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Architecture musulmane
L'architecture turque
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L'origine de l'architecture turque qui participe de l'architecture persane, de l'architecture byzantine et de l'architecture arabe, peut être prise en Asie Mineure, dans la partie qui s'étend de l'Arménie propre à la Karamanie, depuis Erzeroum jusqu'à Konya. Les Ghaznévides et Seldjoukides de Perse sont les descendants des chefs de ces tribus turkmènes, appelées par les califes de Bagdad pour leur servir d'auxiliaires et qui leur enlevèrent leur empire. Poussés par les hordes de Gengis-Khan, d'autres tribus de la même origine s'établirent en Arménie sous la conduite de Soliman, et, après la mort de celui-ci, une partie de ces turkmènes sous la conduite d'Ertogroul vint s'établir à Iconium (Konya), vers 1250. 

En Arménie, à Erzeroum, l'imaret Oulou-Djami est un monument turc primitif, fortement inspiré du persan et aussi du style arménien. Les Turcs comprennent les stalactites autrement que les Persans et les Arabes : au lieu de les engendrer par des creux se greffant les uns sur les autres, les architectes turcs imaginent de faire sortir d'une partie des polygones, qui donnent naissance aux plans de ces stalactites, des prismes polygonaux ayant pour section le polygone terminal de l'alvéole; on conçoit donc que les stalactites turques ont un peu plus de lourdeur que les stalactites arabes ou persanes. L'imaret ou hospice OulouDjami est très remarquable. Konya, la capitale des Seldjoukides, est bien plus intéressante encore qu'Erzeroum. La madrasa bleue, ainsi nommée à cause des faïences qui la décorent, est un édifice charmant, persan de conception, mais où la stalactite turque apparaît déjà (XIIIe siècle). Elle fut construite par Ala-ad-Dîn, qui construisit la mosquée qui porte son nom, et qu'on nomma aussi Emergeh Djamisi. La façade de cette mosquée offre un ensemble persan avec ses grands minarets et sa porte encadrée, mais le tout est en marbre blanc et noir, avec briques et faïences émaillées, et les détails de l'architecture se ressentent du style arabe de Syrie. Le palais des sultans seldjoukides de Konya contenait de beaux plafonds en style turc. A Nigdeh (à l'Est de Konya), un tombeau (du XVIIe siècle) élevé à Fatma Hanoum, fille du sultan Ahmed Ier (1610), est sur plan octogonal comme les tombeaux persans de Koum Achavend, etc.; les ornements sont aussi arabes et l'ensemble persan, ce qui prouve le maintien de ces traditions locales à Konya depuis le XIIIe siècle.

A Kayseri (Césarée), au Nord de Nigdeh, la mosquée sépulcrale de Houen (XIVe siècle) offre un certain intérêt en ce qu'elle se compose, comme les mosquées de style arabe, d'une cour entourée d'une forêt de points d'appui; mais ici, au lieu de plafond, nous avons de petites voûtes en coupoles sur plan carré. Le tombeau d'Houeu est octogonal et d'aspect persan, quoique construit en marbre.

Les Turcs de Konya prirent Bursa (Brousse) en 1325 et en firent leur capitale. Orkhan, Mourad, Bayézid, Méhem met Ier, y fondèrent de nombreux édifices qui sont encore en partie debout. Les édifices byzantins qui existaient à Bursa, et particulièrement les églises, eurent une grande influence sur l'architecture turque qui s'empara dès lors des méthodes byzantines. Nombre d'édifices turcs (caravansérails, mosquées, madrasa) de Bursa offrent la plus grande analogie comme construction avec les petites églises grecques et les constructions byzantines du XIVe siècle. Les Turcs, néanmoins, apportent comme éléments caractéristiques de leur architecture les stalactites, les toitures singulières l'emploi de l'ogive persane et L'application des faïences émaillées. Ce nouvel appoint artistique va se greffer sur l'ancien fonds byzantin et lui infuser une sève nouvelle et préparer ainsi l'admirable mouvement de renaissance qui, au milieu du XVe siècle, est caractérisé par les chefs-d'oeuvre de l'architecte Sinan. 

