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La
paléontologie des insectes
L'histoire paléontologique des Insectes
n'a été débrouillée qu'à partir de la
fin du XIXe siècle, grâce
surtout aux travaux de Scudder et de Ch. Brongniart. Le plus ancien débris
fossile que l'on puisse rapporter à cette classe est une aile du
silurien moyen du Calvados qui semble indiquer un Insecte voisin des Blattes
(Palaeoblattina Douvillei). Dès l'époque carbonifère,
avec le développement du règne végétal qui
caractérise cette époque, les Insectes deviennent plus nombreux,
mais ils ne sont pas encore des types très variés. Scudder
les rapportait tous à un ordre synthétique, les Palaeodictyoptera,
qui est essentiellement caractérisé par la présence
de deux paires d'ailes semblables. Quelques-uns en avaient jusqu'à
trois paires (Brongniart). Tous étaient dépourvus de métamorphoses
complètes, c.-à-d. que la larve,
souvent aquatique, ne différait de l'adulte que par l'absence d'ailes.
En d'autres termes, ces Insectes primitifs ressemblaient aux Blattes, aux
Mantes, aux Phasmes, aux Libellules, aux Ephémèrès
et aux Perlides de l'époque actuelle. Quelques-uns atteignaient
une taille gigantesque, comme le Titanophasma Fayoli des houillères
de Commetry, que l'on peut se figurer comme une grande Libellule de près
de 50 centimètres de longueur. Les Blattes sont très nombreuses
dans tous les gisements paléozoïques.
Les types des ordres actuels ne font leur
apparition qu'à l'époque secondaire ou mésozoïque,
les Coléoptères au trias, les
Diptères
et les Hyménoptères au lias, les Lépidoptères
enfin au jurassique. Dès le milieu de l'époque tertiaire,
la faune entomologique de l'Europe semble avoir eu son faciès actuel
: on n'y trouve plus de types de grande taille, bien que la flore ait eu,
jusqu'à la fin du miocène, un aspect subtropical, et que
ce caractère de la flore ait son retentissement sur les grands Vertébrés
qui abondent à cette époque, et dont le développement
contraste avec la médiocrité de la faune entomologique. Il
semble que, dès cette époque, les types de grande taille
étaient cantonnés dans la zone intertropicale ou dans l'hémisphère
austral. Un grand nombre de types tertiaires ont été conservés
dans l'ambre si abondant dans le Nord-Est de l'Allemagne : les gisements
d'Aix (en Provence), d'Oeningen, de Radoboj, etc., celui de Florissant,
en Amérique du Nord, sont parmi les plus remarquables par la bonne
conservation de leurs débris d'Insectes.
Il semble que les premiers Insectes devaient
être aquatiques et dépourvus d'ailes comme les larves campodéiformes
des Ephémères. Les ailes, qui ne sont pas de véritables
membres, mais de simples expansions des téguments, ont dû
constituer d'abord de simples lames branchiales, semblables à celles
des Cloeopsis, servant à la fois à la nage et au vol, comme
les nageoires des Poissons volants. C'est ainsi que s'est trouvé
caractérisé le groupe primitif des Palœodictyoptera où
l'adulte ne différait de sa larve que par la présence des
ailes. Les Paléodictyoptères se sont modifiés et spécialisés
ensuite en donnant naissance aux types des ordres actuels; les deux paires
d'ailes se sont différenciées, et les antérieures
se sont durcies peu à peu pour protéger les postérieures
à l'état de repos (Orthoptères, Hémiptères-Hétéroptères,
Coléoptères),
et former les
élytres; chez les Diptères,
la paire postérieure s'est atrophiée (balanciers). Enfin
la métamorphose complète se montre comme un phénomène
d'adaptation secondaire nécessité par un genre de vie exclusivement
végétal ou parasitaire, en rapport avec la petitesse et le
plus grand nombre des oeufs, ce qui provoque l'éclosion précoce
de l'embryon au stade où il présente
encore l'apparence d'un ver (larves helminthoïdes des Coléoptères,
des Hyménoptères et des Diptères; chenilles
des Lépidoptères). En effet,
chez les Coléoptères notamment, toutes les larves carnassières,
agiles et libres, sont campodéiformes, c.-à-d. ne différant
de l'adulte que par des détails secondaires et l'absence d'ailes.
