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Histoire de l'Europe > La France
Géographie historique de la France
Formation territoriale. Anciennes provinces

Formation territoriale

La constitution du territoire français, tel qu'il se présente aujourd'hui, relève, avant tout, de l'histoire. Cependant, la structure du pays, la géographie, comme elle favorisa la fusion des populations, favorisa également le travail de formation politique.

Époque romaine. - Époque franque. 
Les empereurs romains, le pays une fois vaincu et pacifié, commencèrent par établir une ligne de frontières fortifiées le long du Rhin, depuis son delta jusqu'à son cours helvétique, pour défendre la Gaule contre les infiltrations des Germains, et par percer des routes qui mirent tous les points de l'isthme français en rapports directs et rapides avec le centre. Ils constituèrent ensuite une administration intérieure très forte : 17 provinces, ayant chacune leur gouverneur et comprenant chacune un nombre variable de cités (60 au total, se groupaient pour former le Diocèse de Gaule, administré par le Vicaire qui, de Lyon, sa résidence, correspondait directement avec le Préfet du Prétoire, chef suprême de l'administration provinciale, véritable ministre de l'Intérieur de l'époque. Les rois francs conservèrent cette organisation savante dans la mesure de leur force. En chassant les Wisigoths, en domptant les Burgondes, en repoussant les Alamans et les Sarrasins, ils contribuèrent à maintenir l'unité politique de la Gaule, que Charlemagne confondit dans l'unité de l'Empire romain restauré.

Période féodale. 
Lorsque l'Empire carolingien se démembra, alors se produisit, vers la fin du IXe siècle, avec la féodalité, plus qu'un temps d'arrêt, un mouvement de recul dans la formation de la France. Chacune des régions naturelles distinguées par le relief et le climat, Languedoc, Bretagne, Normandie, Champagne, s'isola, derrière les montagnes qui la bordent, avec des souverains particuliers. Les plateaux du Nord-Est (Lorraine, Bourgogne, Franche-Comté) se groupèrent, sous le nom de Lotharingie, comme un Etat de transition entre la Gaule et le nouveau royaume de Germanie. Toutes ces contrées se morcelèrent, d'ailleurs, à leur tour, sous des seigneurs, grands ou petits, qui, eux-mêmes, se comportaient en chefs autonomes. Mais, presque à la même époque, commençait une évolution inverse qui eut pour but de ramener, de gré ou de force, tous ces fiefs sous l'attraction d'un centre nettement désigné par la géographie, et tous ces féodaux sous l'autorité d'un chef unique. Ce centre, c'était la plaine parisienne, l'Île-de-France, dont, avec le temps, le nom devait s'étendre à tout le pays. Ce chef, c'était le roi capétien.

Les Capétiens. 
Hugues Capet possédait déjà, outre son domaine parisien, l'Orléanais, porte d'entrée sur la vallée de la Loire moyenne. Ses successeurs immédiats arrachèrent à la féodalité le Vexin, pays de Mantes et de Pontoise et vestibule de la Normandie, et la vicomté de Bourges, qui rapprocha la royauté nationale du Massif central. Puis, à la fin du XIIe siècle, le domaine royal s'augmenta, principalement par les mains de Philippe-Auguste, de l'Artois et du Boulonnais, première issue sur la mer, de la Normandie, qui mit au service du roi de France le débouche de la vallée de la Seine, dont il possédait déjà la partie moyenne. L'Etat capétien cessa alors d'être purement continental. L'annexion de l'Anjou, de la Touraine, du Maine, marqua de nouvelles étapes vers la France centrale. Saint Louis poussa jusqu'à la Charente, mais laissa les rois d'Angleterre maîtres du Limousin et de la plus grande partie des pays de la Garonne. C'était un danger qui fui écarté par Philippe le Hardi, avec l'acquisition définitive du Poitou, du comté de Toulouse et de la plus grande partie du Languedoc. La France devenait riveraine de la Méditerranée.

Progrès du domaine royal sous les Capétiens

Règne Sur la première féodalité Sur l'étranger
Philippe II Auguste Amiénois, Vermandois.
En 1185, par déshérence et traité, sauf St-Quentin et Péronne, qui restèrent à Philippe d'Alsace, comte de Flandre, jusqu'à sa mort, 1191. Provinces cédées en grande partie au duc se Bourgogne en 1435.

Artois.
En 1191, par mariage

Provinces apanagées
plus tard.
Boulonnais.
En 1212, par confiscation.

Valois.
En 1214, par déchéance
Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou.
En 1202-1203 par confiscation sur Jean sans Terre, roi d'Angleterre et grand feudataire de France. - Apanagées et redevenues, pour la plupart, un instant, possessions anglaises.
Louis VIII Languedoc oriental (Beaucaire, Carcasonne).
En 1226, par une conquête que consacra le traité de Paris, 1229.
Aunis, Saintonge, Limousin, Guyenne septentrionale (Périgord, etc.).
En 1224, par Conquête sur Henri III. Rendues par Louis IX au traité d'Abbeville, 1259, et reconnues possessions anglaises par celui de Brétigny, 1360.
Philippe III le Hardi Comté de Toulouse (Languedoc occidental).
En 1271, par deshérence, à la mort d'Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, et de sa femme Jeanne.
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Philippe IV le Bel Flandre française (Lille, Douai, etc.).
En 1305, par conquête et traité. Rendue par Charles V au comte de Flandre, lors du mariage de son frère, Philippe le Hardi, avec l'héritière, 1369.


Angoumois.
En 1308, par confiscation. Donné en 1328 à Jeanne de Navarre, confisqué de nouveau sur son fils Charles le Mauvais, 1351, cédé aux Anglais par le traité de Brétigny, 1360.


Lyonnais.
En 1312-1313, par conquête et cession forcée de son archevêque.
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Louis X le Hutin Champagne et Brie.
En 1314, par suite du mariage de son père aver Jeanne de Navarre, héritière de ces provinces, 1284. A la mort de Louis X, elles devaient revenir à sa fille, nommée aussi Jeanne; mais les rois Philippe V et Charles VI, oncles de cette princesse, en restèrent les maîtres, et elle-même y renonça formellement sous Philippe VI, qui lui donna en échange l'Angoumois récemment confisqué. Aux mains des Anglais sous Charles VI.
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Les Valois. 
Vint alors la terrible Guerre de Cent ans, qui sembla devoir disjoindre, un moment, ces provinces si péniblement rassemblées, mais qui fit naître un commencement de sentimient d'unité nationale qui s'exprimait alors sous la forme de l'allégeance des sujets pour le roi. Les règnes les plus néfastes furent, d'ailleurs, marqués par des annexions réussie, celle du Dauphiné, par exemple, qui, sous Philippe VI, rendit décidément française la vallée du Rhône, déjà entamée par l'acquisition du
Mâconnais sous saint Louis, et de Lyon sous Philippe le Bel. Enfin, l'expulsion des Anglais une fois achevée, l'unification recommença, pour marcher à pas de géant. Louis XI reprit à Charles le Téméraire son important duché de Bourgogne, voie d'accès vers les plateaux du Nord-Est et clef des communications entre la France du Nord et la France méditerranéenne. Il accrut aussi le littoral méditerranéen, par l'annexion de la Provence. Les Guerres d'Italie, puis les Guerres de religion n'empêchèrent pas Louis XII d'acquérir la Bretagne, si réfractaire jusque-là à l'influence française; François Ier, de confisquer au connétable de Bourbon la partie septentrionale du Massif central (Auvergne, Marche, Bourbonnais, etc.); Henri II, d'entamer le plateau de Lorraine, par la conquête des Trois-Évêchés, Metz, Toul et Verdun. En même temps, les réformes administratives de la royauté resserraient le lien d'obéissance entre les divers membres du domaine augmenté.