Les mosquées de Bursa ont d'abord été établies dans d'anciennes églises grecques comme la mosquée funéraire d'Orkhan; elles furent ensuite construites, soit sur un plan analogue à la mosquée de Kayseri, comme la mosquée Oulou-D'ami, soit sur un plan nouveau comme la mosquée de Bayezid Ildirim, celle de Mourad et surtout Yéchil-Djami ou mosquée verte.

A Nicée (Isnik), la mosquée verte (Yéchil-Djami), construite par Khaïr-ad-Dîn, vizir de Mourad Ier, est construite, quoique dans de petites dimensions, sur un plan à coupole, elle est précédée d'un porche presque copié sur la petite église de Bursa qui sert de mosquée funéraire à Orkhan. Andrinople (Edirne), conquise par Mourad ler en 1360, fut, pendant près de cent ans, la capitale européenne des sultans jusqu'en 1453 où la prise de Constantinople (Istanbul) fit désormais de cette ville la capitale de l'empire turc. L'Eski-Djami et la Mouradieh d'Andrinople, bâties la première sous le règne de Méhémet Ier (1412-1421), la seconde par Mourad Ier (1360-1389), sont des prototypes de l'architecture turque créée par des architectes grecs sous l'inspiration musulmane. L'Eski-Seraï ou ancien palais a été construit pendant le XIVe siècle et a servi de demeure à Mourad, Bayezid, Méhémet, Mourad II et Méhémet II jusqu'à la prise de Constantinople. Ce palais a été, comme le Kiosque persan du Séraï à Constantinople, construit par des architectes persans. Il est décoré, à l'intérieur, de faïences d'une grande beauté. Voici donc quels sont les éléments à l'aide desquels les architectes des sultans vont constituer l'art turc : Eléments grec, arabe, persan. L'élément grec ne sera apparent que dans l'adoption de la coupole et des grandes voûtes en cul-de-four soutenues par des pendentifs, l'emploi de certains matériaux et de certaines moulures d'esprit gréco-byzantin. Les appoints arabe et persan, au contraire, seront considérables.
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Le Caire : mosquée de Méhémet Ali.
La mosquée Mohammed Ali (Méhémet Ali) a été érigée par son bienfaiteur éponyme entre 1830 et
1848 en mémoire de Tusun Pacha, fils aîné de Mohammed décédé en 1816. Elle est située dans la
citadelle du Caire, Mohammed Ali est enterré dans la cour de la mosquée. Source : The World Factbook.

L'Arabe égyptien apportera ses entrelacs ingénieux, ses arabesques élégantes, ses grandes inscriptions décoratives, les portes de métal, les boiseries incrustées de nacre, d'ivoire et d'ébène, les vitraux en plâtre, les mosaïques de marbre de couleur et les linteaux et arcs à voussoirs colorés, incrustés les uns dans les autres. L'Arabe de Syrie joindra à un apport analogue la perfection de l'appareil. Le Persan fournira les faïences de Perse, celles de Bagdad, dont les fabriques de Koutahièh et de Bursa s'inspireront. Les faïences turques auront un éclat qui rivalisera avec celui des faïences persanes. Cependant elles se distingueront de celles-ci par l'emploi des émaux en épaisseur, le caractère de certains ornements d'esprit turkmène et presque chinois et l'emploi fréquent de grands dessins figurant comme des tapis étendus. Cet esprit turkmène et presque chinois se retrouvera dans le caractère des toitures et de divers ornements des fontaines et des kiosques turcs. Nous allons donc étudier l'art turc dans ses plus belles productions, les provinces de Constantinople; les grandes mosquées, élevées dans l'empire depuis la prise de Constantinople, ne furent guère que des inspirations dérivées des grandes mosquées turques à coupole (Djezzar Pacha à Acre, mosquée Méhémet Ali de la citadelle au Caire).

Voici l'ordre dans lequel nous les étudierons et qui sera celui de leurs dates respectives : Mohammedieh (1469); Bayezidieh (1481-1512) sous Bayezid Il; Shâh-Zâdeh (1520-1566) ; Suleïmanièh (1540 - 1566); Selimieh d'Andrinople (1566-1574); l'Ahmedieh (1610).

