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Les Equidés
Equidae, le genre Equus
Aperçu
Chevaux, ânes, zèbres...
Paléontologie
Les Equidés forment une famille de Mammifères appartenant à l'ordre des Perissodactyles, c.-à-d. au groupe des Ongulés à doigts en nombre impair et qui ne ruminent pas. Cette famille ne comprend, dans la nature actuelle, que le genre Equus, subdivisé en quatre sous-genres : Cheval, Âne, Hemione, Zèbre. Elle comprenait autrefois au second genre, le genre Hippidion, disparu au Pléistocène.

La famille des Equidés est essentiellement caractérisée par la forme des membres qui n'ont à chaque pied qu'un seul doigt et, par suite, qu'un seul sabot, d'où le nom de Solipèdes, qu'on leur donnait autrefois. Ce doigt correspond au doigt médian ou troisième doigt des Tapirs et des Rhinocéros, comme le prouve l'embryologie, la paléontologie, la tératologie et même l'anatomie de l'animal adulte. On retrouve, en effet, sous la peau de la jambe, des rudiments de métacarpiens et métatarsiens latéraux sous forme de stylets, os allongés et atrophiés inférieurement, accolés au canon, c.-à-d. à l'os du carpe et du tarse qui est seul développé et porte l'unique sabot. Il n'est pas très rare de voir des Chevaux monstrueux qui ont un ou deux doigts supplémentaires développés à côté du sabot normal, ce qui les fait ressembler à l'Hipparion, type fossile du Pliocène, appartenant à un groupe frère de la population dont sont issus les Equidés proprement dits. 

Il est à remarquer que, lorsqu'il n'y a qu'un seul sabot supplémentaire à chaque pied, c'est le doigt interne qui est anormalement développé. Dans le pied normal, ces doigts latéraux ne sont plus représentés extérieurement que par l'ergot, sorte d'onglon rudimentaire caché dans les poils du boulet. Plus haut, c.-à-d. à la partie inféro-interne de l'avant-bras et à la partie supero-interne du canon, en arrière, on voit une petite plaque de corne ovale, appelée châtaigne, que l'on doit considérer comme le dernier rudiment du pouce, qui se trouve beaucoup plus rarement représenté sous la peau par un métacarpien atrophié, suspendu au trapèze (Chauveau et Arloing). Les châtaignes manquent aux membres postérieurs chez l'Ane, l'Hémione et le Zèbre, plus rarement chez le Cheval domestique.

En résumé, on peut dire des Equidés en général, ce que Gaudry, disait du Cheval : celui-ci « réalise le type le plus parfait de l'animal coureur; il a des pattes d'une telle simplicité qu'il ne craint ni entorses ni foulures ».
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Âne.
Un âne. © Thierry Labat.

Les dents des Equidés sont celles d'animaux franchement herbivores et granivores, bien qu'ils s'habituent exceptionnellement à manger de la chair cuite ou crue. La formule dentaire du Cheval, chez le mâle, est la suivante:

1/2 mâchoire : i.3/3, c.1/1, m.7/7.
ou plus exactement :
1/2 mâchoire : i.3/3, c.1/1, pm.(3 à 4)/3 à 4), m.3/3.
La différence entre ces deux formules vient de ce que la première prémolaire, toujours rudimentaire et réduite à une simple cheville, est généralement caduque et manque chez l'adulte, tombant avec les dents de lait. Mais des observations de Nehring, il résulte que cette dent persiste, jusqu'à un âge avance, dans plus d'un tiers des cas chez le Cheval domestique, l'Âne, et le Zèbre de Burchell. Les trois autres prémolaires, disposées en série continue avec les vraies molaires, ne diffèrent de celles-ci que par une taille un peu moindre. En avant des prémolaires se voit un vide appelé barre, vers le milieu duquel sont insérées les canines ou crochets, toujours médiocrement développées et qui manquent généralement chez la femelle. Elles  laissent entre elles et les molaires un large intervalle ou barre où se place le mors.

Les incisives, proclives et rangées en demi-cercle, ont leur couronne creusée d'une cavité dont la profondeur diminue avec l'âge, jusqu'à sept ou huit ans. Les molaires supérieures, presque carrées, présentent, sur leur couronne, des replis d'émail assez compliqués, correspondant aux piliers ou denticules de la dent, et dont la disposition est caractéristique; les inférieures, plus allongées, présentent des replis en croissant, disposés de manière à contrarier les plis correspondants des molaires supérieures; enfin, les intervalles de ces replis sont comblés par une épaisse couche de cément.

Le canal digestif est en rapport avec cette dentition : l'estomac est simple, mais l'intestin est très long, pourvu d'un large caecum. Les Chevaux ne vomissent jamais, ce qui tient à une disposition spéciale du diaphragme.

La conformation extérieure du Cheval est connue de tout le monde. La forme allongée de sa tête, ses lèvres mobiles et protactiles, ses narines largement ouvertes, son oeil saillant, son encolure longue et flexible, ses membres minces, mais robustes, le distinguent à première vue de tous les autres Périssodactyles de l'époque actuelle, pour le rapprocher des Ruminants du groupe des Antilopes et des Cerfs, bien qu'il ne rumine pas et soit dépourvu de prolongements frontaux. 