Progrès du domaine royal sous les Valois

Règne Sur la première féodalité Sur l'étranger Sur la féodalité apanagée
Philippe VI de Valois Dauphiné.
En 1349, par cession du dernier dauphin du Viennois Humbert II.
Ponthieu.
En 1346, par confiscation sur l'Angleterre. Rendu au traité de Brétigny, 1360.


Seigneurie de Montpellier.
En 1349, vendue par le roi de Majorque, Jacques II d'Aragon.
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Jean II le Bon Duché de Bourgogne.
En 1361, par déshérence. Devin apanage en 1363.
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Charles V - Guyenne presque entière, Poitou, Aunis et saintonge, Limousin, Angoumois, Ponthieu.
En 1369, confiscation; de 1369 à 1374 conquête. L'Angoumois fut ensuite apanagé en 1392. Le Ponthieu, cédé au duc de Bourgogne par le traité d'Arras, 1435.
Comté d'Evreux, apanagé depuis 1298.
En 1378, par confiscation sur Charles le Mauvais, et 1404, par cession définitive de son fils Charles III..
Charles VII - Champagne, Normandie, Guyenne, Limousin.
Provinces retombées aux mains des Anglais sous Charles VI, reconquises en 1429, 1449-1450, 1451-1453.
Touraine.
Sept fois apanagée de 1360 à 1434, où elle revint au domaine.
Louis XI - - Duché de Bourgogne, avec le Boulonnais, les villes de la Somme, le Ponthieu.
En 1477, par réversion, faute d'héritiers mâles, de la maison de Bourgogne.


Artois, Franche-Comté.
En 1477, par conquête sur Marie de Bourgogne. Cédées à Louis XI par le traité d'Arras, 1482, comme dot de Marguertite, fille de Marie et de Maximilien d'Autriche, qui devait épouser le Dauphin. Restituées par Charles VIII, 1493, et ès lors à la maison d'Autriche.



Maine, Anjou, Provence.
En 1481, par le testament des derniers héritiers mâles de la maison d'Anjou.
Louis XII - - Orléanais, Valois.
En 1498, par l'avènement du roi, dont la famille les avait en apanage depuis 1392.
François Ier Bretagne, qu'un mariage, 1213, et non une concession d'apanage, avait livrée à la branche capétienne qui y régnait.
En 1532, par suite des conventions conclues aux deux mariages de la duchesse Anne avec Charles VIII et Louis XII (1491 et 1499).
- Angoumois.
En 1515, apanage apporté par le roi.


Duché d'Alençon.
En 1525, par déshérence.


Comté de Clermont-en-Beauvaisis, domaine primitif de la maison capétienne de Bourbon, 1269, avec une grande partie des provinces qu'elle y avait jointes : Bourbonnais, Marche, Forez, duché d'Auvergne (Riom) et dauphiné d'Auvergne (Issoire), comté de Montpensier, etc.
En 1527, par confiscation , après la trahison du connétable de Bourbon. - En 1500, ces provinces furent restituées aux Bourbons- Montpensier; mais, à partir de cette époque, les apanages n'étaient que des rentes sur les terres dont on portait le titre, non des fiefs dont on était souverain.
Henri II - Les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun; Calais, encore anglaise.
Par une conquête, 1552-1558, que consacra le traité de Cateau-Cambrésis, 1559.
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Les Bourbons. 
Les Bourbons achevèrent de constituer la France à peu près telle que nous la connaissons. Henri IV apporta la Narrarre, le Béarn et le comté de Foix à la couronne. Par l'acquisition de la Bresse et du Bugey, il prépara la voie aux entreprises de ses successeurs dans la région du Jura. Richelieu, Mazarin, Louis XIV, malgré ses revers, donnèrent à la France l'Alsace, l'Artois, que les princes bourguignons du XVe siècle avaient légué aux Espagnols, le Roussillon et la Cerdagne, complément de la frontière pyrénéenne, plus tard la Flandre française et la Franche-Comté. Le règne de Louis XV, connut la ruine des efforts coloniaux de Colbert, Dupleix et Montcalm, mais fut marqué du moins, par l'annexion de la Lorraine et de la Corse.

Progrès du domaine royal sous les Bourbons

Règne Sur la première féodalité Sur l'étranger Sur la féodalité apanagée
Henri IV - - Périgord, Limousin, Gascogne, Béarn et Navarre française, Comté de Foix, Comté de Vendôme.
En 1591, par l'avènement des Bourbons, dont ces pays, fief anciens ou apanages, formaient le domaine.
Louis XIII Comté d'Auvergne (Clermont).
En 1515, déjà possérié par la couronne de 1213 à 1230, cédé, au XVIe siècle par la maison de Latour à Catherine de Médicis; ce comté appartenait, en 1606, à Marguerite de Valois, qui en fit don au dauphin, devenue ensuite Louis XIII; et Louis XIII le réunit au domaine neuf ans après.
Bresse, Bugey.
En 1501, par le traité de Lyon avec le duc de Savoie.


Alsace, moins Strasbourg.
En 1639, par une conquête sur l'Allemagne, que garantit le traité de Westphalie, 1648. 


Artois, Roussillon.
Par une conquête sur l'Espagne, 1640-1642, que consacra le traité des Pyrénées, 1659.


Principauté de Sedan.
En 1631, par cession forcée du duc de Bouillon.
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Louis XIV -- Dunkerque.
En 1662, par achat au roi d'Angleterre Charles II.


Flandre française, Franche-Comté, Cambraisis, Hainaut français (Valenciennes, Maubeuge, etc.).
Par des conquêtes sur l'Espagne, que confirmèrent, pour la première le traité d'Aix-la-Chapelle, 1668, et, pour les autres, le traité de Nimègue, 1678-1679.


Strasbourg, 1681.
Par convention avec les habitants.
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Louis XV -- Lorraine.
En 1776, à la mort de Stanislas Leczinski, d'après les conventions du traité de Vienne, 1735-1738.


Corse.
Achetée aux Génois en 1768.
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XIXe et XXe siècles.
Au cours des guerres de la Révolution et de l'Empire, la France prit une extension démesurée pour subir bientôt les humiliations de 1815. Du moins, les traités de Vienne laissèrent-ils à la France Avignon, incorporé en 1791.

Modifications territoriales de 1789 à 1815

Constituante Réunion du comté de Nevers, 1789.


Annexion d'Avignon et du comtat Venaissin, 1791, cédés à la Franse par Pie VI, au traité de Tolentino, 1797.
Convention Annexion de la Savoie et du comté de Nice, enlevés au roi de Sardaigne, 1793, cédés par lui au traité de Turin, 1796.


Conquête de la principauté de Montbéliard, enlevée au duc de Wurtemberg, 1793.


Annexion de la Belgique et des Etats allemands de la rive gauche du Rhin, 1794-1795, confirmée par les traiités de Bâle,1793, de Campo-Formio, 1797, de Lunéville, 1801.
Directoire Annexion de Genève, 1798.


Annexion volontaire de Mulhouse, 1798.


