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Les Canidés
Canidae
Les Canidés (Canidae)  forment une famille de Mammifères de l'ordre des Carnivores renfermant des animaux domestiques et sauvages. Les Chiens domestiques, les Loups, les Chacals et les Renards appartiennent à ce groupe que l'on peut caractériser ainsi : Les Canidés ont le corps élevé, les jambes effilées, allongées, les pattes étroites; la colonne vertébrale composée de vingt vertèbres dorsales et lombaires, de trois sacrées et de dix-huit à vingt-deux coccygiennes. Le thorax est formé par treize paires de côtes neuf vraies et quatre fausses. La clavicule est recourbée, l'omoplate mince, le bassin fort; la tête est petite, le museau long, le nez obtus et proéminent; comme chez tous les animaux aux allures rapides et qui ne peuvent respirer par la bouche, les cavités nasales sont très amples; elles présentent de plus cette disposition remarquable que leurs surfaces se multiplient par la formation de cornets très nombreux, représentant isolément de petits cônes ou des tubes semblables aux tuyaux des dentelles plissées, et par l'existence des volutes ethmoïdales qui occupent la région la plus supérieure des fosses nasales : leur nombre et leur finesse sont en raison directe de l'excellence de l'olfaction.
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Chiens : basset de gascogne et Braque.
Chiens : un Basset de Gascogne et, à droite, un Braque.

Le crâne est allongé; les mâchoires surtout sont longues. L'allongement des mâchoires donne moins de force à la morsure des Chiens.

Les dents, au nombre de quarante-deux (sauf quelques exceptions) présentent la formule :

i.3/3, c.1/1, pm.3/4, carn.1/1, m.2.2 X 2 = 42 dents,
que l'on écrit aussi de la manière suivante, la carnassière étant, dans la précédente formule, la quatrième prémolaire à la mâchoire supérieure, et la première arrière-molaire à la mâchoire inférieure :
i.3/3, c.1/1, pm.4/4, m.2.3 X 2 = 42 dents.
Les incisives caduques ou de première dentition, bien plus petites et surtout bien plus pointues que celles de remplacement, présentent cependant comme elles des lobes latéraux. Elles laissent entre elles un assez grand écartement au moment de leur éruption. Les incisives de seconde dentition, surtout  celles de la mâchoire supérieure, sont relativement grandes; les extérieures égalent presque les molaires en largeur, et ont en général un tubercule de chaque côté de la partie principale de leur couronne. La canine est pointue, grande et forte, les incisives augmentent en dimension jusqu'à la carnassière; la première tuberculeuse (vraie molaire) supérieure est transversale et l'inférieure allongée dans le sens de la mâchoire; la deuxième tuberculeuse est plus petite et rudimentaire, surtout à la mâchoire inférieure. L'ensemble de cette denture indique des animaux moins franchement carnivores que les Félidés, moins omnivores que les Ours

Le pariétal (os large et mince qui s'incurve fortement en voûte pour former le plafond de la boîte crânienne) se distingue chez le chien par le grand développement des crêtes et de la protubérance pariétale. Le cou est faible ; la queue est généralement courte, souvent touffue; chez les femelles, l'échine est incurvée.
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Renard roux.
Renard roux.

Les Canidés ont cinq doigts aux pattes de devant, quatre aux pattes de derrière, tous armés d'ongles forts, mais émoussés, non rétractiles. Leurs yeux sont grands et supportent mieux la lumière que ceux des Chats; leurs oreilles sont plus allongées, plus grandes que celles de ces derniers; ils ont un plus grand nombre de mamelles pectorales et ventrales.

L'estomac est arrondi; l'intestin mesure de quatre à sept fois la longueur du corps. 

Mode de vie. Comportement

Ces particularités de l'organisation des Canidés sont en rapport avec leur mode de vie-: ce sont, en effet, les plus légers de tous les Carnivores, et, au lieu d'attendre leur proie à l'affût, ils la poursuivent et la forcent à la course, se réunissant souvent plusieurs pour accabler cette proie sous le nombre. A défaut de proie vivante, ils se contentent de cadavres et particulièrement des charognes abandonnées par les grands Carnivores (Lion, Tigre), que les Chacals, par exemple, suivent à distance; assez souvent ils se contentent de substances végétales. 

