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Les Cynocéphales
Babouins, Mandrills
Les Cynocéphales constituent un genre de Singes de l'ancien continent appartenant à la sous-famille des Cercopithécidés et caractérisé par la forme du museau qui se prolonge en avant comme celui du chien, d'où le nom du genre (en grec, tête de chien). Chez ces animaux le nez est placé à l'extrémité du museau qui se trouve tronqué en avant comme chez les carnivores, ce qui leur donne une physionomie plus bestiale que celle des autres Singes à tête plus ou moins arrondie. 
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Babouins
Une famille de Babouins.

Les Cynocéphales, que, l'on désigne vulgairement sous le nom de Babouins et de Papions, et auxquels on réunit aussi les Mandrilles ou Mandrills, sont, après les Anthropoïdes, les plus grands et les plus forts de tous les Singes. Leurs proportions surtout sont plus robustes et plus trapues que celles des Cercopithèques et des Macaques, et leur queue, toujours assez courte, est quelquefois réduite à un simple tronçon. La tête est grande et lourde par suite de l'allongement des mâchoires : les dents; en même nombre que chez l'Humain et les autres Singes, sont grosses et la dernière molaire inférieure présente un cinquième tubercule comme dans les autres genres de la sous-famille. Les canines sont énormes et constituent des armes redoutables chez les mâles adultes : les femelles, et surtout les jeunes, les ont moins développées, et ces derniers ont d'abord la tête arrondie comme les autres Singes mais bientôt déformée par l'allongement des mâchoires : c'est là un phénomène que l'on constate aussi chez les Anthropoïdes.

Les callosités des fesses sont toujours bien développées et souvent colorées en rouge ou en bleu ainsi que les autres parties nues. Tous les Cynocéphales habitent l'Afrique subsaharienne, la vallée du Nil et le sud de l'Arabie; dans l'Afrique australe ils ne paraissent pas dépasser la vallée du Zambèze
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Les Babouins des monuments de l'Egypte ancienne

Le Cynocéphale grand singe à tête de chien, nommé ââni par les Egyptiens, est toujours peint en vert sur les monuments. Il paraît avoir été consacré particulièrement à Thot dans son rôle de Dieu-Lune, Thot-Lunus, car on le rencontre tantôt coiffé du disque lunaire, tantôt tenant l'oeil sacré, emblème de la pleine lune. Les cynocéphales, appelés quelquefois hati, « les adorateurs », symbolisent aussi l'adoration du soleil levant, comme, par exemple, au chapitre XVIe du Livre des morts ou sur la base de l'obélisque de Louqsor conservée au Musée du Louvre. Le haut de la porte centrale du temple d'Ammon à Médinet-Abou est orné d'une série de ces animaux, ainsi que la corniche extérieure du grand temple dédié au Soleil à Abou Simbel. Parfois un cynocéphale assis sur un trône, comme un dieu, tient dans sa main un petit ibis, l'ibis étant l'emblème du dieu Thot; et fréquemment il figure au sommet de la balance du jugement de l'âme, comme représentant de Thot qui a pour fonction d'enregistrer la sentence suprême. (P. Pierret).
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Babouins dans l'art égyptien
Babouins peints sur un mur de la tombe de Toutankhamon.

Les Cynocéphales, qui ne sont plus connus qu'en Afrique, avaient des représentants en Asie à l'époque tertiaire et pléistocène : tels sont les Cynocephalus subhimalayanus et C. Falconeri du pliocène de l'Inde. Le C. atlantieus (Thomas) est du Pliocène d'Algérie.

Le Cynopithecus niger, de Sulawesi (l'île de Célèbes), que l'on a quelquefois rapproché des Cynocéphales, se rattache plutôt aux Macaques. Les Cynocéphales se tiennent ordinairement à terre ou sur les rochers et montent assez rarement aux arbres, se nourrissant d'ailleurs comme les autres Singes, de fruits et de racines. Leur force les rend redoutables et leur morsure est des plus dangereuses. 
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Mandrille.
Un Mandrille.

Classification.
On connaît actuellement neuf espèces de Cynocéphales que leurs caractères permettent de répartir en quatre groupes ou sous-genres. 

Le sous-genre Mormon (Lesson) ou Mandrilla (Desmarest), caractérisé par sa queue très courte, rudimentaire, comprend deux espèces qui sont les plus grandes et les plus fortes du genre : le Mandrille Choral (Cynocephalus maimon), atteint la taille des plus grands Chiens, et par conséquent égale presque le Chimpanzé, mais avec des proportions très différentes. La face est allongée et les joues, de chaque côté du nez, sont marquées de quatre ou cinq sillons, colorés en bleu chez le mâle adulte : l'extrémité du nez est d'un rouge vif. Les callosités des fesses sont bleues. Le pelage est d'un brun olivâtre plus clair dessous, avec une petite barbe jaunâtre au menton. Les membres sont trapus, fortement musclés, très robustes. 
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Babouine et son petit.
Babouins en promenade.