Occupation du Piémont, 1798, annexé sous le Consulat, 1802.
Consulat Annexion du duché de Parme, enlevé aux Bourbons de la branche espagnole, 1802.


Annexion de Gênes et de la république ligurienne, 1803.


Annexion de la Toscane (royaume d'Etrurie), 1807.


Annexion des Etats pontificaux, 1807-1809.
Empire Annexion du royaume de Hollande, 1810.


Annexion d'une partie du royaume de Westphalie, du duché d'Oldenbourg, de Hambourg, Brême et Lu beck, du Valais, 1811-1812.

De nouvelles modifications territoriales ont eu lieu sous le Second Empire avec l'acquisition de la Savoie et du comté de Nice (départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes), cédés par Victor-Emmanuel à Napoléon III, par le traité de Turin, 1860. Mais à la suite de la Guerre de 1870,  la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine (département  du Bas-Rhin tout entier, du Haut-Rhin, moins Belfort et une partie de l'arrondissement; du département de la Moselle, moins l'arrondissement de Briey et quelques communes de l'arrondissement de Metz; les arrondissements de Château-Salins et de Sarrebourg, enlevés à l'ancien département de la Meurthe; les cantons de Saale et de Schirmeck, enlevés au département des Vosges). Ces territoires furent cédés a l'Allemagne par le traité de Francfort, du 10 mai 1871, puis restitués à la France après la Première Guerre mondiale, par le traité de Versailles (28 juin 1919). L'extension territoriale de la France métropolitaine n'a plus changé depuis. Seules les divisions administratives du territoire ont continué d'évoluer. (A19).

Carte des anciennes provinces de la France.
Carte des anciennes provinces de la France.
NB. - Sur la carte, datant des années 1920, certains départements portent leur ancien nom,
et les longitudes sont comptées à partir du méridien de Paris et non sur celui de Greenwich.

Divisions administratives

Avant 1790, la France était divisée en 34 provinces : Flandre, Artois, Picardie, Normandie, Ile-de-France, Champagne; Lorraine, Orléanais, Touraine, Berry, Bourbonnais, Marche, Auvergne, Nivernais, Limousin, Alsace (territoire de Belfort); Franche-Comté, Bourgogne, Lyonnais, Bretagne, Maine, Anjou, Poitou, Aunis et Saintonge, Angoumois, Guyenne, Gascogne, Béarn, Foix, Roussillon, Languedoc, Dauphiné, Provence, Corse; on y a ajouté les comtats, la Savoie et le comté de Nice. 

Les 36 provinces de l'ancienne France ne formaient que 33 gouvernements, la Guyenne et la Gascogne étant réunies en un seul. On comptait en outre, sept petits gouvernements : ville, prévôté et vicomté de Paris, Boulonnais, Le Havre, principauté de Sedan, Toulois, pays Messin et Verdunois, Saumurois. 

En 1790, le territoire fut divisé en départements, subdivisés en districts (arrondissements), cantons et communes. La France comprend sous la Troisième République 87 départements (y compris le territoire de Belfort), 362 arrondissements, 2865 cantons et 35,989 communes. 

Le système de divisions politiques auquel les départements ont succédé, celui des 35 intendances ou généralités, était presque aussi factice. Guidé par des préoccupations centralisatrices analogues à celles qui devaient inspirer plus tard les Constituants, l'Ancien régime avait partagé entre plusieurs intendants des contrées comme l'Île-de-France, la Normandie, la Lorraine, le Languedoc; groupé, par contre, sous un seul, la Picardie et le Boulonnais, la Flandre et l'Artois, etc. ; enfin, réparti entre deux, trois et souvent quatre généralités limitrophes, des fragments de contrées telles que le Maine, l'Anjou, le Poitou, le Bourbonnais, le Nivernais, etc. 

Beaucoup moins artificielles avaient été antérieurement les quarante provinces, réduites, depuis Richelieu, et surtout depuis Louis XIV, au rôle de simples commandements militaires; et, avant elles, les trois cent cinquante ou trois cent soixante pays, c'est-à-dire les petites circonscriptions de l'époque celtique que l'organisation romaine avait conservées sous le nom de cités, et que les provinces avaient remplacées, ou plutôt groupées, dans le cadre provincial. 

Provinces et pays se présentent, pour la plupart, avec des caractères de sol, de relief et de climat qui les font aisément reconnaître. La Bretagne évoque l'idée d'un pays maritime, aux rivages articulés, montagneux en général, doué d'un climat doux, humide, brumeux, et d'une végétation médiocre sur un sol imperméable que ne recouvre qu'une très mince couche d'humus. La Champagne représente une contrée toute différente, dépourvue de relief et peu arrosée, extrêmement sèche en raison de la porosité de son sol crayeux. L'une et l'autre sont d'ailleurs habitées, surtout, la première, par des populations spéciales. Le pays de Hainaut élève, au-dessus des basses plaines du Nord, des gradins de plateaux accidentés qui annoncent la région ardennaise. (A19).
Les généralités.
On nommait généralité, à la fin du XVe et pendant la première moitié du XVIe siècle, la région placée sous l'autorité administrative d'un général-conseiller ou d'un receveur-général des finances; puis, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle jusqu'à la fin de l'Ancien régime, la circonscription territoriale soumise à la juridiction d'un bureau des finances. 

Au XIIIe siècle, les seules grandes divisions du royaume, au point de vue de l'administration locale, étaient encore les bailliages (territoires administrés par un bailli) et les sénéchaussées (administrées par un sénéchal). Mais on sait que, dans le cours du XIVe et du XVe siècle, la royauté enleva peu à peu aux baillis et aux sénéchaux la plupart de leurs pouvoirs, pour les spécialiser entre les mains d'autres officiers préposés à de nouvelles circonscriptions territoriales. C'est ainsi que l'attribution successive des pouvoirs financiers aux trésoriers de France, aux généraux des finances et aux receveurs généraux détermina, à côté des bailliages et des sénéchaussées, la création des généralités, de même que L'attribution des pouvoirs militaires aux lieutenants généraux ou gouverneurs détermina celle des gouvernements. Mais tandis que les gouvernements restèrent, pendant toute la durée de l'Ancien régime, des divisions purement militaires, les généralités, qui n'étaient d'abord que des circonscriptions financières, devinrent au XVIIe siècle, par l'installation régulière dans chacune d'elles d'un intendant investi des pouvoirs les plus étendus, les circonscriptions administratives les plus importantes du royaume.

Le nom de généralité, appliqué à une division territoriale, ne se rencontre pas dans les textes privés avant la fin du XVe siècle (journal d'Olivier Masselin), ni dans les documents officiels avant les premières années du XVIe siècle. Mais l'institution même de grandes circonscriptions, spécialement affectées à l'administration financière des provinces, remonte à la fin du XIVe siècle. Lorsque les Etats généraux de 1355 obligèrent la royauté à confier la perception des aides à des délégués nu élus choisis par eux, ces élus furent répartis par diocèses et non par bailliages; les élections correspondirent donc aux circonscriptions ecclésiastiques et non aux circonscriptions civiles du royaume. 

