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Friedland

Friedland. - Nom allemand de plusieurs localités jadis en Allemagne ou en Autriche, et aujourd'hui en Allemagne, en Pologne, en Russie et en République Tchèque. Nous citerons : 
Mecklenburgisch Friedland, dans le Mecklembourg-Strelitz (Nord-Est de l'Allemagne); 7500 habitants (2006). 

Friedland in Niederschlesien ou Mieroszów, en Pologne (Basse Silésie, près de Breslau (Wroclaw)); 4600 habitants. Papeterie, cotonnades. 

Friedland in Oberschlesien ou Korfantów, en Pologne; 2000 habitants. Château

Märkisch Friedland ou Miroslawiec, dans le Nord-Ouest de la Pologne (anciennement  dans la province de Prusse, district de Marienwerder); 2700 habitants.

Preussisch Friedland ou Debrzno, en Pologne, à côté de la précédente; 5300 habitants.

Friedland an der Mohra ou Frýdlant nad Moravicí, en Moravie (République Tchèque); 3700 habitants. Grands établissements métallurgiques. 

Friedland in Böhmen ou Frýdlant v Cechách, au Nord de la Bohème (République Tchèque), sur le Wittig (Smeda); 7600 habitants, dont le château, bâti au XIIIe siècle sur un rocher de basalte de 60 m de haut, fut le chef-lieu du duché de Friedland de Wallenstein. A l'héritage de son oncle, il ajouta des terres confisquées sur les rebelles de Bohème dont il acheta pour 7 millions de florins. En 1623, Ferdinand Ier le créa duc et prince d'empire; le duché comprenait 57 châteaux ou villages et 9 villes dont Reichenberg, Gitschin et Aicha. Après son assassinat, le duché fut morcelé entre ses officiers, le titre et le noyau passèrent à Gallas.

Friedland in Ostpreussen ou Prawdinsk, en Russie, dans l'Oblast de Kaliningrad (ancien cercle de Koenigsberg), sur l'Alle; 7600 habitants, fondée en 1342 et illustrée par la victoire de Napoléon Ier le 14 juin 1807 (ci-dessous). 

Bataille de Friedland.
Bataille gagnée le 14 juin 1807 par les Français, sous Napoléon Ier, contre les Russes et les Prussiens commandés par Bennigsen. La campagne interrompue par l'hiver, malgré la tentative qui aboutit à la sanglante bataille d'Eylau, fut reprise au mois de juin dans la Prusse. Napoléon avait réuni environ 160000 combattants, les corps de Ney, Davout, Soult, Bernadotte, Lannes, Mortier, la cavalerie de Murat et la garde : le premier à Guttstadt-sur-l'Alle; un peu en arrière, Davout, entre l'Alle et la Passarge; au Nord de celui-ci, Soult sur la Passarge, à Liebstadt; Bernadotte sur la Passarge inférieure, de Spanden à Braunsberg; derrière eux, Napoléon, ayant son quartier général à Furkenstein, avec la garde; la cavalerie de Murat dans la plaine d'Elbing, Lannes et Mortier sur la Vistule. L'empereur de Russie et le roi de Prusse étaient à Bartenstein, sur l'Alle; un peu en avant, Bennigsen, général en chef des Russes, à Heilsberg. Bennigsen prit l'offensive au début de juin espérant surprendre les Français. II fit faire des démonstrations sur la Passarge, puis se jeta sur Ney qu'il ne put, entamer. Il se concentra alors à Heilsberg, couvrant Koenigsberg; Napoléon résolut de le couper de cette ville et s'avança par la rive gauche de l'Alle, tandis que les Russes reculaient par la rive droite. Bennigsen livra une première bataille à Heilsberg, où il attendit Mural et Soult dans une forte position ; il les arrêta grâce à ses forces presque triples, mais les renforts français le décidèrent à reculer. Napoléon prit la direction Landsberg-Preussisch-Eylau, pour se porter à volonté à droite contre l'armée russe, à gauche contre Kœnigsberg. Bennigsen se hâta afin de repasser l'Alle à Friedland et de couvrir Konigsberg. Le passage était commencé quand les Français parurent en face de lui.
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Plan de la Bataille de Friedland.
Plan de la Bataille de Friedland (juin 1807).

