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| Seetzen et l'astrologue d'Istanbul |
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les feuilles publiques ont rapporté que l'astrologue C'est encore une nouvelle preuve de ce que nous avons dit que le métier d'astrologue en tout temps a été et sera toujours dangereux. Nous ignorons si
l'astrologue impérial, à qui une science trop exacte a fait
perdre la respiration M. Seetzen, dans une lettre datée de Smyrne le 27 juillet 1803, nous a donné tous les détails de son entrevue avec cet astrologue Impérial; nous l'avons publiée dans le VIIIe volume de notre Corr. Astr. allem.; mais, comme cette lettre est en allemand, nous croyons faire plaisir à plusieurs de nos lecteurs, en la leur donnant ici en français. Voici comment M. Seetzen raconte cette visite. (Z.) |
Cet
article publié dans les Nouvelles annales des voyages de
1825, reprend le récit, présenté par Franz
Zach, d'une rencontre qui eut lieu à Istanbul (que l'on continue
à cette époque d'appeler Constantinople |
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Quoique
l'astronomie soit en grande estime à Constantinople Ce fut le 30 mars
(1803) que nous passâmes avec notre interprète Marszuwski;
un Hongrois, à Stamboul. Nous savions que l'astrologue demeurait
près de la mosquée Peu de savants turcs, nous dit-il, s'adonnent à l'astronomie, parce que personne ne les paye pour cela, et il arrive rarement qu'ils soient assez riches pour pouvoir se livrer à ces études avec indépendance.Il nous montra l'astronomie de Lalande[1], les tables solaires |
[1] Les tables astronomiques de Lalande furent traduites en turc en 1785, ainsi que le rapporte Toderini dans sa Litteratura turchesca, Venezia, 1787, 3 vol. in-8°. (Z). |
Nous
parlâmes d'astrologieJe sais fort bien, nous répondit Ahmed Effendi, que les Francs font peu de cas de l'astrologie; néanmoins cette science n'est rien moins qu'une chimère. Sans doute, l'astronomie pure est une science très utile, Mais elle manque de cette vie, qui plaît à un esprit actif; elle ne l'acquiert que lorsqu'on connaît la signification et l'effet de chaque astreII nous raconta ensuite que son emploi lui imposait le devoir de présenter à l'empereur, tous les ans, au mois de mars, un tableau dans lequel étaient prédits et consignés tous les événements remarquables, tous les changements politiques, qui auraient lieu dans le courant de l'année. Si l'astrologie, disait-il, était une science incertaine; n'en aurait-on pas découvert le faux et le faible depuis longtemps? N'aurais-je pas attiré sur moi le châtiment que j'aurais bien mérité? Sous ce rapport, l'astrologue est exposé à la même critique que les autres savants. Nous avons un proverbe qui dit : Ne hante par l'astronome, et ne mange pas avec le médecin. De même que ce dicton est injuste envers cette classe de savants, de même ce proverbe français est injuste : Ne te fie pas à l'astrologue.Nous entrâmes en quelques discussions sur les cas dans lesquels une prédiction peut être juste. Dans les événements ordinaires de la vie, nous disait-il, on peut, par exemple, bien prévoir si tel jour ou tel autre serait favorable pour entreprendre un voyage. Par exemple, si quelqu'un se met en voyage aujourd'hui, il arrivera deux semaines plus tard à son lieu de destination que s'il s'était mis en route demain, ou après-demain, et ainsi de suite.Je l'ai prié de me nommer les ouvrages principaux qui traitent de l'astrologie. Tous les ouvrages d'astrologie, dont la littérature arabe possède un grand nombre, ont du bon. Comme chef-d'oeuvre, je vous recommande Barih Ebul Rihdschah : l'auteur est un arabe nommé Ali Efendi, cependant il n'y a que celui qui comprend les tablesIci, il nous montra un exemplaire, que son père avait déjà possédé; c'était un manuscrit en petit in- 4° de 359 feuilles. Nous lui demandâmes s'il n'était pas possible d'avoir une copie de ses prédictions annuelles; il nous répondit que non, et nous assura qu'elles n'étaient connues que dans l'intérieur le plus intime du Sérail impérial [ On voit que l'astronomie en ce pays, comme dans les siècles passés, est toujours encore subordonnée à l'astrologie, et qu'il se passera bien du temps encore avant que les Turcs appliquent les connaissances des européens pour réformer et corriger les leurs. En vérité, c'est un phénomène bien extraordinaire de voir que les orientaux, qui avaient jeté les premiers fondements de toutes les sciences, soient restés si loin en arrière, et aient ensuite fait si peu de progrès dans la civilisation. Leur esprit, ainsi que leur politique, répugne toujours à se conformer aux idées du reste de l'Europe civilisée. Un grand orgueil national leur fait d'abord considérer avec un suprême mépris tout ce qui vient de l'Ouest et du Nord. La connaissance des langues européennes leur manque totalement; et s'il y en a parmi eux qui parlent l'italien ou le français, le nombre de ceux qui sauraient lire des ouvrages écrits en ces langues est insignifiant. Le Raïs Effendi
actuel [2] oeuvre
afin que d'abord les manuscrits de l'Orient pussent être imprimés;
on devrait ensuite enrichir la littérature turque des traductions
de nos meilleurs livres classiques et scientifiques; on se familiariserait
bientôt avec la lecture des livres imprimés, au lieu qu'à
présent on donne la préférence aux manuscrits, qu'on
se procure avec difficulté, et qui, à cause de leur grand
prix, ne peuvent être achetés que par les riches. Mahmud Rays
a donné en cela un exemple hardi et glorieux à ses compatriotes
[3].
Le moyen le plus efficace pour propager et répandre la civilisation
en ces pays serait l'imprimerie, mais elle y manque tout à fait.
L'Imprimerie impériale de Scudar n'est pas à même,
il s'en faut de beaucoup, de suffire à ce besoin. Il faudrait que
plusieurs, imprimeries fussent répandues dans l'empire [4].
(Seetzen).
[4] C'est impossible. Le mufti, les derviches, les marabouts, les imams, tous les effendis s'y opposeraient. Déjà la loi défend à tout vrai croyant de lire un CoranEt Zach de conclure : Une prédiction astrologique, sans doute, n'est qu'une vaine chimère, mais elle peut quelquefois porter, malheur, et devenir une vérité très réelle et très fatale, par la conduite qu'elle fait tenir, et c'est bien celle-là qui a fait serrer le cou au dernier Münedschin Baschi de Constantinople |
[2]
Ministre
des affaires étrangères, étranglé depuis longtemps.
(Z).
[3]
Le
vizir Halit Pacha et le Kapitan Begh (vice-amiral de la flotte), tous les
deux décapités, contribuèrent beaucoup, par leur zèle
et par leur exemple, à la civilisation de leur nation; mais, après
leur mort violente, tout est retombé dans l'ancienne barbarie. (Z).
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