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Vietnam
Cong Hoa Xa Hoi Chu Nghia Viet Nam

16 00 N, 106 00 E
Le Vietnam est un Etat de l'Asie du Sud-Est, occupent toute la bordure orientale de la Péninsule indochinoise. Il est riverain de la Mer de Chine méridonale et frontalier avec la Chine, le Laos et le Cambodge

C'est un Etat communiste, qui a déclaré son indépendance en 1945, et constitué dans sa forme actuelle après la réunion, en 1975, du Viet Nam du Nord et du Viet Nam du Sud. Adminsitrativement le pays est divisé aujourd'hui en 59 provinces (tinh) and 5 municipalités (thanh pho). On en trouvera la liste dans la page consacrée au Tableau de bord du Vienam.  La capitale du Vietnam est Hanoï (Ha Noi). Les autres grandes villes sont : Ho Chi Minh (anc. Saïgon), Dan Nang, Haïphong, Rech Gia,  Can Tho, My Tho, Da Lat, Nha Trang, Qui Nhon et Hue. La population est de 87 millions d'habitants (2009à pour une superficie de 329,560 km².

Dans cette page, dédiée à la la géographie physique, nous  reprendrons  les trois anciennes divisions de la contrée (Tonkin, Annam et Cochinchine). Elles ne représentent pas vraiment des régions naturelles, mais peuvent au moins servir à organiser notre exposé de façon simple.

Le Tonkin occupe tout le Nord du Vietnam. Il se divise en deux parties : le Delta (du Song Hong et du Thaï-binh), plaine alluviale de 15,000 km², qui dépasse à peine le niveau de la mer, et la région montagneuse du Haut-Tonkin qui l'entoure au Nord et à l'Ouest. C'est dans les montagnes du Nord que se trouve le point culminant du pays, le Fan Si Pan ( 3144 m).

L'Annam, au centre, apparaît comme une longue et étroite bande. Cest une grande terrasse inclinée en pente douce vers la mer de Chine, terminée à l'Est et au Sud par des montagnes granitiques couvertes de forêts, présentant sur ses flancs un plateau fertile et bien arrosé, et formant le long du littoral une région basse.

La Cochinchine se situe à la pointe Sud du pays. Elle est essentiellement formée par le delta du Mékong, les hautes terres n'en occupent qu'une minime partie et les montagnes y sont rares et de médiocre altitude.

La côte et les îles.
La côte du Vietnam a un développement de 3444 km, sans compter les îles.

Tonkin.
La côte du Tonkin est basse et marécageuse le long du Delta, elle se relève à l'Est, de la presqu'île de Boson et de l'île de Cac-ba et présente des falaises à pic, où s'ouvrent quantité de criques précédées d'archipels rocheux et d'écueils; ces milliers de rochers de toute forme et d'aspect pittoresque, sont disposés selon les axes anticlinaux de chaînes soulevées au Mésozoïque; les îles sont couvertes de forêts. 
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Carte du Vietnam.
Carte du Vietnam. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

Partant de la frontière chinoise, nous rencontrons l'île de Traco et les îlots des Lionceaux en face de Monkaï, la longue île de Kersaint, l'île triangulaire de Kebao (gisements houillers), abritant la rade de Tien-Yen, l'île de la Table, l'archipel et la rade  très sûre de Fitz-Long, la passe étroite par où l'on accède à la baie d'Along, parsemée d'îlots de calcaire gris; au Nord de celle-ci, la baie de Hongay (anc. Port-Courbet); ces trois baies de Fitzlong, d'Along et de Hongay communiquent aisément avec le delta tonkinois. Au Sud est la grande île de Cac-ba, creusée à l'Est par le profond havre de Port-Bayard; au Sud-Est et au large sont les hautes îles Norway et, au milieu du golfe, l'îlot de Bachlongvi.