(E. Trouessart).
La
morphologie et l'anatomie des insectes
La définition même de la classe
des Insectes est déjà une description. Le corps des insectes,
composé d'anneaux placés bout à bout, est nettement
divisé en trois segments distincts, qui ont reçu le nom de
tête de thorax et d'abdomens; leurs membres toujours au nombre de
six, et, d'une manière générale, par leurs ailes,
appendices
pairs, répartis par une ou deux paires. Bien qu'ils appartiennent
à la catégorie des
invertébrés,
les insectes possèdent l'équivalent d'un squelette. Mais
celui-ci est extérieur (exosquelette). Il se compose de ceintures
vertébrales en forme d'anneaux plus ou moins réguliers et
complets, et réunis entre eux d'une manière plus ou moins
solide. Ce squelette tégumentaire conserve chez beaucoup d'espèces
une certaine flexibilité, mais le plus souvent, il présente
une dureté considérable. Ajoutons que les insectes
respirent au moyen de trachées aérifères et qu'ils
disposent d'un système vasculaire très rudimentaire .
La
métamorphose des insectes
Le développement
des Insectes peut se faire sans métamorphose.
C'est le cas des Thysanoures et des Collembola qui sortent de l'oeuf avec
leur forme définitive. Mais le plus souvent, ce développement
présente des métamorphoses. Elles sont très incomplètes
chez les Orthoptères et les Hémiptères. Tous ces groupes
constituent les Amétaboliens. Les métamorphoses sont beaucoup
plus importantes dans les autres groupes : Névroptères, Panorpes,
Trichoptères, Lépidoptères, Hyménoptères,
Diptères et Coléoptères.
On a affaire dans ce cas à ce que les entomologistes nomment des
Métaboliens ou Hétéromorphes.
Les insectes peuvent changer de peau
plusieurs fois, et un grand nombre subissent des métamorphoses aussi
singulières que celles des grenouilles, par exemple; au sortir de
l'oeuf, leur forme diffère beaucoup de celle de leurs parents et
de celle qu'ils affecteront plus tard. Après l'éclosion de
l'oeuf pondu par la femelle à l'état final, l'insecte passe
ordinairement par les états suivants :
1° larve, ressemblant
plus ou moins à un ver et ayant un corps allongé, mou, divisé
en anneaux mobiles, quelquefois fois chez les larves des insectes qui,
à l'état parfait, auront un suçoir); ces larves se
nomment chenilles ou vers, suivant leur grosseur, leur forme et leur habitat.
Des ailes rudimentaires se forment sous leur peau, après qu'elles
ont vécu un certain temps dans l'eau, dans l'air ou sous terre,
et l'insecte subit sa nouvelle transformation; l'état de larve dure
ordinairement pendant plusieurs mois, depuis l'automne jusqu'à l'été
suivant et quelquefois pendant une période beaucoup plus longue,
comme c'est le cas pour les cigales et les hannetons. Les larves sont généralement
voraces et actives;
2° Pupe ou Nymphe, état
pendant lequel les insectes restent immobiles et ne mangent pas; ils affectent
alors une forme particulière : quelquefois, la peau de la larve,
en durcissant, forme une enveloppe cornée ou écailleuse;
d'autres fois, elle se change en une mince pellicule à travers laquelle
on peut distinguer l'animal. Avant de subir ce changement, la larve se
prépare souvent un abri, en filant un cocon de soie sécrétée
par elle-même; cette chrysalide peut être suspendue à
une petite branche par des filaments soyeux, ou cachée dans quelque
crevasse. A l'état de chrysalide, la croissance de l'animal s'accomplit
rapidement et la forme du futur insecte se développe graduellement.
Ces métamorphoses sont facilement étudiées chez la
chenille commune, chez l'abeille, chez le moustique,
chez la mouche et chez le ver à soie;
3° Etat final ou Imago. La vie
de l'insecte parfait est courte; elle se prolonge tout au plus pendant
les mois de l'été, jusqu'à ce que le travail de la
reproduction soit terminé; chez les éphémères,
l'état adulte dure quelques heures seulement.
Parfois, la transformation
est particulièrement complexe et l'on parle d'hypermétamorphose.
