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Auxerre
Auxerre, Altisiodurum, Autisiodurum, est une ville de France, chef-lieu du département de l'Yonne, sur la rive gauche de l'Yonne, à 169 kilomètres au Sud-Est de Paris; 37 800 habitants. 

Elle fut ravagée par Attila au IVe siècle, et prise par Clovis au Ve siècle. Sous les rois mérovingiens, elle fut gouvernée par des comtes, qui se rendirent héréditaires au Xe siècle (Comté d'Auxerre). Auxerre avait avant 1789 un évêché dont Amyot fut titulaire. 

La cathédrale gothique (Saint-Étienne) est un des beaux édifices gothiques de la France. Parmi les monuments, on remarque aussi l'église Saint-Germain. Commerce de vins; crus renommés de la Chaînette et de Migraine.

Histoire.
Cette ville formait jadis, chez les Senones, un district indépendant. La cité dont Auxerre était le chef-lieu fut comprise, sous Honorius, dans la IVe Lyonnaise. Vers 260, saint Pèlerin, envoyé par le pape Sixte II, vint y prêcher le christianisme. Dès 502, Auxerre devait être entre les mains de Clovis; à sa mort cette ville fut attribuée à Clodomir, puis elle passa à Childebert, à Clotaire ler, à Gontran, et en 613 rentra sous la domination de Clotaire II. En 838, l'Auxerrois fut donné à Charles, fils de Louis le Pieux. Au IXe siècle, les écoles d'Auxerre étaient célèbres; Héribald les dirigeait; Héric et Rémi sont parmi les plus fameux écrivains qui en soient sortis; Rémi restaura l'école de Reims
 

 Les conciles d'Auxerre

578. - Cncile assemblé par Aunacharius, évêque de cette ville; quarante-cinq canons contenant des indications intéressantes sur les superstitions populaires, ainsi que sur la discipline et les rites de Eglise à cette époque. 

1098. - Autre concile sans importance pour l'histoire. (E.-H. V.).

Après la mort de Henri, duc de Bourgogne, le roi Robert, qui voulait saisir son héritage, vint assiéger Auxerre; il fut repoussé. Vers le milieu du XIIe siècle, le comte Guillaume IV fit agrandir l'enceinte de la ville; il y enferma les monastères et les bourgs qui s'étaient établis en dehors des murailles romaines. Gui, son frère et son successeur dans le comté, ayant voulu établir une commune (entre 1170 et 1176), l'évêque s'y opposa.

A la suite d'un incendie terrible, Pierre de Courtenay, devenu comte d'Auxerre par son mariage avec Agnès, fille de Gui, fit remise à ses bourgeois du droit de mainmorte (29 juillet 1188); il compléta l'enceinte commencée par Guillaume; en novembre 1194, il accorda aux bourgeois une charte de coutumes; le chapitre de la cathédrale, suivant son exemple, affranchit ses hommes de la mainmorte, moyennant le paiement de 600 livres provinoises, somme dont la perception était confiée à des jurés élus par les habitants.

En janvier 1213-1214, le comte autorisa les bourgeois à faire des levées d'argent pour les besoins de la communauté, et leur accorda une nouvelle charte (mars 1215), par laquelle il les autorisait à élire 12 bourgeois chargés d'administrer les affaires de la ville, d'accord avec un prévôt choisi par eux; cette organisation ne devait durer que six ans. Mais le droit d'élire 12 jurés fut confirmé aux habitants par la comtesse Mahaut (août 1223). 

A la fin du XIIIe siècle, le comté d'Auxerre passa dans la maison de Chalon; il y resta jusqu'en janvier 1370-71, époque à laquelle Jean de Chalon le vendit à Charles V. Le 10 janvier 1338-39, les Anglo-Navarrais s'étaient présentés devant Auxerre; repoussés, ils revinrent le 10 mars et s'emparèrent de la ville. Après la réunion du comté à la couronne, le roi décida que le bailli de Sens porterait en même temps le titre de bailli d'Auxerre et y viendrait tenir ses assises. En 1441, les Auxerrois prirent parti pour le duc de Bourgogne contre le duc d'Orléans. La 22 août 1442, un traité de paix fut conclu à Auxerre entre les deux ducs. En 1426, le duc de Bourgogne établit un bailli à Auxerre.
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La Paix d'Auxerre

On désigne sous le nom de paix d'Auxerre un accord  intervenu en 1442 entre les Armagnacs et les Bourguignons.