Le rivage du delta commence au canal de Lach-buyen entre l'île de Cac-ba et une autre; mais ses alluvions sont encore encadrées de rochers abrupts jusqu'à la presqu'île de Doson; au delà viennent déboucher, par de nombreux bras ou koua (tua), le Thaï-binh et le Song Hong (fleuve Rouge) : on en compte six pour le Thaï-binh (Lach-huyen, Nam-trien, Cam, Lach-traï, Vanonk, Taï-binh); les quatre premiers aboutissent à la baie de Doson; puis se présentent le Dienho, embouchure du canal des Bambous, et les cinq koua du fleuve Bouge (Traly, Balaï, Halan, Namlaï et Namdaï). Ces douze bouches, reliées les unes aux autres par de nombreux bras latéraux ou arroyos, permettent à la navigation locale de communiquer aisément avec la mer et, par les baies bien abritées du Nord du delta, de conduire les barques et jonques derrière l'écran des îlots jusqu'à la frontière chinoise. 
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Une plage de la mer de Chine Méridionale, à Vinh-Moc. Photo : The World Factbook.

Les côtes basses du delta se prolongent jusqu'à 20 km en mer par des bancs de vase et de sable fréquemment déplacés et arrêtant les grands navires; à marée basse, les barres sont infranchissables. Les fleuves débouchant dans la mer sans que rien les protège, leurs eaux chargées de limon et de sable sont brusquement en contact avec le courent de la marée auquel le voisinage du détroit d'Haïnan dans lequel il se précipite ou d'où il vient fait prendre une direction parallèle à la côte. La mousson qui suit également la direction du littoral concourt à arrêter le courant du fleuve; les matières en suspension se déposent et forment les barres qui en obstruent l'entrée. Les bouches du Song Hong et les deux bouches méridionales du Thaï-binh sont impraticables aux navires de mer; celles qui aboutissent à la baie de Doson ouvrent passage aux bâtiments à marée haute : le Koua-Cam jusqu'à Haïphong, malgré une barre de 2,80 m en vase; le Nam-trien et le Lach-huyen jusqu'à Kouang-yen, malgré des barres de 3,50 m; les baies profondes et sûres sont au Nord de l'île de Cac-ba. 

Cochinchine.
La côte orientale, faisant suite à celle d'Annam, est facilement abordable, quoique très haute; l'aspect change au cap Saint-Jacques, où s'ouvre la baie de Ganh-ray dans laquelle débouche le Dongnaï. Après la baie marécageuse on se jette le Dong-naï, le delta du Mékong s'avance dans la mer, coupé par les différents bras du fleuve que nous énumèrerons ci-dessous. Les barres des embouchures du Dong-naï et du Mékong se prolongent dans la mer par des bancs à fleur d'eau. Les bancs de vase du Mékong s'étendent à 10 milles au large et empêchent l'atterrissage. Du côté de l'Ouest, où les écueils sont nombreux, nous trouvons le cap Camau ou Cambodge, grande langue de terre basse et couverte de palétuviers, qui sépare la mer de Chine du golfe de Thaïlande. La côte, qui jusqu'ici se dirigeait du Nord-Est au Sud-Ouest, remonte vers le Nord. Elle est creusée par le golfe au fond duquel se trouve Rach-gia, golfe fermé au Nord par le cap de la Table. 

Un certain nombre de petites îles se trouvent au large des côtes de  la Cochinchine. Les plus connues sont celles de Poulo-Condore (596 m d'altitude), assez éloignées du continent. Citons aussi celle de Poulo-Obi, la grande île de Phu-Quoc, dans le golfe de Thaïlande, longue de 8 km du Nord au Sud; elle est accidentée et renferme un sommet de 603 m d'altitude. Il faut enfin mentionner plusieurs îlots inhabités : Hou-nang-ngoaï, Hounang-trung, Hou-nham, Hou-chanli; les îlots de la pointe de la Table, les îles Hou-tre et Hou-raï ou de la Tortue, dans la baie de Rach-gia, le groupe de Poulo-Dama, les îles des Pirates.

