.
-

État des États-Unis
Arizona
Drapeau de l'Arizona. L'Arizona est un Etat de l'Ouest des Etats-Unis. Son nom dérive d'Arizonac,  le nom d'un camp minier du XVIIIe siècle dans la vallée de Santa Cruz, juste au sud de la frontière actuelle de l'Arizona. Le sens en est inconnu, mais pourrait avoir vouloir dire «-quelques sources-». L'Etat est borné, à l'Ouest, par le fleuve Colorado qui le sépare de la Californie; au Nord, par le 37e de latitude Nord; à l'Est, par le 109e méridien de Greenwich; au Sud par une ligne brisée qui forme la limite du Mexique. La superficie est de 295 250 km², c.-à-d. supérieure à l'Italie continentale et plus de la moitié de la France; mais la population recensée en 2020 n'était que de 7,15 millions d'habitants. Capitale : Phoenix (1,61 million d'habitants en 2020); autres grandes villes : Tucson (543 000 hab.), Mesa (504 000 hab.). 

L'Arizona est essentiellement une région de plateaux; sa partie septentrionale, profondément entaillée par le cours du Colorado, est une des régions les plus pittoresques du monde. Le fleuve se trace à travers les rochers cette suite merveilleuse de sombres et âpres couloirs qu'on appelle les canyons. C'est à l'Arizona qu'appartiennent le Marble Canon et surtout le Grand Canyon, aux parois verticales et aux brusques détours. 
-
Le plateau du Colorado occupe tout le centre de l'Etat. Il se soude aux canyons par le Désert coloré (Painted Desert). Les anciens conquérants d'origine espagnole ont laissé à ces plateaux le nom de mesas. Ils se composent en général de couches volcaniques reposant sur un sol tertiaire et recouvertes de terre végétale dont l'épaisseur est très faible. Cependant les arbres y trouvent à vivre et les Indiens Navajos y sont établis. Au centre se trouvent des chaînes volcaniques disposées par rangées parallèles, suivant des axes du Nord-Ouest au  Sud-Est.
-

Arizona : Monument Valley.
Monument valley, dans le Pays navajo, au Nord-Est de l'Arizona.

La région méridionale, la plus riche, comprend le bassin du rio Gila. Les plateaux et mesas se rétrécissent sensiblement et deviennent de véritables chaînes de montagnes dominant des plaines dont les unes sont très fertiles, les autres, au contraire, sont presque stériles. Les Indiens Papagos occupent le Sud-Ouest de ce bassin; les Indiens Pimas le centre; au Sud-Est sont les Apaches, si célèbres par leur résistance aux conquérants et colons européens et par leurs malheurs; leur pays se distingue des autres régions de l'Arizona par l'abondance des eaux. 

Le relief de l'Arizona.
Trois régions physiographiques caractéristiques, d'importances inégales, sont distinctement marquées  : 

• Le grand plateau du Colorado embrasse toute la région du Nord et de Est de l'Arizona.

•  Un bourrelet de reliefs, ponctués par quelques hauts sommets, borde le Plateau au Sud-Ouest et coupe grossièrement l'Etat depuis le Nord-Ouest au Sud-Est.

• Une région des basses terres occupe près du quart Sud-Ouest de l'Etat. Il s'agit de plaines ondulées, s'élevant vers l'Est, le plus souvent désertiques.

La région du Plateau.
La région du plateau du Colorado a une altitude moyenne de l'ordre de 1600 m et qui va en s'élevant vers l'Est. Le relief y est très irrégulier. Il est dominé par quelques montagnes élevées, et des étendues de plaines désertiques, sillonées de ruisseaux intermittents ou que des rivières plus puissantes ont entaillés de superbes canyons, et au-dessus desquelles s'élèvent des buttes audacieuses, des mesas pittoresques, des forêts. On y trouve aussi quelques vallées verdoyantes, çà et là.