Après l'assassinat du duc d'Orléans (24 novembre 1407), deux partis s'étaient formés dans la cour de France, d'une part celui des Bourguignons dont Jean sans Peur était le chef, d'autre part celui d'Orléans, qui s'était reconstitué dans le Midi par le mariage du jeune duc Charles d'Orléans avec la fille de Bernard VII d'Armagnac et s'appuyait sur les ducs de Berry, de Bourbon et de Bretagne. La guerre ne tarda pas à éclater entre tous ces ambitieux; en vain essaya-t-on de l'arrêter par la paix de Bicêtre (2 novembre 1410), elle recommença dès 1411, lorsque les Bourguignons l'emportèrent dans le conseil du roi. Les Armagnacs marchèrent sur Paris, mais la capitale se souleva pour Jean sans Peur; les bouchers, conduits par Caboche, s'emparèrent du mouvement et dominèrent par la terreur. 

Appelé par eux, le duc de Bourgogne accourut, refoula les Armagnacs vers la Loire et, maître du roi, le conduisit au siège de Bourges, où étaient renfermés les princes d'Orléans. Il allait enfin en finir avec ses rivaux quand la Dauphin, inquiet de la puissance démesurée des Bourguignons et jaloux de consacrer tout son temps aux plaisirs, déclara que la guerre n'avait que trop duré, qu'il tallait se hâter d'y mettre un terme. Le duc de Bourgogne dut se soumettre, des conférences s'ouvrirent entre les chefs des deux partis, et elles aboutirent à la paix d'Auxerre (22 août 1442), solennellement jurée par tous les princes. Les clefs de Bourges furent remises au roi et toutes les villes prises durent être restituées de part et d'autres Les noms d'Armagnacs et de Bourguignons étaient interdits. Jean sans Peur et le duc d'Orléans entrèrent à Paris sur un même cheval. C'était un spectacle touchant. Moins d'une année après, la lutte n'en recommençait pas moins.

La ville et le comté lui furent cédés par le traité d'Arras (1435). Depuis 1371, la communauté était régie par trois élus, qui sont appelés au XVe siècle gouverneurs du fait commun. Lors de la Ligue du bien public, les Auxerrois se montrèrent peu empressés à répondre aux sollicitations du duc de Bourgogne. Après la mort de Charles le Téméraire, ils se donnèrent au roi et lui prêtèrent le serment de fidélité. Un premier essai de rédaction de la coutume eut lieu en 1507; le texte fut fixé en 1561. La même année, un édit accorda aux habitants le droit d'élire tous les deux ans un maire qui présidait les réunions du corps de ville, composé de douze échevins, électifs de trois en trois ans, et de deux gouverneurs électifs de deux en deux ans. Des troubles religieux éclatèrent en 1561 et se renouvelèrent avec plus de violence en 1563. La ville fut surprise par les Huguenots en octobre 1567, et les églises pillées. Les Huguenots furent expulsés l'année suivante. 
 

Les conférences d'Auxerre

Les conférences qui se tinrent à Auxerre, en 1432, entre les ambassadeurs de Charles VII et ceux du duc de Bourgogne avaient pour but de ménager une réconciliation entre les deux ennemis, d'annuler ainsi les effets du désastreux traité de Troyes de 1420 et de permettre à la France d'en finir avec les Anglais, fort menacés dans leurs conquêtes depuis les victoires de Jeanne d'Arc. Malheureusement, bien que les relations de Philippe le Bon avec le régent Bedford fussent alors des plus froides, les conférences ne purent aboutir. Le Bourguigon sentait que son intérêt l'entraînait vers la France, et il n'y avait plus rien à gagner avec les Anglais; mais d'autre part, il avait ou affectait des scrupules; il se rappelait l'assassinat de Jean sans Peur, les serments échangés à Troyes et reculait devant le scandale qui résulterait de la rupture de ces serments. Aussi, crut-il devoir différer encore quelque temps cette réconciliation si ardemment souhaitée dans toute la France, sans doute parce qu'il espérait obtenir davantage; on décida de s'en remettre au concile de Bâle qui ne fut pas heureux; de nouvelles conférences, ouvertes peu après à Corbeil, n'aboutirent pas davantage. Ce fut en 1435 seulement que le Congrès d'Arras ramena la Bourgogne dans le parti français.