La royauté, qui s'appropria peu après l'institution, garda les mêmes divisions territoriales, et lorsque, en 1390, afin de faciliter la surveillance que les trois généraux conseillers pour le fait et gouvernement des aides exerçaient sur les élus, on crut devoir attribuer à chacun d'eux l'inspection d'une partie du royaume, on répartit les élections en trois groupes administratifs dont chacun dépendait d'un général : les pays de langue d'oïl, les pays de langue d'oc et les pays d'Outre-Seine-et-Yonne. Ces trois vastes circonscriptions régionales, que l'on désignait par le terme vague de « charges », furent, en fait, les premières généralités; vers 1449, on en créa une quatrième, qui correspondit à la Normandie. C'est dans les mêmes limites territoriales que les quatre trésoriers de France exerçaient leurs charges domaniales et que les quatre receveurs généraux des finances, institués au XVe siècle, centralisaient les revenus du domaine et ceux de l'impôt.

Le nombre des généralités fut augmenté progressivement dès la fin du XVe siècle, principalement pour correspondre à l'augmentation du nombre des receveurs généraux; car le nombre des trésoriers et celui des généraux des finances resta fixé à quatre, jusqu'au milieu du XVIe siècle. Il y avait 6 généralités en 1484, 10 en 1523: chacune d'elles, ayant ainsi une moins grande étendue, s'administrait plus facilement. L'édit de décembre 1542 en établit 16 : c'étaient celles d'Aix(-en-Provence), Agen (transportée plus tard à Bordeaux), Amiens, Bourges, Caen, Châlons, Dijon, Grenoble, Issoire (transportée plus tard à Riom), Lyon, Montpellier, Paris, Poitiers, Rouen, Toulouse et Tours. L'édit de janvier 1551 en porta le nombre à 17 par l'adjonction de Nantes, et créa dans chacune d'elles, auprès du receveur général, un trésorier général des finances, réunissant les pouvoirs précédemment partagés entre les 4 trésoriers de France et les 4 généraux des finances. Le bureau de la trésorerie générale, qui reçut le nom de bureau des finances lorsque l'édit de 1577, confirmant celui de 1551, eut porté le nombre des trésoriers à cinq et les eut organisés en corps, devint le centre où aboutissaient toutes les affaires financières de la généralité; et dès lors le territoire de chacune de ces circonscriptions se trouva déterminé par l'étendue de la juridiction attribuée à chaque bureau des finances. Porté à 19, en 1558, par l'adjonction de Limoges et d'Orléans, le, nombre des généralités s'éleva, en 1587, à 20 par la création de celle de Moulins; en 1594, à 21 par la création de celle de Soissons. Enfin, l'établissement de 6 autres bureaux des finances dans les anciennes provinces (Montauban, 1635; Alençon, 1636; La Rochelle, 1694; Auch, 1716; Trévoux, 1762; Pau et Bayonne, 1783), et de 8 bureaux dans les provinces nouvellement annexées au royaume (Trois-Evêchés, Alsace, RoussilIon, Flandre, Hainaut, Franche-Comté, Lorraine et Barrais, Corse), porta le nombre des généralités à 35, à la veille de la Révolution.

Dans le cours du XVIIe siècle, les maîtres des requêtes et les intendants d'armée, qui n'étaient d'abord chargés que de commissions temporaires et transitoires, ayant été rendus permanents sous le nom d'intendants de police, de justice et de finances, et ayant reçu des résidences fixes, chacun d'eux fut préposé à une généralité et devint président du bureau des finances qui en était le centre; par exception, la généralité de Montpellier et celle de Toulouse furent réunies sous l'autorité du même intendant. Dès lors les généralités, ayant à leur tête les fonctionnaires provinciaux dont le pouvoir était le plus étendu, prirent une importance prépondérante parmi les autres circonscriptions administratives du royaume; cette transformation se traduisit dans le langage par la synonymie qui s'établit dès lors entre le terme d'intendance et celui de généralité, que l'on donnait indifféremment aux mêmes circonscriptions.

La division de l'ancienne France en généralités comprenait toute l'étendue du territoire, et enfermait dans un même réseau administratif trois sortes de pays dont la condition était différente au point de vue de l'impôt : 1° les pays d'Etats, qui avaient conservé le droit de voter et de répartir eux-mêmes l'impôt dans leurs assemblées provinciales; 2° les pays d'élections, où l'impôt était réparti par des magistrats spéciaux nommés par le roi (élus); 3° les pays d'imposition, où la répartition était faite directement par l'intendant. 
 

Les intendances

On appelait intendances, sous l'Ancien régime, les circonscriptions administratives placées sous l'autorité des intendants de justice, police et finances. Elles se confondaient avec les généralités, par la raison que, depuis le règne de Louis XIV, chaque intendant avait été établi en permanence dans une de ces circonscriptions financières; toutefois, par exception, la généralité de Toulouse et celle de Montpellier avaient été réunies, sous l'autorité du même intendant, en une seule circonscription administrative, l'intendance de Languedoc. Dans le langage officiel, le terme de généralité fut toujours employé de préférence pour désigner le territoire administré par un intendant; le mot intendance n'exprima longtemps que le pouvoir de ce fonctionnaire, l'ensemble de son administration, la durée de sa charge. Mais, dans le cours du XVIIIe siècle, à mesure que la personnalité des intendants s'imposait avec plus de force aux populations et reléguait au second plan la notion des autres pouvoirs locaux, le terme d'intendance prévalut de plus en plus dans l'usage pour désigner aussi la circonscription territoriale soumise à leur autorité. Tandis que les généralités étaient le plus souvent désignées par le nom de la ville qui en était le chef-lieu Généralité de Tours, d'Amiens, etc.), les intendances prenaient plutôt le nom de la province à laquelle chacune d'elles correspondait ou qui en formait la principale partie (intendance de Touraine, de Picardie, etc.). Chaque intendance comprenait un certain nombre de circonscriptions secondaires, auxquelles étaient préposés les subdélégués de l'intendant, et qui portaient le nom de départements ; elles ne correspondaient pas nécessairement aux divisions financières des généralités (élections, bailliages, vigueries, etc.); l'intendant les déterminait à son gré et pouvait les modifier selon les besoins du moment.

Le nombre des généralités, qui s'était élevé jusqu'à 35 dans le cours du XVIIIe siècle, n'était plus que de 34 en 1789 (celle de Trévoux ayant été supprimée en 1786); et, comme les deux généralités de Toulouse et de Montpellier dépendaient, ainsi qu'on l'a vu, d'un seul intendant, on comptait, à la fin de l'ancien régime, 33 intendances, dont voici la liste dressée d'après l'Almanach royal (celles que l'on désignait par un nom de ville sont en italiques; celles que l'on désignait par un nom de province sont suivies du nom de la ville où résidait l'intendant et qui était le chef-lieu de la généralité). Il y avait 5 intendances pour les pays d'Etats : Bourgogne (Dijon), Bretagne (Rennes), Dauphiné (Grenoble), Languedoc (Montpellier), Aix-en-Provence; - 21 pour les pays d'élections : Auch, Auvergne (Riom), Berry (Bourges), Bourbonnais (Moulins), Champagne (Châlons), Guyenne (Bordeaux), Ile-de-France (Paris), Limousin (Limoges), Lyon, BasseNormandie (Caen), Moyenne-Normandie (Alençon), HauteNormandie (Rouen), Orléanais (Orléans), Pau et Bayonne, Picardie (Amiens), Poitou (Poitiers), Quercy et Rouergue (Montauban), Saintonge et Aunis (La Rochelle), Soissons, Touraine (Tours); - 8 pour les pays d'imposition : Alsace (Strasbourg), Corse, Flandre et Artois (Lille), Franche-Comté (Besançon), Hainaut et Cambrésis (Valenciennes), Lorraine et Barrois (Nancy), Perpignan et Roussillon (Perpignan), Metz et les Trois-Evêchés (Metz).

