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Les langues > langues amérindiennes
Les langues uto-aztèques
Uto-aztèque méridional
Aztécan
(Aztécoïde)
Aztèque ou Nahuatl (près d'une trentaine de dialectes nahuatl, parlés au Mexique).
Pipil ou Nahuat (était parlé sur la côte sud de l'Amérique centrale jusqu'à l'isthme de Rivas au Nicaragua. Eteint au  Guatemala, au XIXe siècle, mais compterait encore quelques certains au Salvador).
Autres :  teco-tecoxquin, tépanèque, toltèque-chichimèque, zacatèque, zayahuèque.
Sonoran
(Taracahitian)
Tarahumaran : Tarahumara (50 000 locuteurs environ, cinq dialectes), Huarijio (environ 3000 locuteurs).
Tepiman : Papago (8000 locuteurs), Pima, Tohono, Tepehuan (3 dialectes, environ 30 000 locuteurs); langue morte : Tepecano.
Corachol : Huichol (environ 20 000 locuteurs), Cora (deux dialectes : Nayar, 8000 locuteurs; Santa Teresa 7000 locuteurs).
Cahita : Yaqui  (15 000 locuteurs), Opata (était parlé en Californie; presque éteint), Mayo (40 000 locuteurs).
Langue morte : Tubar.
Uto-aztèque septentrional Hopi(environ 6000 locuteurs, en Arizona, Utah et Nouveau-Mexique).
Numique Numique central : Shoshone (3000 locuteurs environ), Comanche (moins de 200 locuteurs), Panamint (presque éteint).
Numique occidental : Païute (environ 3500 locuteurs), Mono (presque éteint).
Numique méridional : Ute  ( = païute méridional, environ 2000 locuteurs), Kawaiisu (presque éteint).
Takique
ou Californien méridional
Langues en cours d'extinction : Luiseño, Cahuilla.
Langues mortes : Serrano; Cupeño.
Langue presque éteinte : Tübatulabal ou Pakaanil (moins de 10 locuteurs en 2019).
La famille des langues uto-aztèques est l'une de celles qui ont la plus grande extension géographique sur le continent américain. Au moment de la conquête espagnole, des langues uto-aztèques étaient parlées du Canada à la côte nicaraguayenne. Ce groupe comprend plus de 100 langues. 

Langue aztèque

En Méso-Amérique, il existe au moins deux langues uto-aztèques étroitement apparentées : le Nahuatl et le Pochutèque, qui forment la sous-branche aztèque de la branche méridionale de la famille uto-aztèque. Le Pochutèque, parlé à Pochutla (Oaxaca, Mexique), a été déclaré éteint au milieu des années 1950.

Les groupes de pré-Aztèques qui sont arrivés en Méso-Amérique vers l'an 500 de l'ère courante, se sont installés la vallée centrale du Mexique et dans les régions voisines, à l'exception des locuteurs pré-Pochutèques qui ont continué jusqu'à Oaxaca. 

La branche orientale séparée du groupe s’est installée dans la vallée centrale vers l'an 800  et a migré vers le nord-est, où elle a été en contact avec les Huastèques (les langues mayas). De là, le Nahuatl oriental s'est répandu sur la côte du golfe et en Amérique centrale, puis s'est séparé en Nahuatl du golfe et en Pipil. 

Vers l'an 1000, les Nahua occidentaux se séparèrent des Nahua centraux (vallée de Mexico, Morelos et Puebla) et s'étendirent à Toluca, au Guerrero et au Michoacan. Le Nahuatl de Toluca est entré en contact avec le Matlatzinque (les langues Oto-Manguéennes), celui du Michoacan avec le Tarasque et celui du  Guerrero avec le Tlapanèque (langue oto-manguéenne). 

Vers 1400, le Nahuatl occidental s'est étendu du Michoacan au Durango, où il est entré en contact avec le Cora. 

Il s'est suivi de ces divers contacts l'apparition de variétés dialectales bien différenciées, et qui se distinguent par leurs caractéristiques lexicales, phonologiques et syntaxiques. 

Là où les Aztèques étaient bien implantés, c'est-àdire dans tout le Mexique central, le Nahuatl a été la lingua franca de la communication entre différents groupes linguistiques de Méso-Amérique avant l’invasion espagnole. L'extension de ce rôle n'est avérée au Guatemala qu'après la conquête.

Le Nahuatl est une langue agglutinante. Il n'y a pas de différence fixe entre les phrases et les mots. Un mot se compose généralement d'un préfixe, puis de plusieurs concepts principaux et d'un suffixe (Les flexions). On peut enchaîner autant de concepts de base que l'on veut, chacun avec une syllabe selon les besoins. En conséquence, certains mots nahuatl deviennent très longs. 

Un autre caractère de la langue est la différence entre les noms mobiles et immobiles. Les noms mobiles sont des personnes, des animaux et un nombre limité d'autres concepts. Tous les autres noms sont immobiles. Les noms immobibles n'ont pas de pluriel. S'il s'agit d'un grand nombre, on peut éventuellement ajouter le mot huel, qui signifie quelque chose comme "beaucoup". 

De plus, il n'y a pas de verbes de liaison en Nahuatl. Au lieu de cela, on conjugue les noms et les adjectifs sous forme de verbes.

Pauvre en éléments phonétiques, la langue aztèque manque des articulations b, d, f, p, r, s, j, ll, gn; en revanche elle en possède qui reviennent à satiété, notamment t, z, ch, tl, tz; l'articulation l ne se trouve jamais au commencement des mots. La répétition fréquente des syllabes tli, itl, tla, atl, donne de la monotonie et de la rudesse à la prononciation. 

Langue tarahumara

Le Tarahumara est  divisé en cinq ou six dialectes, il est parlé par environ 70 000 locuteurs au Nord-Ouest du Mexique, dans les montagnes qui bordent le golfe de Californie. Cette langue a quelques rapports de racines avec l'Aztèque, auquel elle a emprunté aussi ses noms de nombre; mais ses désinences lui sont propres. On n'y connaît pour ainsi dire pas d'adjectifs, mais on y fait un fréquent emploi des participes. Les conjonctions se placent après les propositions secondaires, et les prépositions après leurs compléments. (B.).

Langue pima

Le Pima n'a plus qu'un millier de locuteurs dispersés au Nord-Ouest du Mexique, près de la frontière avec les Etats-Unis. C'est une langue qui a beaucoup de rapports avec  le Tarahumara. Elle n'a ni prépositions ni conjonctions; dans la conjugaison, les pronoms seuls indiquent les personnes. (B.).

Langue cora

Le Cora ou Core se partage en deux dialectes, qui ont moins de 10 000 locuteurs chacun. Elle est en usage au Mexique dans les Etats de Zacatecas, de Nayarit et de Jalisco. 

Certains auteurs n'ont voulu lui reconnaître, ainsi qu'au Tarasque, aucune affinité avec les autres langues du Mexique, tandis que d'autres, à l'avis desquels on s'est rangé, ont trouvé, dans ses racines et dans ses flexions, des ressemblances avec l'Aztèque. 

Ainsi la place-t-on, aux côtés du Huichol, dans le groupe des langues sonoranes de la famille uto-aztèque.  On y remarque quatre formes de pronoms personnels, selon les circonstances différentes dans lesquelles ils sont employes. Le régime et le pronom font corps avec le radical du verbe. Les articulations d, f, g manquent à cet idiome.  (José de Ortega, Vocabolario en lengua castillana y cora, Mexico, 1732). (B.).

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