Auxerre adhéra à la Ligue (1587); des luttes éclatèrent entre les ligueurs et les royalistes. Dès 1592, les troupes royales apparurent dans l'Auxerrois. La ville fit sa soumission à Henri IV en avril 1594. Au XVIIe siècle, le pays eut à souffrir de plusieurs famines. Le 19 août 1792, une émeute terrible éclata à Auxerre. 

Les armoiries d'Auxerre sont d'azur semé de billettes d'or, au lion rampant d'or armé et lampassé de gueules brochant sur le tout.

Hommes célèbres. - Jean Régnier, bailli, au XVe siècle; Divolé, dominicain, mort en 1568; La Curne de Sainte-Palaye; l'abbé Le Boeuf; Restif de la Bretonne; Soufflot; Jean-Joseph Fourier; maréchal Davout; Paul Bert.
Abbayes.
Auxerre a eu plusieurs abbayes, dont les plus connues sont  : 
L'abbaye Saint-Amatre, établie sur l'emplacement d'un oratoire élevé par l'évêque du même nom (385-418); des chanoines réguliers en prirent possession en 1131.

Le monastère de Saint-Marien, fondé par saint Germain, Ve siècle, sous le titre de Saint-Côme; saint Marin s'y sanctifia; Ithier, clerc de la cathédrale, y fit venir en 1136 des religieux de Prémontré; les moines furent transférés en 1590 à Notre-Dame-la-d'Hors. 

La célèbre abbaye de Saint-Germain, instituée dans l'oratoire de Saint-Maurice, fondé par saint Germain (418-448), qui y fut enseveli; le tombeau du saint évêque devint un lieu de pèlerinage; la reine Clotilde augmenta l'église; au IXe siècle de grands personnages laïcs portèrent le titre d'abbé; à la fin du Xe siècle saint Mayeul, abbé de Cluny, réforma le monastère.

Saint-Père, ou furent établis des chanoines réguliers (1107). 

Saint-Eusèbe, monastère bâti au VIIe siècle par l'évêque saint Pallade; des chanoines de Saint-Laurent y furent introduits à la fin du XIe siècle; un chanoine de la cathédrale portait le titre d'abbé.

Monuments d'Auxerre.
Des murailles romaines il ne reste que des substructions. Les inscriptions et les stèles funéraires trouvées dans les fondations sont déposées au Musée de la ville. 

La cathédrale Saint-Etienne.
La cathédrale, dédiée à saint Etienne, a été fondée au IVe siècle. L'édifice actuel se compose d'une nef flanquée de bas-côtés avec chapelles latérales, d'un transept et d'un choeur avec déambulatoire. Le choeur a été commencé en 1215; la nef et ses bas-côtés datent du XIVe siècle. La tour du Nord a été élevée de 1500 à 1530; celle du Sud, inachevée, de 1540 à 1560. Le portail Nord du transept est aussi du XVIe siècle. 

Le grand portail, qui attire plus particulièrement l'attention, est divisé en trois parties par des contre-forts. Les parois latérales du porche central représentent la scène du don des langues, l'histoire de Joseph, et celle de l'Enfant prodigue; sur le tympan, le Christ, entouré d'anges et reposant sur la boule du monde, surmonte un tableau de la Résurrection; la voussure présente 66 scènes de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament sculptées dans des niches. Ce porche est surmonté d'un fronton aigu; percé a jour par une rosace en pierre; et en arrière duquel est la rose qui éclaire la grande nef; au-dessus sont des galeries et un élégant fronton équilatéral. 

Les porches latéraux de la façade s'ouvrent dans la base de deux tours, dont l'une, celle du midi, est inachevée et ne s'élève qu'a la hauteur du deuxième étage; celle du nord, divisée en quatre étages, a 70 m de hauteur, et est enrichie de colonnettes, de clochetons, d'ornements foliacés, d'arcades simulées, et de niches aujourd'hui dégarnies de leurs statues
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Auxerre : la cathédrale Saint-Etienne.
La cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre.