Les généralités de pays d'Etats étaient au nombre de six : c'étaient celles de Dijon (ou de Bourgogne), de Nantes (ou de Bretagne), de Grenoble, d'Aix, de Montpellier et de Toulouse; elles se subdivisaient, selon les pays, en diocèses, bailliages ou vigueries. Les généralités de pays d'élections étaient au nombre de vingt et une : c'étaient celles d'Alençon, d'Amiens, d'Auch, de Bordeaux, de Bourges, de Caen, de Châlons (ou de Champagne), de La Rochelle, de Limoges, de Lyon, de Montauban, de Moulins, d'Orléans, de Paris, de Pau et Bayonne, de Poitiers, de Riom, de Rouen, de Soissons, de Tours et de Trévoux (ou de la Dombes); elles étaient pour la plupart subdivisées en élections, quelques-unes en gouvernements ou en pays abonnés. Enfin il y avait huit généralités de pays d'imposition; c'étaient celles d'Alsace, de Corse, de Flandre, de Franche-Comté, de Hainaut, de Lorraine et Barrois, de Roussillon (ou de Perpignan), et des Trois-Evêchés (ou de Metz) ; elles étaient divisées en gouvernements, bailliages, prévôtés, vigueries ou subdélégations.

La division territoriale en généralités avait eu, comme on l'a vu, une origine fiscale : calquée d'abord sur la division ecclésiastique en diocèses, elle s'en était rapidement écartée, à mesure que les besoins de l'organisation financière amenaient la création de nouvelles circonscriptions; elle eut toujours un caractère essentiellement administratif. Elle découpait le royaume en circonscriptions d'étendue très variable, arbitrairement tracées, qui ne correspondaient ni à la configuration du sol, ni au groupement provincial. Aussi différait-elle notablement de la division en gouvernements, qui seule représentait la formation historique de l'ancienne France.

Les gouvernements.
On donnait sous l'Ancien régime, le nom de gouvernements aux circonscriptions territoriales qui étaient placées sous l'autorité d'un gouverneur et qui formaient les cadres de l'administration militaire du royaume. L'origine des gouvernements remonte à la fin du XIIIe siècle : on appela d'abord ainsi les territoires ou les régions dont la défense était spécialement confiée, en temps de guerre, à un lieutenant général du roi.

Pendant le XIVe et le XVe siècle, il n'y eut rien de fixe ni de régulier dans la création, l'étendue ou le nombre de ces circonscriptions militaires, qui étaient établies selon les nécessités du moment et dont la durée était subordonnée à celle des pouvoirs personnels confiés au gouverneur. Cependant, dès le XVe siècle, il y avait un certain nombre de provinces, toutes situées en frontière, où les guerres anglaises et les révoltes féodales avaient rendu à peu près permanente, en fait, l'institution d'un gouvernement militaire : c'étaient la Guyenne, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, la Bourgogne, la Champagne et Brie, la Picardie, la Normandie. 

Dans le cours du XVIe siècle, les rois de France multiplièrent les créations de gouvernements, par favoritisme plutôt que par nécessité : le royaume entier se trouva partagé en gouvernements de provinces, au milieu desquels furent créés de nombreux gouvernements de villes, distincts et indépendants des premiers. Les uns et les autres furent établis peu à peu, par une série d'actes individuels ou de règlements locaux. L'édit général de 1545, auquel on rapporte à tort la création des gouvernements de provinces, n'avait au contraire pour objet que d'en réduire le nombre à 13, comprenant outre les 8 provinces déjà indiquées, l'Ile-de-France, la Bretagne récemment réunie, le Piémont, la Savoie et la Bresse conquises depuis 1635. Tel fut aussi l'objet de l'article 271 de l'ordonnance de Blois (1579), réduisant les gouvernements à 12, dont la liste, comparée à celle de 1545, contenait en plus le Lyonnais et l'Orléanais, en moins le Piémont, la Savoie et la Bresse, perdus en 1559 par le traité de Cateau-Cambrésis. Vainement limité par ces deux règlements restrictifs, le nombre des gouvernements alla croissant jusqu'à la fin de l'ancien régime, soit par le démembrement de quelques-uns des anciens, soit par la conquête de nouvelles provinces. C'est ainsi, d'une part, que les gouvernements de Maine et Perche, d'Anjou, de Touraine, de Nivernais, de Berry, de Poitou, furent détachés de l'Orléanais; ceux d'Auvergne, de Bourbonnais, de la Marche, détachés du Lyonnais; ceux de Limousin et de Béarn, détachés de la Guyenne; celui du comté de Foix, détaché du Languedoc; celui de Saintonge et Angoumois, formé en partie de la Guyenne, en partie de l'Orléanais; celui d'Aunis, séparé du précédent après la prise de La Rochelle. C'est ainsi, d'autre part, que les gouvernements d'Alsace, d'Artois, de Roussillon, de Flandre, de Franche-Comté, de Lorraine et de Corse furent successivement créés, à la suite de la réunion de ces provinces. Outre ces grands gouvernements dont le total s'élevait à 33, 7 autres, plus petits, ne comprenant pas une province entière, avaient été détachés des grands : c'étaient ceux de la ville, prévôté et vicomté de Paris, du Havre de Grâce, du Boulonnais, de la principauté de Sedan, de Metz et Verdun, de Toul, de Saumur. Le nombre des gouvernements de provinces, grands ou petits, atteignait par conséquent, en 1789, le chiffre de 40. Ils étaient subdivisés, au point de vue de l'administration militaire, en circonscriptions plus ou moins étendues appelées lieutenances de roi ).

A l'intérieur de ces 40 gouvernements généraux, qui englobaient tout le territoire du royaume, trouvaient place une foule de gouvernements particuliers ou gouvernements de villes et places fortes. Déjà nombreux à la fin du XVIe siècle, ils furent multipliés par l'édit fiscal de 1696, qui en créa un dans chaque ville close, et s'élevaient, en 1789, à 400 environ. Ainsi il y en avait 34 dans le grand gouvernement de l'lle-de-France, 3 dans le petit gouvernement du Havre. Ils avaient chacun leur gouverneur , mais, à certains égards, dépendaient du gouverneur général de la province. 

Le royaume resta ainsi partagé en gouvernements de provinces et de villes, jusqu'au décret du 22 décembre 1789 suivi de la loi du 26 février 1790, par laquelle l'Assemblée constituante y substitua les nouvelles circonscriptions territoriales appelées départements.-
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Administration militaire

Supprimés par la Révolution, les gouvernements militaires ne furent pas rétablis par l'Empire. Cependant Napoléon au cours de ses campagnes européennes, donnait des gouverneurs militaires aux places fortes des pays occupés par ses armées. C'étaient presque toujours des officiers généraux qui avaient, tant au point de vue militaire qu'au point de vue administratif, des pouvoirs très étendus. Ces fonctions étaient de courte durée et réglées par les exigences des opérations militaires ou le caprice du conquérant. D'un autre côté, le territoire de l'Empire était partagé en divisions militaires qui eussent été appelées plus judicieusement gouvernements; administration à part, c'était la plus fidèle image de l'ancienne institution. Ce n'est qu'après le débarquement de des troupes françaises en Algérie que nous trouvons de nouveau en France un véritable gouvernement militaire sous le titre de gouvernement général de l'AIgérie. Cette sorte de vice-royauté fut confiée jusqu'en 1870 à des maréchaux de France ou à des généraux. 