Le Nord-Ouest de l'Etat est marqué par l'énorme et vertigineuse saignée du Grand Canyon, au fond duquel coule le fleuve Colorado. La surface de cette région est en général vallonée, avec une pente douce vers le Nord, par laquelle s'écoulent les eaux qui rejoignent le Grand canyon à travers le Little Colorado (ou Colorado Chiquito), le Rio Puerco et d'autres rivières plus petites. 

Au Sud du fleuve Colorado, se trouve le Painted Desert, remarquable par les couleurs vives - rouge, marron, bleu, violet, jaune et blanc - de ses grès, schistes et argiles. Les vestiges d'une forêt pétrifiée, la plus remarquable des États-Unis, se trouvent dans ce désert. Ces bois fossiles datent du Mésozoïque, bien que la plupart du temps, à cause due l'érosion qui a emporté les couches superficielles des sols, on les rencontre au milieu de dépôts d'un âge plus ancien. Des blocs et des rondins d'agate, de calcédoine, de jaspe, d'opale et d'autres gisements de silicate se trouvent  ainsi par centaines sur une superficie de 250 km². La forêt est protégée en tant que réserve nationale contre le vandalisme et le mercantilisme. 
-

Forêt Pétrifiée : un arbre fossilisé.
Tronc d'arbre fossilisé (Forêt Pétrifiée, Arizona). Photo : © Serge Jodra.

Des traces d'érosion hydrique et éolienne, de dessèchement et d'altération différentielle peuvent s'observer partout. C'est l'histoire des mesas, qui sont le paysage le plus caractéristique des hauts plateaux et forment un ensemble spectaculaire à Monument Valley. Les traces de l'action volcanique, en particulier les coulées de lave, sont également abondantes et sur de grandes étendues.

Le bourrelet Nord-Ouest–Sud-Est.
Le système de chaînes montagneuses qui forme le bourrelet Nord-Ouest–Sud-Est du plateau du Colorado est formée de deux rangées de reliefs, écartées au Nord-Ouest (où elles sont séparées par la vallée du Big Chino Wash, un cours d'eau endorhéïque) et au Sud-Est (où leur séparation correspond au cours supérieur de la rivière Gila), beaucoup plus rapprochées au centre. Cette région a une largeur de 110 à 250 km. La plupart des montagnes sont des volcans éteints. Les plus hauts sommets sont des cônes éruptifs, et parmi les plus petits sommets se trouvent de vieux cônes de cendres. 

La chaîne Nord-Est, qui relie le Grand Canyon et les monts Mimbres, est celle qui borde le plateau du Colorado. Elle descend vers lui le plus souvent par une pente de transition abrupte, souvent profondément érodée. En certains endroits, la pente est un véritable escarpement avec un dénivelé, parfois, de 40 mètres par kilomètre (Mogollon Rim). Dans les montagnes de San Francisco (partie centrale nord de l'Etat, près de Flagstaff), trois sommets dépassent les 3000 m (le pic Humphreys, point culminant de l'Arizona, y atteint les 3852 m); trois autres sont au-dessus de 2700 m. Plus au Sud, le les White Mountains culminent au pic Baldy à 3476 m, et les Monts Mogollon à 3321 m.

La ligne de relief qui borde la plaine Sud-Ouest compte des sommets généralement moins hauts : au Nord-Ouest le mont Tipton atteint les 2179 m; la Spruce Mountain au Sud de Prescott a une altitude de 2346 m; le mont Graham, au Sud-Est, entre les mont Gila et les monts Galiuro atteint cependant les 3267 m.

Les basses terres du Sud-Ouest.
Occupant seulement une petite portion de l'Etat, les basses terres, à l'Ouest de la ligne de Phoenix- Tucson se confondent à peu près, en Arizona, avec la partie du Sonora appartenant aux Etats-Unis (Bas-Sonora et Moyen-Sonora). Cette région est irriguée par les cours inférieurs du Colorado et de son affluent la rivière Gila, mais restent essentiellement désertiques (désert de Gila). Les plaines s'inclinent vers le golfe de Californie à travers de larges vallées séparées, puis à travers de vastes étendues désertiques traversées par des crêtes rocheuses. De petits secteurs le long de la frontière mexicaine sont des déserts de sable.

