hôtel de Ville de Meaux et, au-dessous, l'ancien hôpital Jean Rose (1356-1645),
puis Grand Séminaire (1645-1905). A droite, l'église du Marché. 
Ci-dessous, les remparts gallo-romains (IIIe s.), avec leurs tours du XVe s.
Meaux : les remparts.
© Photos : Serge Jodra, 2010.

Ils sont nés à Meaux.
Parmi les personnages célèbres nés à Meaux, il convient de citer : Sauvé de La Noue, acteur et auteur dramatique du XVIIIe siècle, le général Raoult, tué en 1870 à la bataille de Reichshoffen, et les savants Alfred Maury et Henri Moissan (prix Nobel de chimie en 1906).

Conciles de Meaux.
14 juin 845, concile national, convoqué par Charles le Chauve, pour le rétablissement de la discipline. Venilon, archevêque de Sens, Hincmar, archevêque de Reims, et leurs suffragants, Rodulphe, archevêque de Bourges, y assistèrent; les autres évêques y envoyèrent des députés. Après avoir rappelé et confirmé les canons de divers synodes récemment assemblés, ce concile en fit cinquante-six autres, qui contiennent des indications intéressantes sur les abus, tant des laïques à l'égard de l'Eglise, que des clercs à l'égard de leur propre discipline. L'année suivante, toutes ces décisions, formant un nombre de quatre-vingts, furent lues et approuvées dans un concile tenu à Paris, et auquel, outre les métropolitains ci-dessus nommés, Gunthalde, archevêque de Rouen, se rendit avec ses suffragants. Elles furent soumises à Charles le Chauve; mais en conséquence de l'opposition des seigneurs, réunis à Epernay, ce prince n'en approuva que dix-neuf.

D'autres conciles tenus à Meaux en 1080, 1082, 1204, 1229, 1240, n'ont guère pris que des dispositions dont l'effet ne devait pas s'étendre au delà des faits contemporains, sur lesquels elles statuaient. (A. G / E.-H. Vollet).

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Dictionnaire Villes et monuments
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