Orographie.
Tonkin.
La plaine à laquelle on donne le nom de Delta, parce qu'elle est essentiellement formée du delta où se confondent les embouchures du Song Hong (fleuve Rouge) et du Thaï-binh, commence à la frontière annamite, embrasse la basse vallée du Daï avec la ville de Ninh-binh, celle du Song Hong en aval de Hong-hoa, puis le delta proprement dit jusqu'au pied du massif de Dong-trien. L'aspect est celui d'une plaine horizontale où émergent seulement quelques anciens îlots rocheux, aujourd'hui monts de la Pagode (260 m), des Pachydermes, de l'Eléphant (160 m), etc. Cette plaine est découpée en damier par les arroyos aux eaux limoneuses et occupée par les rizières parsemées de bouquets de bambous. Le Song Hong, qui entraîne annuellement 2 milliards de m. c. d'alluvions, refoule rapidement les eaux du golfe; Hong-yen, actuellement à 60 km dans les terres, était port de mer au XVIIe siècle; Hanoï, qui est à 150 km de la mer par le fleuve, se trouvait au bord il y a 1300 ans, et le niveau du sol n'y est que de 4 m au-dessus de celui des marées. Les digues, dont les habitants ont bordé les cours d'eau, en limitant au lit le dépôt des alluvions, en ont exhaussé le fond, si bien que les rizières voisines sont maintenant en contre-bas. 

Le Haut-Tonkin est divisé par le Song Hong en deux parties : celle du N., qui prolonge les massifs du Kouang-si et dont les sommets de grès et de schiste ont des pentes assez douces, revêtues d'herbes, est souvent nommée région des plateaux; celle du Sud-Ouest, prolongement du Yunnan, comprend des massifs calcaires abrupts et est revêtue d'épaisses forêts, d'où la qualification de région forestière. Dans l'orographie générale, on a cru pouvoir discerner plusieurs alignements se succédant parallèlement à la cote, c.-à-d. en arc de cercle, du Nord-Est au Sud-Ouest. Le premier est représenté par les îlots rocheux de la côte, île de la Table (397 m), de Kebao (405 m) et se termine à la montagne de l'Eléphant; le second va du mont Nouidok, près de Monkaï, aux Sept-Pagodes, le long du delta; l'altitude y atteint 1200 m; ce sont les monts de Yenton, de Dongson, des Noui, de Kaytram. Un troisième alignement va du Maouson (1200 m), sur la frontière chinoise (près de Langson), à Thaï-nguyen, traversé par les cols ou Deo Kouan et Van et longé par le chemin de fer de Phulangthuang à Langson. Plus au Nord sont le massif longtemps inabordable du Yenthé, les monts de Caobang, d'autres qui dépassent 2000 m au Sud du lac Babé, les chaînes de Kaomaï, entre la rivière Claire et le Song-thaï, et de Konvoï, entre le Song-chaï et le Song Hong.
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Vietnam : Hoa Lu.
Paysage de Hoa-Lu, "la baie d'Along terrestre".

Dans la région forestière, au Sud-Ouest du fleuve, dont l'altitude moyenne serait de 1500 m, on distingue le pays muong et le Sip-song-chan-thaï, séparés par la rivière Noire. Le pays muong, très tourmenté, s'abaisse progressivement à mesure qu'on s'écarte du Yunnan : de 2000 m à la frontière, à 1500 m au plateau de Thoulé (en face Yenbaï), à 1250 m au mont Bavi, au delà du défilé de Chobo, creusé par la rivière Noire, à 400 m à la Grande Dent, près de Ninh-Biuh. Le Sip-song-chan-thaï offre un spectacle analogue; les passes vers le Laos sont assez rares et difficiles.

Annam.
L'Annam n'est pas seulement, "le bâton réunissant les deux gros sacs de riz " (la Cochinchine et le Tonkin). Il est par lui-même assez fertile. II faut, il est vrai distinguer la montagne et les plaines.

