 |
Le mont Palatin,
Mons
Palatinus est une des collines de Rome,
la plus centrale, occupée par la cité primitive. Elle a la
forme d'un quadrilatère irrégulier de 1800 m de tour, dont
le sommet s'élève à 54 m au-dessus du niveau de la
mer, de 30 à 40 m au-dessus de la vallée qui se trouvaient
au Nord, le Forum ,
à l'Ouest le Vélabre, au Sud le Grand Cirque .
Le mont Palatin duquel on distinguait à l'origine les collines de
Velia au Nord vers l'Esquilin
(en face la basilique de Constantin)
et de Germalus à l'Ouest, confondue plus tard dans l'ensemble des
constructions qui revêtirent et remanièrent la colline, possédait
les monuments historiques de la Rome primitive et de la Rome impériale.
On voit encore aujourd'hui les restes du rempart de la Roma quadrata,
formés de blocs de tuf. On croit avoir retrouvé vers l'angle
Nord-Ouest la place du Lupercal, la grotte dédiée au dieu
que les Grecs
assimilèrent à leur Pan
et où, selon le mythe de la fondation de Rome ,
se réfugia la louve qui, près de là, sous le figuier
sacré (Ficus Ruminalis), allaita Romulus
et Rémus; un peu au Nord était la maison du fondateur de
Rome (Casa Romuli) que l'on montrait encore au temps de Constantin.
Absorbée dans la cité qui
eut au Capitole
sa citadelle et son sanctuaire, cette Roma quadrata n'en fut plus qu'un
quartier. Au Sud-Ouest s'éleva en 295 le temple du dieu de la Victoire
(Jupiter
Victor), plus près du Forum celui du Jupiter Stator; à l'angle
occidental, celui de la Grande Mère
(191). A l'époque républicaine, le Palatin se couvrit de
maisons privées et paraît avoir été un quartier
riche, par opposition aux quartiers commerçants et populeux des
fonds qui l'entouraient. Cicéron, Hortensius,
Clodius
y avaient leurs maisons; de même
Auguste
et Tibère, qui y naquirent. Aussi, à
l'époque impériale, les demeures des empereurs,
successivement agrandies, finirent, avec les temples et les annexes qu'ils
édifièrent, par couvrir la plus grande partie de la colline.
Le nom même de maison palatine finit dans l'usage courant par devenir
synonyme de résidence impériale et donna notre mot de palais
(patatium). La maison d'Auguste, embellie par les Flaviens, occupait
le centre du Palatin, ayant sa façade
à l'Ouest, du coté du Forum
et de la Voie sacrée; au Nord-Est s'élevait le temple d'Apollon ;
à l'Ouest, la maison de Livie plus petite et assez bien conservée
; puis au Nord-Ouest, dominant le Forum et les rues d'accès (clivus
Victoriae), la maison de Tibère qu'une galerie couverte (cryptoporticus)
reliait à celle d'Auguste.
-
Palatin.
- Ruines du stade, ou arène de forme allongée qui servait
aux courses
à
pied et aux luttes des athlètes. L'attribution en est d'ailleurs
contestée; et
peut-être
n'y avait-il là qu'un jardin élégant, entouré
sous Septime-Sévère d'un
gracieux
portique.
Derrière ce grand palais transformé
par Domitien et dont on peut admirer les proportions
et la grandeur dans la belle restauration de Deglane, se trouvait le stade,
bordé au Sud-Est par le palais de Septime
Sévère, terminé au-dessus du Cirque par les hauts
étages du Septizonium, qui faisait perspective au bout de la voie
Appienne .
Ces palais impériaux furent édifiés par les premiers
Césars, par les Flaviens et par les Sévères, Néron
seul, rêvant pour sa majesté un cadre plus vaste, étala
sa Maison Dorée entre, le Palatin et l'Esquilin ;
le dernier empereur qui ait fait construire
sur le Palatin fut Alexandre Sévère.
A partir du IIIe siècle, ces palais
furent délaissés; au Ve,
ils furent pillés par les Goths, les
Vandales;
Odoacre
et Théodoric les habitèrent encore
quelque temps, puis on les laissa tomber en ruines. Ils servirent de carrière,
on y vint puiser des morceaux d'architecture, des colonnes, de simples
pierres, surtout lors des grandes construction de la Renaissance ,
si fatales aux édifices antiques. Sixte-Quint fit démolir
le Septizonium; des couvents; des jardins, des vignes
se partagèrent le sommet et les pentes du Palatin. Au Nord-Ouest,
étaient les jardins Farnèse, au milieu la villa Mills, Saint-Bonaventure,
Saint-Sébastien, et au-dessus de la Voie sacrée la vigne
Barberini. Pie IX
racheta la plupart des propriétés privées.
Napoléon
III acquit les jardins Farnèse et les fit fouiller par Rosa.
Le gouvernement italien continua par la suite ces fouilles et dégagea
la surface à l'exception de la villa Mills, c.-à-d. du Nord
à l'Ouest, et au Sud. (A.-M. B.). |
|