Le Mohammedieh fut construit sous Méhémet II al Gâzi par l'architecte grec Christodoulos. Son dôme central est flanqué de quatre demi-coupoles, elle a deux minarets et son enceinte embrasse des hospices, des collèges, des écoles, des bains, un caravansérail et un hôpital. Le tombeau du conquérant est aussi compris dans cette enceinte.

La Bayezidieh ou mosquée de Bayezid possède aussi deux minarets. Elle est précédée d'une cour entourée de portiques. La mosquée proprement dite se compose d'une nef principale et de deux nefs secondaires. Les piliers qui supportent la coupole sont, dans le sens de la longueur de l'édifice, accompagnés d'une colonne élevée en granit, soutenant la retombée de deux arcs. Les portes de cette mosquée sont remarquablement belles par la perfection avec laquelle sont traitées leurs stalactites de marbre. La mosquée comprend une coupole centrale avec deux demi-coupoles aux extrémités. 

La mosquée du Shâh-Zâdeh ressemble à la Bayezidieh. Sa coupole est flanquée de quatre demi-coupoles (subdivisées chacune en trois autres); par conséquent, elle figure en plan une croix grecque comme nous le verrons pour l'Ahmedieh.

La Suleïmanièh, ou hospice de Soliman le Magnifique, a été construite par l'architecte Sinan, le plus célèbre des architectes turcs. On peut dire sans exagération que cette belle mosquée est un chef-d'oeuvre autant par l'ampleur de ses proportions (69 m sur 63) que par le style grandiose de son architecture et la beauté des vitraux, la richesse des matériaux et le soin merveilleux qui a présidé à l'exécution de toutes ses parties. Ce parti de voûtes qui la recouvrent est le même qu'à Sainte-Sophie, mais conçu avec plus de simplicité et de grandeur. La grande coupole centrale est contrebutée latéralement par des arcs qui soutiennent des coupoles secondaires formant en quelque sorte des bas-côtés. Les extrémités de ces nefs secondaires sont remplies par de petites coupoles épaulant les deux énormes demi-coupoles qui sont aux deux extrémités antérieure et postérieure de l'édifice. La mosquée est précédée et suivie d'une cour. La cour antérieure est bordée de portiques. Les colonnes qui subdivisent en trois l'espace au-dessus duquel passent les arcs-doubleaux latéraux de la coupole sont de splendides monolithes en porphyre rouge de près de 15,50 m de hauteur. Les vitraux qui éclairent le vaisseau sont en pièces de verre de couleur serties dans des découpures élégantes en plâtre ajouré. Ils sont l'oeuvre de Serkoch-lbrahim, célèbre verrier. Les minbar, le mihrab, le siège du sultan sont de marbre blanc sculpté avec une grande finesse. La Suleimanièh a quatre minarets. 

A Andrinople, la très célèbre mosquée du sultan Selim II présente aussi un ensemble magnifique. La coupole élevée, accompagnée de ses quatre grands minarets et de ses petites coupoles secondaires, offre un coup d'oeil splendide et a une fort belle silhouette. La mosquée est précédée d'une cour entourée d'un portique continu. L'intérieur de la mosquée est grandiose. La coupole est soutenue par huit énormes piliers à pans, la coupole est contrebutée par quatre demi-coupoles et quatre berceaux formant une croix grecque dont les bras sont orientés l'un dans l'axe du mihrab, l'autre perpendiculairement à celui-ci. On peut remarquer ici que les piliers qui contrebutent les colonnes, ou plutôt les piliers latéraux, sont évidés en partie et renferment des escaliers par lesquels on accède dans les parties supérieures de la mosquée. Ces piliers butants sont, comme dans la Suleïmanièh, la réminiscence de ceux qui, dans le plan de Sainte-Sophie, remplissent les mêmes fonctions.