La voussure du porche de gauche offre trois rangs de statuettes représentant des épisodes de la vie de la Vierge; les parois latérales représentent, encadrées dans 18 panneaux, surmontés chacun d'un fronton historié; diverses scènes de la Création et du péché originel. Au porche de droite sont 8 statues, fort dégradées, des Sciences et des Arts; la voussure est peuplée de statuettes relatives à l'Ancien et au Nouveau Testament; sur le tympan, on voit Jésus dans le ciel; et, plus bas, la Visitation, la Nativité, la Circoncision; le Baptême de Jésus, la Dispute avec les docteurs, et la Madedeleine.

Le portail du nord appartient au XVe siècle; le choeur, dont les piliers ne sont pas semblables, au XIIIe; la nef, au XIVe et au XVe

L'intérieur de l'édifice se distingue par la majesté de l'ensemble, la richesse et le fini des ornements. Il a 100 m de long, 34,65 m de hauteur sous voûte; 30 m de large au transept, et 15 m dans la nef. Les vitraux sont remarquables et bien conservés. Les trois rosaces constituent un des plus beaux ornements de l'église. On doit citer encore: l'aigle du choeur, en cuivre jaune, du XIVe siècle; deux bénitiers en fer fondu, du XIIIe siècle. Amyot a son tombeau dans cette église, ainsi que le maréchal et l'amiral de Chastéllux

La crypte, à cinq nefs, date du XIe siècle; elle s'étend sous le choeur; elle renferme des peintures murales du XIIe siècle.

L'abbatiale de saint-Germain.
Église abbatiale de Saint-Germain. Les cryptes qui s'étendent sous la chapelle  absidale et les collatéraux ont été construites au Ier siècle par Conrad, oncle de Charles la Chauve. La nef gothique, commencée en 1260, était précédée d'une nef romane démolie en 1820; il ne reste de la façade que le remarquable clocher méridional (XIIe siècle). Le cloître, adossé au mur septentrional de la nef, a été reconstruit au XVIIIe siècle, à l'exception d'une rosace du XVe siècle. L'hôpital est établi dans les bâtiments de l'abbaye. On doit à l'abbé Audoin (1148) le grand dortoir voûté. Des tapisseries de la fin du XVe siècle, retraçant la vie de saint Germain, ont été transportées à Paris, au musée de Cluny
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Auxerre : enceinte de l'abbaye de Saint-Germain.
Les anciennes fortifications de l'abbaye de Saint-Germain.

L'église Saint-Eusèbe.
Eglise Saint-Eusèbe, aujourd'hui paroissiale. Elle se compose d'une nef avec bas-côtés et d'un choeur avec déambulatoire. La nef remonte à la fin du XIIe siècle; elle a été restaurée  au XIXe s.; le choeur a été reconstruit au XVIe siècle, en style gothique; la chapelle absidale est datée de 1530; à la naissance du choeur, tour romane, surmontée d'une flèche en pierre du XVe siècle. 
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Auxerre : l'église Saint-Eusebe.
L'église Saint-Eusèbe.

L'église Saint-Pierre-en- Vallée.
L'église Saint-Pierre-en-Vallée comprend trois nefs et un choeur; cet édifice gothique, par son plan et ses dispositions, présente une décoration du style classique; commencé en 1630, il a été terminé en 1658; le portait consiste en trois ordres superposés. La tour carrée, de style ogival, placée au flanc méridional du choeur, commencée en 1530, est un reste de l'ancien édifice. En avant de l'église, ancien portail de l'abbaye (style de la Renaissance). 
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Auxerre : l'église Saint-Pierre en Vallée.
L'église Saint-Pierre en Vallée.


Les autres monuments.
La préfecture occupe les bâtiments de l'ancien palais épiscopal; au milieu des réfections des XVIIIe et XIXe siècles, on a conservé une galerie romane de dix-huit arcades, construite entre 1115 et 1136, et une salle terminée du côté de la rivière par un pignon triangulaire (1247-1269). 

L'Horloge, beffroi en plomb établi entre 1460 et 1484 sur une ancienne tour de l'enceinte romaine, incendié en 1825; l'arcade qui supporte le cadran subsiste. 

Le collège, bâtiment et chapelle (auj. théâtre), en briques et pierres, construits par l'évêque Amyot (XVIe siècle).

L'ancien palais de justice, élevé en 1622 sur l'emplacecement du château des comtes d'Auxerre, renferme le Musée communal et la Bibliothèque. Le Palais de justice est moderne. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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