La femelle est plus petite et plus faible : son museau n'atteint pas le développement qu'il présente chez le mâle, et ne se revêt jamais de couleurs aussi vives; par contre ses parties génitales, comme celles du mâle, se gonflent et deviennent d'un rouge vif au moment du rut. Les jeunes, des deux sexes, ressemblent aux femelles : ils ont le museau moins saillant avec les joues noires, faiblement teintées de bleu, et diffèrent assez du mâle adulte pour que Buffon en ait fait une espèce à part. Le Mandrille habite l'Afrique occidentale, notamment l'intérieur du Gabon. Les individus pris jeunes que l'on amène en Europe, supportent bien la captivité et se montrent assez dociles pendant les premières années. Mais dès qu'ils revêtent les caractères de l'adulte, ils deviennent brutaux et intraitables et se font remarquer dans les ménageries par leurs moeurs libidineuses. Leur gardien doit toujours se méfier d'eux, car leurs canines produisent des blessures profondes et souvent mortelles.

Le Mandrille leucophe ou Drill (Cyn. leucophaeus), a la taille, et à peu de choses près, les proportions du précédent, mais en diffère par sa face dépourvue de sillons et noire avec le bord de la mâchoire inférieure rouge chez le mâle adulte. Cette face noire et ses proportions robustes lui donnent une certaine ressemblance avec le Gorille, surtout de face, mais le museau est aussi allongé que dans l'espèce précédente. Il habite également l'Afrique occidentale.

Le sous-genre Choeropithecus (Reichenbach) comprend quatre espèces de grande taille à formes trapues et robustes comme les précédentes, mais à queue de la longueur du tronc. Chez toutes, la face est noire avec les paupières couleur de chair; les poils du derrière de la tête sont plus ou moins allongés. 
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Tête de Babouin.
Une tête de Babouin en colère.

Le Chacma (Cyn. porcarius) a le pelage d'un brun noirâtre. Il habite l'Afrique australe. On en trouve sur la montagne de la Table (Afrique du Sud), mais il est possible que ces individus descendent de Chacmas amenés de l'intérieur et rendus à la liberté comme pour les Magots du rocher de Gibraltar. Les moeurs ressemblent à celles des Mandrilles, et les adultes ne sont ni moins brutaux ni moins dangereux. Les agriculteurs l'Afrique australe les redoutent à cause des ravages qu'ils font dans les champs cultivés. 

Le Papion anubis (Cyn. anubis) paraît remplacer l'espèce précédente, dans l'Afrique occidentale, notamment au Ghana. Le pelage est moins foncé et moins long, surtout à la tête, que celui du Chacma.

Le Doguera (Cyn. doguera) ou Babouin de Ruppel, représente les précédents en Ethiopie. Sa face est plus claire, tirant sur la couleur chair. Heuglin en a rencontré des bandes nombreuses vivant sur les grands arbres qui couvrent les montagnes du Simèn, puis dans la province de Takadeh et le long du Bahr-el-Abiad. Le Papion sphinx (Cyn. sphinx) ou Papion de Buffon se distingue par son pelage beaucoup plus clair, tirant sur le roux. Il habite le Sénégal. On voit souvent cette espèce dans les où il se montre très intelligent, assez docile, mais remuant, lascif et gourmand.
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Le sous-genre Cynocephalus proprement dit comprend deux espèces plus petites, à formes plus grêles et à queue plus longue que les précédents. Le museau est aussi moins proéminent. La face est noire, plus pâle sur le nez et autour des yeux. La queue est un peu plus longue que dans le groupe précédent. Le Babouin de F. Cuvier (Cyn. babouin) a le pelage d'un fauve olivâtre, plus pâle en dessous. Il habite le Soudan et l'Ethiopie, et de là s'étend jusqu'au Mozambique et au Zambèze. Le Cyn. rubescens (Temminck) en diffère par son pelage d'un roux rougeâtre. Il habite l'Afrique occidentale (côte de Guinée).

Une dernière espèce type du sous-genre Hamadryas (Lesson), le Tartarin (Cyn. hamadryas), a la queue assez longue et pourvue d'un pinceau terminal. Le pelage est très long sur la tête, les épaules et les flancs du mâle formant une sorte de crinière. La face et les callosités des fesses sont couleur de chair claire. Le mâle est d'un gris cendré, tandis que les femelles plus petites et dépourvues de crinière, sont comme les jeunes, d'un brun clair. L'espèce habite, d'après Heuglin, toute la Corne de l'Afrique, dans les montagnes, se tenant sur les rochers nus, même dans les forêts, mais ne grimpe pas sur les arbres. Elle s'étend de là jusqu'à la côte, à travers la Somalie, et se retrouve dans l'Arabie méridionale jusqu'au 20° de latitude Sud. Cette espèce, bien connue des anciens Egyptiens, est représenté sur leurs monuments. (E. Trouessart).

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