Hydrographie.
L'hydrographie de l'Arizona se rattache à l'étude du fleuve Colorado; mais outre les rios, les forks ou les creeks, qui sont en grande partie absorbés par les roches arides avant de se déverser dans le courant principal, il existe un certain nombre de puits, de sources naturelles, de citernes en général circulaires, dont le diamètre varie entre 5 et 30 m et dont la profondeur est considérable. Malgré la sécheresse relative de l'air elles ne sont presque jamais à sec. Le plus remarquable de ces puits naturels est celui de Montézuma au Nord-Ouest de Prescott. 

Les neiges des montagnes alimentent les rivières Gila, Little Colorado et Colorado. En dehors de l'eau que lui apporte la Gila, le Colorado draine peu d'eau venue de l'Arizona. Les crues surviennent en mai et juin, et pendant la saison des pluies, les rivières, toutes avec des lits escarpés dans leurs cours supérieurs, emportent des débris qui descendent des rétrécissements et, sur les petits ruisseaux, étouffent presque leurs cours. 

Ces gradients permettent aux ruisseaux inconstants affluents du Colorado de creuser leurs canyons, dont certains sont en eux-mêmes très remarquables, quoique insignifiants à côté du Grand Canyon. De nombreux ruisseaux, qui sont transformés en torrents au printemps ou en été, ne sont normalement que de simples filets d'eau ou des ravins secs. Même la rivière Gila ne transporte plus d'eau une partie de l'année à son débouché dans le Colorado, près de Yuma. De Gila à la frontière sud, la terre desséchée ne donne pas d'eau à la mer, et la frontière internationale traverse en partie un véritable désert. Pendant la saison chaude, il n'y a presque pas d'eau de surface. Des puits artésiens sont utilisés par endroits.

Climat.
Comme on peut le déduire de la description physique, l'Arizona a une grande variété de climats locaux. En général, le climat se caractérise par un air clair et une humidité  faible. 

Précipitations.
Les rares précipitations sont réparties de juillet à avril, avec un excès marqué de juillet à septembre et un maximum moindre en décembre. Mai et juin sont très secs. Souvent pendant un mois, parfois pendant plusieurs mois, aucune pluie ne tombe sur la plus grande partie de l'Arizona. Très peu de pluie arrive de l'océan Pacifique ou du golfe de Californie. La pluie et la neige tombent généralement des nuages venus du golfe du Mexique et qui ont survécu à leur traversée Texas. Les zones montagneuses sont les seules à bénéficier de précipitations notables (60 à 80 cm par an; pour comparaison, Paris : 64 cm/an), parfois sous forme de neige. Quelques sommets sont même couverts de névés. Le désert de Gila, au Sud, et le versant Nord du plateau du Colorado sont plus pauvres en précipitations (5 à 15 cm par an). Entre ces extrêmes, Prescott, au centre de l'Etat, a des précipitations qui s'établissent autour de 25 cm par an.

Les orages locaux et les bourrasques sont un phénomène caractéristique. Ces phénomènes brusques transforment par endroits les ruisseaux asséchés en torrents boueux transportant des rochers et des débris, et provoquent petites inondations. Mais sur le pays du plateau du Colorado dont le sous-sol est sec, l'air absorbe la pluie avant qu'elle n'atteigne le sol des ravins. Les terres au delà de la limite tracée par le Little Colorado sont rarement inondées. Au Nord-Est, la région des mesas où vivent les Hopi ressemble à un désert. 