Dans tous les cas, on assiste à de grands remaniements dans l'organisation
des tissus, qui correspondent aux processus histolyse et d'histogénèse .
L'écologie
des insectes
Le genre de vie des Insectes est tellement
varié qu'on n'en peut présenter un tableau général.
Ils habitent sous toutes les latitudes, la terre comme les eaux; même
certaines Hydrocorisès nagent sur les vagues de la haute mer et
beaucoup de Coléoptères se
laissent entièrement recouvrir par la marée haute. Les pays
froids ou chauds ont leurs espèces, comme les montagnes et les plaines;
les déserts de sable en renferment de particulières, comme
les forêts luxuriantes des tropiques.
La répartition des Insectes sur
le globe est sujette à des lois assez fixes et se laisse ramener
à des principes essentiels assez nets, d'où la séparation
en faunes. Les espèces les plus grandes, les plus brillantes de
couleurs habitent surtout les pays chauds; plus on se dirige vers les régions
froides, plus les formes deviennent petites et obscures. Les pays les plus
riches en formes extraordinaires sont la région austromalaise (Australie,
Malaisie, Papouasie) à laquelle il faut joindre Madagascar, la région
brésilienne et les pays africains s'étendant du Mozambique
à la côte des Graines et contrées voisines. Les faunes
les plus pauvres sont les pays patagons et ceux qui avoisinent le cap Horn,
la Terre de Feu, les terres australes et aussi
l'extrême Nord de l'Europe. En Europe, la faune la plus intéressante
est la circaméditerranéenne à laquelle vient se rejoindre,
par des passages nombreux, celle de la Haute-Égypte et de la mer
Erythrée.
Toutes les matières sont attaquées
par eux; pas de plantes qui n'en nourrissent
quelques-uns, peu d'animaux terrestres qui n'en
portent de parasites même jusque dans leur corps. Aussi les Insectes
comptent-ils parmi les animaux les plus nuisibles à l'agriculture,
autant par leur multiplication formidable que par la difficulté
pratique de les détruire sans endommager les végétaux,
les grains ou les fruits attaqués. D'autres
rongent les denrées, les fourrures, les draps, les bois,
les cuirs, les papiers. Les Termites finissent par détruire les
maisons en minant les charpentes; d'autres Insectes xylophages sont dans
le même cas. Tout le monde connaît les effrayants ravages des
Criquets. Par contre, l'utilité qu'on tire des Insectes est plus
restreinte; mais il ne faut pas oublier que c'est d'eux que nous viennent
la soie, la cire et le miel.
Il faut aussi compter les Coléoptères
vésicants, les Cochenilles, les Hémiptères qui produisent
la gomme laque, quelques autres espèces utiles encore.
Les insectes jouent également un
rôle central dans les écosystèmes car ils sont, avec
le vent, mais bien plus sûrement que ce dernier, les agents naturels
de la fécondation d'un grand nombre de plantes ayant leurs étamines
et leurs pistils sur des fleurs
séparées. Dans leurs visites de fleur en fleur à la
recherche du miel, ils portent évidemment le pollen
des anthères des étamines
aux stigmates des fleurs à pistil. Beaucoup
de fleurs complètes, ayant leurs pistils et leurs étamines
très rapprochés, sont construites de telle façon que
le pollen ne peut jamais, sans aide extrinsèque, atteindre le pistil
de sa propre fleur ou servir à féconder celle d'aucune autre.
La fertilisation croisée est d'ailleurs nécessaire aux fleurs
de la même espèce, afin de favoriser la plus grande vigueur
du produit et pour empêcher les particularités individuelles
de se perpétuer. (Maurice Maindron / DV.).
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D.
Ponsonby - C. Beverley, Les
insectes, Marabout, 2006.
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est membre de la Royal Entomological Society of London, et fait partie
du groupe de recherche sur le terrain Ecology Research Group. Le docteur
David Ponsonby est maître de conférence au Canterbury Christ
Church University College. Il supervise également un groupe de recherche
sur le recours aux insectes et aux prédateurs des acariens pour
la lutte contre les ravageurs. (couv.).
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 Heiko
Bellmann, Gérard Luquet, Insectes
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H.
Mann, P. Pâquerette,
Les
insectes, Quatre fleuves, 2004.
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