L'Ahmedieh ou mosquée du Sultan Ahmed, à Istanbul, près de Sainte-Sophie, possède six minarets; une cour antérieure entourée de 26 arcades la précède, la coupole centrale est entourée de quatre demi-coupoles, les angles sont contrebutés par quatre coupoles secondaires. Deux bas-côtés très bas bordent ce grand parti, un mur épais ferma la mosquée sur quatre faces. Les énormes piliers, sur lesquels reposent la coupole centrale et les quatre demi-coupoles auxiliaires, ainsi que les quatre coupoles des angles, sont cannelés, mais les cannelures sont en relief au lieu d'être en creux et figurent ainsi d'énormes faisceaux de colonnes. Le mihrab, le minbar sont très beaux et très bien traités, Dans ces édifices, d'énormes porte-cierges en bronze supportent des cierges allumés à droite et à gauche du mihrab. De beaux vitraux garnissent les fenêtres hautes; des faïences, le bas des murs, les ébrasements des fenêtres et quelquefois leurs tympans ou forment les revêtements des murs des galeries secondaires. Les profils des moulures sont quelquefois assez rapprochés de ceux des édifices de l'Antiquité grecque et romaine. Des voussoirs de couleurs variées ornent les archivoltes et les linteaux appareillés. Des colonnes engagées, torses ou unies, contournent extérieurement ou intérieurement les montants des portes, elles sont terminées haut et bas par des chapiteaux ou des bases assez simples et rétrécies à l'astragale. Les arcs ont souvent leurs ogives amorties par deux lignes droites dans leur partie supérieure, comme dans les arcs persans, ou par deux lignes courbes en sens inverse, comme certains arcs turkmènes. Les façades principales n'existent pour ainsi dire pas comme grands motifs. Ce n'est qu'une silhouette de coupoles et d'arcs superposés s'élevant au-dessus du portique qui précède la mosquée. Ce portique est bordé du côté de la rue ou de la place publique par un mur fermé ou percé de rares ouvertures. La silhouette générale des mosquées est très belle, très imposante et merveilleusement accompagnée par les lignes allongées des minarets. Dans les façades latérales, de nombreuses arcades décorent les portiques qui s'y trouvent et ont d'ensemble un aspect florentin qui surprend; tout, jusqu'aux voussoirs alternativement clairs et foncés et aux tirants horizontaux, rappelle d'une manière frappante les édifices de la Toscane de la fin du Moyen âge. 
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Ancienne rue d'Istanbul.
Mosquée de la sultane Validé, à Istanbul.

Les turbèh sont des mausolées composés soit, comme les Imâmzâdèhâ d'Iran, d'une coupole portée par un édifice polygonal, soit de petites mosquées surmontées d'une coupole et précédées de portiques décorés de faïences ou d'auvents plus ou moins richement décorés (comme à Bursa, par exemple). A l'intérieur des tombeaux, les sarcophage sont faits en forme de cercueils et exécutés soit en faïence comme à Bursa, soit en marbre sculpté comme à Istanbul. A la tête des sarcophages, une colonne tronquée supporte, si le défunt est un homme, un turban sculpté ou bien, pour les princes et les saints personnages, un turban fait d'étoffes blanches comme de la mousseline; pour les sultans, les sarcophages sont recouverts de riches étoffes de soie brodées d'or et d'argent, et de superbes cachemires des Indes sont jetés sur les extrémités du sarcophage et sur la colonnette tronquée qui supporte, comme précédemment, un turban de mousseline blanche souvent renouvelé. Ces sarcophages impériaux sont entourés d'une balustrade incrustée de nacre, et souvent des étoiles de pierreries ou l'aigrette de héron enrichie de diamants, insignes portés par le Padichah de son vivant, sont fixées sur son sarcophage. Les sarcophages des femmes sont surmontés d'un ornement, et ornés, s'il s'agit des princesses, d'étoffes brodées d'or et d'argent, mais il n'y a pas de turban. 

Les tombeaux ordinaires sont, ou bien des sarcophages en marbre ou en pierre, ou bien des dalles horizontales aux deux extrémités desquelles se trouvent des colonnettes décorées d'un turban pour les hommes et d'ornements pour les femmes, ou bien, plus communément, des dalles rectangulaires ou trapézoïdales fichées verticalement en terre et portant à leur extrémité supérieure soit des ornements, soit un turban.

