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Le mont Cenis

Le mont Cenis (Cenisius mons, Mons Geminus) est une montagne et un col des Alpes occidentales, entre la France (Savoie) et l'Italie (Piémont), à 50 kilomètres à l'Est de Saint-Jean de Maurienne, à 17 kilomètres au Nord-Ouest de Suse, forme le noeud des Alpes Cottiennes et des Alpes Grées. 

Le nom désigne surtout le col; toutefois, on l'a appliqué aussi à une crête voisine qui s'élève à 3594 m d'altitude. Son sommet est formé par une roche calcaire. Le col (entre Lans-le-Bourg et Suse) est à 2098 m, un peu plus loin le col du petit mont Cenis est à 2200 m. Le col proprement dit est un des meilleurs de la chaîne des Alpes; il est formé par un plateau couvert de pâturages, au milieu desquels est, à 1913 m d'altitude, un petit lac de 2500 m de long, qui s'écoule vers l'Italie par la Cenise, affluent de la Doire Ripaire. Sur le versant français, les eaux vont à l'Arc. 

Le col du mont Cenis est depuis l'Antiquité un passage fréquenté. On l'a fait traverser par Hannibal; le fait est douteux ; mais Pompée, Pépin le Bref, Charlemagne y ont conduit leurs armées; en 1691, Catinat le franchit avec son artillerie, après avoir élargi le chemin. De 1802 à 1811, Napoléon y fit tracer une belle route de voiture avec 26 refuges. Non loin du lac et du village de Tavernette s'élève (à 1939 m) un hospice, qui remonte à Louis le Débonnaire. Napoléon l'a reconstruit et y a établi des religieux (1801). Cette route a beaucoup perdu de son importance depuis le percement du tunnel.

Le tunnel du mont Cenis (ou de Fréjus).
Le tunnel du mont Cenis (aujourd'hui aussi connu sous le nom de tunnel ferroviaire du Fréjus), qui relie les réseaux des chemins de fer français et italien entre les vallées de l'Arc et de la Doire Ripaire, a été percé sous le col de Fréjus, à 20 km au Sud-Ouest du mont Cenis, à 10 km à l'Est du mont Tabor, entre Modane et Bardonèche (Bardonecchia). Il a 13 567 m de long (12,230 m au moment de son percement), s'ouvre en France à 1203 m, atteint 1363 m au centre, sous une montagne qui le domine de 1600 m, débouche près de Bardonèche à 1355 m. La chaleur au centre approche de 30°C.

L'initiative du projet appartient au gouvernement sarde, qui possédait alors les deux versants des Alpes. Le relief du sol indiquait les vallées parallèles de la Doire Ripaire et de l'Arc pour relier Turin et Chambéry. Vers 1840, Médail indiqua la direction de Bardonèche à Fourneaux, et proposa un tunnel de 12 km à niveau uniforme. Mans lui substitua un projet de 12 km, de Modane à Bardonèche, avec inclinaison de 0,02 par mètre. Colladon proposa l'air comprimé. Sommeiller précisa enfin les moyens d'exécution. 

En 1857, une loi fut votée pour tracer une galerie conformément à son projet. En août 1857, on commença les travaux du côté italien. Ils furent poussés activement à partir de la convention de 1862 avec le gouvernement français, lequel partage l'honneur de cette grande entreprise que ses ingénieurs menèrent à bien. Le 26 décembre 1870, les deux galeries creusées en sens inverse se rencontrèrent; le 21 septembre 1871, le tunnel fut solennellement inauguré, le 16 octobre, la ligne de chemin de fer fut mise en service. En 1881, une extension, destinée à éviter les glissements de terrain le rallongeau de 1337 m; il a coûté au total plus de 75 millions de francs. (GE).

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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