L'Alle forme en ce point une boucle, dont Friedland occupe le fond et dont l'ouverture n'a pas 3 kilomètres large; de plus, la plaine est coupée en deux par un ruisseau dit
ruisseau du Moulin. Lannes était établi à Posthenen, sur ce ruisseau, quand les Russes commencèrent leur passage à trois heures du matin, Il plaça son artillerie en arrière sur le plateau, des tirailleurs à droite, dans le bois de Sortlack; le reste de ses forces à Heinrichsdorf, sur la route de Koenigsberg. L'engagement commença à trois heures du matin; bientôt Bennigsen arriva et décida de livrer bataille; il ,jeta trois ponts sur l'Alle (outre le pont de pierre de Friedland) et mit en ligne 72000 hommes et 200 canons. Quatre divisions d'infanterie sous Gortchakov et l'élite de la cavalerie sous Ourakov enlèveraient la route de Koenigsberg; Bagration avec deux divisions et la garde fut posté entre le ruisseau et l'Alle; quatre ponts volants, jetés sur le ruisseau, reliaient les deux ailes; une division restait en réserve sur la rive droite de l'Alle. Lannes avait reçu des renforts, portant ses forces à près de 30000 hommes. Il soutint héroïquement jusqu'à midi l'effort des ennemis qui ne purent s'emparer de la route de Koenigsberg. Un peu après midi, Napoléon arriva au bruit de la canonnade, s'écriant :

 « C'est l'anniversaire de Marengo; c'est un jour heureux pour nous. » 
La position de Bennigsen était, en effet, détestable; persuadé qu'il n'avait affaire qu'à un corps d'armée, il avait entassé son armée dans un cul-do-sac avec une rivière à dos. Napoléon vit que, pour profiter complètement de ces fautes, il fallait enlever Friedland et les ponts. Il avait d'abord voulu temporiser, attendant Davout et Murat engagés sur la route de Koenigsberg et qu'il avait envoyé chercher. Mais Ney étant arrivé à trois heures et Victor (corps de Bernadotte) à quatre, il résolut de s'engager à fond et prit une énergique offensive à cinq heures et demie, encouragé par la mollesse avec laquelle l'ennemi résistait aux charges de Grouchy et de Nansouty. A droite, il plaça Ney; au centre, Lannes; à gauche, entre Porthenen et Heinrichsdorf, Mortier; dans la plaine de Heinrichsdorf se déployèrent les dragons de Grouchy, les cuirassiers et la cavalerie légère (généraux Beaumont et Colbert); entre Ney et Lannes fut posté Victor vers Porthenen formant réserve, avec, en arrière, la garde; à Ney et à Victor étaient adjointes deux divisions de dragons (Latour-Maubourg, La Houssaye). 

L'attaque devait être exécutée par Ney, pénétrant dans la masse épaisse des Russes et des Prussiens, entassée dans le coude de l'Alle et marchant droit à Friedland pour l'enlever et couper la retraite à la droite et au centre de Bennigsen. Ces mouvements furent exécutés avec une précision parfaite; 200 pièces mises en batterie les appuyaient d'un feu formidable et préparèrent l'attaque. Ney descendit vers l'Alle et, l'ayant atteinte, se dirigea vers le ruisseau, refoulant les Russes; mais l'artillerie de ceux-ci, le prenant de front et de flanc, ravagea ses colonnes qu'une charge de la cavalerie de la garde russe (général Kollogribov) fit reculer. Latour-Maubourg ramena les cavaliers russes; Napoléon donna l'ordre à Victor de ranger son artillerie sur le front de Ney; le général Sénarmont, avec une vaillance inouïe, partit au galop et mit en batterie ses 30 pièces à 100 m devant l'infanterie française; en quelques minutes, il éteignit le feu des batteries ennemies de la rive gauche de l'Alle. Le corps de Ney avançait rapidement, appuyé par la division Dupont, détachée du corps de Victor; la garde impériale russe se jeta à la baïonnette contre la division Dupont, mais fut culbutée sur Friedland. Criblés de mitraille, les Russes étaient refoulés en désordre dans le village que Ney aborda par la porte d'Eylau, Dupont par celle de Koenigsberg; une mêlée sanglante eut lieu dans les rues. A ce moment, Bennigsen, qui avait essayé de vaines diversions sur le centre et l'aile gauche, ne songea plus qu'à sauver son artillerie et fit repasser 120 canons sur la rive droite, où il tenta de les mettre en batterie. 

La lutte dans Friedland se termina par la défaite des Russes qui brûlèrent leurs ponts. Restait l'aile droite russe sous Gortchakov : elle avait inutilement attaqué Mortier; apprenant la prise et l'incendie de Friedland et des ponts, il tenta vainement de reprendre Friedland; son infanterie résista héroïquement jusqu'au bout et se précipita dans l'Alle, guéable sur certains points; le tiers de ces soldats périt; d'autres s'échappèrent en descendant la rivière. A dix heures et demie du soir, la bataille était finie. Les Russes perdaient près de 25 000 hommes, 70 canons, 25 généraux; les Français, 7 à 8 000 hommes, et, sur leur armée, 25 000 combattants n'avaient pas donné. Murat, arrivé trop tard pour combattre, poursuivit les ennemis par delà la Pregel jusqu'au Niémen, qu'ils repassèrent le 19 juin, tandis que Soult occupait Koenigsberg sans coup férir, s'emparant de 20 000 Russes ou Prussiens blessés, des magasins de l'armée ennemie, des munitions débarquées par les Anglais. Napoléon porta son quartier général à Tilsit où la paix fut signée.
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La Bataille de Friedland, peinte par Horace Vernet.
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Dictionnaire Villes et monuments
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