La division de l'ancienne France en gouvernements n'était pas aussi importante, au point de vue de l'administration générale du royaume, que la division en généralités : la première ne correspondait qu'à l'organisation de la défense intérieure, à la répartition des troupes et au petit nombre d'affaires militaires que la royauté avait laissées aux gouverneurs et à leurs lieutenants généraux, tandis que la seconde servait de cadres à tous les services de police intérieure, de finances, de justice et même d'administration militaire, qui étaient concentrés aux mains des intendants. Mais la division en gouvernements était celle qui rappelait le mieux la formation historique du domaine royal. A part quelques exceptions peu importantes, les limites des grands gouvernements répondaient à celles des anciennes provinces, c.-à-d. aux groupements ethniques qui s'étaient produits à l'époque féodale, sous l'influence combinée de la configuration du sol et des nécessités sociales; les lieutenances qui en formaient les subdivisions, les gouvernements de villes qui s'y trouvaient enchevêtrés n'étaient pas des créations arbitraires, mais représentaient presque toujours les divers éléments organiques qui avaient concouru à la formation de chaque province, les pays et terroirs où de longues traditions avaient créé une vie commune entre les habitants. C'est pourquoi lorsqu'on veut reproduire, sous ses traits les plus expressifs et les plus vivants, l'aspect géographique de l'ancienne France, c'est la division en gouvernements que l'on choisit de préférence à toute autre.

A l'imitation de ce qu'elle avait fait dans la France continentale, la royauté avait également institué des gouvernements pour l'administration militaire et civile des colonies : en 1789, il y avait 3 gouvernements généraux, ceux de Saint-Domingue, de la Martinique et des établissements français au delà du Cap ; 6 gouvernements particuliers, ceux de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Tobago, de la Guyane, du Sénégal, des îles de France (Maurice) et Bourbon (Réunion). 

Les anciennes provinces.
En 1789, avant la réunion de l'Assemblée constituante, la France était partagée en quarante provinces ou gouvernements militaires, dont 32 grands et 8 petits. Il est encore utile de connaître cette ancienne division, non seulement pour l'intelligence des historiens, mais encore parce que les dénominations que portaient le pays compris da ces gouvernements, sont aujourd'hui même d'un usage très fréquent. Certains ont d'ailleurs donné leur nom aux actuelles régions.

Nous donnons ci-dessous la liste alphabétique des anciennes provinces et gouvernements, avec les subdivisions principales que comprenait chaque province :
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Alsace, ch.-l. Strasbourg, divisée en : 1° Nordgau ou Basse-Alsace; - 2° Sundgau ou Haute-Alsace. 

Angoumois, ch.-l. Angoulême, rattaché à la Saintonge. 

Anjou, ch.-l. Angers, divisé en : 1 ° Haut-Anjou; - 2° Bas-Anjou; - 3° Saumurois.

Artois, ch.-l. Arras, divisé en : 1° Artois wallon; - 2° Artois flamingant.

Aunis, ch.-l. La Rochelle.

Auvergne, ch.-l. Clermont-Ferrand, divisée en : 1° Basse-Auvergne, subdivisée en : Limagne, Pays de franc-alleu, Combrailles, Dauphiné d'Auvergne ; - 2° Haute-Auvergne.

Barrois, ch.-l. Bar-le-Duc, rattaché à la Lorraine. 

Béarn, ch.-l. Pau, divisé en : 1° Béarn ; - 2° Basse-Navarre, subdivisée en : Mixe, Cize, Baigorry, Arberou, Ostabarret. 

Berry, ch.-l. Bourges, divisé en :1° Haut-Berry; - 2° Bas-Berry.

Boulonais, ch.-l. Boulogne (Picardie).

Bourbonnais, ch.-l. Moulins, divisé en : 1° Haut-Bourbonnais; - 2° Bas-Bourbonnais.

Bourgogne, ch.-l. Dijon, divisée en : 1° Dijonnais; - 2° Auxois; - 3° Auxerrois ; - 4° Pays de la Montagne; - 5° Autunois ; - 6° Chalonnais ; - 7° Charolais; - 8° Mâconnais ; - 9° Brionnais; - 10° Bresse; - 11° Bugey; - 12° Pays de Gex; - 13° Valromey; - 14° Pays de Dombes ; - 15° Valbonne.

Bretagne, ch.-l. Rennes, divisée en : 1° Haute-Bretagne (Rennes); - 2° Basse-Bretagne (Quimper).

Champagne, ch.-l. Troyes, divisée en : 1° Basse-Champagne, subdivisée en : Champagne proprement dite (Troyes), Sénonais, Vallage (Wassy), Bassigny (Langres), Champagne-Pouilleuse (Vitry-le-François); -2° Haute-Champagne, subdivisée en : Rémois (Reims), Châlonnais, Perthois (Saint-Dizier), Rethelois, Sedan (Principauté de), Argonne; - 3° Brie champenoise (Meaux), subdivisée en : Haute-Brie, Basse-Brie, Brie pouilleuse.

Corse, ch.-l. Ajaccio.

Dauphiné, ch.-l. Grenoble, divisé en : Haut-Dauphiné, subdivisé en Grésivaudan (Grenoble), Royanès, Briançonnais, Embrunois, Baronnies, Gapençois; - 2° Bas-Dauphiné, subdivisé en : Valentinois (Valence), Diois, Viennois, Tricastin (Saint-Paul-Trois-Châteaux).

Flandre, ch.-l. Lille, divisée en : 1° Flandre maritime, teutonne ou flamingante (Bergues); - 2° Flandre wallonne ou française (Lille); - 3° Cambrésis; - 4°Hainaut français.

Foix (comté de), ch.-l. Foix, divisée en : 1 ° Haut-Comté ; - 2° BasComté; - 3° Donnezan.

Franche-Comté, ch.-l. Besançon, divisée en : 1° Bailliage d'Amont; - 2° Bailliage de Besançon ; - 3° Bailliage du Milieu (Dole); - 4° Bailliage d'Aval.

Gascogne, rattachée à la Guyenne.

Guyenne et Gascogne, ch.-l. Bordeaux, divisée en 1° Guyenne, subdivisée en : a. Guyenne propre (Bordelais), Bazadais, Agenais, Quercy, Rouergue, Saintonge et Angoumois (part.); b. Périgord, qui comprend : Haut-Périgord, Périgord-Blanc, Périgord-Noir (Nontron), Sarladais, le Double ou la Conquête (Donzillac); - 2° Gascogne, subdivisée en : a. Gascogne propre, qui comprend Albret (Labrit), Chalosse (Marsan, Tursan), Landes (Auribat: Dax), b. Armagnac (Astarac, Limagne); c. Basques (Labourd, Soule); d. Bigorre ; e. Comminges; f. Couserans.

Havre (Le)-de-Grâce, ch.-l. Le Havre (Normandie).

Ile-de-France, Paris, divisée en : 1° Parisis; - 2° Brie française ; - 3° Gatinais ; - 4° Hurepoix; 

- 5° Vexin français ; - 6° Mantois ; - 7° Beauvaisis; - 8° Valois ; - 9° Soissonnais; - 10° Laonnais; - 11° Noyonnais (part.).

Languedoc, ch.-l. Toulouse, divisé en : 1° Haut-Languedoc, subdivisé en : Albigeois, Lauraguais (Castelnaudary), Carcassès; - 2° Bas-Languedoc (Montpellier); - 3° Cévennes, subdivisées en : Gévaudan, Vivarais, Vélay.