Températures.
La température moyenne en l'Arizona est un peu plus élevée que celle des régions des Etats-Unis d'égale latitude sur les côtes de l'océan Atlantique et sur celles du  golfe du Mexique. Dans les montagnes du plateau du Colorado, les températures sont de celles de la zone tempérée à celle des régions aux neiges perpétuelles.  Au Sud des montagnes, les températures sont  tempérées dans les contreforts, pour évoluer en allant vers  les vallées inférieures de la Gila ou du Colorado, vers des températures typiques de la zone semi-tropicale. 

La température moyenne annuelle au Nord de 34° de latitude Nord est d'environ 13 °C, celui de la région au Sud de cette ligne est d'environ 10 °C. Les températures mensuelles moyennes dans les points les plus froids du haut plateau sont de l'ordre de 7 ou 8 C°; et elles tombent parfois en dessous de -7 °C pendant le mois le plus froid. L'amplitude thermique annuelle dans le Plateau peut atteindre 50°C, mais dans le Sud-Ouest, elle n'est que d'environ 21 à 27 °C. L'amplitude thermique diurne peut y atteindre 15,5 °C, mais bien davantage dans les régions les plus arides. 

La région la plus chaude est la basse vallée de la Gila. Les maximales en été y évoluent autour de 54 °C. A Yuma, il peut y avoir cent jours consécutifs au cours desquels la tempature maximale ne descend pas au dessous de 40 °C; à Tucson, c'est pendant une cinquantaine de jours que l'on mesure une telle température. La moyenne pour le mois le plus chaud (juillet) est d'environ 37 °C, et la moyenne pour l'année est de 21 °C et  24 °C en différents points. Dans les parties les plus chaudes (occidentales) du vrai désert à la frontière mexicaine, l'amplitude maximale quotidienne est d'environ 43 °C ; mais en raison de la faible inertie thermique de l'air sec, clair et sans nuages, la température chute fréquemment de 4°C à 10°C pendant la nuit.

Du fait de l''extrême sécheresse de l'air, l'évaporation des surfaces humides est très rapide; de sorte que les températures élevées sont ici moins oppressantes que ne le seraient des températures sensiblement plus basses dans une atmosphère humide. La grande différence entre la température mesurée et ressentie est une caractéristique climatique très importante de l'Arizona. D'une manière générale, pendant les deux tiers de l'année, la température est agréable; les nuits sont fraîches, les matins toniques, les journées douces mais ensoleillées. Une chaleur intense règne en juillet, août et septembre.

Faune et flore de l'Arizona.
La faune.
À l'intérieur des frontières de l'Arizona se trouvent des zones représentatives de tous les écosystèmes, à l'exception de ceux des zones tropicales humides. 

Dans les hautes terres, les coyotes sont très communs; les chats sauvages et les pumas sont assez nombreux. Le cerf et l'antilope sont représentés par diverses espèces. Les chiens de prairie, les lapins, les corneilles et les corbeaux sont présents occasionnellement; même chose pour les cailles, les tétras, les faisans et les dindons sauvages. On note aussi la présence des géocoucous de Californie (road runners), rendus célèbres par une série de dessins animés. Mais la vie animale, au final, n'est pas très riche. 

Dans la partie haute du Sonora, les formes caractéristiques sont la chevêche des terriers, la grive des marais du Nevada, le moqueur des armoises (sage thrasher) et des espèces spéciales d'orioles, des rats kangourous, des souris, des lapins et des écureuils. 

Le Bas-Sonora couvre la plus grande partie du Sud et de l'Ouest de l'Arizona, ainsi que les vallées adjacentes du Colorado et du Little Colorado. Parmi les oiseaux, on y rencontre :  le moineau du désert, plusieurs espèces de moqueurs, le loriot à capuchon; et parmi les mammifères, de petites espèces nocturnes de rats kangourous, de souris à poche, de souris et de chauves-souris. Les jaguars s'égarent occasionnellement en Arizona depuis le Mexique. 

