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Dunkerque
Dunkerque, Duinkerken en flamand (c. -à-d. église des Dunes) est une ville et port de France, dans le département du Nord, à 79 kilomètres au Nord-Ouest de Lille, et à 281 Nord-Nord-Est de Paris, sur la mer du Nord; 70850 habitants. Rade magnifique, citadelle, bassin naval, Église gothique de Saint-Éloi; carillon célèbre, rétabli en 1853, etc. Jean Bart est né à Dunkerque et y a une statue, érigée en 1845. Population : 69,000 habitants en 2014.

Dunkerque fut fondée vers 960 par Baudouin le Jeune, comte de Flandre, autour d'une chapelle élevée par saint Éloi au milieu des Dunes. Elle passa par héritage aux mains de Charles-Quint, fut prise par les Anglais sous Philippe II, et reprise par les Français en 1558; ceux-ci la cédèrent à l'Espagne en 1559, mais Condé la reprit en 1646; perdue de nouveau, elle fut reprise par Turenne (1658), puis cédée aux Anglais, et enfin achetée par Louis XIV (1662). Ce roi fut forcé parle traité d'Utrecht de combler le port et de raser les fortifications (1713), ce qui toutefois ne fut exécuté qu'en partie. Louis XV la fortifia de nouveau. Le duc d'York essaya vainement de la prendre en 1793. 

Pendant les guerres des XVIe et XVIIe siècles, les corsaires de Dunkerque firent de grands ravages dans les marines ennemies de la France.

Histoire.
C'est au VIIe siècle que saint Eloi, évêque de Noyon, aurait bâti, en l'honneur de saint Pierre, une chapelle située au milieu des dunes et qui aurait donné à la bourgade de pêcheurs qui existait alors le nom que porte la ville d'aujourd'hui (Düne-Kerke, église des dunes). Mais ce n'est qu'au milieu du Xe siècle que nous trouvons trace historique de l'existence de Dunkerque. En effet, en 958, le comte de Flandre, Baudouin III dit le Jeune, entoura de murs, pour la préserver contre les attaques des Vikings, la bourgade, devenue sans doute déjà importante. Dunkerque resta sous la domination des comtes de Flandre jusqu'à la fin du XIVe siècle. 

Son histoire, pendant cette période, est assez obscure et offre beaucoup de lacunes. Vers 1218, Dunkerque obtint de nombreux privilèges et une sorte d'organisation communale. Elle s'agrandit beaucoup sous la domination de Godefroy de Condé, évêque de Cambrai. Prise en 1300 par Philippe le Bel, elle resta pendant cinq ans au pouvoir du roi de France. Enfin, au milieu du XIVe siècle, Dunkerque, érigée en seigneurie, passa dans la maison de Bar qui donna à la ville les armoiries qu'elle conserve depuis lors. De 1384 à 1477, Dunkerque fit partie des immenses domaines des ducs de Bourgogne. Nous voyons en effet, en 1395, Yolande, comtesse de Bar, faire un solennel hommage de sa seigneurie de Dunkerque à Philippe le Hardi. De 1477 à 1513, Dunkerque reste sous la domination de la maison d'Autriche. 

De 1513 à 1658, pendant un siècle et demi, Dunkerque fut une possession de la maison d'Espagne. Cette époque de son histoire est la plus troublée. Charles-Quint et ses successeurs attachaient à la possession de Dunkerque une grande importance. Mais, sous le règne de Philippe II, Dunkerque participa à tous les événements provoqués d'abord par la guerre contre Henri II et ensuite par la révolte des Pays-Bas. Prise et pillée en 1558 par les soldats du maréchal de Thermes, elle fut reprise par le comte d'Egmont après la bataille de Gravelines. Plus fard se produisent les premiers troubles des Pays-Bas. Les Dunkerquois ne voulant accepter ni l'Inquisition ni les garnisons espagnoles, adhérèrent au parti qui mettait le prince d'Orange à la tête de la coalition, et Dunkerque fut livrée à celui-ci comme gage du traité d'union fait entre les provinces révoltées. Dunkerque fut quelque temps la résidence du duc d'Alençon, lorsque celui-ci tenta la conquête des Flandres. Enfin elle fut reprise en 1583 par Alexandre Farnèse

A partir de ce moment, elle développa son commerce et résista énergiquement aux tentatives réitérées des Hollandais. De 1599 à 1633, pendant le gouvernement de l'infante Isabelle dans les Pays-Bas, Dunkerque resta presque entièrement étrangère aux mouvements violents qui agitaient les provinces flamandes. Enfin, de 1633 à 1638, Dunkerque est comme l'enjeu de la partie que jouaient entre elles les puissances voisines, France, Angleterre et Espagne. Prise par le prince de Condé en 1646, elle fut reprise par le marquis de Leyde en 1632. Enfin en 1658, après la bataille des Dunes, Dunkerque fut prise par la France et remise immédiatement à l'Angleterre en vertu du traité d'alliance conclu entre Cromwell et Mazarin. Elle ne resta que quatre ans sous la domination anglaise. En 1662, Charles Il vendit Dunkerque à Louis XIV pour cinq millions.