Les endroits tranquilles et solitaires des montagnes de basse altitude aussi bien que des plaines, les forêts touffues, les taillis, les steppes et les déserts : tels sont les lieux que les espèces de cette famille habitent. Les unes rôdent presque continuellement et ne séjournent en un même endroit qu'autant que les y retiennent les soins à donner à leur progéniture; les autres se creusent des terriers, se retirent dans des cavernes, et ont, par conséquent, des demeures fixes.

On trouve parmi les Canidés des espèces nocturnes, des espèces diurnes et des espèces crépusculaires. Les premières se cachent pendant le jour dans leurs terriers, ou dans des retraites solitaires, dans les taillis, les buissons, les emblavures, les rochers; la nuit elles rôdent isolées ou réunies, parcourent souvent en chassant plusieurs lieues de terrain, arrivent parfois dans les villages et jusque dans les villes, et, au lever du jour, se blottissent dans la première retraite qu'elles trouvent.

Le plus petit nombre vivent par paires; mais dans les espèces mêmes dont le mâle et la femelle n'ont que des unions passagères, on voit les individus se rassembler en meutes considérables plus ou moins nombreuses pour se livrer à la chasse des grands herbivores dont ils ne viennent à bout qu'après une poursuite acharnée. Les divers individus de ces bandes se prêtent volontiers aide et assistance pour arriver à leurs fins, rabattant le gibier vers des relais préparés d'avance, et les ruses dont ils font usage indiquent une intelligence très développée. On peut dire que la chasse à courre a été inventée par les Chiens sauvages, et il est possible que les premiers humains n'ont fait que profiter de ce comportement naturel en s'emparant, de vive force, du gibier forcé par ces animaux; plus tard, ce comportement s'est perfectionné chez le Chien domestique, devenu le commensal des humains. On peut donc dire que tous les Canidés sont, de tous les Carnivores, ceux qui montrent le plus de sociabilité.

La nourriture des Canidés est principalement une nourriture animale. Ils mangent la chair fraîche, aussi bien que les charognes, que certains paraissent même préférer. Il en est qui dévorent des os; d'autres trouvent à se nourrir avec les détritus laissés par les humains, mais ce sont principalement les mammifères et les oiseaux qui forment la base de leur alimentation. Quelques-uns mêlent encore à ce régime des poissons, des coquillages, des crustacés, du miel, des fruits, des bourgeons, de jeunes pousses d'arbres, des racines, de l'herbe, de la mousse même. Beaucoup d'entre eux sont très voraces, et tuent plus qu'ils ne peuvent manger.-

Du point de vue de l'agilité, les Canidés le cèdent peu aux Félidés; ils ne peuvent, à cause de leurs ongles obtus, grimper comme les Félidés, ni faire comme eux des bonds énormes; mais ils sont d'admirables coureurs, et résistent parfaitement à la fatigue. Tous savent nager, quelques-uns même, en véritables animaux aquatiques, se plaisent au milieu des flots. Ils marchent sur l'extrémité des doigts comme les Félidés; seulement leur démarche est oblique, et ils ne posent pas leurs pattes droit devant eux.

Les Canidés sont parfaitement pourvus du côté des sens. Leur ouïe est presque aussi fine que celle des chats; ils l'emportent sur ceux-ci pour la vue, et leur odorat est admirablement développé, et cette finesse du nez leur sert à poursuivre et dépister un gibier invisible en se guidant sur la seule senteur de ses pas. L'existence de glandes caudales a été constatée chez plusieurs espèces; elle explique l'habitude qu'ont les Canidés de se flairer sous la queue. Quant à la forme de la pupille (ronde chez les Chiens, ovale ou linéaire chez les Renards et considérée comme caractérisant ces deux subdivisions).

Leur voix est assez variée et diffère sensiblement suivant les espèces : les Chiens domestiques aboient généralement en poursuivant une proie ou lorsqu'ils sont attaqués; dans d'autres circonstances et surtout la nuit, ils font entendre un cri prolongé et moins souvent répété, qui porte le nom de hurlement. On donne le nom de jappement à un aboiement plus court et plus clair, qui est un signe de joie et de satisfaction. Les petites espèces ont un cri moins fort et plus aigu, appelé glapissement. La plupart des espèces sauvages n'aboient pas, leur seul cri étant un hurlement
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Fennecs.
Fennecs.