De façon générale, chez les animaux du genre Equus, le oreilles sont assez grandes, ils ont l'ouïe délicate; c'est peut-être leur meilleur sens. Leurs narines sont très mobiles; l'intervalle qui les sépare est nu; ils ont l'odorat fin; la langue est douce et la lèvre supérieure a une grande facilité de mouvement; ils boivent en humant. Leur peau est couverte de poils doux et flexibles; le dessus du cou et la queue sont garnis de crins. Par leurs formes, leurs proportions, leurs mouvements, ils donnent une idée de la force et de l'agilité; ils ont le corps épais, la croupe arrondie, le poitrail large, des cuisses musculeuses, des jambes sèches et élevées, une forte encolure, la tête un peu lourde. 
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Zèbres
Zèbres de Grant, en Tanzanie. © Serge Jodra.

Plusieurs particularités de l'organisation intérieure des Equidés sont en rapport avec cette conformation et leur permettent de prolonger, sans essoufflement appréciable, la course la plus rapide. Ses narines, largement ouvertes, donnent facilement accès à l'air, tandis que le voile du palais, se prolongeant jusqu'au larynx, s'oppose à la respiration buccale. C'est ce qui permet à un cheval, bien entraîné et monté par un habile cavalier, de forcer à la course la plupart des animaux, même les plus légers et les plus agiles (Cerfs, Antilopes, Girafes). Quant aux Chevaux et aux Anes sauvages, leur course est si rapide et si soutenue, que les chasseurs ne réussissent à les atteindre qu'en établissant des relais de distance en distance.

Distribution géographique.
La conformation du pied du Cheval indique, à première vue, un animal fait pour habiter les régions sèches et découvertes. Toutes les espèces connues, en effet, se trouvent dans les steppes, les prairies et les déserts, ou dans les régions montagneuses dépourvues de forêts. A l'époque actuelle, le Cheval proprement dit et les Hémiones habitent les steppes et les déserts du centre et de l'ouest de l'Asie (région Paléarctique); l'Âne, dont l'espèce est probablement unique, habite les régions analogues du Nord-Est de l'Afrique, et les Zèbres celles de l'Afrique, au Sud du Sahara. A une époque antérieure, il a existé des Chevaux sauvages, non seulement en Europe, mais aussi dans les deux Amériques (Paléontologie des Equidés).

Le véritable Cheval sauvage (Equus Przewalskii) est l'espèce la plus septentrionale, puisqu'on l'a trouvé au sud de la Sibérie, dans une région (la Dzoungarie) dont l'hiver est des plus rudes. En se dirigeant ensuite au Sud et à l'Ouest, on rencontre successivement trois sous-espèces d'Hémiones : le Kiang (au Tibet), l'Onagre (dans le Koutch et l'Iran), l'Hémippe (en Syrie). Passant ensuite en Afrique, nous trouvons, en Abyssinie, l'Ane (Equus taeniopus), puis les Zèbres des montagnes; enfin, plus au sud, les Zèbres des plaines et les Zèbres de Grévy. Cette distribution géographique explique pourquoi, des deux espèces domestiques, le Cheval seul a pu s'acclimater aux régions les plus froides du globe, tandis que l'Ane, originaire des régions chaudes de l'Afrique, ne peut supporter l'hiver du nord de l'Europe et ne dépasse guère, en France, le Sud de la Loire.
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Cheval de Mérens.
Nunca, un cheval de Mérens (Ariège).
© Damien et Florent Marequestre.

Paléontologie.
Les Equidés ont fait leur apparition à l'époque tertiaire, et cela dans l'ancien monde aussi bien que dans le nouveau. Ainsi, dans les deux Amériques, qui ne nourrissent plus aujourd'hui que des chevaux jadis venus d'Europe, on rencontre dans certains terrains des restes fossiles d'équidés, spécifiquement distincts de ceux qui y vivent. Ces fossiles sont le témoignage irrécusable de l'existence de ces animaux sur le nouveau continent, bien avant que l'homme s'y fût établi.