Pour tirer de cette importante acquisition tout le bénéfice qu'il pouvait en attendre, Louis XIV mit tout en oeuvre. Les travaux furent conduits par Vauban avec une rapidité inouïe, et on lit dans la Relation de la cour de France de Spanheim (1690) : 

« De tous les ports de France, Dunkerque est peut-être le plus remarquable par les prodigieux ouvrages qu'on y a faits, par les esplanades des montagnes et des dunes, par les écluses, par la ville et la citadelle revêtues de briques jusqu'au haut du parapet, par des tours sur un banc de sable pour la défense de la rade, enfla tant par les fortifications de la place que pour le havre, et dont on a fait monter la dépense qu'on y a faite jusqu'à douze millions de livres. » 
De ce port sortirent bientôt des escadres et des bateaux armés en course. Dunkerque et ses corsaires, surtout l'intrépide Jean Bart, devinrent la terreur des flottes et du commerce de l'Angleterre et des Provinces-Unies. Aussi l'Angleterre imposa-t-elle à Louis XIV, en 1712, l'obligation de démolir les fortifications de Dunkerque et de combler son port. Tout le XVIIIe siècle se passa en tentatives faites par les Dunkerquois pour relever les ouvrages démolis, tentatives aussitôt réprimées par l'Angleterre (traités de 1717, de 1730, de 1748 et de 1763). 

Enfin, le traité de Paris de 1783 affranchit Dunkerque de cette sujétion. Des travaux furent commencés sous le ministère de Calonne pour rendre à Dunkerque son ancienne importance. Ils furent interrompus pendant les guerres de la Révolution. Dunkerque, alors convoitée par l'Angleterre, fut assiégée parle duc dYork et sauvée par la victoire du général Houchard à Hondshoote. Dunkerque fut un peu négligée par Napoléon Ier qui lui préférait Anvers. C'est sous le second Empire et surtout sous la troisième République que Dunkerque a vu s'exécuter les grands travaux qui en font aujourd'hui une grande cité maritime.

Monuments.
Ville souvent éprouvée par la guerre, Dunkerque possède peu de monuments remarquables. L'église Saint-Eloi, où se trouve le tombeau de Jean Bart et de sa femme, date du XVIe siècle avec une curieuse façade de style grec. L'ancien clocher de Saint-Eloi est devenu la tour du Beffroi, carrée, haute de 62 m. 
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Dunkerque : l'église Saint-Eloi.
L'église Saint-Eloi, de Dunkerque (vers 1900).

Parmi les monuments modernes, il faut citer le Musée, le Théâtre, et surtout la statue de Jean Bart, par David d'Angers, sur la Grande-Place. Dunkerque possède de jolies promenades publiques comme le jardin de la Marine et le square Jacobsen.

Le port.
Le port de Dunkerque, qui est un des principaux ports de la France, s'ouvre sur une bonne rade foraine où les plus grands bâtiments trouvent de la profondeur, une bonne tenue et un calme relatif. La première partie du port se compose du chenal, de l'avant-port et du port d'échouage. La deuxième partie se compose de quatre bassins à flot, le bassin du Commerce, le bassin de la Marine, le bassin de l'Arrière-Port et enfin le bassin Freycinet qui sera composé lui-même de quatre darses dont une seulement est actuellement ouverte à la navigation. 

Enfin le port de Dunkerque est relié au réseau des canaux du nord de la France et de la Belgique par trois grandes voies navigables, le canal de Bergues (haute Colme et basse Colme), le canal de Bourbourg et le canal de Furnes (ce canal relie la port de Dunkerque au canal belge de Furnes à Nieuport. Sa longueur est de 21 km dont 13 en France). Deux autres canaux non navigables, le canal de Mardyck à l'Ouest et le canal des Moëres, emportent les eaux de dessèchement des Moëres et des Watringues.

Armoiries.
Coupé, en chef, d'or au lion passant de sable, armé et lampassé de gueules - qui est de Flandre - et, en pointe, d'argentan bar pamé d'azur, crété et oreillé de gueules - qui est de Bar. L'écu posé sur un homme marin armé de toutes pièces et tenant de sa dextre un sabre d'argent à la garde d'or. (Raoul Fonte).

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Dictionnaire Villes et monuments
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