Dans les zones les plus désertiques, les lézards et les crapauds sont nombreux, les serpents le sont moins. Le monstre de Gila, la tarentule, le scorpion et le thélyphonus, des myriapodes (scolopendre, julus) sont présents dans certaines localités pendant la saison des pluies. 

La zone aride tropicale est représentée par une ceinture étroite le long du cours inférieur du fleuve Colorado, et, sur un court segment, jusque dans la vallée de la Gila. Le pays est tellement aride qu'il n'abrite que des oiseaux et des mammifères du désert. Avant la construction du chemin de fer, des dromadaires ont été utilisés avec succès dans la région comme animaux de bât.
-

Arizona : paysage entre Winslow et Seligman.
Paysage de l'Arizona entre Winslow et Seligman. Photo prise en 1943.

La flore.
Les sapins et les épicéas qui poussent sur les montagnes sont caractéristiques de la zone boréale; les pins sont caractéristiques de la zone de transition; le genévrier et  l'armoise sont plus spécialement caractéristiques  de la zone du Haut-Sonora. 

Dans la ceinture inférieure de Sonora, le yucca glauque, les acacias (Palo Verde ou Parkinsonia torreyana), les agaves, les yuccas et les dasylirions, le buisson de créosote et le mesquite, le bois de bougie, et environ soixante-quinze espèces de cactus parmi lesquels omniprésents les opuntias et les saguaros (cactus géants), constituent la végétation la plus remarquable. Par endroits, le cactus géant pousse dans les bosquets, atteignant une hauteur de 12 et même de 15 m. 

Les régions les plus arides verdissent pendant la saison des pluies. On observe alors une explosion d'éclosions de petites fleurs sauvages, ainsi que d'énormes grappes de fleurs du yucca, et des fleurs rose et orange, pourpre, jaune et écarlate du cactus géant et de ses congénères. De belles herbes  poussent aussi après les pluies d'été sur les mesas, fournissant de la nourriture pour le bétail.

Le pays des falaises supporte une végétation peu abondante. A peine a-t-on à signaler quelques peupliers et, sur les mesas quelques cèdres.

Les zones forestières continues sont rares. Des peupliers, des sycomores, des frênes, de saules, des noyers et des cerisiers poussent au fond des canyons, et chaque chaîne de montagnes est une zone forestière. Les précipitations variant avec l'altitude. La ligne inférieure des bois, au-dessous de laquelle les précipitations sont insuffisantes pour soutenir la croissance des arbres, est d'environ 2000 m. Sur les montagnes et sur de vastes zones du pays des plateaux ou trouve des chênes, des genévriers, des cèdres, des pins jaunes, des sapins et des épinettes. La forêt de Coconino est l'une des plus grandes forêts de pins (près de 10 000 km²) du États-Unis.

Sols.
Les sols de la partie sud de l'Arizona sont principalement des loams sableux; sur les plateaux se trouve ce qu'on appelle le sol « mesa » ; et le long des rivières se trouvent des plaines à débordement de sédiments fins, en particulier le long du Colorado et de la rivière Verde. Tels quels, les sols sont assez impropres à l'agriculture : ils sont en général riches, mais déficients en azote et avec peu d'humus. D'importants travaux destinés à l'irrigation ont été entrepris dès le XIXe siècle (le long de la Gila ou entre Tucson et Phoenix).

Ressources minières.
L'exploitation minière est la principale industrie de l'Arizona. Il n'y a aucune preuve que l'exploitation minière ait été pratiquée à grande échelle par les Indiens,  les conquistadores espagnols ou les jésuites. Tout au plus, peut-on noter, la découverte, en 1738 d'un gisement extraordinaire de pépites d'argent, rapidement épuisé (1741).

A la fin du XVIIIe siècle, les Mexicains ont exploité considérablement les mines du Sud-Est. La seconde moitié du XIXe siècle a été témoin de plusieurs grandes découvertes; d'abord, des placers d'or sur la basse Gila et le Colorado (1858-1869) ; plus tard, des filons de Tombstone, qui prospérèrent de 1879 à 1886, puis se dégradèrent, avant de redevenir  le centre d'importants intérêts miniers au début du XXe siècle, en même temps que commençait l'exploitation des mines de cuivre à Jerome, à Morenci, autour de Globe, et surtout autour de Bisbee. 