Le Nord-Annam n'est qu'un prolongement du Tonkin méridional : même structure, même irection vers le sud-est des chaînes dont les altitudes croissent vers le sud de 1200 à 1.700 mètres, mais pour s'abaisser brusquement, au delà du col de Hop-ham(1280 mètres), par des brèches qui laissent passer les effluves brûlants du oyen-Laos. La montagne est couverte encore de forêts, et où l'on peut trouver tous les bois précieux. C'est une longue chaîne de montagnes dont les plus hauts sommets ont de 1000 à 1500 m, parallèle aux côtes, sépare le bassin de l'Annam de celui du Mékong. Parmi les contreforts qui s'en détachent à l'Est et ses principaux sommets il faut citer en allant du Sud au Nord : la Tai-kou (400 m), Tai-ne-mai (500 m); à la baie de Qui-nhon le Nui vondua (565 m), la Table ronde (670 m), le Double Pic (700 m), les Mamelles (910 m), le Sommet plat (870 m) ; au nord de la baie de Tourane, les Portes de fer (1200 m), le Sommet triple (1350 m); derrière la plaine de Hué, les monts Buong-tan, Da-Ban, HonDun (416 m), le Pic du Midi (700 m); à l'Ouest le Double Pic (1810 m), le Morne Cachalot (700 m), la Dent du Tigre (1300 m); entre les caps Lay et Vungchua, le Grand Sommet (1660 m); puis Dong-hoi sur le Cua-hoï où se trouve l'ancienne frontière entre le Tongkin et l'Annam; enfin le Dong Hoanh (500 m). 

Les plaines qui s'échelonnent au pied de la Cordillère, larges parfois de 50 km sont au contraire des réions de culture: on y cultive le riz et la canne à sucre. Sur les collines peinent venir le thé et le café. Enfin, l'Annam est la grande région de culture du mûrier et d'élevagedes vers à soie.

Cochinchine
Les plus hautes montagnes sont dans la région septentrionale : le Ba-dinh, près de Tayminh, atteint 884 m; le Chua-chang en a 600. Dans la région occidentale, du côté de Hatien et de Chaudoc, les collines ont de 3 à 500 m. Le sol est presque entièrement formé d'alluvions; il est exclusivement argileux dans les parties basses; dans l'Est, des terrains paléozoïques forment le noyau des montagnes.

Hydrographie.
Le Tonkin.
Le Tonkin est essentiellement formé des bassins du Song Hong et du Thaï-binh. En dehors, on ne trouve que le cours supérieur du Song-ma, petit fleuve annamite; ceux du Song-bang-kiang (rivière de Caobang) et du Song-ki-koog (rivière de Langson), qui passent bientôt en Chine ou ils se réunissent avant de se déverser dans le Si-kiang; enfin les petits fleuves côtiers de Monkaï, Tien-yen, Kouang-yen.

Le Song Hong ou fleuve Rouge, né au Yunnan, aborde le Tonkin à Longpo et lui appartient tout entier à partir de Laokaï; il descend de nombreux rapides et se grossit de petits torrents ans la région montagneuse et forestière; entré en plaine, il reçoit à Hong-hoa la rivière Noire ou Nam-té qui vient du Yunnan, passe à La chan, traverse le pays muong et se replie vers le Nord par le défilé de Chobo; un peu plus bas, le fleuve Rouge absorbe la rivière Claire ou Tsin-ho, son grand affluent de gauche, qui, née au Yunnan, arrose Hagiang, et reçoit à Tuyen-quan le Song-Gam, et en aval le Song-chaï (dr.). En aval de Son-kaï le delta commence au Loc-nanh qui joint le Song Hong au Thaï-binh; plus importantes sont les communications établies par le canal des Rapides, et plus bas, par le canal des Bambous. Le fleuve Rouge se bifurque presque aussitôt, détachant vers le Sud le Daï qui va droit à la mer par Ninh-Binh; le bras principal, que des canaux transversaux joignent au Daï, passe à Hanoï, Hong-yen, Nam-dinh et se divise en quatre autres bras. 
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Vietnam : Hoi-An.
Hoi-An, un village de l'Annam qui a conservé son cachet traditionnel.