La fécondité des Canidés est plus grande que celle des Félidés; elle atteint jusqu'à la limite extrême de la fécondité des Mammifères. Le nombre des petits dans cette famille est ordinairement de quatre à neuf; mais, très exceptionnellement, une femelle peut avoir des portées de quinze et même de vingt et un petits. Il n'est pas sans exemple que le père, ou un autre mâle, cherche à s'emparer de la progéniture d'une femelle et la dévore; c'est ce que l'on voit surtout chez les Loups et chez les Renards. Cependant, chez la plupart des espèces, l'instinct de sociabilité se manifeste même vis-à-vis des jeunes. Du reste, la mère veille avec le plus grand dévouement sur ses nourrissons.

Classification  des Canidés

Les Canidés actuels se répartissent entre deux tribus, les Chiens et les Loups d'une part (Canini) et les Renards (Vulpini) de l'autre. Dans la première, outre les Loups et les Chiens, on rencontre les Dingos, les Chacals, les Coyotes et les Lycaons; dans la seconde, outre les Renards proprement dits, on range aussi les Urocyons et les Otocyons. Ces deux tribus renferment quelques genres éteints, dont lesdents ressemblent assez à celles des Chiens actuels pour qu'on ait décrit plusieurs espèces disparues comme appartenant au genre Canis, dont ils se distinguent cependant par une molaire (tuberculeuse) de plus à la mâchoire supérieure, ce qui leur, donne quarante-quatre dents (au lieu de quarante-deux).  Il  existe également des tribus (Hesperocyoninés, Borophaginés), riches de nombreux genres et espèce et qui sont éteints aujourd'hui. Ces types éteints, généralement disparus avant le début du Pléistocène, différaient essentiellement de ceux de l'époque actuelle par leurs membres plantigrades. Le tableau suivant recense les principaux genres et sous-genres, ainsi que les principales espèces, actuelles et éteintes :
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Caninés Chiens et Loups
(Canini)
Canis

Loups : Canis lupus (C. lupus lupus = Loup gris, C. l. communis, C. l. pallipes, C. l. occidentalis, Canis lupus arabs, C. l albus, C. l. hodophilax, C. l. arctos,etc.), C. simensis (Loup éthiopien), C. rufus (Loup rouge), etc. 

ChiensCanis lupus familiaris : Chien domestique; Canis lupus dingo : Dingo ou Warrigal, Canis lupus hallstromi = Chien chanteur de Nouvelle-Guinée

Chacals : Canis aureus (Chacal doré), C. adustus (Chacal rayé), C. mesomelas (Chacal à dos noir).

Coyotes : Canis. latrans (Coyote)

Espèces disparues : Canis arnensis, C. davisi, C. vitastensis; sous-genre disparu : Canis Theriodictis



Atelocynus : Atelocynus microtis (Chien à petites oreilles du bassin de l'Amazone)

Cerdocyon : Cerdocyon thous (Chien crabier)

Chrysocyon :  Chrysocyon brachyurus 

Nyctereutes : Nyctereutes procyonoides (Chien viverrin)

Speothos : Speothos pacivorus, Speothos venaticus (Chien des buissons)

Cuon (ou Cyon) : Cuon alpinus (Chien sauvage asiatique)



Lycaon : Lycaon pictus

Faux "renards"

Lycalopex : Lycalopex vetulus (Renard chenu), L. culpaeus (Renard fuégien), L. fulvipes (Renard de Darwin), L. griseus (Renard gris d'Argentine)

Pseudalopex (Renards d'Amérique du Sud)

Genres éteints : Dusicyon (Loup des Malouines), Eucyon, Protocyon, Theriodictis
Renards vrais
(Vulpini)
Vulpes : Vulpes vulpes (Renard roux), V. bengalensis, V. cana  (Renard de Blanford), V. chama  (Renard du Cap), V. corsac, V. ferrilata  (Renard du Tibet), V. lagopus  (Renard arctique), V. macrotis, V. pallida, V. rueppellii  (Renard des sables), V. velox (Renard à terrier), V. zerda  (Fennec); espèce disparue : Vulpes vafer.


Urocyon : Urocyon californicus, U. cinereoargenteus, U. littoralis

Otocyon : Otocyon megalotis.