Des mines d'or et d'argent, des gisements considérables de wolframite, de précieux minerais de molybdène et de vanadium et des carrières de marbre onyx sont également exploités. Des gisements de charbon à faible teneur se trouvent dans la partie centre-est de l'État et près de la jonction des rivières Gila et San Pedro. On trouve aussi en Arizona des pierres fines (péridot, grenat, turquoise). 
-

Carte de l'Arizona.
Carte de l'Arizona.
Echelle : l'Etat d'Arizona mesure environ 470 km d'Ouest en Est; 600 km du Nord au Sud.

Histoire de l'Arizona

Plusieurs cultures préhistoriques largement répandues dans tout le Sud-Ouest des Etats-Unis (Mogollon, Hohokam, Anasazi) ont laissé des traces abondantes, sous la forme de villages (ou pueblos, en espagnol) ruinés, bâtis, soit en plaine, dans des oasis favorables au développement de l'agriculture, soit à flanc de falaises (comme au canyon De Chelly, par exemple), dans une position défensive face aux incursions guerrières de populations voisines (Indiens nomades). Une ancienne économie sociale coopérative est attestée par les traces de grands travaux publics, tels que des canaux d'irrigation de plusieurs kilomètres de long. 

Les ruines de ces pueblos sont particulièrement nombreuses dans les bassins des fleuves Gila et Colorado et leurs affluents. Les pueblos de la vallée de Gila sont considérés comme plus anciens que ceux du Colorado. 

Casa Grande est la plus remarquable des ruines de plaine du Sud-Ouest, la seule de ce type aux États-Unis. Ce site ressemble à celui de Casa Grande dans le Chihuahua, au Mexique, avec ses murs d'argile séchée et ses salles, ses cours et ses places, entourées d'un mur. L'endroit était déjà ruiné lorsqu'il fut découvert en 1694 par le jésuite Kino. Des fouilles y ont été effectuées en 1906-1907 par J. Walter Fewkes. 
Les vallées de la rivière Salée et de ses affluents, les rios Agua Fria, Verde et Tonto, sont parsemées de vestiges aborigènes; la vallée du Petit Colorado semble aussi avoir accueilli autrefois une population nombreuse, représentée aujourd'hui par ses descendants, les Indiens Pueblos, tels les habitants de Zuñi (au Nouveau-Mexique) ou des mesas des Hopi, au Nord-Est de l'Arizona. Les Hopi et les Zuñi, sont les Indiens Pueblos chez qui se sont le mieux conservé les survivances des anciennes coutumes et traditions.
-
Ruines dans le canyon De Chelly.
Ancien village indien dans le Canyon De Chelly.

Exploration et conquête.
L'Arizona au nord du fleuve Gila, à l'exception d'un effort missionnaire très limité et intermittent et de rares expéditions d'exploration, est resté pratiquement inconnu des Blancs jusqu'à bien après le début de la domination américaine (seconde moitié du XIXe siècle). La vallée de Santa Cruz, cependant, fait exception.

Alvar Nuñez Cabeza de Vaca, bien qu'il ne soit pas entré en Arizona ou au Nouveau-Mexique, est le premier Européen a avoir entendu parler, lors de son séjour dans le Sonora en 1536, de cette région sur laquelle courraient des histoires propres à inciter les Espagnols à l'explorer dans l'espoir de richesses.

