 |
Vercingétorix
. - Chef du grand soulèvement des Gaules
contre Rome
en l'an 52 av. J.-C. égorgé à Rome
en l'an 46. Au milieu du siècle qui précède l'ère
chrétienne, la Gaule se déchirait; aussi était-elle
ouverte aux envahisseurs : au Nord les Belges et les Germains; au Sud les
légions romaines. Cependant quelques Etats puissants s'étaient
formés au milieu du chaos (les Arvernes, en particulier). La soumission
de la Gaule, devenue riche et puissante, était une nécessité
pour Rome; elle ne s'unit qu'une fois contre les Romains, mais trop tard.
De 58 à 52, Jules César avait dirigé
des campagnes victorieuses contre les Helvètes, contre les Belges,
contre les Germains, contre la Bretagne ;
il ouvrit à l'influence de Rome toute cette partie de l'Ouest de
l'Europe .
Les Gaulois commencèrent à comprendre que la présence
des Romains était un danger pour leur indépendance; une première
révolte du chef éburon Ambiorix et du Trévire Indutiomare
fut écrasée par César en 53. L'année suivante,
un soulèvement général fut préparé,
pendant l'hiver que César passait en Italie .
Le signal partit du centre druidique de la Gaule, du pays des Carnutes
qui se jetèrent sur Cenabum (Orléans )
et y égorgèrent les négociants italiens. La nouvelle
de cet événement arriva à Gergovie
(située à 240 kilomètres de là) où vivait
un jeune et noble Arverne, courageux, de haute stature, Vercingétorix
(le grand chef des braves). Son père avait péri en voulant
usurper la royauté. Quant à lui, lié d'amitié
avec César, il avait jusqu'alors contribué à maintenir
la paix chez les Arvernes; mais l'agitation de toute la Gaule et la tentative
d'Ambiorix lui montrèrent qu'il y avait un grand rôle à
jouer pour la défense de son pays.
Dès qu'il apprit le massacre de
Cenabum, il proclama l'insurrection à Gergovie malgré les
nobles, souleva le peuple des campagnes et envoya de pressants messages
à tous les peuples : de la Garonne à la Seine les cités
répondirent à son appel, et il prit la direction de la guerre,
donnant à la ligue une organisation qui avait manqué jusque-là
aux tentatives des Gaulois. Vercingétorix envoya son lieutenant
Luctère contre la Province romaine et marcha contre les légions
au Nord, mais pendant qu'il soulevait les Bituriges, César
accourait d'Italie .
Le chef gaulois voulut affamer les Romains
et décida que toutes les villes seraient brûlées; mais
les Bituriges eurent le tort d'épargner leur belle capitale, Avaricum
(Bourges ),
et César, l'ayant enlevée péniblement, s'y ravitailla.
Il marcha ensuite sur la capitale de la ligue, Gergovie (près de
Clermont-Ferrand ),
que l'armée de Vercingétorix vint couvrir. César,
après un demi-échec devant cette ville, rejoignit à
marches forcées son lieutenant Labienus, à Agedincum
(Sens) dans le pays des Sénons. Pendant ce temps, les Edues, les
plus vieux alliés des Romains, se soulevaient, coupant l'armée
de César de la Province. Les tribus du Nord, sous la conduite de
Camulogène, s'étaient établies
à Lutèce, mais Labienus y avait détruit leur armée
dans une sanglante bataille ou Camulogène périt; Labienus
rejoignit en hâte César à Agedincum.
Une nouvelle assemblée de tous les
députés de la Gaule
avait confirmé Vercingétorix dans le commandement suprême.
Il reprit son plan d'affamer César et de
tout brûler à son approche; mais, craignant de le voir échapper
sur la Saône, il eut le tort de livrer la bataille que César
cherchait. L'armée gauloise fut battue et rejetée sur Alésia
(Alise-Sainte-Reine, dans la Côte-d'Or, à 10 km au Nord-Est
de Semur). Cette ville passait pour une des plus fortes de la Gaule et
Vercingétorix y retrancha son armée sur les Flancs de la
colline. Les Romains assiégèrent
à la fois l'armée gauloise et la place, en l'entourant de
ces travaux prodigieux auxquels excellaient les légions. De tous
les points de la Gaule, les guerriers se rassemblèrent et vinrent
attaquer le camp romain; mais cette cohue fut dispersée par les
Romains, et les sorties de Vercingétorix arrêtées par
les ouvrages de César. Une dernière tentative des Gaulois
se termina par leur écrasement. Cette fois la Gaule était
vaincue, et pour toujours. Vercingétorix, qui aurait pu fuir, résolut
de s'offrir comme victime expiatoire, espérant sauver ainsi ceux
qui l'avaient suivi. Monté sur son cheval de bataille, couvert de
sa plus riche armure, il sortit de la ville et vint au tribunal de César
élevé au-devant de ses lignes : gardant sa fière attitude,
il jeta en silence son épée et son casque aux pieds du Romain
impassible et dur. César lui lit attendre six ans l'insultante cérémonie
du triomphe .
Ce n'est en effet qu'en 46 qu'il fil, figurer le grand chef gaulois à
son triomphe des Gaulois : les triumvirs attendaient au Tullianum Vercingétorix
pour l'égorger. (Ph. B.). |
|