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Divisions politiques de l'Europe

Vidal-Lablache
ca. 1910
Si l'on partage l'Europe en deux moitiés, celle de l'Est, qui est la plus uniforme par sa configuration et son relief, est comprise dans un seul État, l'Empire russe; tous les autres États se concentrent dans la moitié occidentale. Une plus grand variété d'articulations de tout genre y a permis à un plus grand nombre de peuples de se créer une existence nationale. C'est ce que montre la répartition d'États nombreux et variés dans les péninsules ou archipels qui en garnissent la périphérie. C'est ce qu'indique également le groupement autour des Alpes de cinq nations différentes, dont l'une peut même être regardée comme exclusivement alpestre. Le bassin du Danube prête son cadre à une grande monarchie. La péninsule des Balkans se découpe en États nouveaux, devant lesquels l'Empire ottoman, comme autrefois l'Empire byzantin, se contracte peu à peu dans la direction de Constantinople.

Carte des divisions politiques de l'Europe.
Divisions politiques de l'Europe.

La densité de la population montre d'assez grandes inégalités, bien qu'aucune partie de l'Europe ne mérite le nom de désert. Si l'on écarte les régions peu hospitalières au nord du 60° de latitude, on voit qu'il y a encore de sensibles différences entre la moitié orientale et la moitié occidentale. Ce n'est pas que dans les gouvernements agricoles de la Russie, la densité d'habitants soit inférieure à celle des contrées qui ont gardé un caractère rural dans l'Europe occidentale. Mais celle-ci doit surtout sa supériorité à la population urbaine. Les grandes villes sont rares en Russie; elles se pressent, au contraire, dans une zone qui s'étend de l'Allemagne du Nord à l'Angleterre, en passant par la Belgique et la France septentrionale. Une rangée moins importante d'agglomérations urbaines dessine à distance la périphérie des Alpes.

Densité de la population.
Densité de la population.
Ethnographie de l'Europe.
Ethnographie.
Religions en Europe.
Religions.
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Le cours de l'histoire a tant remanié les populations de l'Europe, que leur groupement actuel par langues ne peut fournir un indice certain de leur origine. La plupart des Celtes, dont les dialectes propres n'existent plus qu'à l'état de reliques aux extrémités de l'Europe, se partagent entre les langues romanes et germaniques; beaucoup de Slaves sont germanisés. Ce sont donc plutôt des groupements linguistiques qu'ethnographiques, que montre le carton n° 2. Mais, de nos jours, le réveil de l'esprit de nationalité leur a donné beaucoup d'importance.

Entre Allemands et Tchèques ou Polonais, entre Magyars et Slaves, c'est un procès national qui s'agite à propos des langues. Isolé par son idiome d'origine finnoise, le Magyar est d'autant plus jaloux de le défendre. Ce conflit de langues se montre moins et n'a guère, en effet, de raison d'être dans les contrées dont une longue histoire a déjà cimenté la nationalité. 

Des questions de nationalité se cachent aussi sous des différends confessionnels en Pologne, en Irlande, dans les provinces Baltiques. Ajoutons que pour les Orientaux, enclins à confondre nationalité et religion, la classification des Européens par Grecs, Romains et Protestants, prime toutes les autres.(V.-L.).



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