Le Thaï-binh ou Song-Kan, né au Nord de Thaï-nguyen, se divise en deux bras aux Sept-Pagodes : celui du Nord, appelé Song-Kinh-taï; passe à Haïphong et finit par trois embouchures, relativement profondes et accessibles, Lach-huyen, Namtrien et Cam; celui du Sud, qui conserve le nom de Thaï-binh, finit aussi par trois bouches, mais obstruées par des barres. 

La partie des deltas voisine de la mer est basse et fertile; la crue annuelle des rivières y est peu sensible; les eaux fluviales sont refoulées journellement par la marée qui, montant de 3 à 4 m, en décuple la masse et les rend non potables; les digues qui bordent le fleuve sont peu élevées et nécessaires seulement contre les grandes marées; mais à mesure qu'on remonte le fleuve, et dès Hanoi, l'influence de la marée s'efface; les digues s'élèvent et s'élargissent, à peine suffisantes pour contenir les hautes eaux de la crue d'été; le fleuve monte de 6 à 8 m dans ses deux crues de fin mai et surtout d'août-septembre, le courant acquiert une force torrentielle, s'écoulant avec une vitesse de 8 à 10 km à l'heure; les eaux s'étalent au loin. L'inégale vitesse de ces courants charriant du sable déplace les barres et le chenal (lequel ne disparaît jamais aux plus basses eaux) et augmente les difficultés de là navigation.

La grande importance du Song Hong tient à ce qu'il forme une voie d'accès directe vers le Yunnan et l'intérieur de la Chine. Toutefois, la navigation en est assez incommode. Les bateaux ne remontent pratiquement que jusqu'à Yenbaï et Than-Kouan; en amont est un escalier de 35 rapides, à peu près infranchissables aux basses eaux durant trois mois, le tirant d'eau s'abaissant parfois à 0,50 m; aux hautes eaux qui noient ces obstacles, le courant prend une vitesse moyenne de 5 noeuds, souvent dépassée, et crée ainsi une autre difficulté. 

Le Song Hong a, surtout dans sa partie moyenne, le défaut d'être d'une profondeur variable et de déplacer fréquemment son lit. Des affluents du Song Hong, la rivière Claire et la rivière Noire (Song Da), seules navigables, sont comme lui coupés de rapides; on ne peut remonter pratiquement la rivière Claire que jusqu'à Tuyen-quan, la rivière Noire que jusqu'au défilé de Chobo; toutefois, les pirogues vont; sur l'une et l'autre, jusqu'au voisinage de la frontière de Chine. Le Thaï-binh n'est navigable que jusqu'à Thaï-nguyen.

L'Annam.
La position même de l'Annam qui forme une bande étriquée de terrain d'une largeur moyenne de 1409 km le long d'un littoral d'environ 1300 km indique le peu d'importance des cours d'eau qui arrosent le pays. Les principaux fleuves, de médiocre étendue et peu profonds, sont les rivières de Phu-yai, de Phanri où arriva en 1720 l'incident de la Galathée, de Phu-yen, de Fai-Fo, fréquemment visitée au XVIIIe siècle par les bâtiments étrangers, et communiquant avec la baie de Tourane, de Tourane, bien connue par l'expédition de l'animal Rigault de Genouilly, de Hué et le Sang Gianq dont nous avons déjà parlé à cause de l'importance de sa position.

Cochinchine.
La Cochinchine comprend deux bassins fluviaux distincts, celui du Dong naï et celui du Mékong.

