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Le Bois de Vincennes

Le bois de Vincennes, situé à l'Est de Paris auquel il appartient depuis 1860, fait pendant à celui de Boulogne. En 1162, ce bois  n'était entouré que de petits fossés, Louis VII le fit clore de murs du côté de Paris, et bâtit à son entrée, pour y loger un garde, la tourelle de Saint-Mandé. En 1183, Philippe Auguste continua la construction de la clôture; car il renferma dans ce bois des cerfs, des daims et des chevreuils que lui avait envoyés Henri II, roi d'Angleterre. Saint Louis éleva plus tard les murs qui longent la Marne. Cependant le bois s'agrandit à diverses reprises. L'enceinte actuelle ne date que de 1671.

En 1731, Louis XV fit abattre, puis replanter le bois de Vincennes, pour en rendre les promenades plus agréables aux habitants de Paris. On éleva, à cette occasion, la pyramide située sur l'ancienne route de Saint-Maur et qui portait l'inscription suivante :

« Cette plantation a moins eu pour objet l'utilité domaniale que la décoration du lieu et l'intention de procurer aux habitants de Paris la ressource de pouvoir respirer un air pur, tempéré et bienfaisant  dans les délassements qu'ils pourraient y prendre de leurs travaux. »
A partir du commencement du XIXe siècle siècle, le bois de Vincennes a été diminué de près de moitié par le génie militaire et par le chemin de fer. En 1816 on y établit, en face du château, un polygone reporté plus à l'est en 1839. On y construisit, en 1839, une nouvelle salle d'artifice (l'ancienne, située derrière le donjon, ayant sauté en 1837), et un corps de garde dans le champ de manoeuvres; en 1844, une école de pyrotechnie (dont il reste un ensemble de bâtiments accueillant cinq théâtres, la Cartoucherie) entre le château et Saint-Mandé; de 1841 à 1844, le nouveau fort; en 1846, deux redoutes reliées par une enceinte bastionnée en avant du champ de manoeuvres de Saint-Maur. Ces redoutes, appelées la redoute de Gravelle et la redoute de la Faisanderie, étaient destinées à remplir la lacune qui existait entre les forts de Nogent et de Charenton, éloignés entre eux de plus de 1000 mètres, et de défendre la presqu'île de Saint-Maur, notamment la tête du pont de Joinville. Leurs deux grandes faces, parallèles à la Marne, étaient flanquées de tours ou bastionnets à mur crénelé. L'intérieur renfermait une caserne voûtée à l'épreuve des bombes, et deux magasins à poudre. Leur entrée était fermée par un pont-levis.

Au milieu du XIXe siècle encore on a coupé une grande partie du bois comprise entre le champ de manoeuvres de Saint-Maur et le château. Puis on a creusé de larges et profondes tranchées pour y faire passer  le chemin de fer entre Saint-Maur  et Vincennes, et entre Vincennes et Joinville-le-Pont. Le bois de Vincennes cessa dès lors d'offrir aux Parisiens les promenades agréables qu'ils devaient à Louis XV. Un peu plus tard, cependant de grands travaux d'embellissement ont été entrepris et ont redonné au bois de Vincennes un caractère plus agréable. Un jardin zoologique et un hippodrome en constituent aujourd'hui les principaux attraits. Les autres parties les plus intéressantes sont celles qui avoisinent les Minimes et que séparent les portes de Nogent et de Joinville-le-Pont.

Les Minimes, situés dans l'intérieur du bois, à 2 kilomètres du château, se composent d'un enclos circulaire et de divers bâtiments. Ce fut là qu'en 1164 Louis VII établit des religieux de Grammont, remplacés sous Louis XI par des Bonshommes ou Ermites , auxquels Henri III substitua, en 1584, des minimes, qui furent supprimés par un arrêt du conseil d'État du 17 mars 1784. En 1847, le duc de Montpensier donna aux Minimes une fête de nuit magnifique.

A 1 kilomètre des Minimes, entre les portes de Nogent et de Joinville-le-Pont, se trouve le rond de beauté, tracé probablement sur l'emplacement qu'occupait autrefois (dans la partie du bois appelée le Faux parc) un château nommé Château de Beauté, et dont il ne reste aucun vestige. Près du rond de beauté on découvre de beaux points de vue sur la vallée de la Marne.

La Faisanderie, établie entre la pyramide et Saint-Maur, a été détruite en 1844, lors de l'établissement du champ de manoeuvres de Saint-Maur.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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