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Térence
(P. Terentius Afer), poète comique latin, né probablement
à Carthage
vers 200 av. J.-C., fut esclave du sénateur Terentius Lucanus, qui
l'affranchit et lui fit donner une bonne éducation, et dont le poète
prit le nom par reconnaissance. Il fit représenter plusieurs comédies
qui réussirent, et s'acquit par son talent l'amitié de Scipion
Émilien et de Lélius, qui même, dit-on, eurent
part à la composition de quelques-unes de ses pièces. Il
voyagea en Grèce et en Asie pour étudier la littérature
des Grecs, et revint de ce voyage avec des traductions ou imitations de
108 pièces de Ménandre, mais il
les perdit toutes dans un naufrage : peu de temps après il en mourut
de chagrin, n'ayant encore que 35 ans. On place sa mort à l'an 159
av. J.-C. On a de Térence six comédies : l'Andrienne,
l'Hécyre ou la
Belle-Mère, l'Héautontimorumenos
ou le Bourreau de soi-même, le Phormion, l'Eunuque,
les Adelphes : la plupart sont imitées de Ménandre.
Le style en est élégant et pur, la composition régulière,
le ton parfait, les sentiments élevés: on connaît ce
beau vers qui souleva les applaudissements de tout l'amphithéâtre
:
Homo
sum : humani nil a me alienum puto;
mais souvent l'intrigue en est presque
nulle, et on y trouve rarement ce mouvement, cette gaieté, qui constituent
le vis comica : aussi César ne voyait-il
en lui qu'un Demi-Ménandre. Cépendant Molière
a tiré les Fourberies de Scapin du
Phormion et l'École des maris
des Adelphes; Baron a imité l'Andrienne. Les principales
éditions classiques de Térence sont celles de Venise ,
1471; des Juntes, Florence, 1505; des Aldes, Ven., 1507; de Rob. Etienne,
Paris, 1541; l'édit, Ad usum Delphini, Paris, 1675; celles
de Bentley, Cambridge, 1726; de Bothe, Berlin, 1816: de Westerhovius, Zeune
et Bruns, Halle, 1801; de Perlet, Leipzig, 1821; de N. E. Lemaire (dans
les Classiques latins, 1828, 3 vol. in-8). |
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