Marcos de Niza, un franciscain à qui avait été confiée la première reconnaissance, est le premier Européen à pénétrer dans les limites de l'Arizona. Il traverse l'angle sud-est jusqu'à Zuñi en 1539, en passant par la vallée de Santa Cruz; Francisco vasquez de Coronado, guidé par Niza, commande l'année suivante une grande expédition qui suit le même itinéraire. Au même moment, Hernando Alarcon explore le golfe de Californie et le cours inférieur du fleuve Colorado. Les membres de l'expédition de Coronado ont exploré le pays Hopi et ont atteint le Grand Canyon. Après cela, on assistera à une succession d'explorations remarquables et héroïques tout au long du siècle. Tous ces premiers explorateurs ont entrenu beaucoup de confusion sur les pays parcourus. Plutôt que d'en éclaircir les mystères, ils en ont embelli les promesses. Des traces de mythes ainsi forgés ont eu la vie dure.

L'époque des missionnaires.
En 1580, un poste est établi près de la ville actuelle de Tucson. Les jésuites viennent à la suite des soldats; ils commencent à essayer de convertir les Indiens et créent une série de missions souvent dévastées par les Apaches. 

Au début du XVIIe siècle, des efforts considérables sont faits pour christianiser les Pimas, les Papago et les Hopi. En 1680, il y a une grande révolte des Pueblos au Nouveau-Mexique et en Arizona. Elle se termine en 1692; seuls les Hopi restent affranchis de la domination espagnole et chrétienne, bien qu'ils soient visités épisodiquement par des jésuites et des franciscains rivaux. En 1732 (peut-être dès 1720) des missions jésuites régulières  sont fondées à Bac (que l'on a connu depuis sous le nom de rancheria indienne) et à Guevavi. 

La région au sud de la rivière Gila avait déjà été explorée à plusieurs reprises. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, un presidio ( = place forte) existait à Tubac et il existait aussi une demi-douzaine de pueblos de visita, dont la colonie indienne de Tucson.

On a grandement exagéré l'ancienne prospérité du vieux Sud-Ouest. Les Espagnols ont probablement facilité des relations intertribales parmi les Indiens et ont peut-être aussi favorisé le  développement de l'agriculture chez certaines tribus. Mais leurs propres fermes et établissements sont souvent pillés et abandonnés. On peut seulement noter une période de paix avec les Apaches qui s'étend entre 1790 et 1822 environ et qui permet à cette époque une certaine prospérité pour l'Église et l'État. C'est de cette période que datent la belle église de la mission indienne de Bac et l'établissement d'un presidio à Tucson.

La décadence de la puissance militaire des presidios pendant la guerre d'indépendance mexicaine, l'expulsion des habitants restés fidèles à l'Espagne - notamment des missionnaires - et la reprise des guerres apaches, conduisent à l'abandon temporaire de toutes les colonies,  à l'exception de  celles deTubac et de Tucson.  Vers 1828, l'Eglise abandonne ainsi pratiquement tous ses domaines en Arizona. Les Mexicains, pressés par les Apaches, abandonneront  même, en 1848, Tubac et Tamacacori, qui  était une mission depuis 1784.

L'Arizona, territoire américain.
Les commerçants et explorateurs américains avaient pénétré pour la première fois en Arizona dans le premier quart du XVIIIe siècle. À la suite de la guerre du Mexique, le Nouveau-Mexique, qui comprend alors tout l'Arizona au nord du Gila, est cédé en 1850 aux États-Unis, dont les ambitions territoriales ne sont pas calmés pour cela. A cette époque, en effet, les découvertes d'or en Californie attirent aussi leur attention sur la région au sud du fleuve Gila, qui est également pressentie pour la construction d'une ligne ferroviaire transcontinentale. Cette bande (dont une partie allait aussi être rattachée au Nouveau-Mexique), connue sous le nom d'Acquisition Gadsden (Gadsden Purchase), est donc achetée par les États-Unis (1854), qui en en prennent possession en 1856. 