En Europe, dit P. Gervais, il y a eu parmi les chevaux fossiles plusieurs espèces, et, dans celle qui se rapproche le plus du cheval actuel, diverses races caractérisées par des différences de taille et de proportion, assez comparables à celles que nous observons aujourd'hui parmi les chevaux domestiques; des squelettes de ces anciens animaux nous montrent les lourdes formes des chevaux alsaciens ou boulonais, ce qui semble les rapprocher beaucoup des chevaux qu'employaient les guerriers du Moyen âge, et dont ils nous parlent sous le nom de palefrois et de destriers; d'autres ont l'ossature fine des chevaux arabes, dont la race n'a cependant commencé à se répandre dans le nord-ouest de l'Europe qu'au retour des Croisades, et il y en a qui sont au contraire assez petits pour rappeler les chevaux nains des Shetlands, de l'île d'Ouessant et de la Corse, ce qui a même fait proposer de les considérer comme étant d'une espèce à part, à laquelle on a donné le nom d'Equus minutus."
Une espèce était contemporaine des éléphants dont les débris remplissent les grandes couches meubles du sol de l'Europe. Sans qu'on puisse affirmer qu'elle soit absolument une de celles qui existent aujourd'hui, on doit avouer qu'elle s'en rapprochait du moins beaucoup. C'est dans les alluvions récentes que l'on rencontre le plus de restes de chevaux fossiles. Il y en a aussi dans les cavernes et les brèches, et Cuvier disait que, dans quelques contrées de l'Allemagne, on déterre une si prodigieuse quantité de dents de chevaux fossiles, qu'on les ramasse par charretées. Il n'est presque pas de vallées où l'on puisse creuser des excavations de quelque étendue sans découvrir des vestiges de chevaux : celles de la Somme et de la Seine en fourmillent, et l'on en a rencontré de confondus avec des os d'éléphant, pendant que l'on travaillait au canal de l'Ourcq, près de Paris.
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Poneys d'Islande.
Poneys d'Islande. Source : The World Factbook.

Moeurs, habitudes et régime. 
Dans les steppes de l'Asie et de l'Afrique, les équidés vivent en troupes plus ou moins nombreuses, qui parcourent de vastes étendues de terrain pour chercher des pâturages. Les Chevaux, à l'état sauvage, vivent sous la conduite d'un vieil étalon qui dirige tous leurs mouvements. Ils se nourrissent d'herbes; mais en captivité, ils se sont habitués à une autre nourriture : ils mangent principalement des grains. 

Tous les équidés sont des animaux vifs, éveillés, agiles et prudents. Il y a quelque chose d'élégant et de noble dans tous leurs mouvements. En liberté, ils vont d'ordinaire d'un trot assez rapide. Leur allure de course est le galop. Ils sont doux et paisibles vis-à-vis des animaux inoffensifs; ils fuient devant l'humain et les grands carnivores; mais, lorsqu'ils sont surpris et ne peuvent chercher leur salut dans la fuite, ils se défendent hardiment en mordant avec leurs robustes mâchoires, en frappant des pieds de devant et en lançant des ruades plus dangereuses encore. C'est ainsi que les Chevaux se débarrassent des loups qui cherchent à séparer un jeune poulain du reste de la bande pour l'accabler sous le nombre; quant aux grands Carnivores (Tigre, Lion, Panthère), ils n'attaquent jamais les Chevaux que par surprise, en les guettant d'un lieu élevé et leur sautant sur le dos. 

Leur fécondité est très restreinte. La femelle porte longtemps, et met bas ordinairement un seul petit, qui est en état de suivre sa mère quelques heures après sa naissance. 
Il y a toujours un long intervalle entre deux portées. C'est le cas en particulier chez le Cheval : la jument porte onze mois et met bas un seul poulain, qui tête six ou sept mois; on commence à les attacher et à les panser à trois ans; à quatre ans, on les monte et on les fait travailler. L'âge du Cheval se connaît surtout aux dents incisives. Celles de lait poussent quinze jours après la naissance; à deux ans et demi, les mitoyennes sont remplacées; à trois et demi, les deux suivantes; à quatre et demi, les deux extrêmes appelées les coins. Toutes ces dents, à couronne d'abord creuse, perdent peu à peu cet enfoncement; à sept ans et demi, huit ans, tous les creux sont effacés et le Cheval ne marque plus. A trois ans et demi viennent les canines inférieures, les supérieures à quatre; elles restent pointues jusqu'à six; à dix, elles commencent à se déchausser. La durée de la vie du Cheval ne dépasse pas trente ans.

Un fait bien digne de remarque, c'est que tous les Equidés paraissent pouvoir se féconder mutuellement et donner naissance à des métis ou mulets. 

La voix, généralement retentissante, s'appelle hennissement chez le Cheval, et braiment chez l'Ane et les espèces qui s'en rapprochent.
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Chevaux de la grotte de Lascaux.
Frise de chevaux, dans la grotte ornée de Lascaux (Dordogne).

Domesticité
Depuis des temps immémoriaux, deux espèces d'équidés, le Cheval et l'Ane, sont domestiquées. L'utilité qu'ont eue pour les humains au cours de l'histoire le Cheval et l'Ane est connue de tout le monde. Mais, avant d'être capturés et dressés en domesticité à traîner des chars, à porter des fardeaux ou un cavalier, tous les chevaux sauvages ont été d'abord chassés pour leur chair.

On a vainement essayé de rendre domestiques quelques autres espèces qui vivent à l'état sauvage. Toutes les tentatives que l'on a faites pour amener le Zèbre ou l'Hémione au même degré de domesticité que le Cheval, sont jusqu'ici restées infructueuses : ces espèces n'ont pu être complètement domptées.



Collectif, Le Merens, prince noir d'Ariège, Loubatières , 2010.
286266605X
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Dictionnaire Les mots du vivant
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