Limousin, ch.-l. Limoges, divisé en : 1° Haut-Limousin (Limoges); - 2° Bas-Limousin (Tulle).

Lorraine et Barrois, Nancy, divisés en : 1° Lorraine propre , - 2° Lorraine allemande ou pays de la Sarre; - 3° Luxembourg français; - 4° Barrois; - 5° Bouillon (duché de); - 6° Carignan (duché de); - 7° Vosges (pays des).

Lyonnais, ch.-l. Lyon, divisé en : 1° Lyonnais propre; - 2° Forez; - 3° Beaujolais.

Maine et Perche, ch.-l. Le Mans, divisés en : 1°Bas-Maine; - 2° Haut-Maine ; - 3° Laval (comté de); -4° Perche.

Marche, ch.-l. Guéret, divisée en : 1° Haute-Marche; 2° Basse-Marche.

Metz et Verdun ou Trois-Evêchés (Lorraine).

Namur, rattaché à l'ancienne province de Flandre.

Navarre (Basse-), rattachée au Béarn.

Nice (comté de), ch. I. Nice.

Nivernais, ch.-l. Nevers.

Normandie, ch.-l. Rouen, divisée en : 1° Haute-Normandie (Rouen), subdivisée en : Rouennais, Vexin normand, Caux (pays de), Evrecin, Lieuvin, Bray (pays de), Ouche (pays d'); - 2° Basse-Normandie (Caen), subdivisée en : Bessin, Cotentin, Avranchin, Caen (campagne de), Bocage (pays de), Auge (pays d'), Marches (les).

Orléanais, ch.-l. Orléans, divisé eu : 1° Orléanais propre ; - 2° Blaisois; - 3° Gâtinais orléanais; - 4° Beauce, subdivisée en : Pays Chartrain, Dunois, Vendômois; 5° Sologne (Romorantin).

Paris (Ville, prévôté et vicomté) (Île-de-France).

Perche, rattaché à la province du Maine.

Picardie, ch.-l. Amiens, divisée en : 1° Haute-Picardie, subdivisée en : Amiénois, Vermandois, Santerre, Thiérache, Laonnais, Noyonnais, Soissonnais (part.); - 2° Basse-Picardie, subdivisée en : Boulonnais, Ponthieu, Vimeu, Pays reconquis.

Poitou, ch.-l. Poitiers, divisé en : 4° Haut-Poitou (Poitiers); - 2° Bas-Poitou (Niort).

Provence, chef-lieu Aix-en-Provence, divisée en: 1° Basse-Provence; - 2° Haute-Provence ; - 3° Orange (principauté d').

Roussillon, ch.-l. Perpignan, divisé en : 1° Roussillon (Comté de) ; - 2° Conflant (viguerie de); - 3° Cerdagne française.

Saintonge et Angoumois, ch.-l. Angoulême, divisés en 1° Saintonge méridionale (Saintes); - 2° Saintonge septentrionale (Saint-Jean- d'Angély); -3° Brouageais (Brouage).

Saumurois, ch.-l. Saumur (Anjou).

Savoie, ch.-l. Chambéry.

Sedan (Principauté de) (Champagne).

Toulois, ch.-l. Toul (Lorraine).

Touraine, ch.-l. Tours, divisée en : 1° Haute-Touraine; - 2° Basse-Touraine.

Trois Evêchés. V. Metz et Verdun, Toul.

Venaissin (Comtat), ch.-l. Avignon.

Verdun, rattaché au petit gouvernement de Metz.

Répartition des provinces. 
Par rapport à la constitution physique du sol francais, les provinces et pays peuvent être groupés ainsi qu'il suit : 

1° Entre les deux versants oriental et occidental de la France, au-dessus de la vallée du Rhône, à l'Est du Bassin parisien qui, au Nord, réunit la Loire et la Seine dans des plaines jumelles, et du Bassin aquitain, au Sud-Ouest, le Massif central, dressé comme un énorme bastion, se divisait jadis en Auvergne dans ses montagnes, ses plaines et ses plateaux intérieurs; Bourbonnais, prolongé par le Nivernais, au delà de la Loire, et Marche sur ses gradins septentrionaux; enfin Limousin et Périgord sur ses pentes de l'Ouest. Sa déclivité du Sud-Ouest était occupée par le Haut-Quercy, le Rouergue et le Gévaudan; celle de l'est par le Velay et le Vivarais;

2° La partie méridionale du domaine rhodanien est dominée, vers l'Est, par les provinces alpestres : Provence et Comtat-Venaissain, comté de Nice, Dauphiné et Savoie, qui s'inclinent à la fois sur la plaine fluviale et la Méditerranée. La Corse, la dernière des acquisitions monarchiques, se peut rattacher à la Provence.

3° Au nord-ouest du groupe alpestre, l'ancien Lyonnais s'interpose, comme une sorte de pont, entre les Alpes et le Massif central, auquel il appartient par ses montagnes; mais, surtout, possédant le confluent du Rhône et de la Saône, il sert de porte aux provinces du Sud-Est vers la France orientale. Cette dernière comprenait, jadis, la Bourgogne, la Franche-Comté, la Lorraine, l'Alsace, la Champagne. De ces zones au relief varié, les deux premières enfermaient dans leurs montagnes là partie septentrionale du grand couloir fluvial, Saône et Rhône; la troisième était limitée par les hauteurs de l'Argonne et les Vosges; la quatrième, moins bien déterminée, s'étendait sur le versant extérieur des Vosges et une partie de la plaine du Rhin. La dernière, enfin, joignait, par des pays de plateaux et de plaines, la France orientale montagneuse aux basses terres de la plaine du Nord.

4° Dans la plaine du Nord-Ouest, des pays arrosés par l'Escaut, la Somme et la Seine, s'étaient formées quatre provinces, les plus riches peut-être de l'ancienne France, par l'activité agricole, aussi bien que par les travaux de l'industrie et du commerce : Flandre, Artois, Picardie, lle-de-France. Ce groupe était géographiquement complété, à l'Ouest, par la Normandie, contrée de relief varié, de ressources assez diverses, et vestibule du domaine séquanien sur la Manche.

5° Sur la Loire moyenne, l'Orléanais se présentait d'abord, quand on venait du nord, comme un trait d'union entre l'lle-de-France, vallée moyenne de la Seine, et les pays, faiblement accidentés ou tout à fait dépourvus de relief, à travers lesquels la Loire coule avec mollesse en aval d'Orléans. Venaient ensuite les plaines qui constituent le domaine proprement dit du fleuve : Berry, Touraine, Anjou. A l'Ouest de l'Anjou, la province du Maine, à la fois bocage et plat, pays, établissait une transition naturelle entre les plaines modernes de la Loire et la granitique Bretagne. Rien de plus parfaitement original que cette dernière région qui, en raison de son caractère géographique nettement déterminé, fut la plus vivace individualite provinciale de la vieille France. Au sud, la basse Loire est dominée, comme au Nord, par un massif de roches anciennes, d'ailleurs fortement déprimé, dans sa partie orientale, par une large trouée qui le sépare des hautes terres du Massif central. Massif et trouée tenaient à l'ancien Poitou. Orléanais, Berry, Touraine, Anjou, Maine, Bretagne et Poitou, l'usage, ici d'accord avec la géographie, englobe ces contrées sous le nom de « Pays d'Ouest-».