Le Dong naï prend sa source sur le revers occidental des montagnes de l'Annam. Il coule vers le Sud-Ouest et la moitié inférieure de son cours appartient à la Basse-Cochinchine. Son lit est trop complètement obstrué par des rochers qui y forment des rapides, pour pouvoir servir à la navigation. Le flottage même du bois y est impossible dans la partie supérieure. Après son confluent avec le Song-bé, il devient navigable, mais les rochers le rendent toujours dangereux. L'affluent principal du Dong-naï est la rivière de Saïgon (Ho Chi Minh) qui y débouche à Nhâ-bé, à 40 km de la mer. Cette rivière, qui descend des montagnes du Cambodge, est navigable même pour les grands navires. Le Dong-naï se jette dans la mer par plusieurs branches. Les principales portent les noms de Soïrap et Dong-naï. Celle-ci est la plus navigable. Malheureusement, au milieu, se trouve un banc de corail que les navires ne peuvent franchir u'à marée haute. Une île partage le Soïrap en deux bras; l'un va déboucher dans la jolie baie de Ganh-ray, non loin du cap Saint-Jacques. Avant de se perdre dans la mer, le bras le plus occidental du Dong-naï reçoit le Vaïco formé par la réunion du Vaïco oriental et du Vaïco occidental ou petit Vaïco qui traversent la Cochinchine du Nord-Ouest au Sud-Est. Le premier est navigable sur une longueue de 130 km; le second l'est sur une étendue un peu moindre. Il est grossi par les infiltrations du Mékong, dont le sépare la marécageuse plaine de joncs formée par les alluvions du grand fleuve. Les crocodiles y vivent et les moustiques la rendent presque inhabitable. Les petites rivières qui alimentent à l'Est le Dong-naï ont le même régime que celles de l'Annam, ce sont de petits torrents qui différent complètement des arroyos de la Cochinchine occidentale. 

Le delta du Mékong occupe toute la partie méridionale de la Cochinchine. 
Ce delta empiète aussi sur le Cambodge, et c'est dans ce pays, à la hauteur de Phnom Penh,  à 60 km avant de pénétrer au Vietnam , que le Mékong se partage en deux bras, le fleuve antérieur (Tien-giang) à l'Est, le fleuve postérieur (Han-giang) à l'Ouest. Tous deux coulent lentement à travers la plaine d'alluvions qu'ils ont formée; de nombreuses îles les divisent. Le fleuve antérieur se partage définitivement à Vinh-long en deux bras, lesquels se subdivisent pour aboutir à la mer de Chine par six embouchures; elles sont dénommées, de l'Est à l'Ouest : Cua-tien, Cna-daï, Cua-ba-laï, Cua-ham-long, Cua-co-chien, Cua-coung-haou. Le fleuve postérieur se déverse par trois embouchures: Cua-din-an, Caa-ba-thac, Cua-tran-dé. Ces neuf embouchures sont toutes obstruées par des bancs de vase; deux seulement sont navigables pour les bâtiments d'un faible tirant d'eau. Les fleuves antérieur et postérieur sont reliés l'un à l'autre par plusieurs bras transversaux. Le plus large et le plus profond est celui de Vam-nao. Plusieurs canaux mettent en communication le fleuve postérieur avec le golfe de Thaïlande. Toute cette plaine d'alluvions est d'ailleurs sillonnée, outre les grandes artères fluviales, par un grand nombre de canaux naturels ou artificiels qu'on appelle arroyos; plus ou moins profonds et larges, ces arroyos forment un réseau fluvial inextricable de plus de 220,000 km voies navigables, lesquelles relient entre eux non seulement les rivières, mais tous les centres de population du pays dont ils sont les véritables voies de communication. 

Des arroyos artificiels, les plus remarquables sont l'arroyo de la Poste, qui relie le Mékong au Dong-naï par My Tho, et un autre creusé de 1875 à 1877 par ordre de l'amiral Duperré, le canal de Chogao. Au moment des grandes crues annuelles du Mékong, produites par la fonte des neiges des montagnes de l'Asie centrale et coïncidant avec la saison des pluies, tout le plat pays peut se trouver inondé. Ces crues, qui ont, dépassé 12 m, ont du moins l'avantage de fertiliser le sol, où les eaux abandonnent le limon dont elles sont chargées. Les arroyos servent aussi à assurer l'arrosage et le drainage des terres qu'ils sillonnent. L'eau potable est fournie par des sources très nombreuses, et surtout par des puits. La nappe d'eau est à une faible profondeur et donne une eau excellente, même pendant la saison sèche. 

