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La Chalcidique

La Chalcidique, Chalcidice, est une presqu'île du Nord-Est de la Grèce, entre les golfes de Confessa (ou Orfani) et de Salonique. Complètement séparée de tous les contreforts du Rhodope, elle ne tient au continent que par un mince pédoncule de terres peu élevées; « presque toute cette racine de la presqu'île est occupée par des marécages, des plages d'alluvions et deux lacs » (Reclus). Cet isthme est large de 70 kilomètres. Les deux lacs se nomment Belchik ou Bolbé et Langutza ou Vasilios. On a dit de la Chalcidique que c'était « une Grèce en miniature par la forme de ses côtes, bizarrement découpées en haies et en promontoires et par ses massifs de montagnes distinctes se dressant au milieu des terres plus basses comme les îles au milieu des eaux de l'Archipel ». L'ossature de la presqu'île est formée par des rochers schisteux, que domine le mont Kortiach (1187 m). 

La Chalcidique s'avance dans la mer « comme une gigantesque main étendue sur les eaux ». Elle se termine par trois promontoires que séparent les baies profondes de Cassandra (autrefois Toronaïque ou Mecybenéen) et d'Hagion Oros (autrefois Singitique). Ces langues de terre, montueuses et étroites, longues de 50 à 60 kilomètres, se nomment Kassandra (autrefois Pallene), Longos (Sithonia), et Hagion Oros ou Monte-Sanno (autrefois Akte); la pointe méridionale de celle-ci, presque isolée, est le célèbre mont Athos, superbe roche calcaire, haute de 2000 m. Ces trois promontoires de la Chalcidique sont couverts de forêts impénétrables de lauriers, de chênes, d'arbousiers, de pins, de châtaigniers, au milieu desquels la route est malaisée; mais leurs flancs offrent des vues magnifiques sur « la mer endiamantée de soleil » (Vogüé). Kassandra est bien cultivée.

La presqu'île de la Chalcidique fut un des principaux foyers de la civilisation grecque. Colonisée au VIIIe siècle par Chalcis et Erétrie, elle se couvrit de cités florissantes, multipliées le long de ses rivages pour utiliser les divers mouillages et exploiter les mines de cuivre et d'argent de ses montagnes (Les Colonies grecques). On y distinguait la masse centrale, qui touchait à la Mygdonie, les trois avancées montagneuses appelées de l'Ouest à l'Est Palléne, Sithonie, Akte (avec le mont Athos). Dans celle du centre, Torone était la principale colonie de Chalcis, il faut citer encore Singos, Sarte; dans celle de l'Ouest, il faut citer Scione, Mende et Potidée, colonie de Corinthe; dans celle de l'Est Cleones, Thyssos, Dion, Sane; dans la masse centrale les cités les plus considérables furent Acanthos, Stagire, Sermyle, Mecyberna, Olynthe, Aenea. Après les guerres médiques, les cités de la Chalcidique entrèrent dans la ligue dirigée par Athènes et elles faisaient partie du groupe thrace.

Au moment de la guerre du Péloponnèse Potidée  fit défection, entraînant une partie de la Chalcidique. Les Athéniens la reprirent. Brasidas leur enleva plus tard presque toutes les petites villes des presqu'îles de l'Athos et de Sithone. Lorsque la paix de Nicias les rendit aux Athéniens, certains avantages furent stipulés pour les villes de Chalcidique; leur tribut dut être payé seulement d'après l'ancien tarif fixé par Aristide; leur indépendance était garantie. Les villes de la Chalcidique proprement dite, Olynthe notamment, n'accédèrent jamais au traité; en revanche dans les trois presqu'îles montagneuses, les Athéniens rétablirent leur pleine autorité; à Potidée, à Torone, ils placèrent leurs colons; à Scione, des Platéens. Les hostilités qui continuèrent de ce côté furent une des causes de la reprise de la guerre du Péloponnèse. Dans la période qui suivit, Olynthe acquit une importance prépondérante; à ce point qu'elle mit un moment en échec la puissance de Sparte triomphante. Après l'abaissement de Sparte, les villes de la Chalcidique, en assez bonne intelligence avec Athènes, ne jouirent pas longtemps de leur indépendance. L'une après l'autre, elles furent conquises par la Macédoine. On sait le retentissement qu'eut alors la chute d'Olynthe. A partir du milieu du IVe siècle, la Chalcidique n'est plus qu'une annexe de la Macédoine. Ce territoire, presque isolé par la nature, où les Grecs Ioniens de l'Eubée avaient créé un des principaux groupes de cités helléniques, n'a eu de vie historique particulière qu'entre le VIIIe et le IVe siècle av. J.-C.  (L. Del).

Il y avait en Grèce et en Asie plusieurs autres Chalcidiques, tirant également leur nom de villes de Chalcis.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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