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La représentation des Anges

Les anges ont été fréquemment représentés dans les édifices religieux du Moyen âge. D'après le Guide de la Peinture, ouvrage byzantin, on doit les représenter de la manière suivante : les Trônes, comme des roues de feu ayant des ailes alentour et le milieu des ailes parsemé d'yeux, le saut simulant un trône; les Chérubins, avec la tête seulement et deux ailes; les Séraphins, avec six ailes et un flabellum portant écrit trois fois le mot saint. La 2e hiérarchie porte de longues robes blanches, des ceintures d'or, des étoles vertes, et le sceau de Dieu. La 3e porte le costume guerrier, des ceintures d'or, des haches et des javelots terminés en fer de lance. Les ailes des anges, leur vêtement blanc, leur éclat lumineux, sont les emblèmes de la spiritualité de leur essence, de la pureté de leur nature, de la beauté de leur être. En Orient, la couleur bleue, symbole aussi de la pureté, comme étant celle du ciel, a prévalu sur le blanc, ainsi qu'on le voit dans les peintures des manuscrits byzantins.
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Prague : ange.
Un ange (ornementation d'une façade de Prague).Photo : © Jean-Michel Latorre, 2009.

La hiérarchie des anges se trouve tout entière en sculpture au portail méridional de la cathédrale de Chartres, dans une chapelle méridionale de la cathédrale de Cahors, dans les voussures de la porte septentrionale de la cathédrale de Bordeaux, et dans celles du portail de la chapelle de Vincennes; en peinture, dans l'église de St-Chef (Isère), sur une verrière du croisillon sud de la cathédrale de Chartres, et à la coupole de l'église du couvent d'Ivirôn sur le mont Athos. En général, on représente les anges drapés, les ailes ouvertes, nu-pieds, tenant à la main, soit le Soleil et la Lune, soit les instruments de la Passion de Jésus, soit encore des couronnes, des sceptres, des instruments de musique, des encensoirs, des navettes, des chandeliers, des banderoles chargées d'écritures, etc. Quelques-uns sont nimbés, peints et dorés.
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Lebrun : la chute des anges rebelles.
La Chute des anges rebelles, par Charles Lebrun.

De bonne heure, pour exprimer leur essence immatérielle, la peinture couvrit leurs membres de draperies voltigeantes, ou les fit disparaître sous des espèces de nuages. Quelquefois ils ont un bâton et des sandales, ce qui rappelle l'idée de voyageurs et de messagers attribuée aux anges dans la Bible. Aux XVe et XVIe siècles, on mit aux anges des ornements d'église, chapes, dalmatiques, surplis, étoles, compte on peut le voir à la rose septentrionale de Saint-Ouen à Rouen, dans la plupart des Heures et des Missels de cette époque, et, au musée du Louvre, dans l'Annonciation de Lucas de Leyde. Dans les mosaïques de l'église de Monreale, en Sicile, les anges sont revêtus du pallium. En sculpture, les anges ne figurent pas seulement dans la décoration des portails : on en a également placé dans les arcatures (à la Sainte-Chapelle de Paris), autour des piliers (cathédrale de Strasbourg), sur le maître-autel, au sommet des pignons des chapelles (Notre-Dame de Paris), aux angles des clochers (Semur-en-Auxois, Saint-Père-sous-Vézelay), sur le comble des absides, au dossier des stalles (cathédrale d'Albi), etc.

Dans les constructions civiles des XVe et XVIe siècles, les artistes ont fréquemment employé les anges comme culs-de-lampe, comme supports d'armoiries et de devises, etc. Laissant de côté les règles traditionnelles pour ne suivre que leur caprice, et perdant tout sentiment religieux, les modernes ont figuré, à la place des anges, de petits amours nus, portés sur des nuages, ou des jeunes gens dénudés, étalant des poses mondaines.

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Breughel : la chute des anges rebelles.
La Chute des anges rebelles, par Breughel l'Ancien.

Le chute des anges rebelles.
La Chute des anges rebelles est une célèbre fresque de Spinello Aretino, dans l'église Santa-Maria degli Angeli, à Arezzo. Cette oeuvre est détruite, mais d'importants fragments en ont été sauvés. Frans Floris, traitant le même sujet, a dessiné avec une science consommée une scène fantastique. Son tableau est au musée d'Anvers. Van Mander nous apprend que, de son temps, cette peinture, qui est exécutée sur bois, était garnie de volets dont l'un représentait le chef du Serment des escrimeurs.

Parmi les autres représentations lui ont été faites de la Chute des anges rebelles, nous rappellerons un tableau de P. Breughel  (musée de Bruxelles); - un tableau de Le Brun (au Louvre), esquisse d'un plafond que ce maître devait exécuter dans l'ancienne chapelle du château de Versailles : elle a été gravée par Loir; -un tableau du Tintoret (galerie de Dresde); etc. (A19 / NLI).
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Floris : la chute des anges rebelles.
La Chute des anges rebelles, par Frans Floris.
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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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