Genre éteint : Prototocyon
Genre éteint Leptocyon (Leptocyon vafer)
Genres éteints
dans diverses 
sous-familles
Hesperocyoninés : Caedocyon, Cynodesmus, Ectopocynus, Enhydrocyon, Hesperocyon, Mesocyon, Osbornodon, Paraenhydrocyon, Philotrox, Sunkahetanka, 


Borophaginés : Borophagus, Aelurodon, Aletocyon, Bassariscops, Carpocyon, Cynarctoides, Cynarctus, Epicyon, Euoplocyon, Cormocyon, Osteoborus, Oxetocyon, Phlaocyon, Strobodon, Tomarctus


Dans d'autres sous-familles : Procynodictis, Prohesperocyon

Distribution géographique

Les Canidés, en Europe du moins, sont, avec les Rongeurs, les Mammifères les plus répandus, et l'on a aujourd'hui la certitude qu'ils ont apparu d'assez bonne heure sur la surface du globe; car beaucoup de leurs restes fossiles ont été rencontrés dans les sables pléistocènes, dans les alluvions des grands fleuves ou dans les cavernes. Les Canidés sont maintenant dispersés sur toute la Terre, et on les trouve abondamment dans presque chaque contrée. La distribution géographique des Canidés présente ainsi les faits suivants-

1° l'Otocyon est confiné à l'Afrique australe; 

2° les Corsacs, les Fennecs et les Chacals s'étendent côte à côte du sud de l'Afrique à travers l'Asie centrale et l'Inde jusqu'à l'Amérique du Nord; 

3° les Cerdocyons et les Nyctereutes, sont propres à l'Amérique du Sud et à l'Asie Nord-Est avec le Japon

4° les véritables Loups et les Renards proprement dits sont tous de l'hémisphère Nord; 

5° les Renards manquent à l'Amérique du Sud; 

6° le genre Cuon présente un habitat qui coïncide d'une façon remarquable avec celui du Tigre en Asie.

Paléontologie

L'origine du type des Canidae se confond avec celle de tous les Arctoïdés, c.-à-d. que les Ours, les Procyonidés et les Canidés peuvent être considérés comme ayant eu des ancêtres communs. Huxley a fait remarquer combien la forme de la mâchoire de l'Otocyon, ce Renard africain à denture archaïque, ressemble à celle des Procyonidés des genres Procyon (Ratons Laveurs) et Cercoleptes : la même ressemblance se retrouve quand on compare les dents, et particulièrement les carnassières et les tuberculeuses de ces deux types. Les Procyonidés à leur tour se rattachent aux Marsupiaux carnivores (Perameles, par exemple), par les mêmes caractères, et les Canidés eux-mêmes présentent des particularités indiquant une origine aplacentaire. Huxley a admis que les os épipubiens, qui n'existent plus qu'à l'état fibreux chez le Chien, sont un reste des os marsupiaux que leurs ancêtres auraient possédés comme tous les Marsupiaux (aplacentaires). De son côté, Filhol a montré que le genre Cynodictis, représenté par des espèces nombreuses et très variables dans les phosphorites oligocènes du Quercy, a pu donner naissance, par des modifications successives, aux quatre familles modernes des Canidae, des Mustelidae, des Viverridae et même des Felidae. La formule dentaire du Cynodictis est la même que celle des Chiens proprement dits (quarante-deux dents), de telle sorte que ce genre prend place naturellement dans la famille des Canidae et dans la ligne ancestrale directe du genre Canis. Schlosser a placé dans la famille des Canidae les genres fossiles Cynodictis, Temnocyon, Miacis, Dromocyon, Galecynus, Pachycynodon, Cynodon, Amphicynodon, qui ont précédé le genre Canis en Europe et en Amérique du Nord. Les genres Amphicyon et Cephalogale, relient les Canidae aux Ursidae : Lydekker les a placés parmi les premiers et Schlosser parmi les seconds.