Les palais sont souvent inspirés des décorations de style persan et ont leurs parois ornées de faïences et leurs plafonds de peintures très vives de tons. Dans les palais impériaux de grands jardins sont disposés au milieu desquels se trouvent des sources jaillissantes ou des kiosques aux toitures tourmentées et relevées légèrement aux angles. Souvent ces kiosques en bois sont peints de couleurs éclatantes; une fontaine, placée au milieu, donne de la fraîcheur à la salle, pendant que de nombreuses fenêtres, dont les volets s'ouvrent en se relevant à l'extérieur, donnent vue sur les bords enchantés du Bosphore (kiosque persan du Séraï). D'autres fois les kiosques en maçonnerie sont revêtus intérieurement et extérieurement de faïences (kiosque de Mourad au Sirat). Les fontaines, fondations pieuses, chez les Turcs comme chez les Arabes et les Iraniens, sont très nombreuses. A Istanbul, on peut les diviser en trois catégories :

1° Les fontaines à ablutions, dans les cours intérieures des mosquées. Ce sont des bassins entourés de colonnes surmontées d'arcades soutenant un dôme plus ou moins élevé et muni ou non d'un auvent; quelquefois les colonnes se dressent sur les bords du bassin, comme à Yéni Djami, alors les entrecolonnements sont grillés de clôtures en bronze doré; quelquefois, au contraire, le bassin est plus à l'intérieur sous le dôme et est entouré d'une barrière de marbre surmontée de grilles de bronze. Telle est la fontaine des ablutions, dans la cour de Sainte-Sophie.

2° Les fontaines monumentales, comme la fontaine du Sultan Ahmed, près de Sainte-Sophie, délicieux kiosque à quatre faces, terminées, à chaque angle, par une tourelle arrondie, percée de larges ouvertures treillissées de grillages dorés, sous lesquels on peut passer la main et puiser dans la vasque d'angle. Chaque face est décorée dans sa partie centrale d'une fontaine encadrée d'une arcade accostée de deux niches, une de chaque côté. Le toit, d'une forme singulière, est surmonté de cinq petits dômes couverts en plomb et décorés de flèches en bronze terminées par des croissants dorés. Au-dessus de chaque fontaine, sur les faces droites, se lisent de longues inscriptions en vers. La fontaine de Top-Hané, celle de Sultane Zainab sont encore de jolis spécimens de ce genre d'édifices.

3° Les fontaines adossées, pratiquées contre les murailles, sous une arcade adossée, avec une auge rectangulaire plus ou moins richement décorée.

Les citernes d'Istanbul sont souvent des citernes byzantines dont on se sert encore. Presque toutes les grandes mosquées ont aussi leurs citernes et forment des forêts de colonnes ou de piliers carrés portant des séries de petites veines d'arête ou bien de petites coupoles. Les Turcs ne se sont pas distingués dans la construction des ponts ou des aqueducs qu'ils ont généralement laissés périr faute d'entretien. 

Les bazars sont de grandes galeries voûtées plus ou moins régulièrement, plus larges généralement qu'en Iran, et de chaque côté desquelles se trouvent les boutiques. Des khans, analogues aux okil égyptiens, reçoivent marchands et marchandises. Certains de ces khans sont d'un aspect monumental uniquement dû à l'ensemble de la construction, le Vâlideh-Khan, par exemple, à Istanbul. Les bâtiments, disposés autour d'une cour carrée, contiennent, au rez-de-chaussée, les magasins et les écuries; au-dessus, trois étages de portiques superposés formés d'arcades ogivales servent de dégagement commun aux chambres et salles de l'intérieur. 

Les caravansérails sont le long des vieilles routes et servent d'auberges et d'hôtelleries. Ils sont disposés sur un plan analogue aux plans persans; mais les arcades, soit en briques, soit en pierre, ont l'ogive turque.

Les bains ont souvent des plans intéressants : nous citerons les nombreux bains d'Istanbul, notamment le TchoukourHammâm ou bain de Méhémet Il, et à Bursa les bains d'eau minérale d'Yéni-Kaplédja. Les anciennes maisons turques, devenues rares, mais dont il existe  encore quelques exemples à Istanbul, sont la plupart du temps en bois et d'un aspect extérieur uniforme. Les intérieurs, décorés proportionnellement à la richesse du propriétaire, ont souvent des plafonds peints assez originaux, quoique bien inférieurs aux plafonds arabes, égyptiens et syriens, Elles sont divisées en selamlik ou réception, et odaleuk, ou quartier réservé aux femmes.

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