6° Au delà du Poitou, le passage entre le val de Loire et la France du Sud-Ouest est continué par une zone intermédiaire qui annonce déjà, progressivement, la région de la Garonne, et répond aux deux provinces : Angoumois, Aunis-Saintonge, démembrement de l'antique Aquitaine. C'était la porte d'entrée de la Guyenne-Gascogne, qui comprenait la plus grande partie du bassin de Bordeaux, si bien déterminé par la nature. En bordure de ce bassin, comme un glacis, le long de la frontière franco-espagnole, s'étageait la province pyrénéenne du Béarn.

Enfin, entre tous ces groupes provinciaux de la France océanique qui est, plus spécialement, la plaine française, et ceux du versant méditerranéen, s'étendait le Languedoc, région de passage, comme le Poitou, à la fois montagne, plateau et plaine côtière, et complété, vers l'Espagne, par les deux bastions pyrénéens du comté de Foix et du Roussillon.

Les départements.
En décrétant, le 22 décembre 1789, sur la proposition de Thouret et Sieyès, l'abolition des anciennes circonscriptions administratives et en établissant, au mois de janvier suivant, la délimitation nouvelle, l'Assemblée constituante voulut parfaire l'unité et la centralisation du pays, c'est-à-dire effacer toutes les raisons - raisons géographiques comprises - qui pouvaient entretenir le particularisme local. Aussi, les 83 départements créés par elle combinent-ils, en même temps que des éléments territoriaux appartenant à d'anciens organismes politiques différents, des pays de condition physique souvent assez diverse. Pour ces deux motifs, le département, bien qu'il ait acquis, par des lois successives, quelque autonomie, n'a pu supprimer tout vestige des anciens groupements. Tel est le cas pour celui du Pas-de-Calais, où une vieille circonscription politique comme le Boulonnais n'a que les rapports obligatoires avec le reste de la communauté départementale; tel est le cas aussi pour vingt autres départements du territoire, composés d'élements géographiques et ethnographiques distincts. Une autre raison a contribué, du moins dans le langage, à la persistance des souvenirs d'autrefois. Ce sont les dénominations compliquées, attribuées, à dessein sans doute, aux départements. On aperçoit, a priori, la difficulté de forger un adjectif correspondant aux vocables lndre-et-Loire ou Bouches-du-Rhône. Les épithètes Tourangeau, Normand, etc., ont donc persisté. La presque totalité de la nomenclature départementale permet la même constatation.

Au surplus, les cadres départementaux ont, depuis 1790, subi des modifications inspirées par des raisons où la géographie n'avait non plus rien à voir. Sans parler des départements établis par suite d'annexions nouvelles Savoie, Haute-Savoie, Alpes-Maritimes) ou par suite de des pertes territoriales de 1870 (Meurthe-et-Moselle) d'autres ont été constitués à l'intérieur du pays, aux dépens des circonscriptions voisines (Vaucluse, Rhône, Loire, Tarn-et-Garonne). D'autres ont changé de chefs-lieux. Douai, Charleville, Saintes, etc., ont ainsi perdu leur rang administratif. La plus curieuse de ces transformations est assurément celle qui, en 1860, enleva au département du Var le cours entier de ce fleuve, par suite du rattachement de l'arrondissement de Grasse au département nouveau des Alpes-Maritimes. Certains départements ont aussi changé de nom, telle la Mayenne-et-Loire devenue le Maine-et-Loire dès 1791, mais surtout au XXe siècle, pour des raisons d'image, essentiellement dans la perspective du développement du tourisme :  les Côtes-du-Nord sont devenues les Côtes d'Armor (1990), la Seine-Inférieure, la Loire inférieure et la Charente inférieure sont devenues la Seine-Maritime (1955), la Loire-Atlantique (1957) et la Charente-Maritime (1941), les Basses-Pyrénées et les Basses-Alpes sont aujourd'hui les Pyrénées-Atlantiques (1969) et les Alpes-de-Haute-Provence (1970). (Ch. Mortet).

A la suite des annexions qui ont eu lieu sous la Révolution et l'Empire, le territoire français comprit jusqu'à 130 départements, dont 42 formés dans les territoires annexés et qui cessèrent d'être français par les traités de 1814 et 1815.

Régions et départements aujourd'hui. 
Une politique de régionalisation menée entre 1956 et 1982 a conduit à regrouper les départements en régions. Au moment de la réforme territoriale de 2015-2016, il y avait 27 régions et 101 départements, ayant statut les unes et les autres de collectivités territoriales décentralisées-: 22 régions métropolitaines, divisées en 96 départements, et 5 régions d'outre-mer, correspondant chacune à un département. Le nombre de régions métropolitaines a été ramené depuis à 13, par le regroupement de certaines d'entre elles.

Les régions françaises actuelles
Métropole

Région Regroupements
(anciennes régions)
Départements Chef-lieu
Grand-Est + Alsace 

+ Champagne-Ardenne

+ Lorraine 

+ Bas-Rhin, Haut-Rhin

+ Ardennes, Marne, Aube, Haute-Marne

+ Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges

Strasbourg
Occitanie + Midi-Pyrénées 

+ Languedoc-Roussillon

+ Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Gers, Tarn-et-Garonne, Tarn, Lot, Aveyron

+ Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Lozère, Gard

Toulouse
Nouvelle-Aquitaine + Aquitaine 

+ Poitou-Charentes

+ Limousin

+ Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde, Lot-et-Garonne, Dordogne 

+ Charente-Maritime, Charente, Deux-Sèvres, Vienne 

+ Haute-Vienne, Creuse, Corrèze

Bordeaux
Auvergne-Rhône-Alpes + Auvergne 

+ Rhône-Alpes

+ Allier, Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire

+ Loire, Ardèche, Rhône, Drôme, Ain, Isère, Haute-Savoie, Savoie

Lyon
Normandie + Basse-Normandie 

+ Haute-Normandie

+ Manche, Calvados, Orne

+ Seine-Maritime, Eure

Rouen
Bourgogne-Franche-Comté + Bourgogne 

+ Franche-Comté

+ Yonne, Nièvre, Côte-d'Or, Saône-et-Loire

+ Haute-Saône, Jura, Doubs

Dijon
Hauts-de-France + Picardie 

+ Nord-Pas-de-Calais

+ Somme, Oise, Aisne

+ Pas-de-Calais, Nord

Lille
Centre-Val-de-Loire + Centre [Simple changement de nom] + Eure-et-Loir, Loiret, Loir-et-Cher, Cher, Indre-et-Loire, Indre Orléans
Bretagne [Pas de modification] + Finistère, Côtes-d'Armor, Ille-et-Vilaine, Morbihan Rennes
Pays-de-la-Loire [Pas de modification] + Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Vendée Nantes
Provence-Alpes-Côte-d'Azur [Pas de modification] + Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes Marseille
Corse (collectivité) [Pas de modification] + Haute-Corse, Corse-du-Sud Ajaccio
Ile-de-France [Pas de modification] + Yvelines, Val-d'Oise, Seine-et-Marne, Essonne, Hauts- de-Seine, Paris, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne Paris
Outre-mers
Guadeloupe [Pas de modification] - Basse-Terre
Martinique [Collectivité] - Fort-de-France
Guyane [Collectivité] - Cayenne
La Réunion [Pas de modification] - Saint-Denis
Mayotte [Département / Région] - Mamoudzou (de facto) 
/ Dzaoudzi (de jure)
.


Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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