Quant aux véritables Chiens (sous-famille des Caninae ou Caninés), la plupart des genres ou sous-genres vivants sont représentés dans les couches tertiaires. Les plus anciens, qui sont de l'Eocène, paraissent appartenir au type des Renards : tels sont le Vulpes gypsorum (Cuvier) du gypse de Montmartre, et le Vulpavus palustris (Marsh) de l'éocène du Wyoming. A la même époque, de véritables Chiens, ou des Carnivores très voisins, existaient déjà dans l'Amérique méridionale (Canis paranensis, Ameghino, de l'Oligocène inférieur de la Plata). Le genre Pachycyon (Allen) a été créé pour un type des cavernes de Virginie (P. robustus), dont l'auteur rapproche le Canis montanus de Marsh, qui est de l'Eocène du Wyoming. Dans le Miocène on connaît le Vulpes palustris (Von Meyer) d'Oeningen et le Canis brachypus (Cope) des Etats-Unis; les Canis velus, C. cuspigerus, C. gracilis, C. angustidens sont de la même époque et du même pays; le C. acutus (Ameghino) est du Miocène de la Plata. Les Chiens pliocènes sont plus nombreux et se rapprochent davantage des types actuels : le Canis borbonicus (Bravard) ou C. megamastoïdes (Pomel) se rapproche beaucoup du Cerdocyon (Cerd. cancrivorus) d'Amérique. Les Canis neschersensis, C. alpinus, C. Falconeri, C. etruscus dans l'Europe centrale et méridionale; le C. Cautleyi dans l'Inde, les C. saevus (Aelurodon), C. Haydeni, C. Wheelerianus dans l'Amérique du Nord, représentent nos Loups actuels; dans le genre Vulpes, on trouve le V. temerarius du même pays, et le V. curvipatatus (Bose) de l'Inde, est un Corsac. Les C. ensenadensis, C. cultridens, C. avus, C. bonaeriensis, qui se rattachent au genre Chrysocyon, et le Macrocyon robustes (Ameghino), aussi grand qu'un Jaguar, sont du Pliocène de La Plata. 

Dans le Pléistocène d'Europe, le genre africain Lycaon est représenté par une espèce des cavernes d'Angleterre; le genre asiatique Cuon par les Cuon europaeus, C. Edwardsianus et C. (Lycorus) nemesianus (Bourguignat) des cavernes du sud de la France; les véritables Chiens par les Lupus spelaeus (ou Canis Lupus spelaeus), C. l. Sussii, etc. ancêtres dit Loup actuel. L'Isatis (V. lagopus), Renard arctique, s'est avancé jusqu'en Suisse et en Allemagne pendant la période glaciaire. De même, dans la faune des steppes qui a succédé à cette période, Nehring signale le Chacal et le Corsac, comme habitant l'Europe centrale. Les C. indianensis, C. robustior et C. lycodes de l'Amérique du Nord appartiennent au genre Chrysocyon. Le genre Speothos (ou Palaeocyon de Lund ),  avec trois espèces des cavernes du Brésil, en diffère peu (Canis troglodytes, C. validus, C. fossilis). Les Speothos (Abathmodon) major et pacivorus (Icticyon de Lund), et la plupart des espèces encore vivantes dans l'Amérique du Sud, sont représentées par des types peu différents dans les couches pléistocènes du sud du Brésil et du bassin de la Plata (Argentine, etc.).

On trouve, en Europe, à la même époque, des débris de Chiens domestiques mêlés aux traces de l'existence de l'humain (Canis familiaris fossilis Pictet). Le type le plus ancien est le Chien des Kitchenmiddens du Danemark et des Palafittes de Suisse (Canis familiaris palustris, Rütimyer), Chien de l'âge de pierre (Paléolithique supérieur, Néolithique) : il est de petite taille et se rapproche du Chacal. Plus tard apparaît le Chien de l'âge de bronze (C. f. matris optimae), plus grand que le précédent et qui descendrait du Canis lupus pallipes de l'Inde, amené en Europe, à l'état domestique, par des migrations humaines venant d'Asie; enfin le Chien de l'âge de fer est plus grand encore et l'on peut le considérer (?) comme dérivé du Canis lupus spelaeus. Les noms de C. Spalletii, C. intermedius, C. Suessii, C. Micki, etc., ont été imposés par différents auteurs à des sous-espèces de Chiens pléistocènes d'Europe. Nehring a décrit une sous-espèce de grande taille (Canis familiaris decumanus) de la même époque, remarquable par sa ressemblance avec le Loup d'Europe. Enfin, le Dingo (Canis lupus dingo) se trouve dans les couches pliocène et pléistocène d'Australie. (E. Trouessart).

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