Climat.
Comme toutes les régions de l'Asie méridionale et orientale, le Vietnam appartient à la zone des climats de moussons. Mais il est très allongée en latitude et occupée en partie par des plateaux. Aussi trouvera-t-on sur son territoire des différences de climat assez appréciables entre le Nord et le Sud, la côte et l'intérieur.

Dans le Tonkin, la chaleur est très forte dans la saison des pluies; en revanche, la saison fraîche dure plusieurs mois, d'octobre à mars, avec la mousson du Nord-Est, la température varie alors de +10 °C à +24 °C avec une moyenne de +18 °C à Hanoï; elle se relève en avril et durant l'été, saison pluvieuse réglée par les moussons du Sud-Ouest, la moyenne dépasse +28 °C; les pluies sont le plus abondantes en août, parfois 100 mm en vingt-quatre heures. Leur hauteur totale est de 1600 mm à Haïphong et 1800 à Hanoï, dont 100 à 200 pour l'hiver (novembre à mars), il pleut cependant en hiver un jour sur deux, mais c'est une petite pluie fine, d'ailleurs fort désagréable. 

En Annam, la température est un peu moins variable (Hué : + 19° C) et la pluie, amenée par la mousson d'été et aussi par celle d'hiver, tombe surtout pendant les derniers mois de l'année. Elle atteint sur la côte 2,50 m (Hué).

Les parties du Vietnam situées au sud dit 12e parallèle (Sud de l'Annam et Cochinchine), ont un climat presque équatorial. Les variations de température sont très faibles. La moyenne est de +27°C. Les différences entre le mois le plus chaud (ici le mois de mai) et le mois le plus froid (décembre) sont faibles : Ho Chi Minh Ville +25 °C et + 29°C.  Les chaleurs sont tempérées par le voisinage de la mer. Le jour a sensiblement la même durée pendant toute l'année : 11 h 28 mn au solstice d'hiver, 12 h 46 mn au solstice d'été.

Les typhons des mers de Chine se propagent parfois jusqu'en Cochinchine; ils se produisent en novembre. 

Vers le mois de mai, la mousson du Sud-Ouest amène les pluies, d'abord par orages, puis abondantes et régulières en juin; une courte accalmie interrompt la saison des pluies dont les grands orages du mois d'août sont le moment extrême. La pluie est très abondante; Ho Chi Minh, 1,80 m. Mais la mousson d'hiver elle-même n'est pas complètement sèche. Celle-ci commence en octobre; elle est tout à fait accentuée en mars où les rizières perdent leur eau. 

La végétation herbacée grandit à partir de mai, encombre tout en septembre et ne dépérit tout à fait qu'à la fin de l'hiver. Les variations de température ne coïncident pas complètement avec celles de l'état hygrométrique. Le mois le plus froid est janvier; celui où la chaleur est le plus accablante est mai. 
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Des tombes dans une rizière, au Vietnam. Photos : © Angel Latorre, 2008.

Flore et faune.
La flore et la faune du Vietnam sont celes de l'Asie du sud-Est. On ne mentionnera ici que quelques plantes employées par l'industrie humaine. Le bois de fer sert à confectionner les pilotis; un anisoptera à faire des bois de cercueils; un sindora à faire des bois de charpente; l'arbre à cire, l'arbre à l'ouate, l'anis étoilé (Illicum anisatum) sort aussi très appréciés. Parmi les algues, on tire du Gelidium spiriforme des gelées parfumées.

Les principaux animaux sauvages sont la panthère, le chat sauvage, le sanglier; on trouve des ours, des rhinocéros, des éléphants, des cerfs, des pangolins. La loutre noire est domestiquée en certains endroits pour la pêche. Les oiseaux sont innombrables; de même les poissons et les crustacés qui fournissent une partie considérable de la nourriture. La tortue caret est très appréciée. Les serpents pullulent. Les principaux ennemis des cultures sont les rats, les fourmis blanches et les poux des bois. Les moustiques sont un fléau.



Suzanne Held, Hervé Beaumont, Viêt Nam, la route mandarine, Ed. Chapitre Douze, 2005. 
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