Premières tentatives d'émancipation.
En 1856, une convention tenue à Tucson envoie un délégué au Congrès pour demander, sans succès, un gouvernement territorial indépendant. Plusieurs autres tentatives auront lieu. Toutes seront ignorées par le Congrès. La raison de ces refus s'inscrit dans la question de l'esclavage qui divise alors Washington : les représentants du Nord soupçonnent l'initiative de l'Arizona d'être téléguidée par le parti pro-esclavagiste. 

En avril 1860, un nouvelle convention tenue à Tucson s'engage à «-ordonner et établir-», de son propre chef, une constitution provisoire jusqu'à ce que le Congrès «-organise un gouvernement territorial-». Ce territoire provisoire est supposé constituer tout le Nouveau-Mexique au sud de 34° 40' de latitude Nord. Des fonctionnaires sont nommés et la législation du Nouveau-Mexique pour les comtés de l'Arizona est ignorée, mais rien de plus n'est fait. 

L'Arizona après 1860.
La progression de la colonisation américaine va être interrompue par la Guerre de sécession (1861-1865) qui provoquera le retrait des troupes et sera l'occasion du déclenchement de guerres indiennes prolongées.

La Guerre de sécession.
En 1861, l'Arizona est occupé par une force texane.  Il se déclare alors pour la Confédération et envoie un délégué (qui ne sera pas admis) au congrès confédéré. Cet organisme adopte, en janvier 1862, une loi officielle organisant le territoire. En mai 1862, les Texans sont chassés par une force de l'Union. 

Nouvelle organisation territoriale.
Par un acte du 24 février 1863, le Congrès organise le territoire de l'Arizona comme le pays à l'ouest du 109e degré de longitude Ouest. En décembre, un gouvernement itinérant au complet, envoyé depuis Washington, franchit la limite de l'Arizona et procède à une organisation formelle. La capitale territoriale est d'abord Prescott (1863-1867), puis Tucson (1867-1877), de nouveau Prescott (1877-1889), et enfin Phoenix (de 1889 à nos jours).

Troubles à la Frontière.
Les années qui suivent la Guerre de sécession correspondent pour l'Arizona a une période instable et violente. Des problèmes ne cessent de surgir à la frontière avec chaque État ou territoire contigu. Les découvertes d'or en Californie et le développement des voyages par voie terrestre attirent en Arizona de nombreux  prospecteurs et autres aventuriers. Les conflits entre mineurs, cow-boys du Sonora et voleurs de bétail vont faire de cette époque une des pires périodes de l'histoire de la Frontière américaine. D'autant qu'à cela s'ajoutent les guerres indiennes, qui tournent vite à la guerre d'extermination. Les Apaches seront presque exterminés par de véritables guet-apens en 1880 et 1881. Des guerres qui leur ont été faites, l'histoire a retenu les noms de Mangas Coloradas (Dasoda-hae), Cochise (K'uu-ch'ish) et de Géronimo (Goyathlay). 
-

Cavaliers apaches.
Cavaliers apaches.

Du territoire à l'Etat.
La fin des guerres indiennes marque le début d'une ère de croissance continue de la population et de la prospérité. Les revendications pour faire du Territoire de l'Arizona un Etat de l'Union occupent désormais le devant de la scène. La situation reste cependant bloquée pendant plus de deux décennies. Conformément à un acte du Congrès, approuvé le 16 juin 1906, les habitants de l'Arizona et du Nouveau-Mexique  sont appelés à se prononcer sur la question de l'union des territoires en un seul État qui s'appellerait Arizona. Le vote a lieu le 6 novembre 1906; le Nouveau-Mexique se montre favorable à l'union et à l'État, mais l'Arizona (par 16-265 voix contre et 3141 pour l'État) refuse cette évolution.E n juin 1910, le président Taft approuve au final une loi habilitante prévoyant l'admission de l'Arizona et du Nouveau-Mexique en tant qu'États distincts. Le Territoire d'Arizona devient le 48e Etat des Etats-Unis le 14 février 1912.

.


[La Terre][Cartotheque][Etats et territoires][Etats-Unis]

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2011 - 2021. - Reproduction interdite.